J3 à Litchfield: J’ai léché les fesses d’une fourmi et ça sentait le citron ^^

On se lève super tôt, on a de la route ! On quitte Kakadu (snif) pour un autre parc national : Litchfield.

Pour ressortir du parc, on repasse par « south alligator ». A l’époque où l’Australie a été découverte, les explorateurs étaient persuadés qu’il y avait un énorme lac au milieu de l’Australie. Pour eux, ce n’était pas possible qu’un pays soit aussi grand sans réserve d’eau au milieu. Donc ils suivaient tous les cours d’eau… puis voyageaient en déplaçant leur bateau avec eux pour quand ils trouveraient cette réserve d’eau… En voyageant dans le territoire du nord, il y a plein d’endroits qu’ils ont appelé Alligator parce qu’ils pensaient qu’il y en aurait dans cette réserve d’eau. Au final, ni eau, ni alligator, que du bush et des crocos. Mais ça s’appelle toujours alligator un peu partout.

On passe la limite où la vente d’alcool est à nouveau autorisée. La vente d’alcools dans le parc kakadu est interdite, donc à chaque entrée, il y a des grands panneaux devant les ventres « dernière chance pour acheter de l’alcool !!! ». Du coup, les aborigènes viennent là pour boire… et balancent les canettes. Donc apparemment, on peut voir depuis google earth une énorme surface recouverte de canettes à cet endroit… Bravo…

1 bonne heure plus tard, nous voilà à Litchfield, moins connu et plus petit que Kakadu mais beaucoup plus près de Darwin, donc un lieu bien visité par les australiens durant les week-end !

On attaque par les termitières géantes ! L’une d’elle, appelée cathédrale, mesure 5 mètres de haut. Puis nous allons dans un champ couvert de termitières ! On se croirait un peu dans un cimetière face à des pierres tombales… Les termitières sont faites à base de salive et poussières. Les termites avalent de la poussière et en font des petites boules et hop ! Donc Brett nous fait remarquer que nous sommes juste face à un tas de poussière et de crachats… mais c’est joli quand même ^^. Ces termitières sont appelées « magnetic » à cet endroit de par leur orientation Nord-Sud pour minimiser l’exposition au soleil. Futées les termites !

Les termites sont aussi utilisées pour la fabrication de…didjeridoo ! Facile, il suffit de prendre une branche d’eucalyptus, de la poser à un endroit infesté de termites puis de la peindre avec des petits points comme les aborigènes et paf vous avez un didjeridoo ! Bon après, y’a plus qu’à savoir en jouer…

Un peu plus loin, on part à Wangi… marcher bien sûr ! On part dans la forêt tropicale. On croise de belles araignées bien plus grandes que ma main et Brett nous fait… lécher les fesses d’une fourmi. Oui oui, j’ai léché les fesses d’une fourmi et j’ai adoré, ça avait un goût de citron ^^ (je ne pensais pas dire ça un jour…). Bon d’abord y’a fallu réussir à en attraper une sans l’écraser…

Comme d’hab ensuite ça monte mais nous sommes toujours bien récompensés en arrivant en haut ! Superbe vue et bien sûr, après la marche, c’est la baignade ! Très rapide car il faut déjeuner et on a encore d’autres endroits qui nous attendent pour nous baigner. Après le repas, Brett demande qui veut emporter les restes ! Avec Mélanie, on repart avec tomates, concombres, fromage, viande et fajitas. Parfait ^^.

Hop, on roule un peu et on descend un chemin qui nous emmène à Florence Falls où on peut se baigner. On peut passer sous les cascades, se faire encore masser gratuitement, sauter,… toujours dans un cadre incroyable ! En plus, ça ressemble moins à un repère à crocos alors on est plus détendu dans l’eau par rapport à la veille !!

On remonte au van, on roule un peu et nous voilà à notre dernier stop : Buley rock hole. Une rivière avec un enchaînement de petites cascades. On y passe une bonne heure et c’est déjà l’heure de rentrer sur Darwin.

Dans le van, Brett nous réserve une table ce soir à Mitchell street pour dîner ensemble…

Puis Brett me dépose directement chez Greg, pas besoin de marcher cette fois ^^. Pour dire au revoir, Brett nous dit que les hommes ont le droit à une poignée de main et les filles à un hug ^^.

Je retrouve Greg et il y a une nouvelle coachsurfeuse : Stéphanie, une française qui vient d’arriver. On sympathise rapidement, mais malheureusement je ne reste pas longtemps, j’appelle un taxi, il faut que je parte à l’aéroport !

Je file à Melbourne pour une journée. Alors bien sûr, le vol au milieu de la nuit a eu une heure de retard… Le vol n’a duré que 4 heures. Entre ça, Bali et les 3 jours à Kakadu, je suis épuisée… Je récupère mon sac et je cherche le premier hôtel à côté de l’aéroport. C’est trop cher par rapport à ce que je pourrais trouver en ville, mais il est 6h du mat, j’ai pas dormi, j’étais déjà crevée avant. La fille de l’accueil m’offre le petit-déjeuner, une heure d’internet et je peux avoir la chambre dès 7h, donc en gros je paie une nuit et j’en fais 2 ^^.

Le petit-déjeuner m’épate : Il y a une machine à pancake et ça c’est la classe ^^. T’appuies sur un bouton et 1 minutes plus tard il y a 2 pancakes bien chaud qui en sortent…. Après ça, je vais me coucher. La journée a encore été (trop) longue…. Et surtout j’ai froid, je passe de 35 à 15°C, j’ai l’impression qu’il fait bien plus froid qu’en Sibérie après 5 mois en Asie du Sud Est !!!!

Ju

 

J2 à Kakadu: Marche et baignades, découverte du monde aborigènes et une copine truie ^^

Brett vient nous réveiller.. Mais franchement on n’a pas beaucoup dormi. J’ai pesté la moitié de la nuit contre mon sac à viande anti-moustiques quand j’ai senti que je m’étais fait piquer… sur le gros orteil. C’est extrêmement agréable. Mais au réveil, quand je découvre les jambes de Mélanie, je me dis qu’il marche super bien ce sac à viande !!! Je n’ai que 2 piqûres. Elle doit en avoir près d’une centaine. Un bon investissement donc !!!

Le petit-déjeuner est un vrai déjeuner d’aventurier du bush. Pour faire griller du pain, on prend une pince et on le tient au-dessus du feu ^^. Très rapidement, on lève le camp ! Aujourd’hui, ce sera surtout marche et baignade. Un bon programme !

On commence par Yurniknik walk. On marche une bonne heure dans le bush. Brett nous fait goûter les fruits de la passion du bush !! Hum, un régal ! C’est un peu plus gros qu’une cerise, jaune, la peau est assez fine, il suffit de l’ouvrir en 2 et à l’intérieur il y a les mêmes graines que dans les fruits de la passion… on aspire et miam ! Du coup, maintenant on s’arrête toutes les 5 minutes pour en cueillir (des fruits gratuits ^^ et en plus je n’ai plus l’habitude de manger des fruits et légumes crus, ça fait trop plaisir !!!). On croise ensuite un endroit où la végétation est en feu… Les aborigènes mettent régulièrement le feu à différents endroits pour plusieurs raisons : Une fois que les herbes et arbres ont brûlé, ils ont une meilleure visibilité pour chasser. Certains types de végétation ne poussent qu’après les incendies et que pendant quelques années après l’incendie. Ces feux contrôlés permettent également d’éviter les incendies gigantesques : Les arbres de la rainforest, par exemple les eucalyptus, sécrètent beaucoup d’huile, ce qui crée une couche très inflammable au sol. Ainsi quand un incendie se déclare, tout prend feu très rapidement et l’incendie se déplace d’arbre en arbre presque sous forme d’explosion à cause de cette huile. Les arbres se trouvant dans les lieux régulièrement brûlés par les aborigènes ont évolué au fil du temps : Ils sont maintenant capables de résister au feu. On se trouve souvent face à des arbres dont le bas du tronc est complètement noir… mais toujours bien là et bien vivant ! Dans le parc, les aborigènes continuent de brûler régulièrement différents endroits. S’ils veulent brûler une grande zone, ils le font le matin, quand il y a des vents un peu plus fort. Pour les petites zones, ils attendent la fin d’après-midi.

Brett nous montre ensuite un arbre sur lequel une sève rouge a coulé, formant des boules par endroit. Il suffit de prendre une boule, c’est un peu caoutchouteux, de l’ouvrir et de l’appliquer sur les plaies, c’est un antiseptique. J’en profite pour en mettre sur une plaie suite à une vilaine branche quelques minutes plus tôt.

Je vous fais un état de mes jambes… ça envoie du rêve ! Dans les milieux tropicaux, la moindre coupure met énormément de temps à cicatriser… J’ai donc une marque sur le pied droit de quand je me suis tapée en sortant de la piscine aux Philippines. Une marque sur la cheville droite de la nuit où j’ai crapahuté le volcan, où j’ai tapé malencontreusement dans un caillou… Tout le tibia de la jambe gauche complètement éraflé suite au surf à Kuta. Sur la jambe droite maintenant la marque de la branche. Ah et j’attends toujours de savoir si mon ongle de mon gros orteil droit va tomber ou pas suite à la fois où j’ai tapé bêtement mais franchement dans un lit…au Vietnam ^^. Je vous ai dit que j’envoyais du rêve…

Quelques piqûres de moustiques par-ci par-là renouvelées régulièrement à divers endroits et pas mal de boutons au niveau des épaules, là où le sac à dos frotte (transpiration, poussière, frottements, un tiercé gagnant !). La classe donc.

Bref, nous continuons la marche. On arrive à une rivière que nous allons suivre pour finalement arriver à une magnifique cascade et un coin d’eau bien sympa…. On se jette tous à l’eau en moins de 2 minutes (1 heure de marche en plein cagnard par 35°C, on a envie de se rafraîchir !). Il y a pire comme bain ! Bien rafraîchissant, sous la cascade, assis sur des rochers à papoter. On va déjeuner à cet endroit. On se prépare des sandwichs avec du poulet et plein de crudités. Ah des crudités ^^ quel bonheur !!!

Rebaignade et on repart, 1 h de marche, 1h de route où va croiser des kangourous, ânes et buffles sauvages sur la route ! On arrive à notre 2ème arrêt, Gurlom. On est en bas et on va crapahuter tout en haut. C’est très raide, mais en haut, une baignade nous attend ^^. Ça motive !!

Après 20-30 minutes d’ascension, on arrive en haut d’une énorme cascade où il y a deux petites piscines naturelles. On partage ces piscines ave des iguanes…

1h plus tard, avant d’attaquer la descente, on profite de la vue. On dirait que c’est complètement plat à perte de vue, or là où nous sommes garés ça fait une sorte de petite butte apparemment (Pas évident à première vue). Rarement, il y a des inondations dans le parc. Il faut savoir que contrairement à la côte est et au centre, le nord de l’Australie n’a pas de problèmes d’eau… au contraire… A Darwin, il y a un énorme pipeline de la réserve d’eau à l’océan.. Quand la réserve est pleine, ils peuvent balancer l’eau claire dans l’océan pour ne pas que ça déborde… Ils avaient pensé à faire un pipeline jusqu’à la côte est où ils n’ont passez d’eau, mais c’était plus cher (forcément pas la même distance…) du coup, c’est chacun ses problèmes ^^.

Du coup, il arrive qu’il y ait d’énormes inondations dans le territoire du nord. Une année, ils ont fait évacuer tout le parc car les aborigènes savaient que les inondations n’allaient pas tarder… 2 étrangers en ont profité, ils se sont dit « super on aura le parc pour nous ». Futé les gars ! L’eau a monté (les aborigènes connaissent un peu leur terre quand même !)… ils se sont retrouvés encerclés par l’eau. Ils sont montés sur cette « bute ». Sauf que l’eau a continué de monter (C’est à peine croyable, ça paraît tellement plat à perte de vue qu’on a du mal à croire que cette zone ait pu se retrouver sous plusieurs mètres d’eau !). Du coup, ils sont montés sur le toit de leur 4×4…. Sauf que l’eau a continué de monter… Ils ont rejoint le toit des sanitaires… l’eau a continué de monter… ils se sont mis sur les réservoirs d’eau de pluie à proximité des sanitaires…. Un hélicoptère a survolé la zone, ils ont été repérés. Les personnes dans l’hélicoptère leur ont demandé si ça allait, ils ont fait signe que oui…. Alors l’hélicoptère est reparti et les a laissé là… Ils ont dû attendre 3 jours que l’eau redescende complètement pour pouvoir ressortir du parc ^^. La voiture a été retrouvée 3 ans plus tard ! Belle leçon ^^.

On redescend et…. il y a 5 minutes de marche pour arriver à une autre baignade! Le bas de la cascade cette fois! Au beau milieu de la forêt tropicale, c’est magnifique. Euh…en revanche avant d’arriver au lieu de baignade, il y a un panneau… « Crocodiles, baignez vous à vos risques et périls »…. Euh. Je regarde Brett « T’es sûr de ton coup là??  » « oui oui »… ok.. Il nous explique qu’il y a 3 tests déroulés sur 2 semaines où des simulations sont faites à la surface de l’eau avec des sortes de ballons de baudruches posés à la surface… ça donne l’impression à un croco qu’un oiseau s’est posé sur l’eau. Donc en gros si le croco n’a pas voulu du ballon de baudruche pendant 2 semaines, ça veut dire qu’il n’y a pas de crocos. Jamais. Ah. En théorie. Ah. Euh. Et si le croco était parti en vacances ou s’il avait juste pas faim à ce moment là?? Ou s’il a vu le scientifique poser un ballon et qu’il sait que ce n’est pas un oiseau???? Bref.. on va se baigner et je fais quelques vidéos sous l’eau au passage. On verra en rentrant ce qu’il y avait sous l’eau ^^. On nage 5 bonnes minutes pour arriver à la cascade. C’est massage gratuit! C’est un autre endroit où une scène de crocodile dundee a été tournée.

On repart au van et on roule une heure avant d’arriver à notre logement pour la nuit, des sortes de bungalows. Cool, on n’aura pas de moustiques ! Une bonne nuit en perspective ! ouf ! On pose les affaires et on repart avec le van pour aller voir le coucher du soleil ! Brett nous a amené les sièges et les biscuits apréfitifs ! C’est coucher du soleil 5 étoiles ! En plus, c’est vraiment magnifique, avec les fumées des incendies réguliers, le soleil a une couleur rouge vif ! Magnifique !!!!!!!

On remonte dans le van, en arrivant au bungalow, on file faire un tour dans la piscine (je vous ai dit que c’était journée baignade !) et ensuite…. On entend crier.. un bon cri de cochon ! On part à la recherche du cochon. Il y a un enclos juste à côté des bungalows, le cochon est en fait une grosse truie qui est toute heureuse de nous voir et se met à sauter dans tous les sens.

Ce soir, ce n’est pas barbecue, c’est Brett aux fourneaux ! Apéritif (on est en Australie, bière obligatoire !), repas d’une recette secrète de la grand-mère de Brett (enfin des nouilles quoi…), puis on papote un long moment… avant d’avoir de la compagnie !!! La truie est lâchée le soir, elle nous rejoint. C’est un ouragan qui se déplace, elle renverse toutes les poubelles pour voir s’il n’y a pas un petit truc à récupérer et elle essaie de faire tomber la nourriture sur les tables,… Elle est bien drôle, elle se laisse caresser comme un toutou, elle adore ça !

Vient ensuite le moment critique de la douche… 3 douches, 3 cane toads. Une par douche. Fantastique. Il y a des trous entre chacune des douches. Nous voilà donc avec Mélanie, chacune une brosse pour les toilettes à la main en train de pousser les cane toads toutes dans la douche du fond, pour pouvoir espérer se doucher sans ressortir couvertes de poison et sans se doucher sous ce regard gluant… Je vous laisse imaginer la scène ^^. Il y a bien sûr aussi pleins de cafards, geckos et plein d’autres bestioles à plein de papattes un peu partout… On n’est pas dans le bush pour rien !!

La nuit sera bonne, mais courte, réveil à 5h45, on a de la route !!!!

Ju

 

J1 à Kakadu: Plongée au coeur de la culture aborigène…. après qu’on m’ait abandonnée sur un trottoir la nuit…

Réveil à 5h30… Aïe. Je m’habille, je ferme mon petit sac à dos, je me sens étrangement légère. Et hop je file un quart d’heure plus tard. Je m’arrête sur le chemin pour m’acheter un truc pour le petit déj (équilibré forcément) et à 6h20 j’arrive au lieu de rendez-vous, Mitchell Street, la seule et unique rue active de Darwin. Il y a d’autres personnes mais toutes partent pour des tours différents du mien. Ils embarquent tous les uns après les autres. 6h45, j’attends toujours… 6h50, je rentre dans le backpacker qui est mon point de rendez-vous et je demande à la fille de l’accueil si elle peut appeler pour être sûre qu’on ne m’ait pas oublié. Elle me rassure : Ils donnent la même heure à tout le monde, donc le temps qu’ils passent récupérer les autres, c’est normal que j’attende un peu. Mouais. En attendant tous les hôtels se trouvent quasiment dans la même rue… Je retourne dans la nuit noire sur mon bout de trottoir. Et j’attends. J’attends. J’attends encore. Ah tiens, je m’ennuie… 7h30. Je retourne voir la fille. Euh là, ça fait une heure… OK, elle accepte d’appeler… Un coup de fil plus tard : C’est bon, la fille m’a bien sur mon registre, il a juste du y avoir un problème quelque part pendant le pick-up, ils ont sûrement dû attendre quelqu’un. Bref, pas d’inquiétude… OK. Mais 7h50 y’a toujours personne. La fille rappelle et du coup, l’agence dit qu’elle appelle le guide et nous rappelle pour savoir où ils en sont…

8h00 on nous rappelle. Grande nouvelle : On m’a oubliée. Oh ben ça alors, je ne l’avais pas vu venir dites donc ! On m’a oubliée en pleine nuit sur un trottoir. Ca c’est fait. La fille de l’agence cherche une solution et nous rappelle… Te presse pas, j’ai plein de trucs à faire sur mon trottoir…

10 minutes plus tard, elle rappelle pour nous dire qu’un autre guide de l’agence vient me chercher, ce ne sera pas long. En fait elle rappelle 5 minutes plus tard pour dire que ce ne sera pas avant 9h… Génial. Ah et du coup j’arriverai trop tard pour aller voir les crocos (Bon je les ai vu plein de fois la dernière fois, mais quand même)

La fille de l’hôtel a pitié de moi et elle m’offre une heure sur internet pour me faire patienter. 5 minutes plus tard, comme je suis trop gentille j’ai aussi le droit à une bouteille d’eau offerte. J’en profite pour réserver mon vol retour depuis la Tasmanie, au moins je n’aurais pas complètement perdu ma matinée.

Un peu après 9h, l’autre guide arrive, Keith. Alors je suis intérieurement super énervée, mais je suis tellement de voir quelqu’un qui vienne me chercher que je suis tout sourire et en plus il est super cool et ce n’est pas de sa faute…

Du coup j’ai mon chauffeur privé, il était à l’University of Queensland à Brisbane quand j’y étais ! On partage nos anecdotes et nos péripéties de voyage. On s’arrête sur la route à un endroit où on peut voir des crocodiles et où il y a aussi un …. Buffle albinos ! (Je ne savais pas que ça existait) et Keith m’offre autant de boissons que je veux et une sorte de croque-monsieur tomate jambon fromage ^^. En plus il est tout content parce qu’il avait peur que je sois de mauvaise humeur et au final on s’entend super bien. Donc on passe un bon moment, et heureusement parce qu’ils l’ont dérangé pendant son seul jour de congé de la semaine pour qu’il m’emmène !!

Vers 11h, je récupère mon groupe ! Alors en fait, quand j’ai réservé, celui qui a pris ma réservation a bien ajouté mon nom sur la liste de l’agence. Mais pas sur la liste du guide… Il ne risquait pas de venir me chercher… Je monte dans le 4×4 amélioré (On est une dizaine, c’est entre un 4×4 et un gros van… mais un truc pour aller dans le bush !) et hop on file vers Kakadu, patrimoine mondial de l’unesco. Kakadu, c’est le plus grand parc national d’Australie, superficie de la moitié de la Suisse ! C’est l’un des 25 lieux du patrimoine mondial de l’unesco à être classé à la fois pour son importance culturelle et naturelle.

On s’arrête peu de temps après devant le panneau « kakadu national park » ! ça y est j’y suis !! Ouf c’était pas gagné ! Quelques photos et on en profite pour faire connaissance ! Le guide s’appelle Brett et il vient de Nouvelle-Zélande (Selon lui c’est de là que vienne tous les meilleurs guides au monde. Mais je ne suis pas certaine qu’ils soient très objectifs… verdict dans 3 jous^^) et il a une passion secrète : Le crochet ! J’en reste baba !! Le crochet. Original pour un guide d’une trentaine d’années ^^.

On roule ensuite direction : Ubirr, réputé pour les peintures aborigènes s’y trouvant sur des parois rocheuses. Il y a des peintures qui datent d’il y a 20’000 ans, mais la plupart ont 2000 ans. Il peuvent repeindre sur les peintures précédentes donc il y a pas mal de superpositions. Les aborigènes ne signent jamais leurs œuvre car ils considèrent qu’elles appartiennent à tout le monde. Ces peintures servent à raconter des histoires, notamment sur des comportements ou des lois ou des lieux,…. Sur une peinture on reconnaît l’arrivée des hommes blancs sur le territoire : On sait que c’est un homme blanc car il porte un tee-shirt, des bottes et … il a les mains dans les poches, alors que les aborigènes n’avaient jamais vu de poches ^^. Il y a aussi des peintures de tortue à long cou, de plusieurs types de poissons et…d’un tigre de tasmanie, disparu du continent il y a près de 2000 ans.

Les anciennes peintures sont faites de rouge (terre), jaune, blanc et noir (charbon). Le charbon part dès la première pluie. Le blanc part en quelques années, puis c’est au tour du jaune. Le rouge lui peut rester des milliers d’années, c’est pourquoi les plus anciennes peintures… ne sont que des tâches rouges ^^.

Sur les peintures plus récentes, on trouve une autre couleur… du bleu… Quand les blancs sont arrivés, ils ont donné des vêtements aux aborigènes. Par conséquent, ils leur ont aussi distribué… de la lessive. Cette lessive était bleu. Du coup, plutôt que de laver les vêtements, ils trouvaient ça beaucoup plus cool d’avoir une nouvelle couleur pour peindre !

On voit plusieurs wallabies sauvages durant le chemin à Ubirr. Ce chemin mène de rochers en rochers où se trouvent les différentes peintures. A chacune d’elles, Brett nous donne les explications/anecdotes. Chaque histoire a une morale pour les enfants ou permet d’expiquer pourquoi il y a un trou à cet endroit dans ce rocher ou pourquoi le paysage est de cette façon,…

Les anciens commencent à raconter les histoires ou mythes du premier niveau, accessibles à tout le monde. Puis, une fois les connaissances de ce premier niveau acquises, ils peuvent passer au deuxième niveau,… Donc plus on est ancien, plus on a de connaissances par rapport aux croyances/histoires/coutumes aborigènes. Le problème, c’est que la nouvelle génération n’est plus intéressée, ils ne vivent plus de la même manière et toutes ces croyances ne sont écrites nulle part… Du coup, c’est toute une culture qui est en train de disparaître.

Brett nous raconte quelques-unes des histoires du premier niveau, celles-ci sont bien connues :

Les sœurs Namarkan

Les sœurs Namarkan allaient souvent s’asseoir près d’un billabong (un étang. Oui je parle couramment les dialectes locaux ^^). Un jour, une des 2 sœurs s’est rendue compte qu’elle pouvait se transformer en crocodile… Du coup, elle laissa sa sœur au bord de l’étang, se changea en crocodile, rentra dans l’étang et alla faire une peur bleue à sa sœur… Puis elle ressort de l’étang, se rechange en humain et retourne voir sa sœur qui lui raconte ce qu’elle a vu. Elle a trouvé ça tellement drôle qu’à chaque fois qu’elles vont s’asseoir près de l’étang, la sœur recommence encore et encore. Jusqu’au jour où la seconde sœur se rend compte que le crocodile ne vient que quand sa sœur n’est pas là… et en déduit qu’elle est le crocodile. Elle décide donc de se changer elle aussi en crocodile (ouais ici c’est comme ça, tu veux te changer en croco, bim c’est fait ! Moi j’ai décidé d’être un koala quelques jours pour dormir 20h par jour, ça me fera du bien ^^) et de faire également une peur bleue à sa sœur. Ca les amusait tellement qu’elles ont fini par se dire qu’elles pourraient se changer définitivement en crocodile, comme ça elles pourraient s’amuser à effrayer les gens et elles pourraient aussi les manger quand l’envie leur prendrait… Avant de se transformer, elles arrachèrent leurs dents qui se transformèrent en herbes piquantes. Depuis, les sœurs Namarkan sont présentes dans chaque crocodile, prêtes à chasser… donc il faut se méfier des crocrodiles !!! Et faire encore plus attention si près de l’eau se trouve cette herbe piquante, c’est qu’il y a sûrement des crocos.

Mabuyu

Une autre des peintures de ce site : Un homme, Mabuyu, revenait de la pêche. Pour être sûr de ne pas se faire manger son poisson pendant la nuit par des dingos, il décide d’accrocher un poisson par une ficelle à un arbre. Comme ça si un dingo vient essayer de le manger, le bruit de l’arbre le réveillera et il pourra le chasser avant qu’il ne mange son poisson… Sauf que… à son réveil le poisson a disparu ! Il trouve les traces des coupables et décide de suivre ces traces. Il finit par arriver à une grotte où il trouve les 2 voleurs bien repus, la peau du ventre bien tendu, autour d’un feu où ils avaient fait griller le poisson. Mabuyu décide de les punir : Il met un rocher devant l’entrée de la grotte… Les voleurs n’ont jamais pu ressortir et seront morts dans cette grotte. Moralité : Voler, c’est pas bien (ou alors faut savoir effacer ses traces ^^)

Les Mimis

On arrive à un rocher en forme de C, donc ça fait une sorte d’abri, mais le « plafond » se trouve à plus de 20 mètres de haut.. et pourtant il y a une peinture ! Comment ont-ils fait pour peindre (il n’y a pas de girafe ou d’hélicoptères…). C’est tout simple, ce sont les Mimis ! Ce sont des esprits. Ils ont simplement pris le gros bout de caillou, ils l’ont posé au sol, peint puis remis à sa place. Y’a pas plus simple.

Le Barramundi

Une fille d’une tribu a été « vendue » à une autre tribu pour se marier. Dans cette nouvelle tribu, elle part à la pêche et attrape un barramundi qu’elle va manger. Or, dans cette tribu, il est interdit de manger ce poisson… Du coup, elle va être sévèrement punie. La fille va se sauver, retourner dans sa tribu et leur expliquer ce qui s’est passé. Ils trouvent la punition trop sévère, surtout que chez eux, elle a le droit de manger du barramundi. Ils partent en guerre et il y aura beaucoup de morts et de blessés dans les 2 tribus. Moralité : Nul ne peut ignorer la loi et même si tu ne comprends pas encore les lois, il faut les respecter car leur non-respect peut avoir des conséquences graves qui ne concernent pas que toi.

Le serpent arc-en-ciel

Cette histoire existe dans toutes les tribus mais un petit peu différentes à chaque fois. Le serpent arc-en-ciel vit en paix dans les retenues d’eau Il sort quand il est dérangé, par exemple par des bruits forts comme l’orage ou… les bruits d’enfants. Un jour, dans un camp, un serpent entendit les cris d’un enfant. Il voulait un certain type de racines sucrées, mais il en a eu des amères… ses cris ont redoublé et duré toute la nuit… le lendemain, le serpent exaspéré est venu entourer toute la tribu et les a tous mangé… Donc on ne laisse pas un enfant pleurer, il faut s’occuper de lui…

Voilà, donc tu te retrouves face à des peintures de 20’000 ans dont l’explication n’est arrivée jusqu’à toi aujourd’hui que par voix orale puisque rien n’est écrit…

 

Sur certains sites, Brett nous montre des endroits/rochers à ne pas prendre en photos. Ce sont des lieux sacrés pour les aborigènes. On voit également plusieurs endroits où ont été tournés Crocodile Dundee.

On reprend ensuite le van, direction le camping pour la première nuit ! On s’arrête en route pour nous faire récolter du bois pour le feu : « Regardez bien ce que vous touchez, ne confondez pas un serpent avec une branche surtout… » Message bien reçu… 20 minutes plus tard on repart et on arrive avant la tombée de la nuit au camping. Brett nous montre le bloc avec les sanitaires, il nous prévient : Blindé de moustiques… eh oui on est dans le bush australien… Il nous montre ensuite notre emplacement. Il y a un marabout pour la cuisine et un pour dormir. Il nous conseille de ne pas trop ouvrir les portes pour limiter au maximum les moustiques…

On fait un feu, on prépare à manger et je sympathise avec une suédoise fan de … plongées ! Inutile de dire qu’on s’entend très bien dès le départ et que nos conversations tournent pas mal autour des bulles ^^. Elle vient de faire un mois de volontariat sur l’île Pom pom, c’est l’île voisine de Mabul, une où il y a aussi eu beaucoup d’enlèvements. Elle faisait des recherches sur les tortues. Elle m’explique qu’après 10 minutes où elles commencent à laisser leurs œufs, les tortues entrent dans une sorte de transe, donc il est possible de s’approcher d’elle et de récupérer les œufs au fur et à mesure. Je trouve ça fou de se retrouver la main tendue sous les fesses d’une tortue et d’en récolter les œufs ^^.

Après un bon barbecue bien australien (oui le barbecue est soi-disant la spécialité australienne… mais c’est surtout qu’ils n’ont aucune spécialité culinaire, donc ils ont trouvé ce qu’ils ont pu…) à base de croco et kangourous, on va faire griller des marshmallows en parlant des pays des uns et des autres. Chacun en prend pour son grade. Et nous, on a bien pris. Je découvre ce soir l’affaire du Rainbow Warrior… Pour ma défense ça s’est passé en 1985, je n’étais pas en mesure de regarder les infos à l’époque. Pour ceux qui ne connaissent pas, il s’agit d’un navire de Greenpeace qui allait protester contre les essais nucléaires français. Mais vers les Nouvelle-Zélande, la France, Mitterrand et les services secrets décident de couler le navire… sauf qu’il restait des gens dessus. La Nouvelle-Zélande et beaucoup d’australiens apparemment en veulent depuis ce jour à la France.

Ca me fait bizarre d’habitude, tout le monde adore la France et là, Bim ! Moralité, on ne peut pas plaire à tout le monde !

Soudain on réalise qu’il est presque 22h…. heure à laquelle les lumières s’éteignent aux sanitaires. Vite, on prend le nécessaire et on file avec Mélanie l’allemande et Brett. En arrivant au bloc (je suis dans un camping hein, pas un hôpital, pas d’inquiétude), il y a des nuées et des nuées d’énormes moustiques qui nous attendent affamés. Formidable. Mais ce n’est pas tout. Parce que l’Australie est pleine de surprise, dans ma douche il y a également un cane toad… c’est quoi un cane toad ? Oh rien de bien grave, juste un crapaud mortel… Ah l’Australie m’avait manquée ^^. J’appelle Brett à la rescousse « breeeeeeeeeet y’a un cane toadddddddddd dans ma douche, je fais quoiiiiiiiiiii ? » « Tinquiète pas, évite juste de le toucher » Euh…. « Breeeeeeeeeeeeeeeeeett » ^^ il finit par venir le chercher, il le prend à pleine main « Tant que je ne me lèche pas les mains je ne vais pas mourir » Oh ben ça va alors… Il me montre les glandes par où sort le venin, effectivement, il en crache dans tous les sens…

Les cane toads sont une vraie peste en Australie. Ils viennent d’Amérique du Sud et ont été introduits en Australie (excellente idée, bravo…) où ils se multiplient beaucoup trop vite et empoisonnent bon nombre d’animaux locaux…

Le temps que Brett nous montre le crapaud sous tous les angles, le temps passe… on file sous la douche. C’est très compliqué de se doucher dans un nuage de moustiques… Avec Mélanie, on n’arrête pas d’hurler, on gesticule dans tous les sens… Quand soudain… La lumière s’éteint. Formidable…. Alors là c’est sang à volonté pour tous les moustiques… On ne peut plus rien faire. Je croise les doigts pour qu’il n’y ait pas un cane toad qui vienne dans ma douche ou qui soit posé sur ma serviette ou sur mes vêtements… brrr… Brett est mort de rire bien sûr « Je vous avais prévenu »… oui mais bon, tout ça c’est de la faute du cane toad ! Ce sera donc la douche/séchage/habillage le plus rapide de toute l’histoire des douches. Notez que j’ai été très efficace, j’ai fait don de la moitié de mon sang en même temps que je me suis douchée… ça c’est de l’efficacité… J’ai même été plus rapide que Brett !

Au moment de se coucher, je m’enveloppe dans mon sac à viande anti-moustiques et je ferme les yeux… qu’est ce que j’entends… ??? « Bzzzzzzzzzz bzzzzzzzz » mais pas un ou 2… non non. Des nuées de moustiques. Ça grouille de partout… La nuit va être bonne.

Ju

 

Darwin: Jetski, crocos et Tim tam, une bonne première journée!

Premier réveil en Australie! Comme je suis arrive la veille sans courses, Greg se propose de me faire un ptit-dej… Ben écoute, ce n’est pas de refus. Greg, c’est un vrai australien. Le genre qui a un frigo pour la nourriture et un frigo pour les bières (véridique). Le genre aussi qui mange œufs et bacon au petit-déj. Mais Greg est aussi un peu vieux garçon, donc il est aussi du genre à …rater les œufs ! Je n’ai pas très bien compris ce qu’il voulait faire. Il a cassé les œufs sur du cellophane, a refermé et mis dans de l’eau chaude… apparemment c’était censé faire une sorte d’œufs pochés. Mais bon il a mal refermé le cellophane ou pas laissé assez longtemps dans l’eau ou probablement un peu des 2… et donc paf ça fait des œufs crus. Donc ce ne sera que du bacon.

Après ce ptit-déj drôlement équilibré, il me propose de partir dans son camion ( !!) visiter Darwin ! Cool. Il est impressionné parce que je suis prête plus rapidement que lui (Pas dur… 2 pantalons, 2 tee-shirts et pas de maquillage dans le sac… je ne vois pas bien quel dilemme pourrait me mettre en retard). En arrivant sur le parking, je vois son fameux camion que tous ses copains ont surnommé « Princesse ». Un mix entre un camion et un pick-up. L’arrière est ouvert, mais il y a quand même un toit. Donc il a installé des moustiquaires qu’il peut installer et hop il peut partir dormir dans le bush. Je vous ai dit que c’était un vrai !

Je grimpe dans le camion. Je vois que la jauge indique qu’il n’y a presque plus d’essence. Greg m’explique alors que c’est un camion de vrai de vrai d’australien. C’est-à-dire qu’il y a 2 réservoirs d’essence !! Ah ouais ? Eh oui ! Parce que dans le bush, des fois les stations d’essence sont tellement éloignées qu’un réservoir ne suffit pas… (j’ai encore plein d’autres surprises de ce genre pour vous, l’Australie est vraiment un pays à part ^^).

On se dirige vers le centre ville. C’est principalement une rue. Une rue où il y a tous les backpackers, les magasins, les agences pour réserver les tours et…les bars (Je vous rappelle que je suis en Australie^^). C’est Mitchell Street. Greg m’explique que dans cette rue, il y a tellement de bars qu’un petit jeu local c’est de démarrer d’un côté de la rue, de boire une bière et de passer au bar suivant…. Et apparemment il est impossible d’arriver à l’autre bout de la rue. Si un australien me le dit, ce n’est même pas la peine d’essayer de relever le défi ! D’ailleurs, il est 10h et les terrasses sont blindées de gens en train de boire des bières ! Puis on va faire un tour à l’esplanade : Plage, piscine à vagues,… ça ressemble beaucoup à ce dont je me rappelle de Cairns.

On se promène un peu et je suis vraiment choquée par le nombre d’aborigènes complètement ivres dans la rue… Darwin est la ville d’Australie qui a la plus forte proportion d’aborigènes. Donc je m’attendais à en voir beaucoup. Mais quand nous étions à Uluru, il y en avait beaucoup, mais rien à voir avec ici… La plupart était encore dans leur mode de vie normal, donc on les voyait se promener plus ou moins habillés ou juste avec quelques vêtements qu’ils avaient dû récupérer à droite à gauche mais ils étaient dans le bush,… Là ils sont affalés sur les trottoirs, dorment, boivent…. Ce sont des spectres noirs qui arpentent la ville… c’est vraiment très triste… Comme je le savais déjà, Greg m’explique que c’est vraiment le plus gros souci et surtout le problème le plus complexe du gouvernement actuellement. Il n’y a pas franchement de solutions. En fait les blancs sont racistes envers les aborigènes, mais les aborigènes le leur rendent bien également… Donc même si les blancs essayent de les intégrer, si un aborigène part à la ville pour étudier ou trouver un travail, il sera considéré comme un traître par les aborigènes et sera rejeté par sa famille…

Ensuite on reprend la princesse pour aller voir les quartiers alentours, les suburbs, et différents points de vue sur Darwin, plages,… On arrive à une très jolie plage « Là il ne faut pas se baigner y’a des crocos »… OK ^^. Une autre plage, en face d’une île : « Alors sur l’île c’est blindé de crocos, mais en général ils ne viennent pas jusqu’ici, donc ici on peut se baigner. Mais bon des fois il y en a qui viennent quand même, mais globalement c’est bon ». OK… donc je ne m’y baignerai pas. Lui vient s’y baigner de temps en temps…

On discute donc des accidents dû aux crocos. Je me rappelle qu’à chaque fois qu’il y avait un accident quand j’étais là, c’était toujours des allemands. Des allemands s’étaient fait tuer parce qu’en pleine nuit, complètement saouls, ils ont fait le pari de « qui est cape d’aller se baigner ? » Super futé comme pari. Ben ils y sont tous allés, ils sont tous morts. Greg me confirme que c’est presque toujours des allemands « Je ne sais pas ce qu’ils ont les allemands, ils veulent toujours aller se baigner. Mais ici tu ne peux pas te baigner partout ! »

Même s’ils décident de tuer un croco à un endroit pour pouvoir se baigner, ça ne changera rien. Si un croco est venu là, c’est un territoire…si on le tue, bim un territoire de dispo, un autre croco va se ramener tôt ou tard.

Ensuite, il m’emmène voir ses locaux. Greg a monté une boîte avec un ami. C’est rigolo, ils font le même boulot que ce que je faisais à Novartis. J’apprends que tous les métiers liés aux bâtiments/infrastructures sont très recherchés en Australie. Je manque de tomber de ma chaise quand il m’annonce les salaires d’un charpentier débutant mal payé. C’est pas loin d’un salaire d’ingénieur qui bosse en Suisse ! Je comprends mieux pourquoi tous les australiens que je croise bossent dans le bâtiment pour se faire de l’argent !

Je profite d’être à son bureau pour aller sur internet dire que je suis bien arrivée parce que Greg n’a pas le net chez lui (Moi qui pensait que ce serait plus simple une fois que j’aurais quitté l’Asie…). Et là il me dit « ça te dit qu’on mette le jetski à l’eau ? »… Pardon ??? « Fini de lire tes mails, je mets le jetski dans le camion en attendant » Ah d’accord… Oauhouh ! Je vais faire du jetski hihi.

On file dans un port à côté de la ville. Marche arrière. Remorque dans l’eau. Il décroche le jetski et me dit « Tu le tiens le temps que j’aille garer le camion ? » OK… Il me fait super confiance parce que y’a des vagues dans tous les sens, je m’y agrippe comme je peux…

Il revient. Ouf, je n’ai rien cassé, mais je ne suis pas mécontente de le voir arriver. On met les gilets et hop c’est parti. Enfin c’est parti.. c’est vite dit. Il y a tellement de vagues qu’on saute dans tous les sens, je ne peux même pas ouvrir les yeux avec toute l’eau qu’on se prend. Il s’arrête 2 minutes plus tard « C’est trop le cirque on va aller ailleurs… » On retourne vers le ponton, on passe entre des bateaux et on entre dans une sorte de rivière. « Bon on va y aller. Mais accroche toi bien parce que c’est blindé de crocos ici alors ce serait une bonne idée de ne pas tomber à l’eau » Euh…. !!!??? Compris !Je me suis agrippée comme si je ma vie en dépendait…ce qui était finalement un peu le cas ^^.A un moment je me fais la réflexion que le paysage défile relativement vite. Je jette un œil au compteur. 70. C’est tout ? J’ai vraiment l’impression d’aller plus vite que ça. Ah. Je regarde en quelle unité… MPH… Donc ça fait 115km/h. Je me disais aussi^^. Bon du coup il m’avait dit qu’il pourrait me tracter en wakeboard, mais vu qu’on est obligé de rester dans la marre à croco, je ne relance pas le sujet ^^.

Quand on ressort, il me laisse à nouveau le soin de tenir le jet le temps qu’il aille chercher le camion… Heureusement, il y a un peu moins de vagues qu’avant, j’ai moins de chance de tout casser. On le ramène au garage, on le lave et on va rejoindre un de ses copains… dans un bar à Mitchell street. Entre 2 bières, j’en profite pour aller faire le tour des agences : Objectif : Trouver un tour de 3 jours au Kakadu National Park (Oui en gros, je suis revenue en Australie pour faire ce que je n’ai pas pu faire la dernière fois : Kakadu national park, tasmanie, great ocean road, byron bay… et bien sûr j’ai rajouté la plongée à ma liste depuis ^^). Première agence ? Ce n’est pas une agence pour backpackers (trop cher…), le monsieur de l’agence me montre où je peux trouver les agences backpackers dans la rue. Je vais à la plus proche. Elle passe 2 heures à me vendre un truc « C’est super c’est génial c’est trop bien c’est LE tour à faire,.. » Elle appelle, c’est complet… Il ne reste qu’un tour d’une journée dans un autre parc. Hors sujet. Je vais donc vers une autre agence. Il me montre la même brochure « C’est super c’est génial c’est.. «  je l’arrête : Oui mais c’est complet. Ou alors il faut que j’attende 3 jours et je ne vais pas rester 3 jours les bras croisés ^^ (Je pourrais dormir certes, mais c’est surtout que j’ai déjà mon billet d’avion réservé pour la Tasmanie… Je n’ai que 3 jours complets après aujourd’hui). Il m’en sort un autre qui est trop super trop génial, c’est 2 jours Kakadu et 2 jours Lietchfield, un autre parc national, mais dont Greg m’a beaucoup parlé donc je sais que ça vaut le détour également : Vendu ! Il appelle. Il reste UNE place pour le départ du lendemain. Petite veinarde que je suis. Hop. Je demande s’il est possible de venir me chercher chez Greg, mais c’est trop loin (Ben oui tous les backpackers sont dans la même rue, donc 5 minutes, c’est trop loin). Tant pis. C’est rendez-vous à 6h30 le lendemain devant l’agence, je partirai à pied de chez Greg, il y a 15-20 minutes de marche (plutôt 20 à 6h du matin…). J’ai même 40$ de réduc sur le prix indiqué (ils ne pensaient plus vendre la place et c’est la basse saison…). Bon, ne vous enflammez pas, ça reste hyper cher. Mais maintenant que je suis là, ça coûte moins cher de le faire là que de revenir une autre fois… Je rejoins Greg et son copain en terrasse. Ils regardent le détail de mon séjour et sont super emballés « Là tu vas pouvoir te baigner, là c’est superbe,… » Cool ^^. J’ai besoin d’un sac à dos et d’un chapeau, Greg me propose de m’en prêter. Et aussi de garder mon backpack en mon absence (on a le droit d’emmener qu’un petit sac…) Cool. Parfait. Mon seul problème est résolu.

On rentre, je file faire mon sac et je me prépare à manger pour la première fois depuis 5 mois. Ne vous enflammez pas, il me restait des nouilles malaisiennes, j’ai juste acheté un bon bout d’agneau (5 mois que je n’ai pas mangé un vrai bout de viande !!!!!!!!!!!!!) : J’en savoure chaque bouchée ! Et surtout je me suis acheté… des tim-tam ! Hum des tim-tam. Qu’est ce que ça avait pu me manquer ça. Les tim-tam sont des biscuits chocolatés australiens. Trop trop bons. Greg est mort de rire en voyant ma tête lorsque j’achète mon paquet et que j’en dévore un ^^.

Le meilleur moyen de manger un tim-tam ? C’est le Tim tam orgasme (oui vous avez bien lu). En fait, le tim tam est rectangulaire et au milieu il y a un biscuit ou du caramel ou,… Donc le truc c’est de croquer 2 coins dans la diagonale. Puis de tremper un des bouts manquants dans une boisson chaude (chocolat chaud, thé, café) et d’aspirer par l’autre bout, puis de tout de suite mettre le tim tam dans la bouche… ça fond de l’intérieur en bouche… c’est une tuerie !!! Ah ça m’avait manqué ^^.

Je finis mon sac et comme les allemands sont partis, je peux avoir la chambre avec le lit double, bien plus confortable que le matelas gonflable du salon !

Ju

 

« Good day Mate! Welcome back to Australia! »

Je me réveille…. Au milieu de la nuit… attaquée par des bêtes de lit. Super. C’est ma dernière nuit en Asie, en plus la nuit allait déjà être courte et bim, c’est pour moi. Je tâte mon épaule : Recouverte de boutons. Grrr. Ça gratte !!!!! Je regarde dans le dortoir, je trouve un autre lit où il n’y a personne. Pfiout je me faufile et je me rendors.

Je me réveille… difficilement du coup. Cette fois c’est la bonne. Je saute dans mes affaires, je ferme mon sac et je file dire au revoir à Dan en attendant mon taxi (Encore un que je reverrai en Suisse ^^).

Je monte dans le taxi… mon dernier trajet en Asie… Snif. Je profite et papote tout le long avec le conducteur. Il m’apprend que tous les matins avant de partir travailler (il commence à 7h), il entame la journée par une heure de surf. Tout le monde surfe par ici mais c’est rigolo parce qu’on est très loin du cliché surfeur blond musclé,… Ils sont tous asiatiques ici ^^.

Je finis par arriver à l’aéroport. Je cherche des yeux mon vol sur les panneaux : 11h40…11h40… Non Rien à cet horaire là. D’ailleurs, il n’y a rien du tout à destination de Darwin. Je vérifie qu’il n’y ait pas un autre terminal avec d’autres compagnies. Non, non tout se trouve ici. Génial. Déjà que j’en ai gros sur la patate de quitter l’Asie, je n’ai pas dormi et maintenant je n’ai pas de vol. Je pense qu’on peut dire que la journée commence bien.

Je trouve un point info : « Bonjour j’ai un vol à 11h40 pour Darwin, mais il n’y a pas de vol pour Darwin… » Je lui donne mon numéro de vol. « Ah oui c’est bien aujourd’hui, mais c’est à 13h40 ». Je vérifie mon billet… C’est bien marqué 11h40. Ce n’est pas moi qui me suis plantée. Bon… Je m’estime heureuse que l’erreur soit dans ce sens là, sinon j’aurai raté mon vol.

Je file au stand d’Air Asia, voir si je ne peux pas me débarrasser de mon sac quand même… Elle me file mon billet, mais ne peux pas prendre mon sac. Détour inutile donc ^^.

Bon du coup, j’en profite pour aller me poser manger un dernier repas asiatique : Des bonnes nouilles et surtout j’enchaîne banana shake, mango shake,… malheureusement, pas de coco à l’aéroport. Je croise les doigts pour en reboire bientôt !

J’en profite pour commencer à relater mon périple balinais. Enfin du temps et du wifi ^^.

C’est enfin l’heure, je me débarrasse enfin de mon gros sac (au sens propre). Au moment de passer la douane, mon cœur se serre encore plus quand on me tend mon passeport avec mon dernier tampon asiatique… Cette fois, c’est fini, je quitte l’Asie pour de bon… ça va tellement me manquer…

J’embarque. Pas d’asiatiques à bord, ça fait bizarre… J’entends parler anglais partout autour de moi…

Pendant tout le vol je suis mitigée : Je dois pleurer parce que je quitte l’Asie ou sauter de joie parce que je retourne ENFIN en Australie après 7 ans ??? Ne sachant pas me décider, je vais faire un peu de tout pendant tout le long du vol.

On arrive. Mais avant de passer la douane, je m’éclipse 5 minutes, ça fait trop d’émotions d’un coup. Rappelez-vous, je vous avais dit qu’une globetrotteuse était aussi émotive qu’une femme enceinte. Eh bien ça ne s’arrange pas avec le temps.

J’arrive devant le douanier. A peine a-t-il ouvert la bouche que je me retrouve propulsée 7 ans en arrière : « Good day Mate ! » Il regarde mon passeport, il regarde son ordi, il me regarde : « Eh ! Welcome Back to Australia !!!! » Merci ^^.

Mais avant de mettre le tampon, y’a une dame de l’immigration qui doit me poser des questions. Ok… Et là, j’ai droit à l’interrogatoire le plus bizarre de ma vie dans un couloir. Une dame qui pose des prend des notes sur un cahier de brouillon en vracs. Et en entendant les questions, je me demande si ce n’est pas une caméra cachée : « Vous allez où en Australie ? »

  • Ben là je commence par Darwin
  • Et après ?
  • La tasmanie
  • Et après ?
  • Je pense le Queensland, mais je ne sais pas encore trop.
  • Et après ?
  • Après je vais en Nouvelle-Calédonie
  • (Explosion de joie) ahhhhhhhhhhhh mais c’est gééééééénial ! Et après ? (Euh on va jouer à ça longtemps ?? parce que ça va durer longtemps, il me reste 7 mois…)
  • Nouvelle-Zélande
  • (Nouvelle explosion de joie) et après ?
  • (Pfu….) Polynésie française
  • OUahouhhhhhhhhhhhhhhh et après ? (Elle est rayée ????)
  • Amérique du Sud (Notez qu’avec cette réponse j’essaie d’écourter…)
  • Super ! Vous allez où en Amérique du Sud…
  • (je liste les pays)
  • Géniiiiiiiiiiiiiiial. Mais vous voyagez combien de temps ? (En fait elle est juste intéressée par mon voyage… je pourrais transporter de la drogue ou vouloir ouvrir un réseau de prostitution que ça ne la dérangerait pas…)
  • Un an
  • Oh mais c’est géééééééénial et vous avez fait quoi avant ?
  • L’Asie, 5 mois.
  • (explosion de joie sur explosion de joie) et vous avec quel budget ?
  • Vous voulez dire pour mon séjour en Australie ? (Notez que c’est moi qui essaie de recentrer la discussion….)
  • Non pour tout !
  • (Je lui file mon budget. Elle est contente)
  • Et vous faisiez quoi avant de partir ?
  • Manager Projet
  • (Toujours autant d’enthousiasme…) Et vous allez faire quoi en rentrant ?
  • Euh. On verra…

Ca a duré un moment comme ça…. Bon elle finit par se rappeler qu’on n’est pas là pour sympathiser et va me tamponner mon passeport…pfiou !

Le côté positif c’est qu’avec tout ça une fois arrivée au tapis des bagages, mon sac est déjà en train de tourner depuis un moment, je n’ai pas à patienter…

Avant de sortir de l’aéroport, je trouve un bureau de change. Vous auriez dû voir la tête de la dame au fur et à mesure que je sortais les billets ^^. « Alors là c’est la liasse de monnaie indonésienne… là c’est Singapour…. Là c’est les Philippines… là c’est le cambodge…. Là c’est hong kong…» je lui tends une cinquantaine de billets (ne vous emballez pas trop, ça ne vaut rien !)… elle m’en donne 3 en échange. Ah ça va me changer ! Bon comme je l’ai bien fait rire je n’ai pas payé de frais… en même temps heureusement, parce que prendre des frais sur un dollar australien pour le change de la monnaie cambodgienne, ça revient à ne plus rien me donner^^.

Avant de sortir de l’aéroport, je mets les pendules à l’heure : Accrochez-vous bien…. Avec Bali, j’ai…1h30 de décalage horaire… oui c’est un truc que je n’ai vu qu’en Australie jusqu’à présent, ils font des demi-fuseaux… J’aurais une demi-heure de décalage en plus une fois que je passerai à Melbourne…

Mais attention… vous n’êtes pas au bout de vos peines ici. Il y a mieux !!!! Vous savez quand nous on change d’heure pour l’été ou l’hiver ? Eh bien en Australie, chaque état fait un peu à sa sauce… Donc par exemple, le Northern Territory (où il y a Darwin) et le Queensland (Où j’étais y’a 7 ans), ils ont décidé qu’ils ne changeaient pas d’heure. Sauf que… les autres changent d’heure !!! Donc vous vous retrouvez avec Sydney et Brisbane qui ont la même heure la moitié de l’année…. Et le reste de l’année ont une heure de décalage… alors qu’ils sont sur le même faisceau… Une belle pagaille ! Il n’y a pas qu’en Asie qu’il n’y a pas de logique ^^.

Bref, je mets mon téléphone à l’heure (eh oui je n’ai pas de montre… pour quoi faire…) et je file choper un taxi. Ce soir, je suis chez un coachsurfeur, Greg, qui m’a dit que c’était le meilleur moyen. Alors que je fais la queue pour un taxi, un homme vient me demande où je vais et si on peut partager le taxi. A sa deuxième phrase, je lui demande s’il est français (l’accent nous trahit tous). Presque, il est québécois, habite à Bali et vient passer une semaine au Kakadu national park, le parc que je suis venue voir parce que pas pu lors de ma première visite.

On demande au chauffeur de taxi : mon appart est sur la route de l’hôtel du québécois. On file.

Greg m’attend sur son balcon donc il me fait signe de faire le tour et de monter au deuxième étage.

Il me fait visiter son appart, il a une très belle vue sur la ville et ce soir il a 2 autres coachsurfeurs : un couple d’allemand qui voyage quelques semaines en Australie avant de s’installer un an en Nouvelle-Zélande (Moi j’aurais fait l’inverse ^^ c’est un peu dur de faire l’Australie en quelques semaines et un peu long de faire la Nouvelle Zélande un an).

Je demande à Greg s’il y a un endroit proche pour faire des courses (Fini la street food ! snif)… eh bien non. Mais il y a un Mac do à côté où il comptait aller ce soir…. Bon eh bien pour ce soir je me contenterai de ça.

Sur la route, il m’explique qu’il a entendu la voix de l’allemande pour la première fois ce soir. Apparemment, à chaque fois qu’elle commence à parler son copain lui fait signe de se taire. Il me confie que ce n’est pas la première fois que ça lui arrive avec des couples allemands…ah ??

Arrivés au Mac Do, un aborigène vient me réclamer de la nourriture. Greg vient me sauver la mise parce que je suis un peu prise au dépourvue… Les aborigènes n’ont pas une vie facile, mais je reviendrai là-dessus lors de mon excursion à Kakadu ^^.

Sophie, l’allemande, va passer toute la soirée à me parler. Sûrement pour rattraper les 4 derniers jours. Visiblement, elle a le droit de parler aux filles, c’est déjà ça ^^.

Je m’endors dans le salon sur un matelas gonflable : Je suis de retour en Australie ^^.

Ju