OT Jour 7: Le platypus utilise sa queue pour stocker des graisses

A 8h on est prêt tous les 5. Le bateau doit arriver à 8h45 mais la voix dans la grosse boîte nous annonce 10 minutes de retard. Bwarf sincèrement, on s’en fiche complètement… On n’est pas en train d’attendre le métro là. On savoure les paysages, le fait d’être au milieu de nulle part complètement seuls au monde ! Les canadiens ont un harmonica et ça c’est la méga classe, posés au bord du lac à les écouter jouer. Franchement, on regarde autour de nous et on est bien nostalgiques de savoir qu’on va retrouver la civilisation, le béton, les voitures,… Là on est au milieu des montagnes au bord d’un lac (Ben vous allez me dire comme à Nyon… OK… Certes), on savoure la vue incroyable qui nous entoure.

9h, Doug nous accompagne sur le ponton. Et là. Alors que le bateau arrive…. Le platypus sort faire ses longueurs !! Youhouh ! On le voit barboter pendant plus de 10 minutes, je suis toute contente ! Je l’ai vu mon platypus sauvage ahaha !!! (Un platypus c’est un ornithorynque, le seul mammifère qui ponde des œufs, qui a un bec de canard, une queue de castor et des pattes de loutres ^^ Oui c’est un vrai animal je vous promets) Il avait l’air fin heureux à barboter et avoir le lac rien que pour lui.

Alors cet animal est assez bizarre, d’ailleurs on parle souvent de lui comme la preuve que Dieu avait de l’humour ^^. Il a 2 ovaires mais qu’un seul est fonctionnel, celui de gauche. Il stocke la graisse dans sa queue.

« Les ornithorynques c’est la preuve que tôt ou tard, Dieu s’est pris une cuite. » Sacha Guitry ^^

On dit au revoir à Doug. Des gens descendent du bateau. On voit qu’ils ont du mal à mettre sur leur dos leur sac. Normal. Ils attaquent dans l’autre sens. Leurs sacs sont plein à craquer, eux ont l’air plein d’énergie. Ben bon courage, nous on va se doucher, ça fait 7 jours qu’on porte les mêmes vêtements et qu’on marche toute la journée… Non je ne pue pas, les filles sont des princesses, je suis fraîche comme une rose.

On embarque sur notre petit bateau et c’est parti pour une demi-heure de traversée où on peut savourer les montagnes une dernière fois.

Normalement, on doit attendre notre bus jusqu’à 17h30. Sinon, les canadiens ont leur van qui les attend gentiment sur le parking, ils nous proposent de nous déposer à Hobart si on accepte de se serrer. C’est bien plus fun comme ça, on accepte de suite.

On descend donc du bateau, on vient signer le registre pour dire qu’on l’a fait, qu’on est toujours vivant et qu’il y a le même nombre de personnes au départ qu’à l’arrivée. Puis on file vers le van. Les canadiens arrangent les planches de surf ( Ce sont des canadiens… ils ont surfé à Melbourne la semaine dernière et sont sortis pied nus hier soir pour chercher le platypus). Il est trop bien leur van ! Complètement équipé, frigo et tout, banquettes,… La classe.

On charge les sacs. On est prêt à partir. Mais… Avant de partir, les canadiens sortent 3 bières du frigo : « On les a bien mérité !! » (Oui il est 9h30 du matin. Mais ça fait 7 jours qu’on mange des nouilles et qu’on boit de l’eau).

On ouvre les bières et là, phrase mémorable d’Andrew : « Moi je ne bois pas de bière pas fraîche ». Alors je vous resitue un peu tout ça : La bières ont passé 7 jours dans un van à l’arrêt sur un parking dans un parc national où la nuit la température descend en-dessous de 0° et la journée ça atteint peut-être les 10°C… Voilà voilà… Bon du coup après une gorgée, il s’est rendu compte de ce qu’il venait de dire et en bon australien il a bu de la bière…

Après ça, on monte dans la voiture et en 2h, on rentre sur Hobart, entassé à l’arrière d’un van entre 2 planches de surf au son des Beatles… J’adore ^^.

On retraverse la Lorraine dans l’autre sens… Puis on retour à notre hôtel plein de grenouilles. Lochlan était à cet hôtel aussi avant de partir. Les canadiens adorent l’hôtel et décident d’y passer une nuit. On file mettre nos sacs dans les chambres, on récupère les affaires qu’on avait laissé ici (je suis soulagée de voir que rien n’a disparu… du coup je me dis que j’aurais peut-être pu m’épargner les 2 kilos d’ordi, téléphone,…) et…. On va… Manger !!!!!!!!!!!! (Merci de noter le sens des priorités à notre retour à la civilisation : Bière, nourriture… la douche sera pour plus tard. Eh ça fait 7 jours, on n’est pas à 2 heures près non plus)

Lochlan avait mangé dans un pub juste à côté de l’hôtel où il y aurait des bonnes assiettes pas chères. Parfait. Ohlala je commande une entrecôte avec des frites et une salade. Je ne vous raconte pas !!!!!!!!! Une fois la commande passée, on scrute tous nerveusement pour voir quand les assiettes vont enfin arriver. Une fois que les assiettes sont là, il n’y aura plus aucun bruit jusqu’à ce que nos assiettes soient entièrement vides !!!!!! De la nourriture solide ! De la viande ! Des saveurs ! Des légumes (oui y’a une salade quand même je vous rappelle) ! Tout y est. Ça ne fait que 7 jours, mais 7 jours de nouilles et chaque bouchée semble être un petit bout de paradis ! Il faut mâcher, ce n’est pas tout écrabouillé, bouilli pré-mâché en arrivant dans la bouche ! Bref, c’est complètement dingue.

Après ça, on aurait bien commandé un dessert, mais on n’a pas mangé grand-chose pendant 7 jours, du coup l’assiette a plus que rempli nos estomacs ! On retourne à l’hôtel. On se commande des chocolats chauds et on va se poser au salon devant un film (oui la douche va venir !).

Il est 18h. C’est l’heure de la douche. Mais attention, là aussi ça va être quelque chose. L’assiette et le chocolat bien chaud m’ont déjà réchauffé. Mais alors la douche… Au bout de quelques minutes, j’ai la peau rouge tellement j’ai monté la température. J’ai été frigorifiée pendant une semaine. Et là j’ai de l’eau chaude qui me coule sur la tête. J’ai enlevé mon bonnet pour plus de 5 minutes pour la première fois depuis 7 jours (oui pour les filles je vous raconte pas la galère pour les nœuds. Mais bon un problème à la fois). J’ai du savon, du shampooing, ça sent bon et rapidement je transforme la douche en sauna ! J’entends les garçons dans la salle de bain à côté qui sont aux anges aussi. Je ne sais pas combien de temps chacun aura passé sous la douche, mais sincèrement après 7 jours sans eau, on ne risque pas de nous reprocher d’en utiliser trop. Surtout en Tasmanie où on s’est tapé 5 jours de pluie en une semaine.

Je sortirai de la douche une fois que je n’aurais plus l’impression de me faire ébouillanter par de l’eau tiède et que je ne serai plus complètement grelottante…. Ça a donc pris un peu de temps. Mais ça valait le coup.

Etape suivante : La lessive. Alors là, je mets tout dans la machine, même les chaussures. Tout est plein de boue, trempé, sale. Beurk. Je ne voudrais pas voir la couleur de l’eau après le premier lavage.

On retourne se commander des boissons chaudes au bar et on regarde un autre film : Django, j’adore.

Après quoi, il est minuit. L’heure pour moi d’aller m’effondrer dans mon lit. Punaise. Je rentre dans mon lit. C’est moelleux, c’est douillet, quelques minutes plus tard, il y fait chaud. Je remonte la couette (une couette !) jusqu’au nez. Je savoure de ne pas ressembler à un oignon à 1000 couches pour aller dormir. Je me tourne. Je me retourne. Je suis tellement surexcitée que je vais avoir du mal à m’endormir (enfin si on considère la fatigue accumulée, parce que je n’ai pas trop tardé quand même).

Alors pour savourer des petites choses, il suffit de s’en priver une semaine ^^.

Ju

 

OT Jour 6: Enfin le lac Saint Clair!!

On se réveille dans notre hutte surdimensionnée emmitouflés sous notre chauffage. On ne veut pas trop traîner parce que 2 options s’offrent à nous aujourd’hui : Nous allons faire les 9 km qui nous séparent de la hutte Narcissus. De là, il doit y avoir une radio (ouahouh trop de technologie d’un coup là !). Comme c’est la basse saison on ne sait pas comment ça fonctionne mais on devrait avoir quelqu’un qui nous dira s’il y a un bateau le lendemain pour nous amener au visitor centre du lac saint clair. Sauf qu’en basse saison, le prix par personne dépend du nombre de personnes sur le bateau… Pour l’instant nous sommes 3, alors on n’en mène pas large. On ne va pas mettre 80$ dans un trajet en bateau. Donc si jamais il n’y a pas de bateau ou que c’est trop cher, on a 17 km en plus à faire d’ici au lendemain soir. Donc si pas de bateau, on fera 2 étapes en une, on fera 2h30 de plus pour atteindre Echo Point, une autre hutte.

Tout ça pour dire qu’on se dépêche au réveil. En marchant vers les toilettes (oui c’est toujours loin des huttes… t’es sûre de ne pas avoir envie de te relever la nuit ici !), je découvre pleins d’oiseaux de toutes les couleurs dont un magnifique perroquet dans les tons bleus. Bien sûr ils font tous des bruits improbables. Seul un australien pourra vous dire avec certitude « Ben c’est un oiseau ! »

On charge le sac bien allégé (C’est moi qui avait le couscous de la veille mouahahah) et on file. C’est quasiment plat, alors en 2h30 on s’est farci les 9 km (Je sais ça paraît super lent comme rythme, mais si on considère tous les autres facteurs, on a bien tracé). En arrivant à Narcissus, je suis sous le charme. Une trop mignonne petite hutte en bois peinte en blanc et un bon vieux poêle où on y fait du vrai feu !!! Ahah, je savais que je ne me trimballais pas mon paquet de chamallow pour rien depuis le début ! On savait qu’un jour on aurait du feu !!!!) Tout ça au bord du lac saint clair. Enfin. Depuis 6 jours qu’on avance en direction de ce lac. Cette fois, ça y est on y est !!! La vue est magnifique évidemment !!

On trouve le truc qui doit être une radio. Un gros cube qui ressemble à une armoire électrique où il n’y a qu’un seul bouton. Avec Lochlan on se lance, on appuie sur le bouton. On n’y croit pas trop. Ça fait 6 jours qu’on est coupé du monde loin du tout et tu veux me faire croire qu’en appuyant sur ce petit bouton on va se retrouver en communication avec le monde réel ??? « Allo allo ici la hutte Narcissus ! »

EH bien oui !!!!!!!!!!!!! 3 secondes plus tard, à peine on entend « oui ?? » ouah ! J’ai l’impression de découvrir les moyens de communication à nouveau. On est tout surexcité ! « Est-ce qu’il y a un bateau demain ? » Eh bien oui aussi !!!!!! Youhouhouh ! On va traverser le lac saint clair en bateau !! Au tarif presque normal donc on est satisfait. Sauf qu’après ce « coup de fil », on réalise… on a terminé !!! On a fini ??? C’est pas possible on l’a fait youhouh ^^. On s’auto-félicite, on est très content !!!

Pour fêter ça, on va récolter du bois et on fait un feu dans le poêle. Peu après, un homme arrive tranquillou en kayak devant la hutte.. C’est Doug. Tout un personnage. Il est venu en week-end donc il a pris le kayak depuis le visitor centre, il a traversé tout le lac et là il va aller marcher un ou 2 jours et rentrer. Sauf que Doug ce n’est pas n’importe qui. Il y a des gens, des fous, qui font l’Overland Track en courant. Eh bien Doug a… le 3ème temps de toute l’histoire de l’Overland Track ! Ce qu’on vient de se farcir lamentablement en 6 jours, lui il l’a fait en … 8h47. Voilà voilà. Ben d’un coup on est quand même moins fiers de nous. Et quand il nous raconte ses aventures, moi je me sens comme une aventurière du dimanche après-midi par beau temps. Il a appris à naviguer avec un navigateur très connu dont j’ai évidemment oublié le nom ^^(oui je ne suis pas au maximum de mes capacités à ce moment là). Il a embarqué comme ça sur le bateau et a passé des semaines sans voir un bout de terre… Bref il a pas mal d’anecdotes à raconter !

Un couple d’australiens arrive ensuite qui est là aussi pour le week-end. Puis enfin 2 frères canadiens francophones. Ils nous demandent si on est au courant pour le bateau. Je leur montre fièrement le fonctionnement de la radio « Ah mais je vais appuyer là et quelqu’un va me répondre ? » « Oui je te jure ça marche !! ». Et hop on repapote avec la grosse boîte, on sera donc 5 demain sur le bateau !

Doug revient d’une promenade au bord du lac. Il a vu un platypus. QUOI ? Nous aussi on veut voir !! On repart tous avec lui, mais évidemment il n’est plus là. En lisant le logbook, effectivement il est mis qu’au bord du lac on peut apercevoir un platypus qui se fait des petites longueurs. J’y retourne 3 ou 4 fois dans la soirée toujours rien. Grrr !!

On passe une soirée super sympa tous autour de la table à se griller quelques chamallows dans le poêle. On va se coucher il est bien 22h, ça n’est sûrement jamais arriver avant ! Bon pour moi ça ne change rien, ça fait 6 jours que j’ai froid, ce n’est pas ce soir que ça va changer ! Mais c’est pas grave, demain, j’aurais droit à une douche chaude et un vrai lit alors j’endure facilement cette dernière nuit d’insomnie !

Ju

OT Jour 5 ou le jour où on se dit que Koh Lanta c’est pour les mauviettes

On est crevé et on a mal partout, mais la petite journée de la veille nous a fait du bien et en plus, on sent que les sacs commencent à s’alléger à force de manger (oui il n’y a quasiment que de la nourriture et de quoi dormir, cuisiner dans les sacs). Les souris ont été cools, elles ne nous ont pas rendu visite !!

Vers 9h, on lève le camp tous les 3. Comme on n’a « que » 10 kilomètres à faire aujourd’hui, on va faire tous les side tracks, des cascades ! Les 5 premiers kilomètres sont relativement plats, quelques montées descentes mais rien de très méchant comparé aux autres jours. On saute nonchalamment de caillou en caillou, c’est devenu une seconde nature de planifier au moins 4 ou 5 cailloux en avance… Après 5 kilomètres, on arrive à la hutte la plus ancienne qui n’est plus utilisée aujourd’hui. Elle est trop belle, du vieux bois, une « cheminée ». Quand on voit la tête des planches pour le lit toutes déformées avec des trous, on se dit que finalement nos huttes c’est le grand luxe ! Il y a un logbook aussi, on découvre un mot de frères néo-zélandais toujours un jour en avance sur nous, ils réclament des bières… Vicky est passée par là également. Par contre, ça fait plusieurs jours qu’on n’a plus aucune trace de Félix, on commence à s’inquiéter pour lui…

On fait quelques photos devant la hutte qui se trouve au milieu d’une petite clairière recouverte de mousse et entourée de forêt tropicale aux alentours.

Une barre de céréale plus tard, on reprend la route. On arrive rapidement aux 2 premières cascades : 1h30 pour faire les 2 cascades. On pose nos sacs et on part juste avec un petit sac à dos avec le pique-nique. L’aller, ce n’est que de la descente. On arrive à un premier point de vue sur des cascades en série, c’est magnifique. Puis on arrive aux D’Alton Falls. Extrêmement impressionnantes et un sacré débit. Par contre, il y a nulle part où se poser donc on décide d’aller voir les cascades suivantes… Les Ferguson Falls. Un peu moins impressionnantes mais le point de vue est sympa. Sauf qu’au moment de sortir le pique-nique, on se rend compte qu’on n’a pas appris de nos erreurs… on a à nouveau oublié les couverts. On ne trouve rien par terre qui puisse faire office de couverts. Et finalement on n’a pas très faim pour l’instant donc on décide de reprendre la route, on mangera plus tard.

On remonte la pente, on récupère nos gros sacs… Grrr. C’est fou ce qu’on se déplace plus vite avec 20 kilos de moins !!! Et comme on se sent plus léger aussi !!! 20 minutes plus tard, on arrive à l’embranchement d’un autre side tracks : Hartnett Falls, une bonne heure. On pose les gros sacs, on récupère les couverts et on file. Et là… Ben c’est à nouveau la rivière. Au début on trouve toujours des moyens de contourner. Parfois ce sont de sacrés contournements ! Mais à un moment aucun contournement possible. Alors on frôle la végétation autour du sentier. Comprenez on se vautre comme on peut contre les arbustes pour ne pas glisser dans la boue… Sur plus de 20 mètres, c’est un peu la grosse cata ! Pas de cailloux qui ressortent de la boue/rivière, tous les alentours sont détrempés également. Donc on s’accroche comme on peut aux branches, on s’affale sur un arbuste, on s’agrippe à une touffe d’herbe… Je vois une planche qui dépasse, je la montre à Andrew qui se jette dessus…. Et s’enfonce dans la boue jusqu’à la cheville… Oups… désolée ^^.

On marche « normalement » (Comprenez sur la pointe des pieds en sautant de pierre en pierre… à un rythme d’un mètre par minute maximum) pendant quelques minutes et on se retrouve à nouveau dans une zone complètement détrempée. Complètement. A plusieurs mètres à la ronde. On a beau chercher on ne trouve pas. Une seule solution…. Escalader les arbustes et sauter ensuite d’arbuste en arbuste. Ce sont des espèces de grosses touffes d’herbes géantes. On monte sur la première. On saute sur la deuxième. Puis la troisième. On finit par redescendre. On est mort de rire. Ce n’est plus un trek !!!! A Koh Lanta ils peuvent aller se rhabiller, ça c’est de la survie hihi !!

On arrive enfin aux chutes et il faut avouer que ça valait le coup. On se trouve un arbre et un caillou. On s’installe et on met le riz à chauffer. De mon arbre, je surplombe les chutes, y’a pire comme cadre pour un pique-nique !!! Ah on galère mais on en prend quand même pleins les mirettes tous les mètres !!

On est en train de manger le riz. Quand soudain on se regarde paniqué…euh mais quelle heure il est ???? je prends une photo (notre seul moyen de savoir l’heure ahah) : 15h20. Ouhla, mais dans une heure 20 il fait nuit !!!!!! Il est temps de s’affoler. On remballe tout en quatrième vitesse et on refait le parcours du combattant en sens inverse. Sauf que cette fois on ne met pas 10 secondes à savoir sur quel arbuste grimper ou à quelle branche s’agripper, on se rappelle par où passer. On enchaîne les arbustes, on trace. L’idée de finir de nuit dans la forêt tropicale ne nous emballe qu’à moitié.

On retrouve le sentier principal où on récupère nos sacs… snif ! et on trace !!! Racine-racine-caillou-branche-racine-… Inutile d’essayer de papoter ni quoique ce soit, on est trop concentré ! Sur la carte, ils avaient prévenu, on va rentendre des oiseaux sur cette partie et effectivement ! On entend gazouiller. Pas des gazouillements genre cuicui européens. Là on parle d’oiseaux australiens. Tu ne sais pas si c’est un oiseau, un bébé qui hurle ou un singe qui se marre…

On arrive pile au moment où on commence à ne plus rien voir à la hutte Bert Nichols ! Ouf ! Mais… elle est gigantesque cette hutte ! Et surtout ça ne ressemble pas à une hutte mais à un grand centre de colonie de vacances ! Ce n’est pas du bois mais de la taule, il y a une énorme salle à manger (Vous emballez pas trop, je n’ai pas d’autres termes pour un alignement de bancs et tables dans une pièce), de grands couloirs, pleins de chambres (Ne vous emballez pas non plus, c’est toujours 4 murs avec des alignements de planches sur 2 niveaux). Mais qu’un poêle dans le « grand salon ». Ce n’est pas un poêle au sol comme les autres. Il est accroché au plafond à plusieurs mètres du sol. La hauteur sous plafond doit être pas loin de 5 mètres… C’est cool, c’est chouette, c’est tout ce qu’on veut, mais celui qui a géré ce projet n’a pas fait le trek et s’est bien planté. Super, déjà que ça caille comme pas possible et qu’il est presque impossible de chauffer les huttes avec les poêles qui ne fonctionnent que 45 minutes et ne chauffent pas des masses. Alors une énorme pièce avec 5 m sous plafond et plein de pièces autour saus chauffage, franchement bravo, c’est une idée de génie. Celui qui a géré ce projet, jamais je l’embauche !

D’ailleurs en lisant les logbooks, tout le monde est d’accord « Oui elle est belle votre hutte mais franchement totalement inadaptée pour ce trek… »…

Bref, on tombe rapidement d’accord, on va aligner nos matelas sous le chauffage ^^.

Toujours la même routine : On défait nos « bagages » (Autrement dit on sort le sac de couchage et le réchaud ^^), on installe le lit 4 étoiles (autrement dit la tente, pour isoler un peu du froid, le matelas qui sert à rien et le sac de couchage inadapté) et comme d’hab je file faire mon petit tour de nuit pour essayer de trouver des animaux. Mais cette fois je rentre bredouille. Snif. J’aurais aimé voir un diable de tasmanie bien qu’ils aient presque tous disparus suite à une maladie il y a quelques années, et un platypus. Mais toujours rien. Tant pis. Je rentre cuisiner. Ce soir c’est couscous (enfin semoule avec une sauce à la tomate épicée). Hum ça fait tellement de bien après toutes ces nouilles et riz !!! En plus la sauce est bien relevée, ça nous rappelle l’Asie, ça fait du bien aussi !! On voudrait étendre nos affaires, mais avec un chauffage mural à 3 m de haut, c’est un peu compliqué. Heureusement, Lochlan a de la ficelle, on trouve un porte-manteau mural et…. Un balai. On accroche d’un côté au mur. On coince le balai comme on peut entre un banc et une table et on attache l’autre bout. On y met nos vêtements à sécher. Mais Andrew décide que ce serait plus rapide directement contre le chauffage. Il étend ses chaussettes tout contre… Chacun vaque à ses occupations, quand quelques minutes plus tard… « Pourquoi ça sent le brûlé ???? » On lève les yeux et on voit de la fumée sortir des chaussettes : Jusque là rien d’anormal, toutes nos affaires fument en séchant. Par contre, l’odeur ce n’est pas normal… effectivement, elles sont en train de partir en fumée… il a donc maintenant 2 énormes trous dans ses chaussettes ahah !!! On a de plus en plus la classe.

On se marre en lisant le logbook : On sent que la fin approche et chacun écrit ce qu’il souhaiterait manger au retour à la civilisation, au monde réel… Une fille craque et note tout ce qu’elle aimerait mqnger…. Ça lui prend quand même 1 page A4 recto-verso… Oui après une semaine de nouilles, on pourrait manger tout et n’importe quoi !!!!

Moi je note surtout que je considère sérieusement à me faire une omelette de champignons trouvés sur le sentier pour espérer voir enfin un diable de tasmanie et un platypus !!!

On papote au coin du chauffage mural et on finit par aller se coucher… Mais avec classe. On empile les couches comme d’hab. Sauf que pour ne pas être dérangé par la lumière du chauffage, je recouvre mes yeux de ma cagoule. Andrew… d’un caleçon ^^. Bien sûr Lochlan immortalise.

C’est parti pour une petite nuit. Je somnole bien mais pas trop quand même parce qu’il faut toujours se relayer pour remettre en route le chauffage toutes les 45 minutes…

Ju

OT Jour 4: Des racines, de la pluie et ça caille… Une journée comme une autre!

Après la journée d’hier, le réveil est un peu courbaturé. L’avantage, c’est que comme on a mal partout entre les épaules et le dos à cause du sac, les pieds, les chevilles et les genoux avec la marche, finalement, on ne sent plus grand-chose ^^.

Les vêtements et les chaussures sont secs et ça c’est toujours la bonne nouvelle du réveil !!! Je mets mes vêtements bien contre le poêle avant de les enfiler, ça fait plaisir d’avoir chaud l’espace de 5 minutes !!

Comme tous les matins, un thé, des biscuits et un bout de gâteau à la banane. On remballe tout et on repart !

Bien sûr la journée commence par une bonne montée ! (ce sera d’ailleurs la moitié de la journée…) On est toujours dans la forêt tropicale. Racines. Boue. Rivière. Racines, racines, racines…. Bref, rien d’inhabituel !!!

Après les 4 km de montée, on se retrouve sur un plateau entre le Mont Pelion et le Mont Ossa. Alors dans les recommandations de notre carte il est indiqué « S’il pleut ou s’il a plu et que le Mont Ossa est dans les nuages avant d’en attaquer l’ascension, mieux vaut ne pas y aller. Ascension dangereuse et forte probabilité de ne rien voir une fois en haut ». Bon ben du coup notre choix est fait, le sommet de la Tasmanie, ce ne sera pas pour aujourd’hui. Vous êtes peut-être déçus, mais moi je suis soulagée !!! Lochlan décide d’y aller pour la simple et bonne raison qu’il y a des chances d’y avoir de la neige en haut… et il ne se rappelle même plus la dernière fois qu’il a vu de la neige… Il attaque l’ascension tout fou et nous retrouvera à la hutte.

On se dit que comme on a fait la moitié du trajet, ce serait le bon moment pour se poser et manger. Sauf que sur un plateau après une bonne montée en Tasmanie… il pleut et on est très exposé au vent. Au bout de 5 minutes on est frigorifié. Du coup, ce sera thé, quelques chips et on repart ! Trop froid !!

Après un peu de plaine, on attaque rapidement la descente… à nouveau dans la forêt tropicale bien sûr !

Je manque de m’étaler 2 fois sur des racines glissantes. Mais bon globalement, ça va, les pieds sont trempés mai finalement on s’y fait…

On arrive à…15h ! Euh. On fait quoi maintenant ???? On commence par mettre le poêle en marche, on étend nos affaires, on se change. Toujours pas de sangsue, encore une belle victoire ! On se fait à manger ! Une bonne soupe pour se réchauffer et des pâtes au fromage. Ce qui est impressionnant avec ces pâtes c’est qu’elles sentent le fromage, elles ont une tête de pâtes au fromage mais… elles ne sentent rien… En bonne française qui a quitté la France depuis plus de 5 mois (oui j’ai toujours 3 semaines de retard, maintenant ça fait 6 mois que je suis partie…), je suis super déçue !!!!! Moi je voulai du fromage !!!

Je prépare mon « lit ». Je découvre que c’est gravé « BAZ » sur ma planche… Je prends une photo !

J’entreprends de faire une sieste. Bonne tentative, mais ça ne marche pas. Toujours trop froid pour moi pour dormir. Tant pis au moins je me repose. Andrew s’occupe en lisant le logbook et en y faisant des dessins… Après ma pseudo sieste ratée, on commence à jouer au pendu sur le logbook pour s’occuper. On joue en anglais et c’est la française qui réussit à ce qu’un australien donne sa langue au chat… C’était « CUP » c’était pas super dur, mais il a séché ahah. On s’occupe comme on peut donc… On découvre dans le logbook qu’il y a pas mal de souris apparemment dans cette hutte donc il faut bien planquer sa nourriture avant d’aller se coucher…

Lochlan arrive à la tombée de la nuit. Il n’a rien vu du sommet et il fallait effectivement escalader. Mais comme il a eu les pieds dans la neige au sommet, ça lui suffit amplement. En plus, il captait du haut du Mont Ossa ! Après 4 jours coupés du monde, on est super content et jaloux de voir qu’il a pu échanger un message avec le monde extérieur !!!

On file explorer les alentours de la hutte Kia Ora de nuit en espérant trouver des animaux… Bingo. Il a suffi d’ouvrir la porte et il y avait 2 opossums juste devant la hutte en train de chercher tranquillement à manger. Ils ont pas l’air bien perturbé par notre présence !

Vers 19h, Andrew file se coucher. Je passe la soirée à papoter avec Lochlan. Il est photographe professionnel alors on profite pour faire des photos stylées près du poêle (je vous ai dit on s’occupe comme on peut !!!).

A 21h, on rejoint nos sacs de couchage après avoir bien emballé toute la nourriture et… je ne m’endors pas. J’ai froiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiid !!!!!!!!!!!!

Ju

 

 

OT Jour 3 ou le jour le plus long….. long…. trop long!!!!!

Ouf, on se réveille et l’opossum noir n’a rien volé et malgré tout ce qu’on a pu lire dans le logbook, non il ne sait pas ouvrir les portes ! Après quelques biscuits et un bout de gâteau à la banane, on remballe tout, il faut faire vite, aujourd’hui c’est le jour le plus long. 17 km de rainforest. Il a neigé cette nuit mais ça n’a pas tenu. Ce matin… il pleut… En même temps, c’est la Tasmanie, c’était à prévoir !

On entame la journée par de grandes plaines. On ne traîne pas, mais on va quand même faire un petit détour pour aller voir un point de vue. Ça valait le coup, sauf que j’ai empalé un bout de ma chaussure sur une branche qui dépassait. Bon, c’est déchiré, mais c’est uniquement esthétique ^^. Plus j’avance et plus j’ai l’air d’une aventurière. Encore quelques mois et j’aurais plus l’air de rien je pense !!!

On croise un allemand qui va dans l’autre sens. En dehors de l’hiver, il faut réserver des mois à l’avance pour ce trek et il ne se fait que dans un sens : De cradle mountain au lac saint clair. Mais en hiver, il n’y a pas de réservation (pas de risque que ce soit complet avec les températures qu’il fait, faut être soit taré, soit aventurier ^^) et du coup le trek peut se faire dans les 2 sens. Il nous apprend qu’ils étaient plus d’une vingtaine dans la hutte la veille ! Du coup il n’en revient pas quand on lui dit que nous on était que 2 ! Et on ne devrait pas tarder à croiser 6 français ^^. Cool !!!

On quitte les plaines pour s’engouffrer dans la forêt tropicale. Et là, ça commence sérieusement à se compliquer… Alors pour le sentier, on va avoir droit à un peu de tout. Ça sera un ruisseau au début. Voire une rivière. Voilà voilà… pratique pour avancer. On essaie d’éviter de finir complètement trempés donc on se retrouve à sauter de pierre en pierre. Heureusement, les pierres ne sont pas glissantes, c’est déjà ça de gagné… On se demande souvent si on ne se trompe pas de « chemin » vu que c’est plus une rivière qu’un sentier.

Ensuite on va avoir le droit au sentier racines… aïe aïe aïe !!! Eh oui dans la forêt tropicale, le sol est couvert de racines… Certaines glissent…sinon ce ne serait pas drôle. Faut aussi faire attention Andrew se retrouve 2 fois les fesses par terre et moi je frôle une fois la catastrophe mais me rattrape à temps…

On va finir par croiser les français qui n’en peuvent plus… et sont couverts de boue. Bon ben ça promet !! On papote 5 minutes. 3 viennent d’Asie, 3 autres de Nouvelle-Zélande et vont en Asie ensuite. Mais on ne s’attarde pas la journée est longue. 17 km à un rythme d’escargot dans le froid sous la pluie sur des terrains improbables, c’est long !! Les racines vont durer un moment et comme si ce n’était pas suffisant, on va passer une bonne partie du temps en descente bien raide… on se tape 300 mètres de dénivelé négatif en à peu près un kilomètre. En sautant de racine en racine ça fait beaucoup.

On va faire une pause près d’une rivière où on trouvera 2 cailloux pas trop mouillés un peu abrités. On va juste boire le thé de la thermos, manger une barre de céréales et un œuf dur chacun et on repart. Il fait trop froid pour rester arrêté de toute façon…

On sort un tout petit bout de la forêt tropicale mais les réjouissances sont de courte durée… Le sentier est une rivière à nouveau. On est obligé de faire des détours pas possibles et ce qui devait arriver arriva.. Il y a des planches par moment sur le sentier. On peut sauter de planche en planche. Sauf que, attention grande découverte du jour : Le bois, ça flotte… Et plouf. Je me retrouve dans l’eau jusqu’au-dessus de la cheville… Grrrr… et Brrr !!!!! J’ai les pieds gelés, très désagréable aussi pour avancer… Je m’aperçois à temps qu’une sangsue est en train de progresser sur ma chaussure en quête d’un petit gueuleton. Heureusement, je la vire avant qu’elle ne trouve un bout de peau. Andrew va en trouver une aussi sur sa chaussure. On croise les doigts pour ne pas en avoir sur nous ce soir… Les sangsues et tiques sont choses courantes sur ce trek… Il faut vérifier tous les soirs en arrivant à la hutte…

A part les chaussures où je ne pouvais pas me trimbaler des vraies chaussures de randos montantes, je suis bien équipée pour la pluie : Sur pantalon de pluie et veste goretex, je suis parée. Mais à marcher toute la journée avec un sac de 20 kg, je transpire tellement que je suis au final trempée de la tête aux pieds… (un peu de boue aussi pour les pieds…)

Je pense au moment où je vais rédiger cet article… et je me dis « Peut-être que d’ici quelques jours et avec du recul, tu seras tentée de dire « les paysages étaient magnifiques, la rainforest c’est trop beau, tout est recouvert de mousse, du vert de partout, des racines, des lianes,… »… alors quand tu rédigeras ton article, rappelle-toi que p…. ce jour-là t’en as c…. » Si vous avez d’autres termes, je suis preneuse, mais franchement ça plus le sac plus les quasi 2 nuits blanches dans les pattes… ça fait beaucoup.

Comme si ce n’était pas assez, la journée s’achève sur 200 mètres de dénivelé positif sur une courte de distance. Dans de la boue. Bon ben…voilà voilà quoi !! Dans la rainforest à nouveau. J’essaie de faire des courtes pauses dans ma tête où je ne regarde pas trop mes pieds (dans la mesure du possible… mais c’est un peu compliqué, le moindre faux pas et je vais me retrouver encore couverte de sangsue ou les fesses par terre ou me tordre la cheville…) et où j’essaie de profiter de la forêt parce que c’est vraiment magnifique. Ça me rappelle beaucoup la végétation que j’avais vu en Nouvelle-Zélande. Des fougères, de la mousse, enfin tout ce qui est vert quoi.

Au bout d’un moment je commence à m’inquiéter. On a visiblement attaqué la montée. Sauf qu’avant la montée on devait croiser des plateformes pour camper en cas d’urgence et on n’a pas vue ses plateformes. En plus, même si c’est 17 km, ça commence à nous paraître vraiment long, on n’a croisé aucun panneau depuis des heures… et la nuit commence à tomber. Euh… Et si on s’était trompé de chemin ??? C’est une zone où plusieurs chemins se croisent, il y a à la fois Overland Track mais aussi d’autres sentiers qui sont uniquement sur 2 ou 3 jours…

Bon de toute façon, on n’a aucun moyen de savoir où on est (si vous croyez que les téléphones captent, vous vous trompez ^^), donc on avance et on verra…

Une bonne heure plus tard, on retrouve les planches qui font un sentier surélevé. On a l’impression de courir tellement c’est facile après toutes ces racines, cailloux, boue, rivière,… Et à la nuit tombée on arrive ENFIN à la hutte !!!!!!!

Et j’ai droit à une super récompense à l’arrivée ! Un petit « kangourou des bois » en train de manger tranquillement à côté de la hutte. Andrew va essayer de l’approcher mais il va partir en bondissant… Du coup, Andrew file à la hutte. Moi je décide de sortir l’appareil photo. Je m’approche. Il me regarde. Je le regarde. Il continue de manger en me regardant. Je continue de m’approcher. Encore un peu. Il s’éloigne un tout petit peu… J’attends. Puis je recommence à m’approcher. Il me regarde toujours en broutant ses herbes… Je suis assise à côté de lui. Je finis par tendre le bras…. Et le caresser… Il continue de brouter l’air de rien… !!!! Je suis en train de caresser un pademelon sauvage !!!! C’est trop mignon, vue les températures en Tasmanie, vous vous doutez qu’en plus de ça il est trop doux !!! Il finit par s’en aller, mais moi je suis super contente, j’ai eu ma récompense après cette journée beaucoup trop longue.

Je rentre dans la hutte et quand je raconte à Andrew il n’en croit pas ses oreilles !!! Il y a une dizaine d’autres personnes dans la hutte. On essaie de se trouver des lits (enfin des planches) stratégiques : Près d’une porte qui serait pas très loin du poêle de la salle principale…

On fait connaissance. Ce ne sont que des australiens !! La plupart sont là en week-end. La hutte Pelion sert à la fois pour l’overland track et pour les treks de 2 jours, c’est pour ça qu’il y a autant de monde. Cette hutte est immense, elle est divisée en 2 et donne sur une grande plaine et sur le Mont Pelion (3h aller-retour pour l’ascension alors autant vous dire que ce ne sera pas pour aujourd’hui !!!).

On s’installe. Je file vite enfiler des vêtements secs, j’ai les pieds noirs de boue, j’enlève comme je peux mais bon, pour la douche il faudra encore attendre 4 jours ! Je mets mes vêtements à sécher contre le poêle. Ce qui est bien c’est que c’est pour tout le monde pareil, il y a donc de bonnes odeurs autour du poêle !!! Entre les chaussettes, les tee-shirts et les chaussures, c’est un régal !!!

Une heure plus tard, on voit revenir… Lochlan !! Il a fait 2 étapes en une la veille et du coup aujourd’hui il en a profité pour monter au Mont Pelion. Il a eu droit à pas mal de boue aussi… et au moment d’enlever son tee-shir… il découvre une sangsue sur son torse…hummm !!! Il l’enlève, met un tee-shirt, passe devant moi…. « Euh… Lochlan… tu as aussi une sangsue dans le cou !!!! » Ben du coup il faut bien quelqu’un pour lui enlever… Je prends un mouchoir et je lui enlève, je désinfecte et je lui mets un pansement… Ce qui est génial quand t’enlèves la sangsue c’est que ça continue de saigner pendant un moment…. Je suis bien contente de ne pas en avoir eu jusque-là !!!

On est un peu déçu par le logbook ce soir car c’est un tout neuf, il n’y a presque pas d’histoires… Et tout le monde est unanime : Cette étape est de loin la plus dure, la plus longue, tout le monde est crevé !! La preuve en est des histoires racontées ! Tout tourne autour des nombreux champignons rencontrés sur le trajet… Tout est parti d’une fille qui est partie dans une grande tirade philosophique sur sa journée… elle est partie loin… très loin….trop loin… du coup, quelqu’un a ajouté un commentaire « ouais moi j’ai hésité à manger les champignons au bord du chemin… quand je vois le résultat sur certains, je me dis que j’aurais peut-être dû en prendre… » Donc tous les suivants enchaînent sur les champignons. Il y en a même un qui donne sa recette pour survivre à cette journée : 2 champignons, 4 rouges et 3 jaunes serait la recette idéale ^^. Bon ça part un peu dans tous les sens, on sent que tout le monde commence à être fatigué à ce stade !!!

On analyse la carte pour le trajet du lendemain. 9 km c’est de la gnognotte après la journée d’aujourd’hui. En revanche, c’est la moitié de la journée dénivelé positif, l’autre moitié en descente… grrr… pas de plat du tout. Et il y a un side track : Le mont Ossa. Le plus haut sommet de Tasmanie. C’est un détour de 3h30… Andrew est super motivé. Moi un peu moins j’avoue ^^. Après aujourd’hui, j’ai un peu mal partout, j’ai froid et ça va déjà être montée descente toute la journée, je ne suis pas sûre de vouloir ajouter une ascension qui se finit en escalade sur la fin avec de la neige en haut… Mais bon si le ciel est dégagé, ça vaudrait le coup… On verra bien le lendemain ! Je file me coucher tôt. Comme d’hab, je somnole mais sans plus. Le problème des grandes huttes c’est que c’est impossible à chauffer donc… j’ai froid. Et en plus dans le logbook, on découvre que 2 filles sont mortes d’hypothermie sur ce trek il y a 2 semaines… Ah ben c’est rassurant tout ça !!!!!!!

Courage, plus que 4 jours ^^.

Ju

OT Jour 2: Un kangourou a 3 vagins…

Le réveil (enfin l’heure de se lever vu que je n’ai pas dormi) est plus que frais… Il fait 0 degré dans la hutte. Du coup on se précipite pour mettre en route le chauffage. On découvre super content qu’il fait plus froid dans la hutte que dehors… super ! On était quand même 4 dans cette petite hutte !

Je commence direct par mettre de l’eau à chauffer pour faire un thé et essayer de me réchauffer comme je peux. Vicky se dépêche de tout remballer, elle veut faire 2 étapes en une aujourd’hui. Nous on a le bus dimanche, ça ne sert à rien qu’on saute des étapes ! Lochlan est encore indécis sur son planning de la journée, il hésite entre une ou 2 étapes. Il part avant nous, nous on est obligé d’attendre que nos affaires finissent de sécher sur le poêle. Je reste collée au poêle, le plus près possible pour en capter toute la chaleur….

On finit par prendre la route mais il doit bien être 10h déjà. C’est la journée la plus courte et facile de tout le périple, on n’a que 8 km à faire et c’est relativement plat. On en profite pour faire un détour, on va aller pique-niquer au Lake Will. Même s’il fait froid, il fait super beau alors autant profiter du soleil tant qu’on l’a (je ne suis plus en Asie, c’est la Tasmanie…). On peut laisser les sacs sur le circuit principal, prendre juste un petit sac à dos où on met notre repas de midi. En revanche il y a des panneaux à l’intersection qui précise bien que si tu laisses ton sac, il faut bien le fermer et surtout mettre la protection anti-pluie. Pas pour protéger de la pluie. Non. Parce que les animaux sont assez futés pour ouvrir les sacs et se carapater avec la bouffe. Le panneau n’explique pas comment ils font pour faire chauffer de l’eau avant de pouvoir déguster les nouilles. Donc on ferme bien tout et on part. En arrivant au lac (un kilomètre mais quand même), on se rend compte qu’on a oublié les couverts… On n’a même pas un couteau. Bon. Tant pis on retourne sur nos pas, super fiers de nous, on récupère les couverts et on se refait le kilomètre dans l’autre sens. On aura donc fait 4 km au lieu de 2 pour des couverts. Ahlala. Mais en même temps on se sent tellement léger avec 20 kilos de moins que ces kilomètres passent bien vite. Elles mettent un deuxième bébé en attente au cas où, si le premier ne survit pas, hop elle peut se mettre à développer le deuxième ! Un autre fait marrant chez les kangourous c’est que les jeunes kangourous ont des bébés femelles et ensuite en vieillissant elles font des bonhommes. Pour les crocos, c’est la température du nid, s’il fait 31,5°C ça fera des hommes, si c’est plus ou moins ça fera des femmes (je vous laisse imaginer la proportion hommes femmes chez les crocos !). Avouez que c’est super cool les animaux en Australie, moi j’adore^^.

On se pose à la plage (il doit faire 5 degrés, mais on est à la plage !) : Au bord du lac, sur du sable avec les montagnes qui se reflètent dans l’eau, on commence à préparer le repas… Et soudain, nous ne sommes plus seuls ! Non ce n’est pas Lochlan… c’est… un pademelon !! Un pademelon c’est un kangourou mais la version de Tasmanie. C’est de l’aborigène, ça veut dire petit kangourou de la forêt. Il est plus petit et surtout beaucoup plus velu que ses copains du continent voisin. Il est en train de se rincer les pattes dans le lac sur la même plage que nous. Il se fait un brin de toilettes. Je m’approche doucement pour l’observer. Une fois qu’il se trouve assez propre et beau, il s’éloigne dans la cambrousse par petits bonds. On l’a appelé Jon ahah.

En parlant de kangourou, voilà le fait important du jour : Saviez-vous que les femelles kangourous ont 3 vagins ??? Les kangourous sont super futés point de vue reproduction. Au bout d’un mois, le bébé kangourou fait 1 gramme et environ 3-4 cm, il sort, s’agrippe au pelage de sa moman et il crapahute tout seul comme un grand jusqu’à la petite popoche. Sa maman ne l’aide pas mais comme elle est quand même un peu sympa elle met de la salive le long du chemin pour l’aider. Une fois qu’il a trouvé la petite popoche, il s’agrippe à la tétine et va passer son temps à se gaver bien au chaud pendant près de 250 jours.

On fait une pause de plus d’une heure pour le repas. On n’a pas beaucoup de route aujourd’hui, autant profiter.

Quand on retrouve nos sacs, ils sont toujours bien fermés. Ouf. Ça aurait été dommage de perdre notre nourriture le deuxième jour… On reprend la route, un peu plus lourd qu’avant. On fait une bonne partie sur un plateau avec la vue sur les montagnes et les lacs… Avant d’arriver on finit dans la forêt, le sentier ressemble plus à un ruisseau, mais ça va, la journée est courte on a suffisamment d’énergie pour sauter de pierre en pierre !

En arrivant, la hutte Lake Windermere est déserte. Vicky a effectivement tracé. Lochlan nous a laissé un mot dans le logbook, il a décidé de faire 2 étapes en une pour demain faire un side track, donc on le retrouvera demain soir. Du coup on se retrouve à 2. On pose les sacs et on file visiter les alentours. Ahah on retrouve 2 pademelons !!! La maman avec un petit qui sont en train de se manger des petites herbes. Ils n’ont pas l’air bien stressé par ma présence alors je m’installe et je les observe un bon moment, même après la nuit tombée. Ça ne sert à rien de se précipiter pour manger, après on va s’ennuyer. Moi je regarde les kangourous s’empiffrer pendant qu’Andrew part à la recherche de l’opossum noir… La légende de l’opossum noir hante la hutte du Lake Windermere !

En arrivant dans la hutte, il y a un panneau « Attention, méfiez-vous de l’opossum noir !!! Il vole tout ce qui traîne,… » On attaque la lecture des logbooks : Chacun raconte une histoire sur l’opossum noir. Certains se seraient réveillés et toutes leurs affaires auraient disparu. D’autres se seraient fait réveiller en pleine nuit par ses cris. D’autres disent qu’il est à la recherche d’alcool. Nous on invente une histoire où on retrouve des poils noirs d’opossum sur nos matelas au réveil, des griffures dans le dos et un mot de l’opossum noir nous remerciant pour le vin rouge ^^ (non on n’a pas de vin rouge, c’est déjà assez lourd comme ça !!). Eh oui on s’occupe comme on peut.

Dans cette hutte, il fait 14 degrés. Mais la consigne ne marche pas, on arrive à allumer le poêle bien qu’il fasse plus de 11 degrés !! Youhouh !! On ferme la porte entre le dortoir et la cuisine et comme on se retrouve qu’à 2, on décide d’installer nos matelas contre le poêle. Et on se relayera la nuit pour le rallumer (toutes les 45 minutes donc…). On installe la tente sous les matelas et la couverture de survie pour s’isoler un peu du froid… Je réussis à dormir un peu, mais avec mes 3 paires de gants et 3 paires de chaussettes, je suis quand même obligée de me réveiller plusieurs fois dans la nuit pour enlever gants et chaussettes pour que le sang recommence à circuler… Bref, je somnole mais c’est loin d’être gagné… Mais au moins j’ai somnolé…

Demain, on attaque le jour le plus long…

Ju

OT Jour 1: Le wombat fait des cacas carrés

Ce matin, Andrew file s’acheter un matelas comme « Il faut absolument des bonnes nuits de sommeil réparatrices… ». Après quoi, on file prendre le bus (après un dernier câlin au gros toutou, loup, ours, appelez ça comme vous voulez !)

On se retrouve pendant 3h dans un minibus à traverser des paysages qui ressemblent étrangement à … La Lorraine… Mouais. J’ai fait tous ces kilomètres pour me retrouver à l’autre bout de la planète au fin fond de ma Lorraine !! ça donne un sentiment assez bizarre après 6 mois de paysages tous les plus dépaysant les uns que les autres… Je vois des vaches, des moutons… euh… ils sont où les kangourous ?? Les wombats ?? Les diables de tasmanie ??

3h plus tard, on a traversé toute la Lorraine Tasmanie, nous voilà à Launceston. C’est pas n’importe où, c’est là qu’est né Simon Baker (Mentaliste ^^) ahah. Mais bon j’ai bien cherché toute la journée, je ne l’ai pas trouvé… snif…

On va direct à notre backpacker. Comme Hobart, c’est le top du top !!! Une énorme salle télé qui est le seul endroit chauffé… de 17h à 22h… Mouais. Ils sont fous en Tasmanie. C’est pas l’Australie la Tasmanie, ce n’est pas possible ! Les portes sont grandes ouvertes toute la journée, il doit faire 5 degrés dehors… brrr…. Ahlala l’Asie me manque !!! La cuisine est digne d’un restaurant, ça me donne encore envie de cuisiner, mais comme à Hobart, quand t’es backpacker, t’as pas grand-chose à cuisiner ^^.

On pose les sacs et on file faire quelques courses. En rentrant, il est 17h, on file dans la salle télé pour se réchauffer un peu, on emporte même les couvertures tellement ça caille.

Dans la salle télé, je tombe sur ce qui je pense est un chat. C’est l’équivalent du chien/loup/ours mais en version chat… Un monstre. Filou est anorexique à côté. Je ne sais pas comment ils nourrissent leurs animaux en Tasmanie, mais il lui faut une moitié de canapé rien que pour lui. Il y a des panneaux « Ne nourrissez pas Fuji » partout dans l’hôtel, mais visiblement, il trouve quand même de quoi se nourrir. Dès que tu arrives avec de la nourriture dans la salle télé, t’es son nouveau copain. Mais si t’as pas de nourriture, ne le pousse pas du canapé… il n’apprécie pas trop qu’on le dérange. Se déplacer de 10cm lui demande trop d’énergie…

On enchaîne les films (Slumdog millionnaire ahah je ne m’en lasse pas) et on papote avec les autres de l’hôtel. On rencontre 2 frères néozélandais qui partent faire l’Overland Track le lendemain, un jour avant nous. Je ne pense pas qu’on les rattrapera, ça n’a pas l’air d’être des rigolos ^^. Vous voyez l’équipe de rugby de Nouvelle-Zélande ?? Des beaux bébés… Ils ont une barbe de père Noel, se promènent en short alors que j’ai l’impression de me transformer en Miko glacé et ont des muscles qui te font dire « Tiens eux je ne vais pas aller les embêter »… Il y a aussi un égyptien qui est visiblement scotché au canapé, à chaque fois que je sors et reviens, il est toujours à sa place…

 

A 23h dodo. Le lendemain, on file… marcher. Ouais on n’est peut être pas très futé sur le coup là, on va déjà marcher pendant une semaine, mais comme ce n’est pas assez, on marche déjà une bonne demi-journée la veille… En même temps ça vaut le coup. Ce sont les gorges Cataract (oui je sais bizarre comme nom, ça ne fait pas trop rêver…mais si si ça vaut le coup).

On rentre en tout début d’après-midi. Et on tombe sur un australien en train de cuisiner… pour tout le monde.. Ah ?? ça tombe bien on a marché toute la matinée, on meurt de faim et j’avais justement envie de cuisiner. Je lui propose de lui filer un coup de main. Je l’aide pour la salade, les steaks de kangourou et… la pâte à crêpes. Hum !!! Il me demande de mettre les assiettes dans le micro-ondes pour qu’elles soient chaudes au moment de manger (ce qui est assez drôle quand ça fait 6 mois que tu voyages…) On met la table tous ensemble, on est une douzaine. Et c’est un vrai festin qui nous attend !!! Soupe légumes poulet, salades, omelettes, steak de kangourou,… C’est un régal !!!!! Une fois que tout est fini, on fait la vaisselle puis… les crêpes…. Hum…. Ohlala, ça fait du bien avant la semaine qui nous attend !!

Quand on termine tout ça, l’après-midi est bien avancée. On vérifie qu’on a bien tout ce qu’il nous faut pour la centième fois. Puis il est 17h… l’heure d’aller se décongeler dans la salle télé. Je prends ma couverture et je fais des câlins au monstre pour me réchauffer encore plus. Malheureusement pour moi, il y a Terminator à la télé… Malheureusement pour moi… il n’y a que des hommes dans la salle télé… Je me retrouve donc à regarder Terminator. En plus de ça, l’Australie, c’est comme les Etats-Unis, le Canada,… Il y a de la pub toutes les 5 minutes… Donc un film de 2h, il faut 4 h pour le regarder… Du coup je regarde la moitié pour ne pas faire l’antisociale et je file me coucher… Je profite de mon matelas et de la couette… Je vais dormir sur du bois pendant une semaine… Je savoure… Je m’emmitoufle dans la couette.

Le lendemain…. L’aventure commence… Le mini-bus vient nous chercher devant l’hôtel à 10h. On se retrouve à 5 dans le bus… les 5 pour Cradle Mountain ! Ahah ! Sauf que les autres ça n’a pas l’air d’être des rigolos. Ils sont équipés comme des pros, on est des touristes à côté ! Nous avons donc Félix, Victoria (Manipulatrice Radio eheh) et Lochland en plus d’Andrew et moi.

On se tape 3h de bus alors qu’on est juste à côté parce qu’il faut passer à Davenpor… Grr… J’en profite pour acheter un sandwich bien chaud que je déguste avant d’arriver à Cradle.

13h nous y voilà ! Le bus nous dépose tous les 5 au visitor centre du parc national. On file acheter notre pass pour accéder au parc national. 25$. On savoure de ne pas avoir à payer les 300$ habituels en plus !!! ça fait cher pour de la marche !

Un bus part 5 minutes plus tard pour nous emmener au départ du treck… Enfin on y est ! Ahahahah !!!

10 minutes de bus et hop, il nous pose au milieu de nulle part, à Ronny Creek. Cette fois l’aventure commence… Ce sera le dernier véhicule, le dernier signe de civilisation que nous apercevrons pour les 7 prochains jours… Aïe Aïe Aïe… On prend une photo au départ du trek pour immortaliser… Et c’est parti !!! Le départ est assez plat, mais tout de suite on se retrouve au milieu du parc national classé au patrimoine mondial de l’Unesco… Entourés de montagnes. Pour l’instant on marche sur un sentier de « planches » donc c’est vraiment facile. 10km nous attendent. On a pour l’instant de la végétation assez basse, déjà un terrain très humide, mais le sentier de planches est surélevé… Si c’est comme ça tout du long, ça va être super simple. On a un ciel bleu magnifique.

Au bout de 5 minutes de marche, Félix nous a largement devancé… Nous ne le reverrons plus du séjour… Il y a des cahiers dans les huttes où nous dormons où il faut inscrire son passage, date et destination pour savoir où chacun se trouve. A chaque fois qu’on arrive à une hutte, on découvre qu’il est passé depuis longtemps. Nous aurons donc une expression pendant toute la rando « Faire une Félix »…

 

Au bout d’une vingtaine de minutes, on se retrouve dans de la forêt, on longe une cascade….ça commence à monter et on se retrouve rapidement à un premier lac entouré de montagnes. On attaque ensuite sérieusement la montée… Ben quand ça monte tellement dans la caillasse que c’est plus de l’escalade que de la rando, ton sac de 20 kilos plein de nourriture, tu le sens !!!!

Dans la montée on perd Lochlan qui fait des photos du lac, on termine à 3 cette partie rocailleuse, avec Vicky. En arrivant en haut, on a d’un côté la vue sur le lac, de l’autre Cradle Mountain et le soleil en prime. C’est vraiment une vue à couper le souffle !!!!

Autre récompense ? Une fois que tu t’es farcie les 500 mètres de dénivelé (en une fois bien sûr, pas étalé sur les 10 km), c’est relativement plat. On traverse de grandes plaines face à Cradle Mountain. Il y a un sentier qui monte au sommet. Malheureusement, il faut 2 ou 3 heures supplémentaires, sauf que comme le bus n’arrivait pas avant 13h et que le soleil se couche à 16h30… Il faut vite faire les 10 km avant la tombée de la nuit. Tant pis, on contemple d’en bas ! C’est pas mal non plus ^^.

On est à nouveau sur notre sentier de planches. Tous les mètres on a droit… à des crottes carrées. Eh oui, attention grande révélation du jour : Le wombat fait des cacas carrés (Si Katherine Pancol cherche un titre pour son prochain livre, je pense que ça attire l’œil ^^) !!! Donc il y a plein de wombat qui font caca sur notre sentier visiblement. Sympa les wombats !!!!

Et comme on a de la chance… au bout d’un moment, on tombe sur un wombat juste à côté du sentier !!! On s’arrête pour l’observer. Il finit par monter sur le sentier et se fait une petite marche. J’adore les petons du wombat qu’on peut apercevoir à chaque fois qu’il lève la patte, c’est trooooooooop mignon ^^. Un wombat en gros c’est gros, plein de poils, court sur pattes (très court sur pattes !!!), un cube velu donc qui fait des cacas carrés !

On le suit un moment puis il finit par s’enfoncer à nouveau dans la brousse. Je suis toute contente de cette rencontre ^^.

On entame gentiment la descente, on a un peu de forêt tropicale et de la caillasse avant d’arriver à Waterfall valley hut, notre refuge pour la nuit.

Alors les huttes, elles ressemblent à quoi ?? 4 planches, 2 tables et bancs, d’autres planches en bois pour dormir et… un chauffage au fioul que tu ne peux mettre en route qu’une fois que la température descend sous les 10 degrés. Evidemment, on arrive il fait 14°C… Il y a des toilettes sèches à une centaine de mètres et aucun signe de civilisation visible. Bon cela va sans dire, il n’y a pas de wifi, pas d’électricité, pas de lumière,… On arrive, il fait déjà nuit noire. On sort les frontales. On meurt de faim, on n’a pas fait de vrai repas depuis ce matin. On sort les nouilles et le réchaud et hop c’est parti. 15 minutes plus tard, on a bien mangé. Il est 17h, on n’a plus rien à faire. Euh…. On fait quoi maintenant ???

Vicky est un peu plus futé ou expérimentée que nous, elle commence par se faire du pop-corn (c’est une trop bonne idée je note pour les prochains treks, ça ne prend pas de place, ce n’est pas lourd, ça prend 5 minutes et c’est rigolo à faire et en plus c’est convivial). Puis elle se fait une soupe. Puis elle se fait un thé. Et seulement après elle se fait son repas. Ca l’occupe 2 heures de plus, quelle chance !!!

On s’occupe en lisant les logbooks. Il y en a 2 à chaque fois : Un avec un tableau pour noter nos noms date d’arrivée, date de départ et surtout trajet, y compris tous les chemins à côté du chemin principal, les side tracks, et le prochain point de chute. On voit que Félix est passé et a tracé directement au deuxième point de chute et que les néo-zélandais sont passés par là !

Et le deuxième logbook…. Tu peux raconter ta journée,… Alors on lit les récits des précédents. Visiblement, les gens aiment dessiner. Chacun dessine ce qu’il a vu. Mais les gens dessinent tellement bien qu’à chaque fois il y a une flèche pour identifier le graffiti. « C’est un platypus… ». Du coup, on dessine notre wombat ^^ « Nous on a vu un wombat, il était gros, velu et on l’a appelé Paul ».

A 18h on est vraiment à court d’inspiration, en plus on est gelé, donc on file se coucher. J’enfile tous mes vêtements (enfin ceux qui sont secs) et je m’emmitoufle dans le sac de couchage. Il n’y a que le nez qui ressort et encore… Mais je suis frigorifiée… Gelée… pétrifiée… glacée… tétanisée… Je ne ferme pas l’œil de la nuit. Formidable. Génial. Super. Youhouh. Si je ne dors pas de la semaine, la semaine va être looooooooooongue !!!!

Ju

 

 

En route pour la Tasmanie: ça caille!!!!

J’ai eu la journée la plus palpitante et inutile de ce tour du monde… Alors je me suis réveillée à 13h, mais comme je suis couchée à 9h, ça paraît assez normal… Et là j’ai entrepris de vous faire un super film sur Uluru avec les musiques que nous écoutions dans le van et tout et tout. Je me suis bien investie : Toute la journée… Fin de journée, super fière de moi, 8 minutes de bon film et bonne musique, je le charge en format vidéo…. Et là… l’ordi plante. OK. Ça arrive. Sauf que mon application pour faire les vidéos a disparu de mon ordi… Bon. Ok. Je la réinstalle : « Application installée ». Cool… Ah. Je ne sais pas où elle est installée, mais ce n’est clairement pas sur mon ordi… Je rouvre windows store : Il n’est plus indiqué que l’application est installée. Donc je clique sur « installer »… et rebelote. Après de multiples tentatives, j’enrage… Comment je vais faire des films ??? (A ce jour je n’ai toujours pas trouvé de solutions….).
Je retourne à l’aéroport pour avoir du wifi gratuit et j’essaie de trouver des explications en ligne mais je ne trouve personne qui ait eu le même problème que moi. Je ne trouve pas non plus d’application similaire pour la surface RT. Je peux donc soit arrêter de faire des vidéos soit m’acheter une autre tablette. Parfait !!
Bref voilà voilà… Je pars demain matin en Tasmanie donc je file me coucher pas trop tard…
Le lendemain, je quitte l’hôtel à 6 heures et bizarrement tout se passe bien : L’avion est à l’heure, rien de bizarre durant le vol.. en arrivant, l’aéroport d’Hobart est encore plus petit que celui de Darwin.. Il n’y a qu’un tapis roulant. Le temps d’y arriver mon backpack est déjà là… Je sors de l’aéroport, il y a un monsieur devant un magnifique bus « airport shuttle » et c’est parti, je file à Pickled Frog Backpackers.
Durant le trajet, le conducteur fait la visite de la ville… J’apprends qu’Hobart est la ville au monde où il y a le plus de rues à sens unique. Effectivement… toutes les rues sont à sens unique !! C’est la ville d’Australie la plus ancienne après le quartier « The rocks » à Sydney. C’est très mignon comme petite ville ! On se sent plus en Europe qu’en Australie ! En revanche… ça caille !!!! Aïe aïe aïe !!! Dans les 10-15°C quand j’arrive…
Le backpacker n’est pas dur à reconnaître, il porte bien son nom : IL est couleur vert grenouille et il y a tout plein de grenouilles à l’intérieur aussi !!
J’ai bien fait une réservation mais…. Pour le lendemain (Eh ouais, voilà ce que ça donne quand on n’a pas idée du jour ou de la date !!). Heureusement, ce n’est pas plein, ils transfèrent juste ma réservation. Ouf !!!
Je retrouve Andrew, un australien que j’avais rencontré à Koh Rong (Ah Koh Rong !!!) et qui me rejoint pour le trek (Oui parce que les australiens ne visitent pas leur propre pays… un peu comme tout le monde en fait ^^).
Il devait s’occuper de trouver une tente, 2 matelas, 2 sacs de couchage basses températures et de quoi cuisiner. Il est venu avec une tente et un sac de couchage… Bon. Il va donc falloir aller faire des courses si on veut survivre…
Donc après avoir posé les sacs au backpacker, on file « en ville » (on fait vite le tour, c’est très petit, mais tout ce qui est petit est trooooooooop mignon. Donc c’est très mignon). On commence par aller à Kathmandu pour acheter le réchaud, de quoi cuisiner et … un matelas. Andrew est persuadé de pouvoir dormir directement sur le bois « Ce n’est que pour une semaine, je peux dormir par terre !) Donc on ne prend qu’un matelas pour moi.
On file ensuite au supermarché, il nous faut des vivres pour une semaine… ça prend pas mal de temps : Qu’est ce qui ne pèse pas lourd, qui est nourrissant, qu’on aura envie de manger et où en gros il faut juste ajouter de l’eau pour que ce soit prêt ? Alors évidemment, on remplit le caddie de nouilles et de soupes. Mais ça risque d’être lassant pendant 7 jours. On finit par prendre aussi de la semoule avec des sachets de sauce. On trouve des sachets de pates fromage/bacon et des sachets de différents riz. On ajoute à ça 2 paquets de Tim Tam pour que j’ai une chance de survivre (Je ne suis pas sûre que se sevrer pendant un trek soit une bonne idée), pain à la banane et pompotes pour le ptit-dej. Et c’est parti.

On rentre ensuite à l’hôtel. On n’a plus qu’à trouver un moyen de se rendre au début du trek et de revenir sur Hobart ensuite. Ça ne doit pas être très dur, l’île n’est pas très grande, le trek est très connu… Sauf que…. Sauf que normalement il faut payer une fortune pour faire ce trek, mais qu’à partir du premier juin, c’est gratuit comme c’est l’hiver. Super pour nous, je n’ai pas choisi cette date pour rien… Sauf que… Ben sauf que tous les chauffeurs de bus qui font normalement cette ligne en profitent pour se carapater en vacances !!! Et voilà comment on risque de se retrouver sur le carreau avec tous nos paquets de nouilles. On appelle le visitor centre du parc national pour savoir qui pourrait nous emmener… Il reste une compagnie qui fait les trajets à cette période de l’année. Le type du visitor centre nous file le numéro et l’adresse à Hobart. Avant de raccrocher, Andrew lui demande s’il a un conseil pour l’overland track. Sa réponse ? « Venir préparé c’est bien… » ahah il a de l’humour.
On file donc en ville. On a beau avoir le nez sur la compagnie de bus, on ne la trouve pas. On demande à un type qui passe s’il sait où c’est. Non. Andrew lui demande s’il a un conseil pour l’overland track. « Prendre un cubi de vin rouge pour le soir et en plus ça peut servir d’oreiller… » Ouahouh. Ça c’est du conseil.
On finit par trouver la compagnie de bus. Les billets de bus sont hyper chers et en plus il faut qu’on passe une nuit à Launceston. Et en plus il n’y a que 3 bus par semaine qui repartent du Lac Saint Clair donc ça ne nous laisse pas de flexibilité pour le jour d’arrivée…
Je vais sur le net, je demande des devis pour des voitures. C’est le même prix qu’avec le bus. On pourrait mettre la voiture à l’arrivée du trek… sauf que… après il faut aller au début du trek. On pourrait faire du stop. Sauf que… ce n’est pas forcément la route la plus passante de Tasmanie… Même sur la route la plus passante, il n’y a pas énormément de monde.
Bon tant pis, on se rabat sur le bus… On va acheter nos billets et en rentrant je m’arrête acheter… un appareil photo… J’attends toujours qu’on me renvoie le mien que j’ai oublié aux Philippines, sauf que c’est un peu compliqué (Pas de poste sur l’île, il faut quelqu’un qui aille à Cebu… Du coup, il sera envoyé en Nouvelle-Calédonie). Je n’ai pas envie de faire 7 jours sur un des 3 plus beaux treks au monde sans appareil photo… J’entre dans un magasin. Je demande au vendeur quels appareils photos vont sous l’eau (hihi évidemment…), Il m’en montre 2. Le mien, la nouvelle version qui descend jusqu’à 18 mètres. Et un autre. Qui descend jusqu’à 25 mètres. C’est bon. Je suis conquise, je veux celui-là. Le vendeur est tout surpris « Vous ne voulez pas que je vous montre les autres options ou d’autres appareils ou… ?? » « non c’est bon il va jusqu’à 25 mètres sous l’eau !!!!!!!!!!!! 25 mètres sous l’eau !!!! ». Il me sort la boite de l’appareil, commence à me montrer tout le contenu « Non mais c’est bon… » Qu’est ce que je vais faire de la boîte, des multiples cordons,… ?? Hop, emballez c’est pesé je repars toute fière avec un nouvel appareil… qui descend jusqu’à 25 mètres !!!!!!!!!!!
On passe la soirée à l’hôtel. Je retrouve avec plaisir le « luxe » des backpackers australiens : Une cuisine (bon je n’ai rien à cuisiner mais c’est cool quand même), un bar, une cheminée (oui ça caille par ici je vous rappelle !) et surtout une sorte de grand salon avec plein de fauteuils, canapés et une télé, on peut louer des DVDs. C’est donc soirée DVD autour d’un bon plat de nouilles. Hum, ça faisait longtemps. Et je vais encore en manger pendant une semaine ^^. Au bar, ils servent… du vin chaud !!! Ohlala ! Je ne peux résister… Mais j’aurais dû ! ça n’a pas la tête d’un vin chaud, ça ne sent pas le vin chaud et… ça n’a pas le goût du vin chaud ^^. Parfait. Bon c’est pas grave, j’aurais quand même bu du vin chaud en Tasmanie.
On discute avec les gens du backpacker et on rencontre un australien qui a fait l’overland track. Andrew lui demande donc… s’il a un conseil. « Le plus important, c’est de réussir à avoir des bonnes nuits de sommeil pour récupérer ».
Du coup c’est décidé, demain matin il va s’acheter lui aussi un matelas ^^. Pour le sac de couchage, je veux en acheter un, mais il pense qu’il n’aura pas froid. Il se propose donc de me filer son sac 0°C et de prendre le mien… Euh… Je le préviens, le mien est bien pour dormir à l’intérieur, quand il fait bon. Mais non, il est sûr qu’il n’aura pas froid. OK…
Avant d’aller me coucher, je tombe sur le chien de l’hôtel. Enfin le chien. Ca ressemble à un husky, c’est bien plus gros qu’un loup, il est énorme ! Mais ce qu’il est choupinou !! Il adore les câlins, il va voir un peu tout le monde. C’est une peluche géante. Moi j’aime bien les peluches géantes ^^.
Dodo, demain départ pour Launceston !!!
Ju

Breaking News… Aujourd’hui, j’aurais pu y passer….

BOn alors oui comme d’hab j’ai 2 semaines de retard sur le blog. Le trek en Tasmanie est fini (Mince maintenant vous savez que j’ai survécu…) et je suis à Noosa dans le Queensland.

Je surfe tous les jours… et aujourd’hui…

« Eh Julie regarde, il y a des poissons qui sautent là-bas, tu vois?

– Oui… C’est des dauphins?? C’est bizarre on dirait qu’il y a un aileron…

– Non, non ce sont des thons… Euh, remonte sur la planche et on va prendre une vague et rentrer,,, (A ce moment là j’ai déjà compris, mais je ne dis rien et remonte calmement et prends la première vague qui passe…)

Un prof de surf est derrière nous avec une dizaine de surfeurs débutants: « Bon la séance est finie tout le monde retourne sur la plage… »

On arrive sur la plage… Une alarme…. C’est un requin monstrueux… Un bull shark, un des plus agressifs et qui attaque les hommes… Le prof de surf n’a jamais rien vu d’aussi gros à Noosa. L’aileron faisait plus de 30 cm… Toute la plage évacuée…

Je peux maintenant dire que j’ai surfé avec un requin mangeur d’hommes à moins de 30 mètres de moi et que la plage a dû être évacuée…

Le pire dans tout ça??? Est ce que j’ai eu peur? Même pas… juste super excitée de la super session de surf que je venais de faire. C’est officiel, je suis une vraie australienne…

(Pas de panique Maman, j’ai mes 2 bras, mes 2 jambes, ma tête, tout va bien… Bon par contre j’y retourne demain…)

Ju