Tu sais que tu as passé 5 mois en Asie quand…

Tu sais que t’as vécu 5 mois en Asie quand :

  • Tu ne comprends pas pourquoi tu devrais aller au resto, c’est tellement plus cool de manger dans la rue sur un tabouret miniature ;
  • Tu arrêtes de te demander si ce que tu vas manger va te rendre malade… Tu ne vas pas arrêter de manger pendant 5 mois, ma foi on verra bien !
  • Tu ne te demandes pas s’il y a de l’eau chaude dans la douche. Tu sais qu’il n’y en a pas. Et t’es contente quand t’as une douche… c’est mieux qu’une bassine avec une tasse…
  • Avant de regarder s’il y a une chasse d’eau aux toilettes, tu commences d’abord par chercher la bassine avec un récipient pour balancer de l’eau… s’il n’y en a pas tu commences à chercher la chasse d’eau…vous seriez surpris du temps qu’il faut parfois pour trouver une chasse d’eau… ou pour comprendre comment une douche fonctionne…
  • Quand il n’y a pas de corbeille aux toilettes, ce n’est pas normal… qu’est ce que je vais faire de mon PQ ??
  • Quand t’es sur un trottoir, tu sais que tu ne peux pas regarder ailleurs que tes pieds, beaucoup trop dangereux…entre les trous, les bosses, les crevasses, les fossés ^^
  • Quand t’épates les touristes en traversant la route tranquillement sans paniquer sans ralentir ni se poser de questions alors qu’il y a des dizaines de scooter en train de foncer droit sur toi…
  • Quand tu te déplaces, tu ne sais pas quand tu vas partir, quand tu vas arriver, combien de temps le trajet va prendre, où tu vas arriver, si tu vas arriver,…
  • Quand tu sais que la logique n’a pas de logique et que ce que tu penses être logique est en fait illogique ici…
  • Quand ton ego devient complètement démesuré à force qu’on demande à te prendre en photo en permanence dans la rue, sur la plage,… et qu’on te remercie comme si t’étais une star qui venait de signer un autographe… ou qu’on te dise en permanence « Tu es tellement belle… est ce que je peux t’emprunter tes yeux ?? »
  • Quand tu ne te demandes pas ce que tu vas manger. Ce sera nouille ou riz. Ou riz ou nouilles. Mais attention t’auras le choix pour chacun entre poulet, porc et bœuf ^^.
  • Quand tu prononces ou entends Same same but different 10 fois par jour…
  • Quand tu bois des cocos au lieu de boire de l’eau, parce que des fois c’est moins cher et qu’il n’y a pas d’eau minérale, juste de l’eau purifiée, donc tu sais que la coco est le meilleur moyen de t’amener tes minéraux…
  • Quand ça te paraît inconcevable de dépenser plus d’un euro pour un repas
  • Quand ça te paraît inconcevable de payer plus de 2 ou 3 euros par nuit… ou alors tu sais que tu te fais prendre pour un pigeon…
  • Quand à chaque fois que tu veux acheter un truc, tu sais que ça va te prendre 10 minutes parce qu’il va falloir que tu fasses diminuer le prix par 10…
  • Quand tu sais que le scooter est le véhicule familial (même pour les familles nombreuses), que conduire un scooter à plus de 14 ans c’est avoir la classe et conduire un scooter à moins de 14 ans… ben c’est normal il est où le problème ? tant que les pieds touchent par terre…
  • Quand tu ne te demandes pas ce que tu vas pouvoir prendre comme dessert parce que ça n’existe pas de toute façon…
  • Quand tu commandes une crêpe, tu ne sais jamais à quoi ça va ressembler : Galette ? Crêpe ? Pancake ??
  • Quand à chaque fois que tu croises le regard de quelqu’un son visage s’illumine avec un grand sourire…
  • Quand tu n’as rien porté autre qu’un débardeur short et paire de tong depuis 5 mois…
  • Quand tu trouves que ça caille quand la température descend sous 30°C…
  • Quand nuage ou froid ne veut plus rien dire pour toi
  • Quand tu arrêtes d’espérer que le lendemain ta connexion internet sera meilleure…
  • Quand t’es contente d’avoir 3 gouttes de pluie parce que ça fait 4 mois que t’en as pas vu et que quand il fait 38°C, c’est agréable
  • Quand te retrouver sur une île de sable blanc, cocotier, hamac,… ben c’est la routine ^^
  • Quand tu te goinfres de mangue fraîche, coco et bananes en permanence

Je m’apprête à un choc culture avec l’Australie. Un choc climatique aussi,

Bye Bye l’Asie… Je sais que j’y retournerai très vite… ❤

Ju

Bye Bye Asia…

J’ai une semaine de retard sur le blog, il me reste mon périple à Bali à vous raconter… mais là je fais un saut en avant et je referai un bond en arrière juste après… Je suis à l’aéroport à Denpasar, je vais embarquer pour l’Australie…

Je quitte l’Asie après presque 5 mois de vadrouille. Dur d’expliquer ce que je ressens. Une page de mon voyage se tourne. Une autre s’apprête à s’ouvrir.

Ces 5 derniers mois ont été incroyables! J’ai vu un ballet et me suis paumée en plein milieu de la nuit à Saint Pétersbourg. Je me suis retrouvée au milieu d’un show devant 5000 personnes le soir du nouvel an à Moscou. J’ai vu la Russie et la Mongolie défiler pendant une semaine sous mes yeux dans le Transsibérien. J’ai survécu à -37°C au Lac Baikal. Je suis rentrée dans le village olympique à Pékin par un bout de grillage manquant durant la nuit. J’ai failli me faire scammer 3 fois en moins de 2 heures à Shanghai. J’ai passé ma première nuit de SDF à Hong Kong. J’ai passé 48h en mode Rendez vous en terre inconnue près de Sapa. J’ai tourné dans un film français à Bac Ha. J’ai fêté mes 30 ans à 28 ans pendant le Tet à Hanoi. J’ai fait un road trip à moto d’Hue à Hoi An. J’ai fait de la luge dans les dunes de Mui Ne. J’ai rencontré mes 2 montpelliéraines adorées à Ho Chi Minh. Je me suis retrouvée sur une barque à Can Tho à regarder une locale me faire des bijoux en bambou en ramant avec ses pieds sur le Mekong. J’ai failli perdre la boule à essayer de quitter le Vietnam. J’ai découvert le paradis à Koh Rong. Je suis allée au cirque, j’ai appris à cuisiner cambodgien et j’ai pris le bamboo train à Battambang. J’ai découvert au mois de mars qu’on n’était plus en janvier… J’ai passé une journée sur un petit bateau à traverser les villages de pêcheur. J’ai visité les temples d’Angkor. J’ai fait du bénévolat à Siem Reap en cuisinant pour les familles locales, notamment les enfants. J’ai bouleversé tous mes plans pour me rendre à Bangkok. J’ai passé le mois le plus drôle de ma vie avec ma débile préférée (vous savez tous de qui je parle ahah, tu me manques trop ma poulette !). J’ai donné son bain à un éléphant. 4 fois ^^. J’ai crapahuté 2 jours à Pai. J’ai passé ma nuit d’anniversaire dans le bus le plus pourri du monde à essayer d’arrêter de rire parce que mes abdos n’en pouvaient plus. J’ai fêté mon anniversaire à kosan road à Bangkok avec des locales complètement déjantées. On a chamboulé tous nos plans et laissé le destin décidé de notre pays suivant : On finit en Malaisie à la place du Laos ! Je me suis retrouvée dans la jungle au milieu d’un orage. J’ai passé mon open-water à Perhentian Islands et me suis découvert une passion incroyable pour les bubulles et tout ce qui fait des bubulles. J’ai bullé à Kuala Lumpur à écouter Léa me raconter ses histoires incroyables de « En fait j’avais un calamar attaché à un autre calamar qui lui se trouvait dans ma gorge… » et à la regarder faire la rainette tronquée… Je passe l’épisode où on s’est dit au revoir parce que ça c’était pas cool du tout. Je me suis retrouvée à Borneo à plonger sur une île sous surveillance militaire à cause des enlèvements récurrents… à plonger 3 fois par jour à chercher des limaces que je trouve trop cool. J’ai plongé à Sipadan, le rêve de bon nombre de plongeurs, au milieu des requins, bans de barracudas, tortues,…J’ai passé une semaine en pleine vie locale à Manille, à me baigner dans une rivière en portant les enfants philippins qui ne savaient pas nager, à danser avec eux sur le toit sous la pluie,… J’ai aussi dansé sous l’eau avec mon divemaster devant un Harlequin juvenile sweetlips qui dansait aussi. Je me suis fait faire une manucure sous l’eau par des crevettes. A plonger dans un avion avec une sirène à Cebu. A me lever au lever du soleil pour aller voir si peut-être y’avait pas un hippocampe en train d’accoucher… A rester perplexe devant le Marina sands bay, l’hôtel à 3 tours avec un joli chapeau bateau… A surfer à Kuta. A plonger seule avec le divemaster l’US liberty wreck, rien que pour nous, un autre top 10 des plongées au monde au lever du soleil pendant une heure et demi…

J’ai sûrement rencontré plus de monde en 5 mois qu’en 28 ans. J’ai appris plus en 5 mois qu’en…. Pfu je ne sais même pas combien de temps. Pas toujours des trucs super utiles… ça ne me sert à rien de savoir qu’en fait les plaques Pont-à-Mousson ne sont pas vendues dans tous les pays du monde, de connaître tous les taux de change d’Asie par rapport à l’euro et au dollar. De savoir dire bonjour, au revoir, merci dans plein de langues ou de savoir déchiffrer le russe. De connaître le prix de la coco et des Oreo dans chaque pays d’Asie. Ça ne me sert à rien mais peut être qu’un jour ça me permettra de crâner à la machine à café ^^ « Tu savais que le temps de gestation d’un hippocampe c’est 2 à 3 semaines et que c’est le male qui porte les œufs ? »

Je sais aussi qu’on n’est jamais seule quand on voyage seule. J’ai partagé un bout de vie avec :

  • Victoria, Kate et Alex à Saint Pétersbourg ;
  • Natacha, Olga, Roman, Maria à Moscou ;
  • Anna et toute sa famille à Irkutsk ;
  • Leo à Pékin ;
  • Mathilde et sa coloc à Shanghai ;
  • Jacky, Agnès et son père, la famille de Red Lao qui nous a hébergé et tous les guides à Sapa ;
  • Désirée, César et toute l’équipe de tournage à Bac Ha ;
  • Mon chauffeur préféré Martin, Monique et Bernard dans tout le Vietnam du Nord ;
  • Morgane, Anne-So et Lucile À Hanoi ;
  • Svilen à Hue, Hoi An et Dalat ;
  • Carla, Kylie, Jack et Ellen à Mui Ne ;
  • Lise-Hélène à Ho Chi Minh… et surtout mes 2 montpelliéraines Ju et Mimi !
  • Andrew, Kaisa , Isaac, Elena et l’australien de la plage de 7km à Koh Rong ;
  • Ma débile préférée, Léa à Battambang et pour toute la Thaïlande et la Malaisie !
  • Denis et Emma ; Denise et Dan et toute l’association, Sabine, Cristina, Elena et la fofolle Américaine Helena à Siem Reap ;
  • Neung, Gary et Andrew à Bangkok la première fois et les 2 fofolles thaïlandaises à mon anniversaire la deuxième fois ;
  • Ju, Lesly et tous les mahouts à Chiang Mai ;
  • Tout le staff de l’hôtel à Penang avec Léa (Ah le cuisinier espagnol !! On s’en souviendra de ses tapas !!!!!)
  • Avec Léa, notre anglais tout perdu et surtout Gab notre instructrice à Perhentian Islands
  • Béné, Pamela, Britt, Alex, Scuba Jeff et son staff à Mabul Island
  • Elena, Allen, Desiree, Ella, Felicity, Stefen, Tom et Jurgen my king my god et Noelle à Manille
  • Derek à Cebu
  • Ruddy, Jeremy, Kristina, Lito et Fred à Bohol
  • Dan, Thomas, Nelly, Marketa et Ollie à Bali

Et le tour n’est pas fini…

Je suis aussi tombée amoureuse en permanence ces 5 derniers mois : Les sourires et la gentillesse des locaux, les rencontres improbables, les paysages, la plongée, la culture et nourriture locale… L’Asie en général. Je me suis levée chaque matin en n’ayant pas la moindre idée de ce que j’allais faire et de ce qui allait m’arriver pendant la journée. Et j’ai rarement été déçue !

Bye Bye Asia… Welcome Back to Australia ^^

Ju

Bye-Bye le Vietnam! Bonjour le Cambodge!

Hello !

Je vous avais laissé à la frontière vietnamienne… il y a eu du chemin depuis !!

Après notre horrible journée, le sommeil n’a pas été terrible. Sachant qu’on devait se lever à 6h et que la veille nous avions raté le réveil, nous n’étions pas confiantes. Ajoutez à cela le tic-tac incessant de l’horloge au-dessus du lit… ça donne un réveil qui pique.

A peine levée, on enfile les kilos. Le type de l’hôtel essayera de nous faire payer 2 boissons du minibar que nous n’avons jamais consommées… Jusqu’au bout les vietnamiens !! Jusqu’au bout !!! Bien évidemment, il est hors de question de payer. Il finit par nous laisser partir.

La frontière n’est qu’à 7 kilomètres d’Ha Tien, nous sommes vite arrivées. Le chauffeur nous laisse à la frontière pour sortir du Vietnam. Entourées d’un nuage de moustiques, heureusement que c’est assez rapide ! Un tampon supplémentaire chacune dans notre passeport et nous remontons dans le minibus quelques minutes plus tard. Nous roulons quelques kilomètres et nous voilà à la frontière cambodgienne. Là, ça va être une autre histoire.

Des mobylettes chargées comme des camions arrivent à la douane, ils arrivent à peine à maintenir une direction tellement ils sont lourds. Nous en voyons un se coucher sur le côté… D’autres sont obligés de venir les maintenir pour qu’ils puissent redémarrer… Et arrivés devant le douanier cambodgien, ils tendent un billet et le douanier les laisse passer sans même regarder ce qu’ils transportent… Au moins, les choses sont claires…

Comme il est tôt, nous sommes les seuls touristes. Il y a un couple de cambodgien et un couple d’allemands avec nous dans le bus. Les cambodgiens passent en 2 secondes. Nous devons remplir des papiers, des demandes de visa,… Puis aller voir le douanier. Les allemands ont payés 25$ la veille à l’agence donc le chauffeur du bus s’occupe de tout pour eux.

Nous n’avons pas accepté de payer les 25$, donc nous allons devoir nous débrouiller comme des grandes… Nous tendons les papiers complétés. Il nous demande 25$. Nous répondons que nous savons que le prix du visa est 20$. Il insiste. Nous insistons… Nous lui tendons les dongs. Et là… Il nous dit que si nous avions eu des dollars nous aurions pu payer 20$ (donc c’était bien 20$^^), mais que comme c’est en dongs nous devons payer l’équivalent de 25$… Mouahah il est futé le bougre.

Nous essayons de demander à notre guide de nous changer nos dongs en dollar, mais il discute avec le douanier et nous comprenons bien que lui à sa commission aussi dans l’histoire, donc il ne risque pas de nous aider… Il commence même à nous mettre la pression : Si nous n’avons pas payé dans 5 minutes, il part avec le minibus et nous laisse là… Nous finissons par donner 500’000 dongs , soit 23$ et le douanier accepte… C’est toujours ça de gagné. Mais nous sommes bien énervées ^^. Pendant ce temps, les gens continuent de passer en glissant un petit billet à chaque fois, ils doivent se faire un sacré budget tous les jours !!!

Et 2 tampons de plus dans le passeport!

Nous repartons et découvrons le visage du Cambodge pour la première fois. Notre première réflexion ? Incroyable comme en 2 kilomètres 2 pays peuvent être si différents ! Nous nous retrouvons sur des routes en terre, tout a l’air tellement plus pauvre ! Nous sommes secoués dans tous les sens.

Nous faisons un arrêt à Kep et ça ne rate pas : La cambodgienne est malade… C’est incroyable, ils sont super fragiles, au bout de quelques kilomètres, ils vomissent… à chaque fois !!! Mymy s’est même fait vomir dessus au Vietnam dans un bus…

Nous récupérons 2 français qui viennent de passer un mois au Cambodge et ils sont enchantés. Nous, nous venons juste d’arriver mais nous sommes déjà ravies ! Déjà, nous ne sommes plus au Vietnam ^^.

Après une autre heure de route en terre, nous arrivons à Kampot. Route en terre également !! Les français nous ont dit qu’au Cambodge, les chinois construisaient les routes et les russes les infrastructures. On se dit que les chinois n’avancent pas bien vite ^^.

Kampot est une petite ville de bord de mer à l’architecture coloniale. C’est très mignon et surtout quel calme après le Vietnam ! Pas de klaxons incessants et de 2 roues dans tous les sens ! C’est reposant après un mois en plein brouhaha ! Les enfants jouent dans la rue, nous entendons les oiseaux,… C’est là que nous nous rendons compte à quel point le Vietnam nous a fatigué !

Nous partons à la recherche d’un toit pour la nuit. Nous avons une nouvelle difficulté pour nous repérer au Cambodge : Ils ont décidé que les noms de rue ne servaient à rien… Alors pour nous, pauvres touristes, c’est le challenge ! « Donc là il y a le vieux marché, donc si nous faisons 4 pâtés de maisons, qu’ensuite nous allons à droite, puis à gauche au croisement suivant, puis légèrement sur la droite, nous devrions arriver à notre hôtel ». Surprise, ça a marché. Pfu, nous sommes trop fortes, c’est lassant à force.

Nous allons voir les chambres : Pour 2,5 dollars la nuit, ce sera parfait. En revanche, c’est rempli de moustiques. Les filles ont une moustiquaire. Mais moi avec mes 16 kilos au départ, je n’ai pas eu le courage d’ajouter une moustiquaire… Du coup, nous décidons de coller 2 lits, d’accrocher la moustiquaire au-dessus comme nous pouvons (Nous trouvons un ventilateur qui ne marche plus, ça fera l’affaire) et nous dormirons toutes les 3 dans le lit 2 places. Une aventurière doit aimer la proximité dans les dortoirs ^^. Si en plus ça permet d’avoir encore un peu de sang au réveil dans les veines…

En plus, nous lisons assidument le routard cambodgien depuis 2 jours et ils insistent énormément sur les protections contre les moustiques, car il y a beaucoup de dengues et paludismes dans ce pays, donc nous prenons ça très au sérieux ! Je porte mon pantalon et chemise anti-moustiques, je ressemble à un médecin du monde. Je transpire comme si on m’avait enfermée dans un sauna en plein cagnard. Mais au moins je ne me fais pas piquer ! Et ce qui compte c’est le résultat, pas le style (sinon je serai morte au Lac Baïkal^^).

Nous mangeons notre premier repas cambodgien : Des nouilles, mais elles sont légèrement différentes du Vietnam. Bon, nous nous rassurons, nous n’allons pas mourir de faim au Vietnam non plus. Nous nous rendons compte pendant le repas qu’il n’est que 10h. Mais nous avons vécu tellement de choses depuis le réveil, nous avons changé de pays, nous avons ramé avec les douaniers, nous avons trimballé nos sacs et nous n’avons rien mangé, du coup nous avons l’impression d’être au milieu de l’après-midi et nous sommes mortes de faim. Au moment de payer, ça se complique… Alors figurez vous que la monnaie locale est le riel cambodgien. Sauf que… ils ne se servent que de cette monnaie pour les petits montants (genre inférieurs à un euro). Sinon ? Ils utilisent le dollar. Donc là où ça se complique, c’est que si je donne un billet de 10 dollars pour payer 3 dollars, on va me rendre un billet de 5 dollars et… 8000 riels !!!! Hyper simple^^.

Après le repas, nous allons faire une sieste, nos 2 derniers jours nous ont épuisé et Mymy ne se sent toujours pas mieux. Du coup, après la sieste, nous partons seules avec Justine en repérage dans la ville. Nous trouvons une terrasse très sympa en face du vieux marché. La cambodgienne qui nous amène les cartes est adorable. Elle nous précise toute gênée qu’elle ne fait « que » de la cuisine cambodgienne. Mais nous sommes ravies ! Nous prenons un jus de banane et du amok fish que Lucile (que j’avais rencontrée à Hanoi, rappelez-vous ^^) m’a conseillée après son passage au Cambodge. Excellent choix ! Tout est délicieux !!! Nous passons énormément de temps sur cette terrasse a discuté et surtout à savourer le calme !! Nous avons encore la tête polluée par tous les bruits interminables des villes vietnamiennes. Nous sommes ravies de pouvoir parler sans crier, savourer le silence et reposer nos petites oreilles. C’est incroyable le nombre de français dans cette ville ! Nous sommes 13 en terrasse, dont 8 français !!!

Nous faisons un tour dans la ville, admirer l’architecture coloniale et nous retournons à l’hôtel voir comment va Mymy. Après une bonne sieste, elle est prête à venir faire un tour en ville avec nous. Nous allons admirer le coucher de soleil sur les montagnes depuis la rivière. Un chauffeur de tuk-tuk vient nous parler. Il parle anglais et un petit peu français. Il propose de nous emmener gratuitement de l’autre côté de la rivière pour faire un karaoké, mais Mymy n’a rien mangé de la journée. Donc nous allons retourner à la terrasse de cet après-midi pour qu’elle puisse manger un peu de riz. Moi je me commande une coco… hum. Je ne m’en lasse jamais. A chaque fois, l’énorme coconut arrive et c’est toujours la surprise : Quelle quantité ? Impossible de le savoir avant d’avoir terminé ! Est-ce qu’il y aura ensuite de la coco à l’intérieur ? Impossible de le savoir avant de l’avoir ouverte ! C’est 2 kinder surprises en un à chaque fois et surtout, c’est plein de minéraux et très hydratant, ce qui fait du bien par cette chaleur écrasante et par l’absence de bonne eau minérale !

Ensuite, nous refaisons un tour en ville. Nous trouvons un magasin très sympa de livres de seconde main et d’articles locaux, notamment du poivre de Kampot, LA spécialité locale. Ce poivre est mondialement connu. Il faut quand même que je vous dise que le poivre blanc est fait à base de fientes d’oiseaux… alors réfléchissez-y à 2 fois !! En fait le poivre est donné à manger aux oiseaux, digéré et récupéré dans les fientes ! Hum ^^. Et c’est vendu une petite fortune ^^.

La serveuse nous aide à apprendre les chiffres cambodgiens. Tous les locaux que nous rencontrons pour l’instant sont adorables. Cet après-midi nous avons acheté une bouteille d’eau et la fille du magasin nous a aidé à comprendre le fonctionnement dollars/riels. On se dit qu’au Vietnam, ils en auraient profité pour nous arnaquer^^.

Nous restons là à nouveau un bon moment puis nous rentrons à l’hôtel sous notre moustiquaire ^^.

Le lendemain, Mymy ne va toujours pas mieux la pauvre ! L’hôtel est plein de moustiques. Dans les toilettes, les sangsues rampent tranquillement par terre… Nous décidons de partir aujourd’hui pour Sihanoukville. Nous voulions faire une rando dans le parc national à proximité et aller voir les cascades, mais la chaleur est tellement écrasante que c’est mission impossible !

Nous allons à un resto qu’un français nous a recommandé pour le petit-déjeuner. Je commande un muesli avec des fruits frais et du yaourt et un jus de banane… Miam !!!!!!!!!!! Ce petit-déjeuner européen fait du bien. Ce n’est pas facile tous les jours le riz ou les nouilles au réveil !

Nous vadrouillons à nouveau dans cette ville dans laquelle nous nous sentons si bien ! Mymy en profite pour échanger son guide du Vietnam contre du poivre de Kampot dans le magasin de seconde main que nous avons vu hier. Moi je n’ai pas de livres, donc rien à échanger. J’ai très envie de ramener du poivre de Kampot, moins de le porter pendant 10 mois…

Nous retournons à l’hôtel pour 15h. Le minibus vient nous chercher avec 15 minutes d’avance. Ensuite, nous passons récupérer 2 hommes, à peu près notre âge et un des deux à un tee-shirt « same same but different », je suis fan. Nous commençons à papoter mais écourtons rapidement la discussion. Ils nous demandent d’où nous venons, nous répondons la France et leur retournons la question. Ils nous répondent Italie. Puis 10 secondes plus tard « Non c’était une blague nous venons d’Israel ». « Ah «  (Pas compris la blague…vous me direz si vous comprenez) et ils répondent « Ah on a entendu la déception ». Pas compris non plus. Bon nous n’avons pas le même humour…

Nous récupérons quelques autres touristes et un cambodgien… Inutile de faire durer le suspense, nous nous sommes arrêtés 5 fois en 2 heures pour qu’il puisse vomir au bord de la route… Le pauvre !Tous les mêmes ici !

Nous apprécions les paysages cambodgiens, les pilotes des 2 roues que nous croisons nous font des signes, nous longeons quelques fois la plage, des champs, les montagnes,…

Après 2 bonnes heures, nous voilà à Sihanoukville !! Comme d’habitude nous avons un comité d’accueil. Nous déclinons gentiment les « motorbike ?? » »motorbike ?? » Grrr… Nous sortons le guide, j’ai repéré la rue des backpackers. Un homme vient nous aider, nous sommes juste à côté. Il nous propose 1 dollar pour nous emmener en tuk-tuk. Mymy est motivée pour un tour en tuk-tuk, mais 1 dollar, ça sent l’arnaque on doit être à 200 mètres. Mais bon, ça nous fera un tour en tuk-tuk… On grimpe. Nous avons fait au moins 50 mètres ^^. Le coquin !! Il nous arrête, Mymy va voir : Apparemment ça vaut le coup d’œil. Ce sont des lits superposés géants, blindés de monde,…

On va voir les 2 autres que nous avons repéré avant de nous décider (et aussi pour profiter un peu du tuk-tuk, faut pas abuser !), le deuxième c’est au tour de Justine d’aller prospecter : C’est complet. Le troisième, à mon tour : il ne reste qu’une double à 15$, c’est un peu cher. Nous récupérons nos sacs et repartons au premier. Le dortoir nous plaît trop, c’est le cirque partout, y’a des affaires et des sacs qui traînent de tous les côtés, ça a un côté sympa. Nous récupérons les draps, faisons nos lits et allons faire le tour de la propriété ! Et quelle propriété ! Il y a des tonnes de dortoirs similaires au notre ! A 2$ la nuit, c’est extrêmement rentable pour le propriétaire ! Il y a une bonne vingtaine de personnes par dortoir ! Il y a une sorte de discothèque au milieu et une énorme piscine… vide ! Super…

Nous partons découvrir la ville et nous voulons surtout voir la plage…

La suite dans l’article suivant ^^.

A demain !

Ju

 

 

 

Le Vietnam m’a tuée

Bonjour, bonjour!

Attention, accrochez-vous, parce qu’aujourd’hui, il y a du lourd. Du très très lourd même!!

La journée a déjà mal commencé. Nous devions mettre un réveil à 5h30 pour avoir le temps de nous doucher et de prendre le petit-déjeuner avant 7h. Le mec de l’hôtel a gentiment accepté d’ouvrir plus tôt pour que nous ayons un petit-déj avant de partir.

Sauf que le réveil sonne et quelques secondes plus tard, le mec de l’hôtel tape à notre porte « 6.40! 6.40! »… Quoi? Et Ju qui fait « oh non je me suis plantée avec le réveil ». Elle m’a aussi dit ce soir « Tu ne le diras pas hein sur ton blog que c’est moi qui me suis trompée avec le réveil? ». Non Ju, t’inquiète, je ne dirai rien 🙂

Du coup, c’est la panique au réveil, la douche se prend en un quart de secondes. Pendant que nous finissons de fermer les sacs, je file passer notre commande pour le petit-dej pour ne pas perdre de temps: Crêpe et jus de mangue fraîchement pressé. 1,5 euros. J’adore cet endroit ^^.

Nous payons la chambre, le petit-dej et il nous appelle un taxi. C’est parti!

Jusque là, tout se passe bien. Le taxi nous emmène à la station de bus, nous sommes dans les temps. Attention, à partir de là, tout se complique.

Nous arrivons au guichet, je demande 3 billets pour Rach Gia. « Complet ». Non…

Je bluffe « L’hôtel a téléphoné il y a 5 minutes il restait des billets ».

« Non, le bus est complet ».

Je lui fais bien comprendre que je ne le crois pas, j’insiste: « Nous voulons 3 billets pour le bus de 8h »

Il me répond: « Le bus est complet, allez vous asseoir et revenez à 8h, peut-être qu’il y aura des places »

Moi: « Je ne comprends pas pourquoi il y aurait plus de places dans 20 minutes… si c’est complet, c’est complet… »

A force d’insister, il me dit « C’est complet, regardez »

Il tourne l’écran. Et là, je me dis qu’il nous prend vraiment pour des idiotes. Il reste 8 places… Et lui me montre le plan en disant « Tu vois regarde c’est complet »

Et moi « Ben non regarde il reste 8 places… 1 , 2,… »

Là, une vietnamienne arrive, demande 2 tickets pour Rach Gia et il les lui vend de suite… Nous sommes perplexes… J’insiste « Nous ne partirons pas sans les billets, il vous reste encore 6 billets »

A force de persévérance, il finit par craquer et nous vend nos 3 billets. Incroyable!!!!!

Mais bon, je reste zen. Je commence à m’y faire… c’est comme ça ici. A chaque fois, je me dis « Bon, c’est une autre culture… ». Mais je n’étais pas au bout de mes surprises!

Bon je passe le fait qu’il ne nous ait pas filé les places qui étaient côte à côte. Rien de très surprenant. Nous sommes 3, il y avait 3 presqu’ensemble, mais non. C’est plus simple de faire à 3 endroits différents.

Nous sommes parties de l’hôtel avec les sauterelles de la veille en bambou, mais c’est en fait beaucoup trop compliqué de se les trimballer. Au lieu de les jeter, nous décidons de les distribuer aux enfants que nous croiserons aujourd’hui. En montant dans le bus, je vois un petit garçon, je lui offre une première sauterelle. Il a les yeux qui s’ouvrent comme des billes et me lance un énorme « Came on!! » (merci en vietnamien…). Il est tout content, ça fait plaisir.

Le bus part, des français sont installés entre nous, nous entamons la discussion. Lui vient de Thionville (près de chez moi, pour ceux qui ne connaissent pas la Lorraine). Ils ont habité un an en Australie, un an en Nouvelle-Zélande. Là, ils viennent de refaire un mois en Nouvelle-Zélande, ils entament un mois au Vietnam et ensuite ils comptent s’installer en Suisse (lui travaille dans les vignobles). Nous essayons de ne pas trop les dégoûter du Vietnam, mais quand même, nous les préparons à ce qui les attend. En gros, préparez vous à passer régulièrement pour des pigeons…

Nous avons 3 heures de bus, puis nous arrivons à Rach Gia. Nous sommes censées arriver à un port où le bateau nous emmènera à Phu Coc. Là, nous sommes au milieu de nulle part. Même pas de fleuve ou de mer à l’horizon. OK.

Nous descendons avec les français et demandons pour le bateau. On nous explique que pas de panique, il faut juste prendre le minibus qui emmène directement au port. Ok, ça marche, on récupère nos sacs du grand bus que nous transférons vers le petit bus. On grimpe dedans et c’est parti. Bien sûr, le grand bus était complet et on nous envoie un mini-bus pour le même nombre de passagers. Passons sur cette logique implacable. Ca me fatigue d’essayer de comprendre.

Comme d’hab le chauffeur dépose d’abord tous ses copains à tous les endroits de la ville. Donc pour quelques kilomètres il nous faudra une demi-heure. Ca aussi, on finit par s’y faire. C’est comme ça. Les copains et les paquets d’abord. Les touristes quand il n’y a plus rien d’autre à délivrer.

Nous arrivons enfin au port… Il y a un nombre incroyable de motards qui nous attendent… Nous n’avons pas besoin d’eux, nous récupérons nos sacs et nous dirigeons vers les guichets. Une dizaine de guichet. Un seul d’ouvert.

La française a trouvé un guide vietnamien qui lui explique que c’est compliqué d’avoir des billets. Ah? Les motards ne nous lâchent pas d’une semelle…

Nous demandons des billets au guichet. On nous répond « Rien avant demain matin ». Oui enfin si c’est complet comme le bus était complet… Nous insistons. Rien à faire. Les motards parlent au guide qui nous traduit: Les motards peuvent nous emmener au centre de la ville au point de vente principal où il y aura encore des billets… Ils demandent 50’000VND par personne. Ca sent l’arnaque. Comme nous sommes 4 à devoir y aller (le français de Thionville, un italien, Mymy et moi), nous préférons prendre un taxi. Guillaume (le français de Thionville) va arrêter un taxi, le temps que nous arrivions pour monter, les motards expliquent au chauffeur  que nous sommes ses clients, du coup le taxi repart… On commence à s’énerver, c’est du grand n’importe quoi, ils nous tournent autour comme des vautours, nous avons l’impression d’avoir un symbole $ gravé sur le front. D’autres regardent nos affaires. Ca ne nous plait vraiment pas…

Soudain, le monsieur du guichet dit qu’il vient d’y avoir 2 tickets de libérés. Mais plus chers que prévu… Donc en fait, c’est inscrit 320’000 VND sur le billet et il le vend 350’000 VND. Guillaume ne veut pas passer une nuit ici et accepte de payer plus cher, Il prend les 2 billets. Ca s’annonce mal. Je vais voir à l’embarcadère, demander aux gens où ils ont eu leurs billets. Ils me montrent un boutique à 5 minutes à pied… C’est le chemin super long que les motards voulaient nous faire payer… On perd patience!

Nous nous dirigeons vers une des boutiques. Tout est complet, il faut attendre le lendemain matin. Hors de question de passer la nuit ici. Les motards sont collés à nos semelles.

En revenant au guichet, nous voyons les motards en train de se disputer avec le guide qui a voulu nous aider. Le guide revient nous voir et nous explique gêné qu’il ne peut plus nous aider… Insupportable ces motards. C’est vraiment incroyable!!

Au guichet, un billet vient de se libérer pour aujourd’hui. Il est toujours inscrit 320’000 VND mais il le vend 500’000 VND! Pire que pour aller voir U2 en concert…

Nous allons près du bateau, au cas où subitement avant le départ du bateau, des places se libèrent. Les motards sont assis à côté de nous et nous observent… Le bateau finit par partir. Sans nous. Bon. Nous n’avons pas besoin de nous concerter longtemps pour tomber d’accord sur le fait que:

– Y’en a marre de se faire prendre pour des pigeons;

– Nous n’avons pas envie de passer la nuit dans cette ville avec la mafia des motards;

– Là, le Vietnam c’est trop, nous en avons notre claque.

OK, on lâche l’idée de Phu Coc. Ras-le-bol, on part au Cambodge.

Changement de plan, nous devons prendre un bus pour Ha Tien. Presque simple. Il nous suffit de retourner à la gare routière. D’après le routard, il n’y a qu’une gare routière. Prendre un autre bus et go. Ha tien se trouve à 7 km de la frontière cambodgienne, nous passerons la nuit là-bas et passerons au Cambodge le lendemain.

Nous essayons de demander un taxi au guichet. Il continue de nous répondre pas de billet pour aujourd’hui, mais billet pour demain matin. Comme il n’a pas de bouton reset et qu’il tourne en boucle, nous laissons tomber. Nous commençons à marcher.

Nous passons devant un hôtel tenu par des femmes. Généralement plus sympa que les hommes ici. Effectivement: Nous demandons un taxi, elle l’appelle. 2 minutes après le taxi est là. Sa fille est là, nous lui offrons la deuxième sauterelle en bambou. Elle a le sourire jusqu’aux oreilles^^.

Le taxi arrive, nous lui demandons la gare routière. Il fait oui oui, on charge les sacs et c’est parti. Ouf, on va pouvoir sortir de cette ville de dingues.

Nous arrivons à la gare routière, je cherche la compagnie Mailhin. Les mecs des motorbikes nous sautent dessus « My friend, my friend, where do you wanna go? » On ne veut plus les voir eux… Je demande 3 billets pour Ha Tien au guichet. Elle nous répond « motorbike ». Non mais c’est une blague, on veut un bus! Non, toujours la même réponse: Motorbike motorbike motorbike. Ils n’ont que ce mot là à la bouche, mais nous on ne veut pas retourner à l’embarcadère. Y’en a marre on veut juste partir d’ici.

Nous faisons le tour de toutes les compagnies, personne ne parle anglais. Nous désespérons… Il y a un bus pour Ho Chi Minh, nous l’envisageons…

A un moment, les mecs des motorbikes s’éloignent et un des types de la gare routière nous fait comprendre qu’il y a bien des bus pour Ha Tien… Sauf que les motorbikes les empêchent de nous vendre les billets. C’est n’importe quoi. On part toutes les 3 chacune d’un côté et dès qu’ils s’éloignent, je me précipite vers le guichet Mailhin en suppliant la fille de nous vendre des billets! Elle voit qu’il n’y a personne et nous explique qu’il faut prendre un taxi pour aller à une autre gare routière en ville et qu’il y a bien des bus pour Ha Tien, le prochain étant dans 45 minutes. Nous lui demandons de nous appeler un taxi, elle le fait de suite. Nous espérons qu’elle n’aura pas trop de soucis pour nous avoir aidées…

Le taxi arrive, nous repartons en arrière. La gare routière était proche du port, nous aurions pu nous éviter 2 trajets en taxi, merci le guide du routard!!

Je passe sur le fait que le taxi a essayé de nous faire payer 5’000 VND par barrière passée. Soit 2 barrières, 10’000 VND. On lui fait bien comprendre qu’il est hors de question que nous payons un supplément, il avait qu’à nous prévenir et nous déposer à la barrière. Nous avons stressé tout le trajet car il reprenait la direction de l’embarcadère. A ce moment là, j’ai pensé au livre Cul-de-sac de Douglas Kennedy: Un homme se retrouve piégé dans un village au fin fond de l’Australie et ne peut plus le quitter… Même sensation ici… On commence à se demander si on arrivera à partir un jour!

Enfin le guichet! Nous achetons nos billets. La fille du guichet essaie d’arnaquer Mymy de 1’000 VND, nous sommes obligées de lui faire recompter plusieurs fois…

Nous montons enfin dans le bus. Nous sommes à bout et n’avons qu’une idée en tête: Quitter le pays, aujourd’hui, c’est trop!

C’est parti pour 2 heures de bus supplémentaires. C’est usant, nous avons passé la journée dans les transports et à balader nos gros sacs sous une chaleur écrasante. A peine le bus parti, Mymy dort sur Ju qui dort sur moi. Je finis par les imiter.

Nous arrivons à Ha Tien. La gare routière est à 2 km du centre ville. Lorsque le bus arrive à la gare routière, les motorbikes se mettent à courir à côté du bus en nous voyant avec un sourire jusqu’aux oreilles. Nous n’en pouvons plus. Il ne va pas falloir trop me chercher ou je vais en prendre un pour taper sur l’autre ^^.

Dès que nous descendons, je lui fais le signe de la main que Martin m’a appris. En gros ça ressemble à « t’es taré » mais en vietnamien ça veut dire « non ». La plupart s’en vont en me voyant faire ça. Mais il y en a toujours un ou deux pour rester. Je leur réponds sèchement que nous n’avons pas besoin d’aide, nous savons où nous sommes et nous savons où nous allons. On trace à pied vers la ville. On trouve rapidement plusieurs hôtels, le troisième est le bon: Très bonne chambre pas chère, on prend.

On file en ville après avoir posé le sac. Il faut trouver un moyen de rejoindre le Cambodge demain matin. Nous ne trouvons pas l’adresse du routard, nous demandons à un hôtel où il y a un panneau Cambodge. 9$ pour rejoindre Kep. 50 km. Aujourd’hui nous avons payé 3$ pour 98 km. La fille de l’hôtel fait venir le directeur de la compagnie de bus. Je lui explique que nous allons d’abord voir ailleurs si nous ne pouvons pas trouver moins cher. Il fait OK avec le sourire. Bizarre.

Après avoir tourné en rond un moment, nous finissons par trouver la compagnie indiquée dans le routard. En fait, au Vietnam, c’est comme en France: Nombres pairs d’un côté de la rue, impairs de l’autre. Sauf que tu as par exemple le chiffre 60 d’un côté et juste en face tu peux être à 3… Du coup, là nous sommes au bord du Mkong donc qu’il n’y a que le côté pair alors que nous cherchons le numéro 7… Après avoir tourné longtemps, nous trouvons enfin un endroit où il y a des habitations en face et trouvons le 7. Même prix, même compagnie. Elle rappelle le manager, il sourit en nous voyant. Je lui demande s’il n’y a que sa compagnie qui fait les trajets jusqu’au Cambodge. Il me répond oui avec un grand sourire… Donc il nous a laissé aller chercher une autre compagnie de bus pendant une heure alors qu’il savait qu’il n’y en avait pas…

Je passe sur le fait qu’il essaie de nous arnaquer je ne sais combien de fois… Il ne prend pas le bon taux de change pour le dollar. Je lui explique que je ne paierai pas un billet avec un taux de change à 21’500, c’est 21’000, ça fait un mois que c’est comme ça, il ne va pas nous la faire à l’envers!! Il fait genre il appelle son directeur alors qu’il s’est présenté comme étant le directeur, il ne compose pas de numéro et fait semblant de parler 5 secondes, raccroche et nous dit que nous avons de la chance… Je réponds gentiment que ça n’a rien à voir avec la chance, il doit juste appliquer le bon taux.

Après je lui file des billets, il se plante 3 ou 4 fois dans ce qu’il doit me rendre… Heureusement qu’il n’est pas prof de maths celui-là.

Maintenant, il faut trouver à manger. On nous a prévenu, au Cambodge, il faut éviter la street food, pas comme ici. Nous sentons que nous sommes à proximité du Cambodge. Rien ne nous fait envie, tout a l’air bizarre, périmé, les aliments traînent par terre, une cata. Du coup, nous cherchons un resto.

Nous finissons par trouver un resto sur un bateau flottant. Je commande une coco à boire notamment. Je la bois et demande à ce qu’on me l’ouvre pour manger l’intérieur. La serveuse part avec la coco et ne revient pas. Je vais lui demander. Elle s’est plantée, elle l’a mise à la poubelle. Elle rigole. Génial. Ben va falloir m’offrir une coco, elle m’explique que ce n’est pas possible. Je la préviens que je ne paierai pas toute la coco (vu qu’en plus ça les fait tous marrer et qu’elle me propose de retourner la chercher dans la poubelle…).

Ju commande des frites. On lui ramène une assiette de frites. Avec un morceau de beurre. Et du sucre. Je vous jure que c’est vrai. Il pose fièrement l’assiette en nous disant « Butter and sugar ». On se regarde décontenancée. Nous goûtons. Oui c’est du beurre et du sucre. Non mais il se passe quoi aujourd’hui???? Les nerfs lâchent, nous sommes mortes de rire.

J’ai trop soif, tant pis je recommande une coco. Sa réponse? « Désolée, les cocos ne sont pas disponibles ». J’ai bloqué. J’ai explosé de rire. Il n’a pas compris le pauvre, c’était nerveux, c’était la phrase de trop. J’en pleures tellement je rigole. Qu’est ce qu’il s’est passé dans ce pays aujourd’hui?? Ce n’est pas possible….

Bref, nous rentrons à l’hôtel nous coucher au plus vite. Demain nous arrivons au Cambodge…. Soulagement. Nous sommes en train d’apprendre quelques mots de cambodgien.

Je ne sais quoi vous dire sur le Vietnam. C’est très joli et j’ai rencontré des vietnamiens chaleureux et extraordinaires. Malheureusement, c’est la minorité et je comprends maintenant pourquoi autant de globetrotteurs décident de quitter ce pays après seulement quelques jours, excédés….

A demain, du Cambodge!!!!OUF!

Ju

 

Croisière privée sur le Mékong à Can Tho!!

Hello,

Avant de raconter notre journée, il faut d’abord que je vous raconte notre nuit ^^.

Hier soir, nous hésitions à nous lever à 5h pour aller à 5h30 au marché flottant. Sauf qu’il fallait se rendre à l’évidence, nous n’avons presque pas dormi à Saigon et la journée a été très mouvementée. Nous décidons donc de voir à quelle heure nous allions nous lever. Donc pas de réveil.

Je m’endors, comme tous les soirs après avoir mis quelques gouttes d’huile essentielle de lavande aux 4 coins de mon matelas pour éloigner les bêbêtes qui voudraient me goûter dans mon sommeil. Soudain j’entends de la musique…. Ah? Ouahouh, je suis crevée, j’ai l’impression de n’avoir presque pas dormi! Je ne savais pas qu’elles avaient décidé de mettre un réveil, elles ont dû changer d’avis au dernier moment. J’ai du mal à émerger, personne ne bouge après plusieurs minutes. Je finis par réussir à ouvrir les yeux. Je vois de la lumière…??? La télé est allumée? C’est quoi ce cirque?

En étant à moitié endormie, je commence à comprendre que la musique, ce n’est pas un réveil, mais le générique d’un film.

Je me retourne, je regarde Mymy: En se retournant, elle a mis le bras sur la télécommande et a allumé la télé^^. Je veux choper la télécommande pour éteindre mais elle a bien le bras dessus, ça la réveille. Je lui dis qu’elle a allumé la télé. Je vois qu’elle me regarde bizarrement. Je réalise que je viens de lui parler en anglais…??

Alors, je ne sais jamais quel jour on est, quelle heure il est, si c’est la semaine ou le week-end. Les mois je suis encore à peu près. Mais alors si maintenant je ne sais même plus quelle langue je parle… Mon cerveau est perdu ^^.

Bref, nous éteignons la télé et rejoignons nos rêves respectifs.

Au réveil, Mymy ne se sent pas très bien. Fièvre et courbatures. En France, on ne s’inquiéterait pas. A l’étranger, c’est différent. Est ce que c’est juste un rhume ou un truc plus grave et il faut s’inquiéter et changer les plans?

Nous filons prendre le petit-déjeuner. Au début, on décide d’aller ailleurs qu’à l’hôtel, comme on ne sait pas trop ce que ça vaut. Sauf qu’à 10 heures, ils ne servent plus les petit-déjeuners. Décidément, nous n’avons pas le même rythme! Du coup, nous finissons par retourner à l’hôtel. On ouvre la carte: Certificat d’excellence Trip advisor. Ah bon?? Effectivement, nous voyons les touristes défiler dans le resto! C’est très bon marché et c’est super bon! Nous prenons un jus de mangue et un pancake à la banane. Miam.

Nous décidons d’aller vers l’office du tourisme pour demander les horaires de bus et vers le port pour trouver une croisière quelque part. A peine sorties de l’hôtel, une vieille dame avec le même chapeau que moi nous propose une croisière sur le Mékong. 100’000 VND par personne pour 2 heures (4 euros). Nous décidons d’aller voir son bateau. C’est une toute petite barque avec sa copine qui pilote. Nous acceptons!!

Nous grimpons sur le bateau, elle nous demande ce que nous voulons voir. On se dit qu’elle doit mieux connaître le coin que nous donc on lui dit de décider… C’est parti!

Nous sommes toutes folles. Exactement ce que nous voulions! Toutes les 3 sur la barque privée! Excellent!! Nous sommes à l’abri du soleil. La dame qui pilote a l’air toute gentille. Il lui manque quelques dents. Ou je devrais plutôt dire qu’il ne lui reste que quelques dents. Ben 2 en fait. Elle n’arrête pas de nous faire des grands sourires.

Elle dirige le moteur avec un pied et après 5 minutes de navigation, elle sort un ananas qu’elle commence à nous couper. C’est affreux, mais il y a un moment où nous nous disons « Eh mince, on va devoir payer ». Réflexe du nord du Vietnam. Ici, c’est complètement différent, les gens ont vraiment l’air gentil.

Nous verrons bien, elle nous coupe l’ananas et nous l’offre si gentiment que nous ne pouvons refuser. Puis, elle nous amène de la pastèque. Miam, décidément nous sommes gâtées!

Nous sommes pour l’instant dans le fleuve, c’est très large. Nous longeons des maisons sur pilotis (Je sais, le nom fait rêver, mais ce n’est pas ce genre là. Là, c’est plutôt le genre « Mais comment ça tient?? »), puis après un bon quart d’heure, nous nous enfonçons dans un canal et longeons une sorte de village. Nous sommes seules. Aucun touriste à l’horizon, que des locaux qui nous font des grands signes et magnifiques sourires depuis les berges. Nous croisons quelques pêcheurs qui ronchonnent car avec son moteur elle fait fuir tous les poissons^^.

Pendant qu’elle navigue, elle sort des tiges de bambou et commence à les découper et à faire on ne sait quoi… Pendant ce temps, nous prenons plusieurs vidéos et photos et savourons notre croisière privée!

Soudain, elle nous interpelle et nous tend… Une sauterelle faite en bambou 🙂 Elle est trop belle!!! Nous sommes trop gâtées 🙂

A un moment, l’hélice de son moteur se prend dans un sac poubelle. Elle n’arrive pas à à la fois sortir le moteur et dépêtrer l’hélice, nous proposons de l’aider, elle est toute contente 🙂

Nous ressortons de ce canal et nous enfonçons dans un autre à côté, beaucoup plus sauvage. Le premier était principalement bordé d’habitation, le second de végétation très basse. Elle nous offre 2 autres sauterelles qu’elle vient de faire pour que nous en ayons une chacune!

Elle est fan de Mymy, elle n’arrête pas de lui dire « Beautiful, beautiful » ^^.

Nous ressortons du canal et nous retrouvons à nouveau sur le fleuve principal. Nous le traversons et longeons l’autre berge, des maisons flottantes,… Nous finissons par accéder à un troisième canal, très sauvage et bordé d’arbres. Il y a des sortes de blocs d’algues qui flottent à certains endroits. Nous fonçons sur un de ces îlots: Elle était trop concentrée à nous faire une fleur en bambou. Ca ne fait même pas bouger le bateau, les algues s’écartent. Nous nous arrêtons à un moment, elle veut ramasser un fruit ou une graine dans un arbre. Nous ne comprenons pas tout, nous la regardons faire.

En fait, c’est pour faire le centre de la fleur! C’est super joli! Elle offre la fleur à Mymy (elle l’aime vraiment bien ^^). Puis en sort une deuxième qu’elle a faite pendant le trajet et vient me l’accrocher dans mes cheveux. Et enfin une troisième qu’elle accroche dans les cheveux de Justine. Cette femme est incroyable, elle est d’une telle gentillesse!!

Elle nous ramène à quai. Nous avons payé pour 2h, nous sommes finalement parties plus de 2h30. Nous lui demandons de rester 5 minutes à quai, nous voulons lui ramener quelque chose.

Mymy a une veste dont elle ne se sert pas et décide de la lui offrir. moi, j’ai des produits cosmétiques Made in France que Mathilde (ma collègue pour ceux qui ne la connaissent pas :)) m’avait offert à mon départ pour que je les offre durant mon voyage, je décide de lui offrir une crème pour le corps comme elle nous a fait comprendre que les vietnamiens n’avaient pas une belle peau à cause du soleil.

Nous lui ramenons, elle est toute contente. Je lui explique que c’est une crème, elle montre le soleil et fait « ohoh! » en souriant et mimant le fait de se mettre la crème sur le visage.

Nous repartons ravies!! Mymy ne se sent pas mieux et décide d’aller faire une sieste. Avec Justine, nous retournons à l’entrée de l’hôtel et commandons une coco (même prix que l’eau ^^ j’adore!) et un plat chacune. Pour moi, ce sera riz toffu, moins d’un euro…

Pendant que j’écris mon article et décharge mes photos, les filles vont faire un tour en ville. Elles reviennent toutes fofolles: Elles ont trouvé un supermarché! Un vrai supermarché! Wahou! Je finis mon article et file avec Justine pour y retourner. Un vrai supermarché ^^ (ah pardon je l’ai déjà dit). Je rentre dedans, je suis comme une gamine de 4 ans qu’on emmène faire les courses.

Mais bon, ça ne sert à rien de s’attarder sur la nourriture, j’en ai déjà trop dans mon sac et ça ne me servira à rien avant le Cambodgen(oui, apparemment la nourriture n’est pas extra et surtout la street food est trop risquée donc il faut aller au resto pour manger. Du coup, je garde mes réserves de nourriture pour là-bas. Ici, la nourriture est tellement bon marché, que ce n’est pas la peine de s’embêter à cuisiner!) Je me dirige vers le deuxième étage où il y a les cosmétiques. J’avais oublié mon mascara sur le bateau à la baie d’halong, j’en rachète un et un produit pour nourrir les cheveux parce qu’avec le soleil et la mer en permanence, ça leur fera du bien. Oui, je sais, dure la vie.

En rentrant, nous allons faire un tour au marché local. Ahah, nous trouvons une dame qui vend des débardeurs pour 15’000 dongs!!! 50 centimes! J’en prends un rose (je n’ai pas le choix, c’est la seule couleur qui va avec mes 3 pantalons/short… j’aimais bien le vert mais il n’allait qu’avec 2 sur 3. Dure la vie, bis!), Ju un gris et nous en prenons un rouge pour Mymy, restée à l’hôtel se reposer.

Justine n’a aucun sens de l’orientation. Il n’y a qu’une allée, c’est un tout petit marché. Quand nous revenons au point de départ, elle continue de tourner. « Euh, tu vas où là? », « Ben on n’a pas fait ça », « Si si, c’est par là que nous sommes arrivées »^^ Oh j’ai l’impression d’avoir un sens de l’orientation incroyable maintenant!

Nous rentrons à l’hôtel, bien sûr tout est fermé, nous ne pourrons pas manger.

Demain, le bus est à 8h de la gare routière. Nous demandons à l’hôtel d’avoir un petit-déjeuner à 6h30 et nous prendrons un taxi à 7h pour ne pas avoir à marcher 2 kilomètres avec les sacs, surtout si Mymy ne se sent pas mieux.

Objectif pour demain: Prendre le bus qui nous emmènera au port et y prendre un bateau pour Phu Coc. Puis trouver un endroit où dormir. Ahah la journée s’annonce chargée, j’adore ^^.

A demain, si tout se passe bien depuis Phu Coc!! Dernière étape au Vietnam avant le passage de la frontière cambodgienne!!!

Ju

 

Long périple mouvementé de Saigon à Can Tho

Hello! Après 2 jours passés à Ho Chi Minh avec Mymy et Justine alias Ju, comme moi, comme le courant passe super bien et que nous avons le même itinéraire, c’est tout naturellement que nous décidons de poursuivre notre route ensemble. Notre objectif du jour: Atteindre Can Tho et faire le Delta du Mékong seules comme des grandes sans passer par des tours. En théorie? Trop simple! On prend un bus qui nous emmène à un autre bus en 45 minutes et l’autre bus nous emmènera à Can Tho en 3 heures. Trop simple ^^. Nous nous réveillons à 8h30 pour ne pas rater le ptit-dej de 9h. Courte nuit donc! Après le petit-dej, nous décidons d’aller faire un dernier tour avant de partir comme nous avons le temps (3h45 en théorie pour l’objectif du jour). Nous allons boire un thé, faire un tour au marché, vadrouiller dans les petites rues,… Avant de retourner à l’hôtel, nous retournons dans notre boulangerie préférée: « Tous les jours » et faisons le plein: Un sandwich aubergines, champignons et courgettes bien relevé et une viennoiserie inconnue ^^.

Nous filons faire le check-out à l’hôtel avec comme prévu un bon rabais comme nous avons du changer de chambre à cause des puces de lit. Nous avons repéré un arrêt de bus où le bus 1 doit passer pour nous emmener à la gare routière. Selon leur guide du routard. Sauf qu’en arrivant à l’arrêt de bus et en regardant l’itinéraire du bus, nous remarquons qu’il ne passe pas par cette gare… Comme c’est inscrit dans le guide, nous allons tout de même attendre qu’un de ces bus passe pour demander. Après quelques minutes, le bus 1 se pointe. Bingo….. il ne va pas à la gare routière… Il faut aller prendre le bus 2 au marché. Nous remontons donc la rue et les filles pestent contre le routard car ce n’est pas la première fois qu’elles ont des soucis avec depuis leur arrivée, bien qu’il s’agisse du 2014 (restaurants fermés, mauvais bus,…). Moi, mon sac est lourd alors je conserve mon énergie ^^. Et j’ai tellement l’habitude des contre-temps à chaque fois que je dois me déplacer qu’il ne me viendrait même plus à l’idée de me plaindre, c’est devenu normal!

Nous arrivons enfin aux arrêts de bus devant le marché, nous sommes en nage (allez-y, portez 16 bons kilos par 30 degrés sur plus d’un kilomètre ;)). En attendant que le bus arrive, je file acheter à un vendeur ambulant ma boisson préférée depuis la Chine: Du thé vert glacé avec citron et miel. Ils essaient de me le vendre 12’000, je lui tends 10 en lui disant que ce n’est pas la première fois que je l’achète et que je le paie toujours 10. Il prend mon billet de 10 en souriant et me donne ma bouteille ^^ (oui, vous ne rêvez pas, je viens de chipoter pour 10 centimes… Il paraît que les petits rus font les grandes rivières). Les filles me regardent revenir satisfaite: « C’est quoi cette boisson? » Je leur fais goûter et 10 secondes après elles sont en train de s’acheter chacune une bouteille. Eheh.

Une petite vieille attend le bus et se prend de sympathie pour nous. Visiblement, elle a envie de nous aider mais ne parle pas un mot d’anglais. On lui demande si le bus 2 passe par-ci. Elle approuve. Et on demande si le bus 2 passe par-là. Elle approuve. On demande si c’est 6’000 VND le trajet. Elle approuve. On demande si c’est 4000. Elle approuve.

Le bus arrive, elle monte avec nous. Je veux aller payer à l’avant, elle me fait style de rester. Je m’assois, elle me fait signe d’aller payer. C’est pas gagné cette histoire. Mymy se lève pour aller payer, elle l’a laissé y aller. Je me lève pour y aller et elle me fait signe non non c’est bon… Elle ne comprend pas que nous payons séparément, peut-être. Nous ne saurons jamais.

Un touriste monte dans le bus également. C’est un homme qui a essayé de nous aborder hier soir. Il s’installe à côté de nous et essaie à nouveau d’entamer la discussion…

Nous passons 45 minutes dans le bus à stresser, scruter, guetter. Nous ne savons pas où nous devons descendre. Nous cherchons le nom de la gare routière. Nous finissons par le voir, on s’active vite vite vite pour charger les sacs, descendre et faire arrêter le bus. Bon en fait, on s’excite pour rien, c’est le terminus du bus. 45 minutes de doutes pour rien.

Nous trouvons un guichet avec des tickets pour Can Tho. Il est presque 13h et le prochain bus part à …. 13h30! Wouhouh! Quelle chance, de vraies stars! En plus, les billets sont bien moins chers que ce qui nous avait été indiqué, c’est un peu moins de 3 euros pour les 3h de trajet. Nous sommes ravies, achetons nos billets et filons vers les bus. Le numéro du bus est indiqué sur le billet mais en voyant 3 françaises arriver sur le parking, tous les vietnamiens sont en alerte et souhaitent nous aider.

Eh bien devinez quoi??? Il y a bien une centaine de bus sur le parking. Et qui c’est à le plus pourri???? C’est nous :):) Quand je dis pourri, n’imaginez pas un bus un peu sale, pas tout neuf,… Non, non, J’ai dit POURRI!!!!!!!!! Mymy et Ju sont déjà allées en Bolivie et visiblement, ce bus pourrait venir de là-bas (je me réjouis de retrouver ce genre de bus durant la suite de mon périple!).

Nous montons, le chauffeur est fier comme un coq d’avoir les 3 françaises qui montent dans son magnifique bolide. Il manque la moitié des sièges, ça fait pas mal de place pour mettre nos bagages, mais il met ceux des filles sous des sièges et le mien… sur un bidon de propylène glycol qui se trouve juste derrière mon siège. Génial.

Devinez qui monte dans le bus 5 minutes après nous?? Le touriste. C’est pas possible, il nous suit ^^. Il s’assoit juste en face de moi.

Nous nous installons tranquillement. Comme le bus ne part pas, j’en profite pour attaquer mon sandwich. Un vrai délice! Comme le bus ne part toujours pas, je file m’acheter une nouvelle bouteille de thé vert. Comme le bus ne part toujours pas, les filles y vont également.

Ca commence à devenir long. AH oui, il est quand même 15h.

Leçon N°10: Modification de la leçon précédente. Quand tu prends les transports, tu ne sais pas quand tu arrives. Mais tu ne sais pas non plus quand tu pars.

C’est bien indiqué 13h30 sur nos billets. Il y a le numéro du bus et nous sommes bien dans le bon bus. Le chauffeur et un autre vietnamien continuent de charger le bus. Là où il y a les sièges manquants. Sur le toit. Sous les sièges. Nous nous retrouvons avec les pieds sur des paquets. Quelques vietnamiens montent à leur tour dans le bus.

Vers 15h30, le bus se met en marche. Et là, c’est quelque chose. Tout se met à vibrer en même temps que les crachats du moteur. Un vrai bruit de vieille locomotive avec la sensation que nous allons bientôt décoller. Le ventilateur ficelé au plafond se met à remuer dans tous les sens (non, il ne tourne pas, juste il vibre….). Je ne vous parle même pas de la télévision suspendue. Eh oui, nous avons le bus le plus pourri du Vietnam mais nous avons un ventilateur qui ne fonctionne pas et une télé vissée (qui ne marche probablement pas non plus. Mais le chauffeur doit être tout fier de son bus avec ventilo et télé intégrés!). A côté du chauffeur, la vierge marie. Nous commençons à prier que le bus arrive à destination! Enfin, après quelques minutes, on se dit qu’on va peut être déjà commencer à prier pour le bus réussisse à quitter le parking. Ca saute dans tous les sens, nous faisons du 5km/h et nous arrêtons toutes les 5 secondes. Donc en fait on fait du surplace en vibrant. Je ne vous raconte pas le fou rire…

Quand nous finissons enfin par quitter le parking, il faut traverser une double voie pour rejoindre la route en sens inverse. Nous allons tellement vite que nous nous faisons huer par tous les véhicules aux alentours. La classe. Et ça fait une drôle d’impression d’être dans le bus, fenêtre grande ouverte et de voir un peloton de 2 roues en furie te foncer dessus en klaxonnant…

Nous atteignons rapidement une vitesse de croisière similaire à celle d’un escargot avec une maison trop chargée sur le dos. Ou une tortue de 200 ans avec une patte cassée. Voyons le côté positif, nous avons largement le temps d’observer les rues défiler. Après quelques temps, je me dis que je vais quand même fermer ma fenêtre le temps de quitter Saigon, car je suis en train de me prendre toute la pollution dans la figure. Fermer la fenêtre. Hum. Intéressant. Elle est où ma fenêtre???

J’appelle le type du bus (c’est comme les gardiens de wagon en Russie, il y a toujours un gardien de bus en plus du chauffeur. Vous savez pour ouvrir le bus et faire monter des gens à bord pendant qu’il continue de rouler, appeler les gens auxquels il faut déposer les paquets sur la route,…). Je lui montre l’endroit où il devrait y avoir une fenêtre et lui demande comment faire, je mime le fait de fermer. Il me fait comprendre « pas possible. Tu vois bien qu’il n’y a pas de fenêtre ». Certes. Nouveau fou rire… Je suis à bord d’un bolide qui fonce au moins à 20 km/h après avoir bien chauffé, nous transportons autant de paquets qu’un semi-remorque, j’ai les genoux sous le menton à cause de tous les paquets en-dessous de moi et maintenant je n’ai même pas une fenêtre.

Des gens sautent dans le bus en marche. Ca peut être pour se joindre au convoi. Pour faire quelques kilomètres (un type monte en marche avec un ventilateur, reste dans l’embrasure de la porte et redescend quelques minutes plus tard). Pour nous vendre des rafraîchissements. C’est l’anarchie totale les transports locaux. Déjà les bus à touristes, ce n’était pas triste. Mais là, nous avons atteint un tout autre niveau.

Nous finissons par être vraiment plein. Il y a des mini-tabourets partout dans le couloir. Mais une femme monte avec ses 2 fils (environ 3 et 5 ans je pense), ils crapahutent sur tous les paquets et réussissent à atteindre le fond du bus où il y a encore les 5 sièges du fond.

Après 3 heures de trajet, nous nous arrêtons à un restaurant de bord de route. Nous devrions être arrivées… Le touriste va acheter des bananes séchées, vient nous voir tout content et nous propose d’acheter un autre paquet de fruits séchés mais il ne sait pas quel fruit c’est, comme ça nous pourrons partager. Euh. Je n’ai pas envie d’acheter des fruits séchés qui ne ressemblent à aucun fruit connu pour pouvoir échanger ma moitié contre des bananes séchées d’un inconnu qui m’a abordé dans la rue la veille un peu éméché et essaie de sympathiser avec nous depuis le début de l’après-midi…

Nous repartons. Le touriste me demande dans quel hôtel nous sommes. J’explique que nous ne réservons pas avant d’arriver (maintenant que l’effet Tet s’estompe, ce n’est plus la peine). Il me montre où se trouve son hôtel. Il m’explique qu’il a réservé une chambre double mais qu’il est tout seul. Je lui explique que nous sommes 3, que son hôtel est loin de la ville et que nous irons trouver quelque chose près du Mékong. Il est tout déçu.

Il a google map sur son téléphone et nous explique que nous sommes en train d’arriver. Nous essayons de demander au type du bus où il va nous arrêter, il ne comprend pas. Nous lui demandons alors s’il est possible de nous déposer à un endroit en lui montrant une carte, il ne comprend toujours pas.

Selon notre carte, la gare routière est à 2 km du centre et il n’a pas du tout l’air d’aller dans la bonne direction. Nous regardons à nouveau google map pour voir où nous sommes. Nous décidons de descendre (oui, je sais ça paraît improbable en Europe…). Nous prenons nos sacs, faisons signe au type d’arrêter le bus. Il nous regarde avec des yeux écarquillés mais ralentit. Nous sautons du bus en marche (Bon il faut garder à l’esprit que c’est le bus le plus pourri du Vietnam… nous prenons plus de risque en descendant d’un trottoir…). Bien sûr le touriste (il est allemand) nous suit. Il nous parle sans cesse de son hôtel, mais nous lui répétons que ce n’est pas ce que nous cherchons. Nous suivons google map et pendant que nous marchons, il m’explique son périple. Je ne comprends pas tout à fait la logique. Mais je ne suis pas sûre qu’il y en ait une à la base. Il a lu un livre qui expliquait comment monter sa boîte en freelance en 4 étapes, il a décidé de faire ça et là maintenant, il ne sait pas trop, il pensait peut être à monter une autre boîte, mais bon en attendant, comme il ne sait pas il a décidé de voyager 2 mois en Thaïlande. Et là il m’explique qu’il vient en fait de la Birmanie. En fait, il n’avait aucun plan, du coup en arrivant à Bangkok, il a finalement changé d’avis et pris un billet pour la Birmanie. Puis retour à Bangkok. Puis finalement, il a décidé d’aller au Vietnam et est arrivé la veille à Ho Chi Minh et là se décide à faire le Vietnam. Mais quand je lui dis que nous finissons le Vietnam et nous dirigeons vers le Cambodge, il me répond que ça tombe bien, c’est exactement là où il va… Quelle incroyable coïncidence!

Au bout d’un moment, il nous dit que son hôtel est sur la gauche et me demande si j’ai un numéro vietnamien pour pouvoir nous retrouver. Je décline et lui souhaite un bon séjour et une bonne route! Il nous montre où nous allons arriver au centre ville et nous abandonne… Pfiou.

Nous continuons de marcher et finissons par rejoindre la rue centrale. Alors, il a dit que nous arriverions par là, donc nous tournons à gauche pour accéder à la rue où il y a tous les hôtels. Nous marchons… il y a de moins en moins d’animation, aucun commerce, aucun hôtel. Mince. Ca s’annonce mal. Il est presque 21 heures en plus…

Nous retournons sur nos pas et prenons la route suivante…. Same same… OK. Finalement, en revenant à nouveau sur nos pas, nous trouvons un 4 étoiles… Je vais demander le prix d’une chambre, explique que ouhlala c’est beaucoup trop cher et demande où nous pouvons trouver un hôtel pas cher… Elle nous montre un endroit sur la carte, c’est bien là que nous souhaitions aller… Grrr, mais alors pourquoi nous ne trouvons pas cette saleté de rue???

On reprend la rue. Arrivées au croisement, je vérifie la carte. Je vois la rue où nous sommes, mais pas le croisement. Et là, ça fait tilt entre mes 2 neurones de blonde. L’allemand s’est planté, nous sommes arrivées par l’autre côté. Du coup, nous pensions que le Mékong était sur notre gauche alors qu’il était sur notre droite depuis le départ… On pouvait tourner en rond longtemps. On revient sur nos pas et quelques minutes plus tard, nous accédons enfin à l’esplanade. Il y a de la vie, du monde, des bars et donc… des hôtels! Youpi, pas trop tôt. Je rentre dans le premier que nous trouvons: je demande une chambre pour 3. 12$. Pour la chambre. Youhouh! Ca fait du bien quand le Tet est terminé, moi je vous le dis!! Nous demandons à voir la chambre avant de dire oui. Il y a un cafard mort et une forte odeur de pieds. Nous virons les tongs prêtées par l’hôtel, ce sont elles qui sentent fort et faisons comprendre au mec de l’hôtel que ça ne sent pas bon à cause de ça. Il s’approche des tongs et prend un air de dégout « ouhla » ^^. Il va nous chercher un truc qui sent bon et en pschitte partout dans la chambre. Surtout, il éloigne les tongs de tout être vivant. Ca va mieux.

Bon, il nous reste une dernière étape. Trouver à manger. Mais ça ne va pas être triste. Au moins, nous sommes plus légères pour chercher. Nos chances sont minces à 22h, ils vivent avec le soleil ici. C’est plus simple de trouver un phô à 5h du matin qu’à 22 heures. Nous trouvons quelques restos ouverts mais c’est trop tard pour de nouveaux clients. Dans les bard, il ne servent plus que des cocktails. Les bouibouis dans la rue sont tous remballés.

A force de tourner, nous croisons quelques jeunes assis en rond autour d’une micro-table sur des mini tabourets avec des frites. Ce serait mieux que rien. Nous leur demandons où ils ont trouvé des frites et ils nous indiquent une fille avec son set de street food. Nous filons commander. Il lui reste une portion de frites (une portion ça doit être une dizaine de frites ici… pour 3 c’est juste), mais elle a d’autres choses. Nous nous lançons et commandons 3 ou 4 trucs, nous verrons bien. Nous trouvons un autre set de street food où ils font des jus de fruit et commandons des jus d’oranges. La nourriture arrive, nous nous régalons. Sauf pour un maïs que nous avons commandé et qui est en fait servi avec un truc qui ne sent pas bon du tout. Elle nous dit crevettes, mais ça sent beaucoup plus fort que ça. Impossible de manger ça… Nous ne voulons pas la vexer alors nous repartons discrètement avec l’assiette que nous jetterons plus loin…

Finalement, après 9h de trajet au lieu de 3h45, après une grosse galère pour trouver un hôtel et après avoir pensé aller se coucher l’estomac vide, on se dit qu’on s’en est plutôt bien sortie. Nous avons une très bonne chambre pour une bouchée de pain et nous avons pas si mal mangé.

En revanche, il faudrait se lever à 5h30 pour profiter du marché flottant. Et nous sommes épuisés après quelques courtes nuits et cette journée plus que mouvementée!

Objectif pour demain: Trouver une croisière sur le Mékong mais un truc sans touriste, pas cher, genre sur une mini-barque. Challenge accepted!

Ju

Entre frenchy à Saigon

Hello !

Réveil aux aurores ! L’australienne part un tout petit avant moi, on se retrouvera pour un verre avec Carla à Melbourne vers le mois de Mai !

Je ferme mon sac à 7h et file à la réception pour payer la chambre et surtout récupérer mon passeport (eh oui comme ils doivent tout déclarer à la police, il n’y a pas le choix que de laisser son passeport à chaque fois à la réception !). J’arrive dans le restaurant (enfin la terrasse qui fait restaurant/réception) et le gérant de l’hôtel est en train de dormir… il  a pris 8 chaises qu’il a collées les unes contre les autres et a accroché une moustiquaire par au-dessus ! Je suis toute embêtée, je n’ai pas d’autre choix que de le réveiller, il faut bien que je récupère mon passeport avant de partir ! Déjà que ce n’est pas très simple de se comprendre en temps normal, alors au réveil, je vous laisse imaginer !!

Je finis par réussir à faire mon check-out et récupérer mon passeport, quelques minutes plus tard, le bus arrive. C’est parti pour 6 heures de bus. La route est sympa, mais après avoir fait Hue => Hoi an, Hoi An => Dalat et Dalat=> Mui Ne… c’est nettement moins joli !

Vers 14h, j’arrive enfin à Saigon (oui les durées des trajets sont très flexibles ici… en gros l’horaire indiqué, c’est plus ou moins 2 heures… Il ne faut pas être pressée !)

Leçon N°10 : Tu sais quand tu pars, mais jamais quand tu arrives…

Quelle chance, en descendant du bus, je remarque qu’il m’a posée pile dans la rue que j’avais repérée sur Hostel World, la rue où il y a tous les backpackers (ça peut vous paraître logique, mais à Dalat, il m’avait déposée au milieu de nulle part : Pas de taxi, pas d’hôtel, …). Je regarde ma liste et remarque que je dois être à côté d’un qui est pas trop cher. Au bout de 5 minutes, je le trouve et demande le prix de la chambre : 5 euros avec le petit-déjeuner inclus, ça fera l’affaire. Quand je récupère des clés, je remarque 2 filles qui étaient dans le bus avec moi, elles galèrent à parler anglais avec le réceptionniste, je comprends qu’elles sont françaises. Je commence à leur parler : Elles me demandent comment sont les chambres, le prix,… Je leur dis que tout à l’air ok et du coup le réceptionniste nous met dans la même chambre.

Je file monter mes affaires, prépare un petit sac à dos (après toutes les histoires d’arrachage de sac en bandoulière que Martin m’a racontée, je ne me risquerai pas à sortir avec !) et file au musée de la guerre… Hum. On m’avait prévenue : C’est trash. Mais je ne m’attendais quand même pas à ça… En gros, sur 3 étages, ce sont des photos des vietnamiens qui ont été exposés à des armes chimiques lancées par les américains, notamment l’agent orange. Leurs enfants sont difformes, paralysés, ont des membres manquants,… Il y a des fœtus à 2 têtes ou déformés conservés dans du formol. Des photos d’enfants abattus par les américains. Des photos de familles prises avant de se faire massacrer. Un vrai musée des horreurs… Je n’ai rien appris sur la guerre, mais j’ai bien compris que les américains n’étaient pas très appréciés… Un des reproches qui leur est fait dans ce musée, c’est le fait que des dédommagements ont été versés pour les vietnamiens exposés. En revanche, rien n’est prévu pour leurs enfants handicapés, descendants des vietnamiens qui ont été exposés aux armes chimiques et rien n’est prévu non plus pour assainir les sols. J’ai vraiment trouvé ce musée choquant… D’ailleurs, j’ai regardé le livre d’or à la sortie, une américaine venait d’y inscrire : « Je ne savais pas que nous avions fait ça, j’ai vraiment honte d’être américaine. Je suis sincèrement désolée ». Le côté acharnement contre les américains, absence de faits historiques et d’objectivité et surtout cette surexposition dramatique ( des photos de bébés complètement difformes avec pour légende : Bébé d’un couple exposé aux agents oranges décédé le lendemain du jour où la photo a été prise…. Ou une photo d’une fille de 2 ans, sans bras, sans jambes, avec pour légende : « Que va-t-elle bien pouvoir faire de sa vie ? »…). Et ces fœtus… Pour ma part, j’ai trop ressenti l’effet propagande/acharnement plutôt qu’une volonté de partager l’histoire de ce pays…

Je suis ressortie abattue de ce musée. C’est très dur de repartir pour autre chose. Du coup, je suis partie m’installer pour boire un thé. Je n’ai pas faim du tout et plus envie de vadrouiller.

Je profite du wifi pour envoyer un message à Martin, le prévenir que je suis arrivée plus tôt que prévu et que je suis déjà là. 5 minutes après, j’ai une réponse : « on peut se retrouver maintenant si tu veux ». Parfait, ça me fait plaisir et en plus ça va me remonter le moral et me faire penser à autre chose ! On se donne rendez-vous devant la cathédrale. Je finis mon thé et je file. J’ai un plan, en 10 minutes je trouve la cathédrale. Je vois Martin débarquer quelques minutes plus tard en Vespa eheh. Je m’installe à l’arrière, comme au bon vieux temps^^. Nous partons à quelques minutes de la cathédrale dans un bar à vin. « Je me suis dit qu’au bout de 2 mois le vin français devait commencer à te manquer ». Bien vu J

Nous allons rester à boire des verres jusqu’à la nuit tombée, puis lui retourne dans son quartier d’expat et moi dans mon quartier d’aventuriers ^^. Une fois de plus on se dit au revoir en se disant « Bon cette fois, c’était la dernière ». Mais comme on se dit ça depuis Hanoi !!!

Je retrouve les françaises à l’hôtel, on se fait un compte-rendu de notre journée, de nos voyages, … Le courant passe super bien. Nous discutons encore à 2h du matin.

A 2h30, Justine, alias…Ju ^^, remarque qu’elle est en train de se faire dévorer par les puces de lit… Les puces de lit, Kézako ? Ce sont des bêbêtes qui se trouvent dans les matelas aussi bien de backpackers que d’hôtels 4 étoiles et sortent la nuit pour piquer. Ca fait des gros boutons qui démangent énormément… Pas très agréable donc ! Comme elles ne sortent que la nuit, c’est difficile de savoir au moment de choisir la chambre si le matelas est infesté ou pas. Nous regardons le lit de Mymy et le mien : Infestés également. Super. Nous descendons à l’accueil, le gardien est en train de dormir paisiblement. Tant pis, nous le réveillons et lui expliquons qu’il faut nous changer de chambre… Il nous file la chambre au-dessus. Nous retournons remballer nos affaires et à 3h du matin, nous migrons d’un étage. Il y a 2 filles dans la chambre, nous les réveillons en arrivant et leur demandons si elles n’ont pas de puces de lit. Je demande en anglais, la fille ne comprend pas bien, en même temps je la réveille à 3h du matin… Je reconnais l’accent : « AH mais vous êtes françaises ? ». Nous voilà donc à 5 françaises dans une chambre !

A 3h du matin on se retrouve avec des discussions improbables : Une des autres françaises demande « Et vous venez d’où ? » et moi tout naturellement : « Ben de l’étage du dessous »…. Je ne crois pas avoir correctement répondu à la question initiale….

Nous finissons par nous coucher. Mais après cette aventure, nous avons l’impression que ça nous démange toute la nuit. Je suis emmitouflée dans mon drap de soie anti-insectes, mais rien n’y fait, c’est psychologique, j’ai l’impression de me faire dévorer !!!

La nuit ne va donc pas être terrible !

Le lendemain, nous regardons l’heure entre 2 bâillements : Zut il est 8h45, le petit-dej gratuit est jusqu’à 9h. Nous sautons hors du lit pour aller déguster notre omelette. Les 2 autres françaises nous rejoignent, elles ont décidé de changer d’hôtel au cas où. Nous on en profite pour négocier : nous paierons 11$ par personne au lieu de 14$ pour les 2 nuits, c’est toujours ça de gagné ! Les 2 trouvent un autre hôtel à proximité et nous proposons de nous retrouver à 19h en face de notre hôtel pour aller boire un verre ensemble. Etre françaises et baroudeuses à l’autre bout du monde, ça crée immédiatement des liens !!

Je pars avec Ju et Mymy vers le musée d’histoire du Vietnam. Nous sommes venues jusqu’ici en souhaitant connaître un peu l’histoire du pays dans lequel nous nous trouvons depuis près d’un mois !! Eh bien c’est raté. Décidément, il est très compliqué d’avoir des informations. Nous sommes un peu blasées de nous dire que si nous souhaitons en savoir plus, nous allons aller voir sur le net. Chose que nous pourrions faire depuis notre canapé en France ! Sur place, impossible d’en savoir plus… Incroyable ! Bon sinon, quelle surprise, ici aussi à un moment donné ils se sont mis à faire des couteaux, des épées, des bols, des bijoux,…

Il y avait quelques reproductions d’affrontements entre mongoles et vietnamiens ou chinois et vietnamiens. Toutes les figurines représentants les vietnamiens ont l’air vaillantes, offensives,… En revanche, tous les chinois et mongoles sont transpercés de flèches, ont l’air abattu,… La propagande n’est pas très bien dissimulée. Tout est flagrant. C’est désagréable en tant qu’étranger qui vient chercher de la connaissance sur le pays visité…

Nous nous promenons ensuite dans le district 1, les marchés,… Le marché de ce district est clairement destiné aux touristes. Quel choc après un marché comme Cam Cau ! On se fait interpeler de toute part, attraper par les poignets pour se faire diriger vers tel ou tel étal, presqu’insulter si on essaie de négocier, rien n’est local : Nous sommes entourées de robes de soirées, de chaussures à paillettes,…

Nous filons à l’hôtel nous doucher. Une journée dans Saigon et nous avons l’impression d’être recouverte de pollution…

A 19h, les 2 françaises, Lise Hélène et Sarah nous rejoignent. Je préviens Martin d’où nous allons au  cas où il veule nous rejoindre. Nous trouvons un vendeur de différents raviolis dans la rue, nous prenons chacune une barquette et allons-nous installer en terrasse d’un bar (comprenez sur un bout de trottoir sur des mini-tabourets bleus devant une pièce de 10 m2 max) pour accompagner nos raviolis d’une bière vietnamienne.

Au bout de 2 heures que nous discutons, la fille du bar nous demande si nous voulons recommander. Comme nous disons non, elle nous tend des verres en plastique pour verser le fond de nos verres et nous fait comprendre de déguerpir de son trottoir !!!!!!!!!! On rêve ou on vient juste de se faire mettre dehors ??

Du coup, nous allons devant l’hôtel où il y a un parc. Nous avons acheté un jouet aujourd’hui, un vrai sport national ici : Une sorte de volant, il faut taper dedans avec les pieds et les mains pour se faire des passes. Une petite vietnamienne se joint à nous, puis un vietnamien qui est une vraie star ^^. Martin nous rejoint également et se découvrent des amis parisiens avec Lise-Hélène et Sarah ! Quand je les entends parler, on dirait que Paris est un village où tout le monde se connaît !

Après quelques parties, les 2 parisiennes nous abandonnent : elles ont un bus à 8h le lendemain pour Nha Trang. Je les retrouverai dans le nord de la Thaïlande !

Nous, nous rejoignons  des amis de Martin dans un bar. Quand la serveuse voit Martin, elle nous accueille à bras ouverts et nous emmène dans une arrière salle où il n’y a personne à part nous et des vrais sièges !!

Nous buvons un verre avec eux. Puis cette fois, avec Martin, on se dit que c’est vraiment la der des ders ^^.

Nous rentrons à l’hôtel : Cool, nous avons toujours notre chambre pour nous ! Petit dodo en perspective, car il faut être levée pour le petit-déjeuner gratuit ^^.

Préparez-vous, la journée du lendemain n’est pas de tout repos…. Comme à chaque fois que je me déplace en général !

Ju