Tu sais que tu as passé 5 mois en Asie quand…

Tu sais que t’as vécu 5 mois en Asie quand :

  • Tu ne comprends pas pourquoi tu devrais aller au resto, c’est tellement plus cool de manger dans la rue sur un tabouret miniature ;
  • Tu arrêtes de te demander si ce que tu vas manger va te rendre malade… Tu ne vas pas arrêter de manger pendant 5 mois, ma foi on verra bien !
  • Tu ne te demandes pas s’il y a de l’eau chaude dans la douche. Tu sais qu’il n’y en a pas. Et t’es contente quand t’as une douche… c’est mieux qu’une bassine avec une tasse…
  • Avant de regarder s’il y a une chasse d’eau aux toilettes, tu commences d’abord par chercher la bassine avec un récipient pour balancer de l’eau… s’il n’y en a pas tu commences à chercher la chasse d’eau…vous seriez surpris du temps qu’il faut parfois pour trouver une chasse d’eau… ou pour comprendre comment une douche fonctionne…
  • Quand il n’y a pas de corbeille aux toilettes, ce n’est pas normal… qu’est ce que je vais faire de mon PQ ??
  • Quand t’es sur un trottoir, tu sais que tu ne peux pas regarder ailleurs que tes pieds, beaucoup trop dangereux…entre les trous, les bosses, les crevasses, les fossés ^^
  • Quand t’épates les touristes en traversant la route tranquillement sans paniquer sans ralentir ni se poser de questions alors qu’il y a des dizaines de scooter en train de foncer droit sur toi…
  • Quand tu te déplaces, tu ne sais pas quand tu vas partir, quand tu vas arriver, combien de temps le trajet va prendre, où tu vas arriver, si tu vas arriver,…
  • Quand tu sais que la logique n’a pas de logique et que ce que tu penses être logique est en fait illogique ici…
  • Quand ton ego devient complètement démesuré à force qu’on demande à te prendre en photo en permanence dans la rue, sur la plage,… et qu’on te remercie comme si t’étais une star qui venait de signer un autographe… ou qu’on te dise en permanence « Tu es tellement belle… est ce que je peux t’emprunter tes yeux ?? »
  • Quand tu ne te demandes pas ce que tu vas manger. Ce sera nouille ou riz. Ou riz ou nouilles. Mais attention t’auras le choix pour chacun entre poulet, porc et bœuf ^^.
  • Quand tu prononces ou entends Same same but different 10 fois par jour…
  • Quand tu bois des cocos au lieu de boire de l’eau, parce que des fois c’est moins cher et qu’il n’y a pas d’eau minérale, juste de l’eau purifiée, donc tu sais que la coco est le meilleur moyen de t’amener tes minéraux…
  • Quand ça te paraît inconcevable de dépenser plus d’un euro pour un repas
  • Quand ça te paraît inconcevable de payer plus de 2 ou 3 euros par nuit… ou alors tu sais que tu te fais prendre pour un pigeon…
  • Quand à chaque fois que tu veux acheter un truc, tu sais que ça va te prendre 10 minutes parce qu’il va falloir que tu fasses diminuer le prix par 10…
  • Quand tu sais que le scooter est le véhicule familial (même pour les familles nombreuses), que conduire un scooter à plus de 14 ans c’est avoir la classe et conduire un scooter à moins de 14 ans… ben c’est normal il est où le problème ? tant que les pieds touchent par terre…
  • Quand tu ne te demandes pas ce que tu vas pouvoir prendre comme dessert parce que ça n’existe pas de toute façon…
  • Quand tu commandes une crêpe, tu ne sais jamais à quoi ça va ressembler : Galette ? Crêpe ? Pancake ??
  • Quand à chaque fois que tu croises le regard de quelqu’un son visage s’illumine avec un grand sourire…
  • Quand tu n’as rien porté autre qu’un débardeur short et paire de tong depuis 5 mois…
  • Quand tu trouves que ça caille quand la température descend sous 30°C…
  • Quand nuage ou froid ne veut plus rien dire pour toi
  • Quand tu arrêtes d’espérer que le lendemain ta connexion internet sera meilleure…
  • Quand t’es contente d’avoir 3 gouttes de pluie parce que ça fait 4 mois que t’en as pas vu et que quand il fait 38°C, c’est agréable
  • Quand te retrouver sur une île de sable blanc, cocotier, hamac,… ben c’est la routine ^^
  • Quand tu te goinfres de mangue fraîche, coco et bananes en permanence

Je m’apprête à un choc culture avec l’Australie. Un choc climatique aussi,

Bye Bye l’Asie… Je sais que j’y retournerai très vite… ❤

Ju

Bye Bye Asia…

J’ai une semaine de retard sur le blog, il me reste mon périple à Bali à vous raconter… mais là je fais un saut en avant et je referai un bond en arrière juste après… Je suis à l’aéroport à Denpasar, je vais embarquer pour l’Australie…

Je quitte l’Asie après presque 5 mois de vadrouille. Dur d’expliquer ce que je ressens. Une page de mon voyage se tourne. Une autre s’apprête à s’ouvrir.

Ces 5 derniers mois ont été incroyables! J’ai vu un ballet et me suis paumée en plein milieu de la nuit à Saint Pétersbourg. Je me suis retrouvée au milieu d’un show devant 5000 personnes le soir du nouvel an à Moscou. J’ai vu la Russie et la Mongolie défiler pendant une semaine sous mes yeux dans le Transsibérien. J’ai survécu à -37°C au Lac Baikal. Je suis rentrée dans le village olympique à Pékin par un bout de grillage manquant durant la nuit. J’ai failli me faire scammer 3 fois en moins de 2 heures à Shanghai. J’ai passé ma première nuit de SDF à Hong Kong. J’ai passé 48h en mode Rendez vous en terre inconnue près de Sapa. J’ai tourné dans un film français à Bac Ha. J’ai fêté mes 30 ans à 28 ans pendant le Tet à Hanoi. J’ai fait un road trip à moto d’Hue à Hoi An. J’ai fait de la luge dans les dunes de Mui Ne. J’ai rencontré mes 2 montpelliéraines adorées à Ho Chi Minh. Je me suis retrouvée sur une barque à Can Tho à regarder une locale me faire des bijoux en bambou en ramant avec ses pieds sur le Mekong. J’ai failli perdre la boule à essayer de quitter le Vietnam. J’ai découvert le paradis à Koh Rong. Je suis allée au cirque, j’ai appris à cuisiner cambodgien et j’ai pris le bamboo train à Battambang. J’ai découvert au mois de mars qu’on n’était plus en janvier… J’ai passé une journée sur un petit bateau à traverser les villages de pêcheur. J’ai visité les temples d’Angkor. J’ai fait du bénévolat à Siem Reap en cuisinant pour les familles locales, notamment les enfants. J’ai bouleversé tous mes plans pour me rendre à Bangkok. J’ai passé le mois le plus drôle de ma vie avec ma débile préférée (vous savez tous de qui je parle ahah, tu me manques trop ma poulette !). J’ai donné son bain à un éléphant. 4 fois ^^. J’ai crapahuté 2 jours à Pai. J’ai passé ma nuit d’anniversaire dans le bus le plus pourri du monde à essayer d’arrêter de rire parce que mes abdos n’en pouvaient plus. J’ai fêté mon anniversaire à kosan road à Bangkok avec des locales complètement déjantées. On a chamboulé tous nos plans et laissé le destin décidé de notre pays suivant : On finit en Malaisie à la place du Laos ! Je me suis retrouvée dans la jungle au milieu d’un orage. J’ai passé mon open-water à Perhentian Islands et me suis découvert une passion incroyable pour les bubulles et tout ce qui fait des bubulles. J’ai bullé à Kuala Lumpur à écouter Léa me raconter ses histoires incroyables de « En fait j’avais un calamar attaché à un autre calamar qui lui se trouvait dans ma gorge… » et à la regarder faire la rainette tronquée… Je passe l’épisode où on s’est dit au revoir parce que ça c’était pas cool du tout. Je me suis retrouvée à Borneo à plonger sur une île sous surveillance militaire à cause des enlèvements récurrents… à plonger 3 fois par jour à chercher des limaces que je trouve trop cool. J’ai plongé à Sipadan, le rêve de bon nombre de plongeurs, au milieu des requins, bans de barracudas, tortues,…J’ai passé une semaine en pleine vie locale à Manille, à me baigner dans une rivière en portant les enfants philippins qui ne savaient pas nager, à danser avec eux sur le toit sous la pluie,… J’ai aussi dansé sous l’eau avec mon divemaster devant un Harlequin juvenile sweetlips qui dansait aussi. Je me suis fait faire une manucure sous l’eau par des crevettes. A plonger dans un avion avec une sirène à Cebu. A me lever au lever du soleil pour aller voir si peut-être y’avait pas un hippocampe en train d’accoucher… A rester perplexe devant le Marina sands bay, l’hôtel à 3 tours avec un joli chapeau bateau… A surfer à Kuta. A plonger seule avec le divemaster l’US liberty wreck, rien que pour nous, un autre top 10 des plongées au monde au lever du soleil pendant une heure et demi…

J’ai sûrement rencontré plus de monde en 5 mois qu’en 28 ans. J’ai appris plus en 5 mois qu’en…. Pfu je ne sais même pas combien de temps. Pas toujours des trucs super utiles… ça ne me sert à rien de savoir qu’en fait les plaques Pont-à-Mousson ne sont pas vendues dans tous les pays du monde, de connaître tous les taux de change d’Asie par rapport à l’euro et au dollar. De savoir dire bonjour, au revoir, merci dans plein de langues ou de savoir déchiffrer le russe. De connaître le prix de la coco et des Oreo dans chaque pays d’Asie. Ça ne me sert à rien mais peut être qu’un jour ça me permettra de crâner à la machine à café ^^ « Tu savais que le temps de gestation d’un hippocampe c’est 2 à 3 semaines et que c’est le male qui porte les œufs ? »

Je sais aussi qu’on n’est jamais seule quand on voyage seule. J’ai partagé un bout de vie avec :

  • Victoria, Kate et Alex à Saint Pétersbourg ;
  • Natacha, Olga, Roman, Maria à Moscou ;
  • Anna et toute sa famille à Irkutsk ;
  • Leo à Pékin ;
  • Mathilde et sa coloc à Shanghai ;
  • Jacky, Agnès et son père, la famille de Red Lao qui nous a hébergé et tous les guides à Sapa ;
  • Désirée, César et toute l’équipe de tournage à Bac Ha ;
  • Mon chauffeur préféré Martin, Monique et Bernard dans tout le Vietnam du Nord ;
  • Morgane, Anne-So et Lucile À Hanoi ;
  • Svilen à Hue, Hoi An et Dalat ;
  • Carla, Kylie, Jack et Ellen à Mui Ne ;
  • Lise-Hélène à Ho Chi Minh… et surtout mes 2 montpelliéraines Ju et Mimi !
  • Andrew, Kaisa , Isaac, Elena et l’australien de la plage de 7km à Koh Rong ;
  • Ma débile préférée, Léa à Battambang et pour toute la Thaïlande et la Malaisie !
  • Denis et Emma ; Denise et Dan et toute l’association, Sabine, Cristina, Elena et la fofolle Américaine Helena à Siem Reap ;
  • Neung, Gary et Andrew à Bangkok la première fois et les 2 fofolles thaïlandaises à mon anniversaire la deuxième fois ;
  • Ju, Lesly et tous les mahouts à Chiang Mai ;
  • Tout le staff de l’hôtel à Penang avec Léa (Ah le cuisinier espagnol !! On s’en souviendra de ses tapas !!!!!)
  • Avec Léa, notre anglais tout perdu et surtout Gab notre instructrice à Perhentian Islands
  • Béné, Pamela, Britt, Alex, Scuba Jeff et son staff à Mabul Island
  • Elena, Allen, Desiree, Ella, Felicity, Stefen, Tom et Jurgen my king my god et Noelle à Manille
  • Derek à Cebu
  • Ruddy, Jeremy, Kristina, Lito et Fred à Bohol
  • Dan, Thomas, Nelly, Marketa et Ollie à Bali

Et le tour n’est pas fini…

Je suis aussi tombée amoureuse en permanence ces 5 derniers mois : Les sourires et la gentillesse des locaux, les rencontres improbables, les paysages, la plongée, la culture et nourriture locale… L’Asie en général. Je me suis levée chaque matin en n’ayant pas la moindre idée de ce que j’allais faire et de ce qui allait m’arriver pendant la journée. Et j’ai rarement été déçue !

Bye Bye Asia… Welcome Back to Australia ^^

Ju

Mon cadeau d’anniversaire? Le bus le plus pourri de Thaïlande toute une nuit rien que pour moi! C’est cadeauuuuuuu!!!!!

Je vous avais laissé à Pai… donc petit retour en arrière pour moi^^

 

Nous retournons dans notre bungalow en se disant qu’on va avoir une bonne nuit de sommeil : Le lendemain nous passerons la nuit dans le bus, puis ce sera mon anniversaire… donc il faut être en forme. Et on vient de faire 2 jours de trek avec quasiment une nuit blanche au milieu. Donc il y a du sommeil à rattraper !

C’était sans compter sur les voisins thaïs de notre bungalow… Ils ont décidé de jouer de la musique (enfin prendre un truc qui fait le même bruit quand tu tapes sur une casserole avec une bonne grosse spatule…) depuis le milieu de l’après-midi… jusqu’à 2h du matin. Voilà voilà… ce fût très agréable, nous avons beaucoup aimé ce petit concert improvisé rien que pour nous. Avec les boules quies, on entendait toujours autant. Parfait donc. Nous avons beaucoup apprécié notre bonne nuit de repos.

Ah j’ai oublié de préciser qu’à partir de 5h30 ils ont recommencé…

On se lève à 10h pour avoir le temps de se préparer, remballer nos affaires et profiter du petit-déjeuner gratuit. On n’est pas super en forme.

Après le petit-déj, il nous reste du temps. On décide de planifier un peu notre séjour dans notre destination mystère et de partir des Twin Hut (qu’on vous conseille si vous allez à Paï) à 13h.

A 13h, on a notre petit parcours, on a un hôtel pour Bangkok le 31 et pour notre première nuit à notre destination mystère. Notez que nous sommes super efficaces sur le coup-là. Je pourrais même m’enflammer un petit peu et dire que nous devenons des pros de la planification et que nous n’avons jamais été aussi bien organisées… Normalement, on ne sait pas où on va, où on dort,…. Mais ça c’est l’effet post-journée pourrie. Tu te dis que peut être si tu planifies tout en avance t’auras moins de merdes qui vont te tomber sur le coin de la figure. Le reste de la journée va nous prouver que nous avions tort.

On trouve le courage en pleine chaleur de début d’aprèm de mettre notre gros sac sur le dos et de faire les 5 minutes à pied qui nous séparent du centre-ville (Par 40°C, tout geste est un effort… surtout à 13h en plein soleil avec 15 kg à porter. Ici, toutes les conditions sont réunies pour que ce soit compliqué).

Nous retournons au restaurant que nous avions trouvé après notre trek : On commande des pâtes avec de la ratatouille (enfin un plat pour 2). Bon, en fait, même la ratatouille est épicée ici. Donc déjà qu’on transpirait en arrivant. Mais après avoir mangé le plat épicé en plus, c’est un vrai bonheur….

14h : On remet nos sacs sur le dos. Nous avons rendez-vous à 14h15 pour le bus de 14h30. On arrive à 14h 10, nous sommes les dernières, le bus partira à 14h14. L’organisation des transports est incroyable en Thaïlande. D’ailleurs, le reste du trajet va nous le démontrer…On s’en serait bien passé.

Avant que le bus ne parte, nous prenons un médicament contre le mal des transports. Première fois en 3 mois de voyage. Mais vue l’expérience du trajet Chiang Mai- Paï, on se dit que dans l’autre sens ça doit être same same sans forcément être different. Mais une fois que nous avons pris le médicament, nous voyons qu’une femme prend le volant… Ahah, désolée Messieurs, mais nous nous regardons de suite en se disant « T’as vue c’est une femme qui conduit ! on est sauvée !!! Elle ne va pas conduire comme une barbare ELLE ! » On aurait donc pu économiser un médicament.

Effectivement, elle conduit doucement, tranquillement,… On va même arriver avec une heure de retard, mais au moins on a pu apprécier le trajet ^^.

Nous avons une heure d’attente à Chiang Maï. On en profite pour se prendre un Pad Thaï à emporter (Hum la nourriture thaï va me manquer pendant ces 2 semaines d’éloignement ! Que c’est bon le Pad Thaï… et je ne vous parle pas du mango sticky rice !!) et moi une coco pour patienter !

18h30 : Un tuk-tuk pick-up vient nous chercher : On charge les backpacks sur le toit et c’est parti… Il nous emmène derrière une station-service… c’est très louche, il n’y a personne là-bas derrière. Sauf un bus tout pourri. Genre le plus pourri des bus de Thaïlande.

 

Alors que je vous explique, il y a 3 catégories de bus en Thaïlande :

  • 2ème catégorie : C’est ce qu’on a pris pour faire Sukhothai-Chiang Mai, vous vous rappellez où on sautait dans tous les sens avec la pendule Winny l’ourson ? Mais c’est pas cher donc pour les trajets de jour ça fait largement l’affaire, c’est bien plus rigolo !
  • 1ère catégorie : Ce qu’on a pris pour faire Bangkok-Sukhothai. C’est déjà la méga-classe, on vous réveille quand même à une heure du matin pour vous filer une bouteille de lait. Y’a du niveau.
  • VIP : On en a vu plusieurs passer. Même si pour la journée, ça n’a aucun intérêt, pour la nuit ça prend tout son sens. Il y en a même avec quasiment des lits doubles. Ça permet de ne pas arriver exténuée à destination et donc de ne pas perdre une journée… Avec Léa on est toutes contentes, on n’a jamais eu de bus avec les lits doubles, on se dit que ça pourrait être trop cool, qu’on passerait une super nuit,… bref on s’enflamme un peu.

 

Donc là, on nous a promis un bus VIP et nous avons un bus tout pourri. Déception. Cris. Larmes. Pfu.

On reste bloquée devant le bus en faisant « non mais…. Non mais… ?? » Mais non, ce n’est pas une blague.

Le temps qu’on retrouve nos esprits : « Vite monte dans le bus réserver des bonnes places pendant que je fais charger les sacs ». Mais trop tard. Les places où on peut étendre les jambes sont prises. C’est le drame. C’est encore pire à l’intérieur qu’à l’extérieur. Là on ne part plus à l’aventure, on part en stage de survie ^^ (Je plaisante à peine ! Je ne plaisante jamais !)

Une fois assise, même si le siège de devant n’est pas baissé, on n’arrive pas à mettre nos jambes… Oui même en position assise, on ne passe pas… La clim ne marche pas. Donc dormir par plus de 30°C c’est un peu compliqué. Il fait plus chaud dans le bus que dehors… On est contentes de pouvoir se rafraîchir quand le bus s’arrête. Bref, c’est mort on ne dormira pas… Vivement 5h le lendemain que nous arrivions à Bangkok… Enfin, ça c’est ce qui était prévu…

Le bus part. La ventilation fait un bruit monstrueux alors qu’elle ne sert à rien. Parfait. Bon je décide de lire. J’ai le roman parfait pour cette situation. Le nouveau Musso. OK, oui je sais, ce n’est pas de la grande littérature blablabla, c’est un roman de gare, blablabla. Eh bien ça aura été un très bon roman de bus pourri. Un peu déçue par la fin un peu bâclée à la va vite, mais sinon ça m’a permis de faire passer 3 heures, donc c’est vraiment parfait !! Si vous aussi vous comptez prendre un bus pourri, je vous le recommande fortement !

Avec Léa on se fixe des objectifs pour ne pas trop s’ennuyer : A 7h30 on mange le paquet de chips. Mais on attend 8h30 pour manger, parce qu’une fois qu’on aura mangé notre pad thaï, on n’aura plus rien à faire de la nuit, donc autant attendre un peu….

Ah… après 30 minutes nous avons un premier arrêt… Bon…

Ah… pendant l’arrêt ils sortent les arrosoirs pour refroidir les pneus et le moteur…

Ah…. À chaque montée ça sent le chaud dans le bus…

Ah… après chaque montée, nous devons faire un arrêt pour laisser refroidir le bus…

Du coup, on s’arrête toutes les heures et on roule à 10km/h dès que ça commence à monter… Bien bien… On ne compte plus les bus qui nous doublent. Même les plus pourris vont deux fois plus vite que nous. On enchaîne les fous rires, mais c’est nerveux…

Le plus gros fou rire va être lorsque je vais réaliser…  « Génial, je vais passer mes 29 ans dans ce bus »… Mouais…

23h, j’ai fini mon livre. Fini mon pad thaï. J’essaie de fermer les yeux. Plus pour me reposer que pour dormir.

Soudain… « paf…papam…papam…papam » euh. Pourquoi tous les sièges se mettent à trembler ?? Tout le monde se réveille (enfin ceux qui arrivaient à dormir). On saute dans tous les sens. Mais le chauffeur continue comme si tout était normal…euh… Pas besoin d’être garagiste pour comprendre qu’on a crevé ou un truc du style…

On passe au niveau supérieur dans les tremblements. Le chauffeur comprend enfin que ce n’est pas en faisant comme si rien ne s’était passé que ça va s’arranger… Il se range gentiment au bord de la route et ils descendent (ils sont 3 : un chauffeur et 2 qui doivent être là pour gérer en temps de crise et charger/décharger les sacs. Pas nous. Les vrais sacs. Ce soir ils vont avoir du boulot). Bon ils sont tous les 3 dépités devant le pneu…. Ils décident donc de remonter…et de repartir.

On continue de rouler comme si de rien n’était. Enfin presque. On ne peut même pas poser la tête sur le siège tellement ça tremble.

23h40, on tourne… une aire d’autoroute ? Mieux : Un garage. Tout le monde descend. Le garagiste sort, pour lui tout est normal. Une crevaison à 23h45, la routine. Pendant qu’il enlève la roue, les autres en profitent pour ressortir les arrosoirs et refroidir la bête. Je crois qu’il faudrait voir notre tête au moment où il enlève la roue et où nous la découvrons… Elle est déchiquetée. On n’en peut plus. On craque. On explose de rire, c’est nerveux. En plus, le garagiste, notre héros, a décidé de travailler torse-nu : Bidoche et moitié des fesses à l’air. Il envoie du lourd. Alors qu’on se demande où il va trouver la roue, nous voyons un scooter débarquer qui tire une brouette avec une roue dedans.10150026_10152120311759302_691531708_n 967642_10152120311764302_161137113_n

 

OK, on est mortes de rire. Mais quand même, on est super impressionnée. En France, le bus serait resté sur le bas-côté, il aurait fallu attendre la dépanneuse 3 heures plus tard, on nous aurait trouvé des hôtels pour la nuit, on nous aurait distribué des petits papiers avec l’adresse où envoyer notre réclamation pour peut-être un jour être remboursé,… Ici ? Ben tu continues de rouler avec ton pneu crevé et ton bus rempli à ras bord jusqu’au prochain garage en plein milieu de la nuit où ta roue te sera livrée 5 minutes plus tard dans une belle brouette tractée par un scooter.

23h59 : On a une nouvelle roue de compet. OK, la boîte de vitesse a toujours un problème (oui, à chaque fois qu’il passe une vitesse, il réveille tout le bus) et il faut toujours arrêter le bus pour arroser moteur et pneus. MAIS… on n’est plus crevé ! Le bus repart. Il est minuit. Léa entonne un « Joyeux anniversaire » et finit par un « Je suis ravie de partager ce beau moment avec toi. Vraiment »…^^ Plaisir partagé !

Les minutes se suivent, se ressemblent et ne passent pas bien vite. A 2h on s’arrête sur une aire. On voit 2 bus VIP. On songe très sérieusement à abandonner toutes nos affaires et monter clandestinement dans ces bus. Même dans la soute à bagage on serait mieux.

On achète 2 barres de chocolat pour mon anniversaire (Y’a pas de gateau d’anniversaire dans les 7 eleven…) que nous mangeons dépitées assises sur un bout de trottoir face à notre bus qui se fait refroidir.

4h30. Le bus s’arrête… Ils sortent la caisse à outils. Oh lala qu’est ce qui se passe encore ? Nous ne le saurons jamais. Mais nous avons passé…. 2h ! Oui 2h ! et ça tape, ça tape, ça tape… le bus fait un tour sur lui-même… ça ne va toujours pas. Ils recommencent… Il est 6h30 quand nous quittons l’aire. Nous devrions être arrivées depuis 1h30 déjà.

Au final, nous allons arriver à Bangkok à 10h30. 5h30 de retard. Belle perf. Mais nous sommes en vie. Belle perf également^^.

On remet les sacs sur le dos, on s’oriente… OK c’est par là. En 2 minutes nous trouvons l’hôtel. Belle perf de notre part également. Nous demandons quand les chambres seront prêtes. Normalement 14h. Désespoir. Je crois qu’il a pitié de nous. « Je vais voir si on peut préparer vos lits pour 11h ». Je crois que c’est le plus beau cadeau d’anniversaire qu’il pouvait me faire^^.

En attendant, nous prenons notre petit-déjeuner. Puis nous filons dans nos lits ! On ressortira uniquement pour amener les affaires à laver.

19h : Bon, c’est pas tout ça, mais c’est quand même mon anniversaire. Nous avons loué à cet hôtel exprès car il se trouve à côté de Kaosan Road, la rue où se retrouvent locaux et touristes pour faire la fête. Mais bon… on n’en mène pas bien large. Vu comme on est fatiguée, on va sortir manger et boire un verre. Si on tient jusqu’à 22h, ce sera déjà bien…. Sauf que comme d’hab, rien ne se passe comme prévu mais tout se passe bien. Nous trouvons un restaurant : Cocktails, cocos et nourriture thaï.

Après, je lui propose d’aller boire un dernier verre avant de rentrer se coucher. Un bar où j’étais déjà allée lors de mon premier passage à Bangkok. C’est parti. On s’assoit à côté de 2 filles thaïs. On sympathise tout de suite. Le courant passe super bien. Elle sont complètement dingues, mais elles nous font bien rire. Quelques minutes plus tard, elles nous virent nos tabourets pour qu’on danse avec elles (Oui dans Kaosan Road, il y a de grandes terrasses devant les bars avec de la musique à l’extérieur également, donc ça danse un peu partout)… Bon ben vu qu’on n’a plus de tabourets,…

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Bref. Pour faire simple, nous nous sommes couchées à 4h passé.

Demain nous avons notre avion… Pour où ??

Alors, une fois que nous avons tiré nos petits papiers, il nous restait Cambodge, Australie et Malaisie.

On commence à regarder plus en détails. En Australie, il n’y a que Perth. Tout le reste est trop cher. Du coup, nous décidons de remplacer l’Australie par un autre papier : Les Philippines.

Après discussion, on se dit que quitte à faire un coup de folie, autant aller dans un pays où ne nous sommes pas encore allées. Nous supprimons donc le Cambodge.

Alors, Philippines ou Malaisie ? Réponse dans le prochain article 🙂

Ju

 

 

Destination Mystère pour mon Anniversaire!!

De retour de notre trek, nous filons chercher une chambre et réussissons tant bien que mal à nous traîner juste de l’autre côté de la route pour aller manger. Oui, nous sommes un peu fatiguées. 2 jours de trek en plein cagnard avec une nuit presque blanche au milieu, c’est du sport…

 

Le lendemain, on check-out, parce que c’est vraiment pas terrible pour le prix qu’on paie (OK si je vous dis combien on paie et ce qu’on a vous allez hurler, mais par rapport à ce qu’on pourrait trouver c’est cher). C’est dur de remettre les sacs avec les cuisses qui tirent un peu, mais quand faut y aller faut y aller.

On a trouvé des bungalows de l’autre côté de la rivière, le descriptif nous fait rêver : On peut pêcher gratuitement (OK je n’ai jamais pêché, mais ça peut être drôle non ? et j’imagine qu’une vraie aventurière doit savoir pêcher) et manger les fruits qu’on peut cueillir sur place… Et on est dans des bungalows. Ça a l’air bien non ? Ah et c’est 2 euros par personne par nuit… C’est vraiment bien donc.

Alors on regarde la carte : On part à gauche en sortant de l’auberge, plus bas y’a un pont pour franchir la rivière. Puis on longe la rivière et on tombera dessus.

Bien sûr il est midi, il fait chaud, on n’a pas mangé, on a des courbatures,… La totale. Le sac est toujours trop lourd. Mais même en faisant abstraction de tout ça, la route est sacrément longue. En plus, on est vraiment au bord de la grande route… Et seules… Bizarre…

Ça monte, on finit par arriver, bien transpirantes… Rien n’est indiqué. Bizarre…. A force de tourner dans les chemins de terre, on finit par trouver celle qu’on chercher : Full… très bizarre, on ne voit personne. Je rentre… Je tombe sur une fille devant un bungalow qui n’a pas l’air très fraîche et ne tient même pas sur ses pieds. Elle m’explique que c’est fermé parce que les thais qui tiennent cet endroit ont beaucoup de choses qui se passent en ce moment dans leur vie. Mais comme elle les aime bien, elle va rouvrir cet endroit, mais pour ça il faut d’abord qu’elle nettoie alors du coup c’est compliqué et elle ne sait pas quand elle va rouvrir… OK. Bon en gros, on va ailleurs.

On va voir Family Hut : 220 Baths sans le petit-dej. Hum. Il me semble qu’on a vu pareil avec petit-dej inclus juste avant. On n’en peut plus, mais on n’est pas à 5 minutes près et on se dit que demain matin, on sera peut-être contentes de ne pas avoir à refaire toute cette route en sens inverse pour le ptit-dej ! C’est parti, on fait donc demi-tour, direction Twin Hut cette fois-ci. Bingo ! Un bungalow pour nous 2 avec moustiquaire (non négligeable…), petit-déjeuner et « terrasse » avec hamac (Bon terrasse faut le dire vite…) pour 2,5 euros. On prend !

On s’installe vite et on repart pour trouver un truc à manger. Il est 14h et on a toujours l’estomac vide… Au cas où, on demande à la fille à l’entrée (on ne peut pas aller ça une réception ^^) le chemin le plus rapide pour retourner au centre ville. Elle nous montre un chemin qui n’a rien à voir avec le chemin que nous avons emprunté… On y va… nous verrons bien.

Mouais , on se sent un peu bête. On est à 2 minutes du centre ville… il y a un autre pont piéton en bamboo…. Voilà voilà…. On a fait toute une rando en bord de route qui ne servait à rien… Le pont arrive juste à côté de notre ancien hôtel… Ahlala, pas toujours facile !

On mange, puis on file chercher une maison de thé dont on nous a parlé : Chai art. 5 minutes plus tard nous y sommes. C’est un endroit vraiment très agréable… le genre d’endroit où on reste facilement bloquée quelques heures à siroter un bon thé ou une excellente limonade dans mon cas. Il y a des livres à feuilleter, des peintures, des concerts le soir,…

Quelques heures plus tard, on file trouver un endroit où acheter un ticket de bateau : On veut prendre le bateau pour aller à Luang Prabang (Laos), il y en a pour 2 jours. Evidemment tout est complet. Enfin pas exactement, à chaque fois il reste une place… parfait. Si nous faisons ça, nous perdons donc 3 jours. On se renseigne éventuellement sur de la méditation (depuis Chiang mai on dit qu’on va méditer…). On nous répond qu’exceptionnellement c’est fermé jusqu’en juin.

Ca y est, j’ai compris… c’est la fameuse journée. Vous savez la journée dans la semaine où rien ne va. C’est sûr c’est aujourd’hui…

On va faire une autre agence au cas où. Comme la précédente il ne reste qu’une place pour le bateau… Bon… Léa doit être le 14 avril à Bangkok pour faire son visa pour la Birmanie et prendre son avion le 16 au plus tard. Elle ferait bien le sud du Cambodge. Moi je l’ai déjà fait. Après, je peux retourner à Koh rong, je ne pense pas que ce sera dur de m’en convaincre… Mais moi je devais aller au Laos. Léa l’a déjà fait. Mince. La meilleure solution c’est de se séparer. Mais c’est quand même dommage, on ferait bien encore un bout ensemble.

 

Bon. On décide de retourner au bungalow, de prendre un carte de l’Asie, de se poser et de réfléchir tranquillement à tout ça. On regarde un peu toutes les possibilités mais à chaque fois on tombe dans une impasse. Le plus simple, c’est effectivement de se séparer là.

 

Et c’est là que j’ai une idée.

Note à mon futur employeur : J’ai souvent d’excellentes idées ^^.

Une excellente idée donc. Et qui correspond bien à notre état d’esprit à toutes les 2.

On va sur Skyscanner (comparateur de prix pour les vols) : On met de Bangkok à Partout le 31 mars (Jour de mon anniversaire pour ceux qui ne sauraient pas :P). On retient uniquement les pays avec des billets inférieurs à une certaine somme et après on verra comment on décide.

Ouais, ça nous éclate toutes les 2 de faire ça.

Alors voici la première liste que nous obtenons :

  • Cambodge
  • Vietnam
  • Singapour
  • Philippines
  • Inde
  • Laos
  • Birmanie
  • Malaisie
  • Hong-Kong
  • Macao
  • Indonésie
  • Sri Lanka Chine
  • Bengladesh
  • Australie

Et accrochez-vous, parce qu’à partir de là, ça devient du grand n’importe quoi, mais c’est ça qui est bon !

On commence par retirer tous ceux qui n’ont pas assez d’intérêt pour 2 semaines de visite : Singapour, Hong Kong, Bengladesh et Macao.

Ensuite, nous avons droit chacune à un véto : Pour moi, ce sera le Vietnam. Pour Léa, le Laos (Notez l’incohérence quand même, 2 heures avant elle cherchait un bateau pour Luang Prabang… ahlala)

Ensuite, nous retirons ceux pour lesquels une demande de visa doit être faite (donc où on ne peut pas se pointer comme des fleurs : Bonjour, on s’est dit que chez vous ça avait l’air cool alors on est venu voir) : Inde, Sri Lanka, Chine.

Il nous reste donc :

  • Cambodge ;
  • Philippines ;
  • Birmanie ;
  • Malaisie ;
  • Indonésie ;
  • Australie

 

Ensuite, nous allons mettre un nom sur chaque papier et en tirer 3. Pour ces 3 restant, nous regardons en détail les vols : Où ça arrive, combien, comment revenir,…

 

C’est parti. Nous avons notre destination mystère…

Nous filons acheter nos billets de bus pour Bangkok : Départ le lendemain (le 30) à 14h15 de Pai. Arrivée prévue le 31 à 5h du matin…. Je vais être fatiguée pour mon anniversaire !

 

Billets de bus en poche, nous rentrons acheter notre billet d’avion…. Pour notre destination mystère ^^

Ju

Direction Paï pour un trek pas mémorable de 2 jours!

Dur dur de repartir après l’expérience à Baachang. Pour être tout à fait honnêtes, nous perdons 2 jours un peu inutilement à Chiang Mai. On voulait faire de la méditation, mais fallait réserver. On va faire le marché de nuit du dimanche soir. Je repars avec toute une nouvelle garde-robe : 3 débardeurs pour 2 euros et un beau pantalon thaï à 3 euros. Une nouvelle garde-robe pour 5 euros, c’est pas souvent que je peux dire ça ^^.

On fait les quelques truc qu’on a à faire : Envoyer des colis par la poste, trier les photos,….

Puis on se décide à partir à Pai.

Le van est réservé, c’est parti. Un peu plus de 4h de route… de montagne avec un fou du volant. Pour la première fois depuis… euh je crois que j’avais 5 ans la dernière fois où j’ai été malade en voiture… on se sent très mal. Tout le monde se sent mal à l’arrivée. Pas au point d’être malade quand même, mais pas très bien…

On file se trouver une guesthouse, prendre un déjeuner/dîner (C’est le repas unique vers 17h, il n’a pas de nom celui-là) puis on file chercher un trek.

Nous avons de la chance, il y en a un qui part le lendemain pour 2 jours. Ceux qui en reviennent ont vraiment l’air ENCHANTES, du coup on ne va pas voir ailleurs on réserve celui-là…

Après, on va faire un petit tour de la ville… c’est super sympa. Le centre est piéton. Tout est fait pour qu’on se sente bien ici. Et mince. On se rend compte qu’on risque de rester bloquées ici… On se rend compte qu’il fait bien frais ici le soir aussi !!! 35°C… effectivement, c’est pour ça qu’on trouve qu’il fait frais. Ça fait bizarre de repasser sous la barre des 40°C !

On file se coucher après avoir préparé notre paquetage pour les 2 jours. Heureusement qu’on a une couette sur notre lit, on aurait eu froid dedans ! Mais là, on est bien emmitouflées, on ne craint pas un rhume !

 

7h30, le réveil sonne (C’est dur de se réveiller avec un réveil…). On fait le check-out et on commande un petit-dej. Malheureusement, c’est très chaud, on n’a pas beaucoup de temps et ce n’est pas très très bon. Ça s’appelle un petit-dej inutile.

On rejoint l’agence, on abandonne nos backpacks. Comme je n’ai plus de sac à dos, on m’en prête un. Le même que le guide ahah qui c’est qui a la classe ? (Pas moi, parce qu’il n’est pas franchement à ma taille et qu’au début je ne comprends pas très bien comment ça se ferme… mais le guide a l’air d’un vrai lui !)

Nous devions être 4 : 2 québécois et nous. 2 anglaises se sont rajoutées au dernier moment.

C’est parti, on nous charge à l’arrière d’un pick-up. Yeahhhhhhhhhhh, depuis le temps que je voulais faire un tour à l’arrière d’un pick-up !! On est toutes contentes mais on déchante vite. On nous avait dit 20 minutes de trajet, c’est plutôt 40. Dans de la route de montagne, à l’arrière d’un pick-up, ça vole dans tous sens. On n’est pas si bien que ça en fait. Mais bon au moins, on peut rayer ça des choses de notre liste à faire !

On nous dépose dans un village Lasu. C’est le village de notre guide. Il va se changer pendant que nous faisons un rapide tour du village. C’est toujours aussi drôle de voir ces paraboles à côté des huttes en bois !

« C’est parti mon kiki » comme dirait le guide (je ne sais pas pourquoi, ils savent tous dire ça ici !). ça grimpe direct, ça démarre fort !!! Après 15 minutes de montée en plein soleil, nous sommes déjà tous en sueur (il fait 40°C… comme d’hab). On fait une première pause où le guide va couper des bambous pour nous faire des bâtons de rando. Décidément, on peut vraiment tout faire avec des bambous !

5 minutes plus tard, les anglaises ont déjà des ampoules. Faut dire que partir faire un trek de 2 jours en montagne avec des tissus en toile, ce n’est peut-être pas l’idée la plus brillante qu’elles aient eu… Je dis ça, je dis rien… En plus, elles n’ont pas de pansement, il faut leur en fournir. Et en plus, quand on nous a filé les bouteilles d’eau avant de démarrer, elles ont refusé de la porter (Ben non, elles avaient une bouteille de 30 cl, tout le monde sait que ça suffit pour marcher toute une journée par 40°C…). Du coup, c’est le guide qui la porte pour elle…. Et qui remplit leur bouteille à chaque fois qu’elle est vide.

Elles n’ont pas décroché un seul sourire en 2 jours…. C’est vrai que c’est déprimant de voyager et d’être obligée d’aller marcher dans la montagne… Bref, passons…..

Les canadiens envoient du rêve aussi ^^. Le guide nous montre une fleur et nous explique que c’est une orchidée. Réflexion d’un des 2 canadiens : « Ah mais les orchidées ça pousse dans la nature ? » Ce sera donc la perle du jour. Avec Léa, nous hésitons à lui répondre « non, non ça ne pousse que dans des pots », mais on se retient…

Le guide n’a pas un anglais parfait… Donc nous n’avons pas beaucoup d’explications. Nous posons pas mal de questions avec Léa sur les minorités locales. Mais nous n’avons pas beaucoup de réponses non plus… L’autre problème du guide, c’est qu’il a tendance à nous faire faire des pauses souvent… et toujours AVANT les montées. Donc tu passes la pause à regarder ce que tu vas devoir grimper. Ça te casse bien les jambes. Et tu réattaques direct par une bonne pente…

Ça pour être pentu, il est pentu ce trek !!! D’ailleurs quand on demande au guide ce qu’il nous reste, il nous répond « upup, then down down, up up up again, down and up up »…ok ok…

Nous traversons une forêt de bambou, les canadiens trouvent ça drôle de taper violemment dans les bambous pour les casser… Avec Léa, on se dit que ça doit être un jeu de garçon, c’est pour ça que ça nous dépasse. Ou alors, ce n’est pas pour rien qu’on appelle les canadiens des bûcherons ^^ allez savoir !

Nous croisons un incendie… Mais c’est normal… hum… ok… tout est ultra sec et ils mettent le feu partout. C’est pour faire sortir les animaux pour pouvoir les chasser… Ok… Léa demande avec quoi ils chassent : Des arcs ? des arbalètes ? Le guide répond « Ben non des fusils » ^^. OK, effectivement, c’est plus simple.

Nous n’avons qu’une bouteille d’un litre chacun. Nous pensions naïvement que le guide avait encore de l’eau. Mais non… On finit donc le trek sans eau.

On arrive dans un village caren, une autre minorité. Nous ne sommes qu’à une trentaine de kilomètres de la frontière birmane. C’est ici que nous passerons la nuit, chez des habitants. On est loin du trek à Sapa… Il nous accueille, mais c’est plutôt ils nous laissent squatter chez eux… Le guide part faire la sieste, on se retrouve un peu seuls. Du coup on va faire un tour du village. Puis le guide se réveille et nous dit qu’il nous emmène faire le tour du village ^^. Les habitants sont très accueillants et toujours souriants. Quand notre guide nous montre des plantes pour nous faire deviner ce que c’est, ils nous soufflent les réponses « C’est du café ! il faut dire café !!! »

Nous finissons par arriver dans une sorte de remise. Le guide ouvre la porte… c’est en fait le petit shop du village. Quelques boissons, quelques paquets de chips, des produits ménagers,…

Puis nous remontons à notre maison. Nous mangerons assis en cercle sur une natte et passerons la soirée à comparer les différentes expressions francophones. On apprend par exemple que pour dire s’adosser, les canadiens disent s’accoter. On a beaucoup aimé celle-là. Pour dire « La nulle », c’est « la poche »,… « T’es smat » pour dire t’es sympa. Moi j’apprends encore des mots suisses « ça roille » pour dire qu’il pleut…

Le moment de la douche est assez mémorable. Une bassine remplie d’eau… très fraîche, dans une cahute en bois où il y a les caleçons de rechange de nos hôtes en train de pendre ^^. Un bol pour prendre l’eau et se la verser sur le corps. Les premières étapes de la douche sont faciles : Se mouiller et se savonner. Easy. Quand il s’agit de se rincer, c’est autre chose…. Nous, on aime bien. Les canadiens moins. Ils décident donc de ne pas se doucher…

A 22h, on file se coucher : On est sur une terrasse sur une natte. On file chercher quelques couvertures. Mais ça ne suffira pas. Dès qu’on passe en-dessous des 35°C on a vraiment froid… Je dors emmitouflée, mais j’ai quand même trop froid. Les canadiens ronflent, parlent,… La totale. En bref, quand le guide vient nous réveiller, on n’a pas vraiment dormi. Dommage, car on a encore 15 km à faire. Et 15 km par 40 °C en montagne, c’est rude !

 

On mange notre petit-déjeuner. Les anglaises sont loooooooooooongues à se préparer… Du coup on part un peu tard.

Nous marchons une heure pour rejoindre une grotte remplie de chauve-souris. Puis à nouveau une heure pour atteindre des chutes d’eau où nous pouvons nous baigner. Encore un moment qui va rester gravé dans notre mémoire. OK, ça fait vraiment du bien de se baigner après avoir marché 2 heures par cette chaleur. Mais ce qui va rester gravé, c’est autre chose !

Déjà, nous remontons dans la jungle pour nous changer avec Léa… Après 30 secondes, les 2 canadiens débarquent et se plantent devant nous. « Vous pourriez vous dépêcher qu’on puisse aussi se changer ? » et ils restent plantés là… euh comment dire… « Vous pourriez redescendre en attendant qu’on ait fini de se changer ? » (au lieu de nous fixer…) Avec Léa on se regarde…. « Non mais.. ??? »

Passons….

Puis nous redescendons et découvrons notre guide qui a trop la classe pour la baignade. Un magnifique slip. Et une paire de chaussettes bien montantes. On comprendra plus tard l’intérêt des chaussettes : Tout est très glissant. Mais quand même, il a la classe !

Bien sûr, les anglaises font la tronche. Elles tombent dans l’eau. Elles sont déjà tombées plusieurs fois sur le chemin. Soit elles ne savent pas marcher, soit… elles ne savent pas marcher. Elles débordent de joie de vivre, ça fait plaisir à voir.

Nous nous rechangeons. Avant d’aller nous changer, on dit aux canadiens « Nous on va se changer, vous vous restez là ». Oui, vous ça peut vous paraître logique. Mais dans le doute…

On reprend la route… et là c’est très très dur. Nous nous retrouvons à crapahuter en plein cagnard de midi à 14h. Toutes les conditions sont réunies pour que ce soit facile !!! On en bave VRAIMENT.

A 14h30, on arrive enfin au village où nous devons manger. On se sent encore plus mal que la veille. Quand nous arrivons, la famille s’en va pour nous laisser la place… On aurait préféré partager avec eux… Mais bon, ça ne choque que nous, les canadiens et les anglaises ont l’air de trouver ça normal et s’installent comme si de rien n’était. Nous on se sent trop mal…

Le guide nous prépare une soupe de nouilles excellentes. On était mort de faim. Après, il nous dit que nous pouvons faire une sieste une demi-heure avant de repartir. On s’endort tous comme des masses étalés chacun dans un sens sur la natte.

On se réveille. Ça fait plus d’une demi-heure et le guide dort encore. On n’ose pas trop le réveiller. Mais d’un coup, il se réveille et voit l’heure et panique… Vite, il faut se dépêcher, déjà qu’on n’était pas en avance… Mais se dépêcher les anglaises, elles ne comprennent pas… Elles continuent de prendre leur temps… Grrr….

A 17h, nous sommes trop en retard, le pick-up viendra finalement à notre rencontre. Cette fois, on ne se met plus sur les roues mais bien vers l’avant du pick-up et le trajet se passe beaucoup mieux. Nous sommes face au coucher de soleil tout du long sur la montagne….

 

En arrivant, le guide sert la main de tout le monde et nous fait un hug… il était content qu’on soit là, on l’a bien fait rire et il se serait un peu ennuyé sinon :-S

 

Bon ce n’était pas exactement ce que nous attendions et mes attentes étaient sûrement un peu trop élevées après le trek de Sapa, mais ça a fait du bien de partir crapahuter 2 jours dans la montagne quand même ! Ju

 

Comment je me suis retrouvée à prendre 2 bains avec un éléphant ^^

Pour notre deuxième jour, Puza, notre guide, nous dit que le petit-déj sera servi à 9h. Pfoua, « on est laaaaaaaaaaaaarges » comme on dit avec Léa. On va pouvoir mettre le réveil et snoozer plusieurs fois. La méga-classe. Ça c’était la théorie. En pratique, les canadiens juste au-dessus se réveillent à 7h et font un boucan d’enfer. Le snooze, ce ne sera pas pour ce matin !

 

On s’habille, on remballe le paquetage et on descend : Puza nous emmène au petit-déj.

Alors j’ai oublié de vous raconter un truc important le premier jour sur Puza. Comme on est les seules à faire 2 jours, on est aussi les seules à avoir emporter notre maison avec nous au centre.

Le soir, au moment de nous montrer notre chambre, on retourne avec Puza au van pour récupérer notre backpack. On met chacune notre gros sac sur le dos. Puis Puza nous prend nos petits sacs en faisant remarquer « Vous avez vu je porter les sacs, je suis un vrai gentleman ». Et Léa qui répond du tac-au-tac : « Et quel gentleman ! Tu portes les petits sacs ! Un vrai gentleman aurait porté nos gros sacs »… Fou rire. Du coup, c’est resté pendant 2 jours.

Donc quand on se lève et qu’il nous emmène au petit-déj, il nous fait remarquer « J’ai préparé le petit-déj je suis un gentleman ». Bon, là il tend le poteau pour se faire lyncher quand même « Sauf que ce n’est pas toi qui prépare le ptit-déj » ^^…

On se retrouve en train de petit-déjeuner avec un éléphant qui se baigne à notre droite et un troupeau d’éléphants qui se dandinent à notre gauche. Ils adorent ça se dandiner. On se demande à chaque fois quel air de musique peut bien leur trotter dans la tête… Surtout qu’ils ont tous le même rythme… Peut être tous la même mélodie ?

Après le petit-déjeuner, Puza nous emmène voir notre éléphant du jour. Il nous avait dit qu’on garderait Big mama, mais changement de plan. Il nous explique que Big mama elle est un peu dangereuse. Ah on le savait !!!!!!!!!!!!!!!!!! D’ailleurs, les touristes ne peuvent pas la nourrir, elle reste en retrait dans un autre champ… C’est dire si elle est mauvaise la Big Mama !

Donc comme aujourd’hui, il faut un éléphant de confiance parce qu’on va aller loin apparemment (on ne sait pas ce qu’on va faire : on suit !), on change. Il nous présente notre nouveau copain aux grandes oreilles : Toum Pete qui signifie or et diamants. Rien que ça ! Il s’agit d’un vieux monsieur de 42 ans. On nous présente son caractère : Il aime avoir son petit coin à lui, que ce soit toujours bien propre,… Il nous le présente comme un grand gaillard courageux qui n’aura pas peur du feu et des hélicos au cas où. En attendant, notre gros gaillard il a peur… des éléphants… et à chaque fois qu’il y en aura un sur notre route, il faudra faire un écart de 10 mètres… Mouais. Faudrait penser à revoir la notion du grand gaillard courageux quand même…

Je demande à Puza si je peux monter sur l’éléphant avec la trompe. Il dit qu’il va voir ce qu’il peut faire. Ahah. Mais bon en attendant, va falloir nettoyer l’emplacement de notre bonhomme. Alors le matin, le mahout quand il vient voir son éléphant, il commence par vérifier ses selles… Oui, c’est glamour après le petit-déjeuner ! On peut en apprendre des choses en regardant des selles d’éléphants. Peut-être pas autant que dans une boule de cristal, mais quand même. C’est comme ça que le mahout peut détecter les premiers symptômes d’une maladie. Il peut par exemple détecter si l’éléphant à manger un truc qu’il n’aurait pas dû,… Donc voici un bref cours sur les selles d’éléphants (Je parie que quand vous avez ouvert l’article vous ne vous êtes pas dit chouette je vais savoir à quoi doivent ressembler des selles d’éléphants ! Eh oui, je suis pleine de surprises ^^) : Les éléphants n’ont pas d’estomac. Ce sont des intestins sur pattes. Ils mangent, ils font caca (glamour je vous avais prévenu !). Ce sont des petits êtres sensibles, un rien peut les rendre malades. Donc la mahout vérifie que les selles sont bien compactes. Si c’est trop liquide, on augmente la ration de bananes. Elles doivent-être un peu vertes (J’espère que vous n’étiez pas en train de manger, sinon je m’en excuse !). Si c’est trop pâle, on augmente la ration de bananes. Si c’est trop brun, on peut leur donner de l’ananas. Regarder leurs selles chaque matin, ça permet d’ajuster de manière naturelle, sans avoir à utiliser de médicaments. Ils essaient de limiter au maximum la prise de médicaments.

Bon donc on est rassurée. Notre grand gaillard à de belles selles bien compactes, il a un bon transit, il est en pleine forme. Il est au top.

On fait quoi ensuite ?

Puza nous tend une pelle et un sac avec un grand sourire ^^. Maintenant faut nettoyer ! C’est parti, on ramasse le caca (Vous en êtes au dessert ?). Alors si un jour vous vous retrouvez dans une situation où il vous faut impérativement ramasser du caca d’éléphants (Le genre de situation qu’on rencontre presque tous les jours donc), voici une astuce de pros que nous sommes devenues : Le plus simple c’est une qui tient la pelle et l’autre qui pousse avec le pied ^^ (Il est bon votre dessert ?). ça évite de tout casser, faire des miettes,.. après c’est tout caca, c’est la cata. Donc voilà, vous saurez comment faire.

Bon après, si vous êtes celui qui tient la pelle, soyez cool avec celui qui tient le sac, évitez de lui mettre du caca partout sur les mains (Merci Léa au passage, je pense que mes mimines ont adoré ce soin…). Le mahout est gentil avec nous, il nous aide un peu (C’est lourd du caca d’éléphants…)

Après ça, Puza fait venir l’éléphant du mahout de 16 ans, celui qui est joueur ! Il nous dit qu’avec celui-là on peut monter avec la trompe hihi. Et voilà, j’ai à nouveau 4 ans (ça m’arrive souvent pendant ce voyage…). Puza nous montre comment faire : On se met face à l’éléphant, on met les 2 mains sur sa tête, un pied face à lui sur la trompe. Et hop, comme par magie, il vous balance par-dessus sa tête. Comme il peut porter 350 kilos avec sa trompe, Puza rigole et nous dit qu’il n’est pas sûr que l’éléphant va viser sa tête Peut être qu’il va juste faire du lancer de Léa et de Julie… Ahah il n’y a pas que l’éléphant qui soit taquin. C’est parti : Les 2 mains sur la tête, le pied sur la trompe et hop, je sens que je quitte le sol ! Je suis toute fière quand j’arrive sur sa tête !!

Après ces acrobaties, Puza nous dit qu’une fois qu’on a vérifié que notre éléphant est en pleine forme et qu’on a tout bien nettoyé, c’est l’heure d’aller prendre le bain !!!!!!! Youhouh, on adore le bain !

C’est parti ! Non Lung : Notre bonhomme s’allonge gentiment et hop on grimpe. Pai : On démarre. Puza me dit de crier plus fort pour que les nouveaux arrivants m’entendent et qu’on les épate… « PAIIIIIIIIIII ». Les mahouts sont morts de rire et m’imitent… Ils aiment bien se moquer de nous quand même ^^.

En chemin pour le bain on croise 2 éléphants… on doit donc faire 2 détours, parce que notre éléphant qui est bien plus gros que la plupart a les pétoches… Une fois arrivées près de l’eau, on sent que le rythme des pas s’accélèrent ! Ah il a hâte ! Je ne sais pas qui est plus fan de l’heure du bain : Eux ou nous ?

Euh…. Je me rappelle bien hier quand les éléphants vont à l’eau : Ils commencent par mettre la trompe dans l’eau et par s’asperger. Ça s’annonce bien, on est justement sur lui…. Bon de toute façon, on sera mouillée…

Mais non, il rentre tranquillement dans l’eau. Avant de prendre le bain, il faut l’emmener boire. Il boit à peu près 20 litres le matin, plus 5 litres qu’il met dans sa gorge pour plus tard (un peu comme les humains avec les chocolats ^^ same same but different).

Après ça, il s’allonge, on glisse (Ouais j’ai fait du toboggan sur un éléphant. Ça pique un peu à cause des cheveux mais j’aime bien). On récupère le seau et les brosses et c’est parti pour 15 minutes de rigolade. Un seau pour l’éléphant, un seau pour Léa,… ^^ On gratte, on gratte…

Le mahout finit par prendre le seau et nous en balancer plein la figure (en prétextant viser l’éléphant bien sûr ) et Puza qui en rajoute une couche « Allez-y grattez le maintenant » ! Alors qu’on ne peut pas approcher de l’éléphant à cause de toute l’eau qui arrive dessus. Léa est un peu trop naïve sur ce coup-là, elle essaie d’aller brosser la bête. Donc elle s’en prend plein la figure hihi.

Notre éléphant fait des bulles… avec la trompe et…. L’autre côté aussi. Oui, notre éléphant a fait caca dans son bain… Pire que les bébés ces bêbêtes !

Avant de sortir, Puza nous demande de balancer encore quelques seaux sur l’éléphant et notamment sur sa tête. Le bain c’est pour le rendre beau comme un prince, mais aussi pour le rafraîchir. Comme nous allons aller dans la jungle et qu’il fait chaud (plus de 40 °, comme d’hab), il faut qu’il se rafraichisse au maximum.

 

Une fois que tout le monde est bien trempé, on va se changer et c’est parti pour l’aventure !

Visiblement, on part toute la journée en trek dans la jungle sur notre éléphant géant ! Youpi !!! On lui attache les tongs autour du cou et go !

Léa prend les commandes, moi je me prélasse tranquillou. Au bout de 2 minutes, on croise un éléphant. Léa a beau faire des Kwei et des tapages d’oreilles, impossible de maintenir la direction… Il a la trouille. Je croyais qu’il ne fallait pas qu’on ait une poule mouillée pour aller dans la jungle, pourtant on nous refile un éléphant qui ne veut même pas croiser ses voisins…Espérons que les souris dorment aujourd’hui !

On sent bien qu’il a du mal à démarrer…. Léa lui dit Pai et là…bam, un barrissement…. Alors déjà un barrissement, ça fait du bruit. Mais quand en plus vous êtes sur le dos de l’éléphant, vous en prenez plein les oreilles ET tout tremble en-dessous de vous. Ça fait son ptit effet.

Avec Léa on est en mode « non mais s’il ne veut pas y aller, c’est pas grave hein…. Ne lui tape pas trop fort dans l’oreille il n’a pas l’air content.. pourquoi il ne nous aime pas ? »

Mais au bout de 5 minutes, tout rentre dans l’ordre. C’est juste qu’on nous a filé un éléphant diesel au lieu d’un essence… Comme le mode d’emploi n’est pas livré avec, on ne pouvait pas le deviner.

Donc après c’est popom popom pendant plus d’une heure au milieu de la jungle. On emprunte des chemins improbables : Des chemins qui sont limites trop étroits pour nous. Mais l’éléphant s’en sort toujours. Notre éléphant, c’est le plus fort.

A un moment, je frôle la catastrophe. Puza nous a bien dit « Attention à vos jambes quand il passe près des arbres, ils ont tendance à aimer se gratter ». Heureusement, j’ai juste le temps de relever ma jambe à la dernière seconde. Je pense que ça aurait pu être un grand moment de devoir appeler mon assurance pour leur expliquer « Oui alors en fait je suis à l’hôpital parce que j’étais sur un éléphant dans la jungle et je n’ai pas retiré ma jambe assez vite quand il s’est gratté contre l’arbre… C’est pris en charge les accidents d’éléphants ? »

Léa dirige notre éléphant avec un manque de conviction incroyable ^^ « Alors euh…Kwei ». Le mahout l’imite « kweé kweé ». Vous pouvez l’entendre sur la vidéo, c’est très très TRES drôle ^^.

Nous traversons une rivière…et là nous perdons notre mahout. Il nous rejoint 5 minutes plus tard. Il a juste chassé un oiseau dans la jungle. C’est pas dur, il prend une petite branche, vise la patte de l’oiseau… bam, ça casse la patte de l’oiseau et il le récupère… Voilà voilà…

On arrive au fin fond de la cambrousse : Un Non lung plus tard, nous retrouvons la terre ferme. J’ai les jambes rouges à cause des cheveux, Léa à cause des « os qu’il a dans les oreilles »…

A peine descendues de notre monture, il se relève et fonce droit sur l’arbre le plus proche. Il a bien passé une demi-heure à se gratter après tous les arbres du coin. C’est à mourir de rire. Il se met sur 3 pattes pour mieux se jeter de tout son poids contre le pauvre arbre qui tremble à chaque frottement. Puza nous dit « vous voyez là, y’a pas d’arbres… ben avant y’en avait ». Eh oui ça pèse lourd un éléphant, à force de se gratter, il casse son jouet et il faut trouver un autre arbre…

Puza va faire le feu. Notre mahout, Ado, alias Dodo qui est birman et a 24 ans, va couper du bambou. Quand il revient il nous dit qu’il a vu un gros serpent et un essaim de guêpes mortelles. Top. Notre mahout c’est un vrai de vrai : Il reviendra ce soir mettre le feu pour chasser les guêpes mortelles et pouvoir aller récupérer ce miel réputé pour ses vertus thérapeutiques. Il nous fait des verres dans le bambou qu’il est allé couper et fait aussi une bouilloire en bambou ! Puza nous prépare le thé qu’il verse dans nos verres en bambou et ils mettent le repas à cuire.

Une fois que tout est en train de cuire, Ado ressort l’oiseau qu’il a mis dans sa sacoche… il est toujours vivant. Il se met devant nous et (âmes sensibles passez à la suite) bam il lui explose la tête contre une branche… et se met tranquillement à le plumer à côté de nous. Puza nous regarde : « Je vous avais prévenu, il faut avoir l’esprit ouvert » ^^ Notre mahout c’est pas un rigolo, il est du genre à aller te pêcher les poissons avec un fil de toile d’araignée. Nous on mange notre brochette de poulet dans l’assiette en feuilles de bananes faite par Puza. Ça y est on sait comment se faire tout un vaisselier dans la jungle. Ça peut toujours être utile au cas où notre planète se fasse recouvrir de jungle en 5 minutes et qu’il me prenne l’envie de faire une assiette par exemple.

Après le repas, je dis à Puza que ça y est, nous sommes des vrais mahouts. Il rigole en me disant qu’il n’y a pas de mahout fille… il faut être fort et costaud pour être mahout (Bon les petits mahouts de 16 ans, je ne pense pas être moins fortes mais OK). Du coup, il me met au défi : « Va chercher l’éléphant et ramène le ». OK ^^. Faut pas me le demander 2 fois !

Déjà faut trouver l’éléphant ! Comme il se balade seul comme un grand, il peut être n’importe où. Mais en théorie, il ne s’éloigne jamais trop par peur de manquer de nourriture. Quel goinfre ^^.

Je finis par entendre des craquements : Il est allé s’empêtrer dans des branches… Super ! « petit, petit, petit, vient par ici le gentil néléphant ! » Le mahout l’appelle, il sort du tas de branches. Il me fait signe de le prendre par l’oreille pour le ramener. Rien de plus simple… Je chope la bête (Je vous rappelle qu’on ne parle pas d’un chaton mais d’un monstre de 2,5 m et 3,5 tonnes. Je suis un moucheron pour lui…) par le lobe de l’oreille (enfin le truc qui pend là, je ne pense pas qu’on appelle ça un lobe pour un éléphant, mais je n’ai pas fait véto moi) et hop c’est parti mon poussin je t’emmène en vadrouille. Et ça marche, il me suit ^^. Est-ce qu’il m’obéit ou est ce qu’il va juste vers son mahout… les paris sont ouverts…

Puza est quand même fier de moi ahah. Bon Non Lung et je prends les commandes pour le retour. Je préfère être sur le cou, ça pique moins. Léa préfère être sur le dos, les os des oreilles lui font moins mal ^^. Tout le monde est content donc. L’éléphant, lui il s’en fout.

Le mahout me donne son petit crochet (je précise : qui ne servait à rien, il l’a gardé tout du long à la ceinture à la montée) pour que je me sente une vraie mahout. Je vous rassure, je n’en fais rien du tout non plus ^^. L’éléphant s’est recouvert de terre pendant notre déjeuner, on est brunes en 2 minutes. Léa me fait des marques de guerrière sur les joues. J’hurle PAIIIIIIIII du haut de mon éléphant. Le mahout est bien sûr mort de rire.

Comme on est toutes gentilles, on demande si on peut donner un 2ème bain à l’éléphant en rentrant au camp (normalement c’est un inclus, mais comme notre éléphant est beaucoup plus sale que ce matin…). Ils nous aiment bien alors oui bien sûr qu’on peut redonner un bain à l’éléphant. Ahhhhhhhhh. Cette fois, tout le monde est contente, y compris l’éléphant !

Le retour se passe paisiblement. Rien d’inhabituel : Le mahout recapture un oiseau dans la jungle qu’il plume en marchant. Puza fait plus de photos de lui que de photos de nous. Léa a mal aux fesses. On fait du saut d’obstacle à dos d’éléphants et moi je suis contente. Tout est normal. La seule chose inhabituelle, ce sont les 4 gouttes de pluie qu’on se prend. On est comme des fous ! « De la pluie ! de la pluie ! youhouh ». OK 4 gouttes. Mais 4 gouttes quand même !

 

En arrivant, Puza nous emmène à une autre marre pour le bain d’éléphants. Comme ce matin, nous sommes seules. Hop : Pai il va dans l’eau. Non Lung il se couche, on fait une glissade et tout le monde s’arrose, tout le monde est content. (oui même l’éléphant)

Le mahout nous asperge. Il nous asperge plus nous que l’éléphant. Après, Puza me fait signe de remonter sur l’éléphant : Je m’allonge dessus, je me mets debout dessus,… ^^ Il ne dit rien, il est dans l’eau il est content. Même pas sûre qu’il sente vraiment que je sois là ^^.

 

On ressort après cet excellent dernier bain. Trempées, ça tombe sous le sens. On lui refait le plein de snacks. Je lui mets directement les snacks dans la bouche, c’est beaucoup plus drôle. Et après, c’est déjà le moment de dire au revoir à notre éléphant et à son mahout L

 

Avant de repartir, nous ferons quand même quelques photos avec Puza et Ado, car on a formé une excellente équipe ^^.

 

Une fois rentrée à Chiang Mai, ça fait tout bizarre de se retrouver sur du béton au milieu des voitures. On était bien au milieu de la jungle entourées d’éléphants…

Ju

 

Comment je me suis retrouvée à prendre un bain avec un éléphant…

La journée commence tôt (OK pas pour vous, mais pour nous 7h30, c’est plus tôt que d’habitude). Mais en même temps on n’a pas super bien dormi et on a aucun mal à se réveiller :

« On va passer 2 jours avec des éléphants, j’arrive pas à réaliser », « eh notre prochaine baignade c’est avec des éléphants », « je vais manger des bananes avec un éléphant ». Enfin ce genre de phrases complètement improbables dans la vie de tous les jours…

8h : On attend notre pick-up sagement à l’entrée de l’hôtel. Dès qu’on voit un thaï arriver : « C’est lui ?? tu crois que c’est lui ? » Bon nus avons 2 déceptions, la troisième est la bonne. Notre guide arrive, tout souriant. Il nous dit qu’il vient chercher d’autres personnes à notre hôtel. Visiblement, ces personnes sont en retard… elles se pointent 20 minutes plus tard, sans s’excuser bien sûr… On monte dans le van et on va chercher les autres.

Nous on est toutes souriantes, à chaque fois que quelqu’un monte dans le bus on fait « hellooooooooooooo » avec notre plus beau sourire. Personne ne nous répond. Ils font tous la tronche. Genre nourrir un éléphant c’est vraiment la corvée du siècle… Ils sont bizarres les gens !

Une fois que le mini-bus est plein, le guide nous fait un petit speech. Il s’appelle Puza (Moyen mnémotechnique pour nous : ça ressemble à Poussin. Oui on rencontre beaucoup de gens, ça finit par être dur de retenir les noms, surtout quand ce sont des noms que nous entendons pour la première fois, alors on fait comme on peut !) A chaque fois qu’il dit un truc on fait des Ahhhhhh et des Ohhhhhhhhhh et on sourit. Mais nous sommes les seules…

Il nous explique qu’il va falloir garder un esprit ouvert par rapport à ce que nous allons voir aujourd’hui. Ah ? Ok. On ne comprend pas trop de quoi il parle, mais nous verrons bien. De toute façon, on va donner la béquée à des éléphants et leur gratter le dos dans leur bain. Rien ne devrait pouvoir nous contrarier !

Il y a une heure de route depuis Chiang Mai : « Comment on va l’appeler notre éléphant ? » « Babar, c’est bien non ? » « Ah ouais ». « Tu crois qu’il va nous aimer notre éléphant ? » « Mais oui ! En plus, comme les éléphants ont une mémoire… d’éléphant, il se rappellera de nous toute sa vie » « Mais nous aussi on se rappellera de lui toute notre vie ! ». Donc nous ne voyons pas le temps passer…

En arrivant, on nous confie la clé d’un casier et on nous donne nos uniformes. On va se changer et on rejoint le guide… Il y a des retardataires, une fois de plus…. Comment les gens peuvent être aussi lents ??? Tu sais qu’une fois que t’as enfilé l’uniforme, tu vas nourrir des éléphants, mais non…

Bref… Puza commence par nous présenter le centre. Ce centre a été créé afin de recueillir les éléphants maltraités (dans des cirques, par des locaux,…). Les éléphants servaient à la base à aider les locaux pour les constructions, porter de lourdes charges,… Mais avec toutes les belles machines qu’on a maintenant qu’il suffit de ranger au garage et qui consomment moins de bananes, les éléphants ne sont plus utilisés… Les locaux ne savaient plus quoi faire de leurs éléphants.

Ces éléphants étant nés en captivité, ils sont incapables de se débrouiller seuls… On peut les « libérer » : Ils vont partir 2 heures dans la jungle. Puis ils vont finir par avoir faim et revenir au centre car ils ne sauront pas trouver seuls de la nourriture…

Les éléphants passent en moyenne 18 heures par jour à se nourrir. 1h à marcher. 3h à dormir. Les 2 dernières heures, ils aiment jouer, faut s’occuper d’eux, prendre le bain,… il faut les occuper !

La personne qui s’occupe des éléphants s’appelle un Mahout. Pour être un bon mahout, pas la peine d’aller à la fac ou de passer des exams, ça ne sert à rien. Etre mahout, ça ne s’apprend pas. Un bon mahout est né avec les éléphants et a grandi avec eux… Le gros problème actuellement, c’est qu’il n’y a quasiment plus de villages avec des éléphants, donc de moins en moins de bons mahouts. Sur ce centre, la plupart des mahouts viennent de Birmanie. Mais avec l’explosion touristique actuelle de la Birmanie, le centre est inquiet pour son avenir… Quand des centres similaires vont ouvrir leurs portes dans leur pays d’origine, les mahouts risquent de partir pour rejoindre leurs familles…

Un mahout n’a pas d’horaires, n’a pas de nombres d’heures, d’heures sup, de week-end ou de jours de congés… La vie d’un mahout c’est son éléphant… Au réveil de l’éléphant, le mahout est là. Il passe toute sa journée avec lui. Si l’éléphant veut jouer, il joue avec lui. Si l’éléphant veut manger, il le nourrit,… Avant d’aller se coucher, le mahout retourne voir une dernière fois son éléphant, vérifier qu’il n’a besoin de rien…

Si un orage se prépare (ou de fortes pluies), le mahout dort à côté de son éléphant pour le rassurer… Eh oui, les éléphants sont des poules mouillées ! Ils sont effrayés par à peu près tout. Hélicoptère. Orage. Feu. Et tout ce qui peut courir plus vite que lui, donc 30 km/h. Et ce n’est pas un mythe, les éléphants ont vraiment la trouille des souris… Allez expliquer à un éléphant que les petites bêtes ne mangent pas les grosses…

En gros, le mahout est le meilleur ami de l’éléphant : Ils se connaissent par cœur et se comprennent d’un simple coup d’œil. C’est extraordinaire à observer. Le mahout n’a rien à dire, il regarde l’éléphant : Il baisse un peu la tête pour que le mahout puisse lui monter dessus…

Un mahout ne peut pas être le mahout de n’importe quel éléphant. C’est un peu comme Harry Potter qui choisit sa baguette magique. Un éléphant à fort caractère ne pourra pas avoir un mahout « faible ». Il aura besoin de sentir que son mahout a lui aussi un fort caractère, sinon il ne saura pas s’il peut lui faire confiance ou pas. Certains éléphants sont joueurs : Si c’est un mahout à fort caractère qui essaie de s’imposer, ça ne passera pas non plus. Et ça, ça rend les choses très compliquées pour le centre également ! Certains éléphants ne veulent que leur mahout. Pas un autre. Donc pas de vacances pour le mahout. Ça OK (oui on n’est pas en France ici ^^). Mais le problème, c’est qui s’occupe de l’éléphant si le mahout tombe malade ? Donc ils essaient que chaque éléphant ait au moins 2 mahouts avec lesquels ils s’entendent bien et ils essaient de faire tourner les mahouts, mais pour certains éléphants c’est mission impossible. Il y a un fort lien de confiance qui se crée entre les 2 et certains éléphants, notamment ceux qui ont été maltraités par des hommes dans le passé, ne font pas confiance à d’autres que leur mahout… Si un jour les mahouts demandent à bosser 8h par jour, à avoir leurs week-end et 6 semaines de vacances par an, le directeur va s’arracher les cheveux…

Première activité de la journée : Il faut nourrir les éléphants. Y’a du boulot. Ces petites bêbêtes mangent 300 kg par jour. Dont 80 kg de snack. Nous, comme on est super cool et qu’on veut partir sur de bonnes bases avec eux, on va leur amener les snacks. Nous un snack, c’est une bonne crêpe nutella banane. Un éléphant, c’est same same but different : La banane et la canne à sucre.

Il nous montre : Tu t’approches de l’éléphant, tu tends une banane ou un bout de canne à sucre. Il tend la trompe et s’occupe de tout. Quand t’as confiance, tu peux aussi te mettre à côté de l’éléphant et lui mettre directement la nourriture dans la bouche. Bon on va déjà commencer par la première leçon. Pour ce qui est de mettre la main dans la bouche de la bête on verra plus tard ! Mais avant de commencer, il faut nous expliquer les différents caractères des éléphants… Certains éléphants sont joueurs. D’autres peuvent être taquins. D’autres sont grognons. D’autres sont traumatisés par les humains donc il ne faut pas les approcher de trop près,… Alors celui-là, il est joueur. Celui-là, il va vouloir prendre toute la nourriture que vous avez dans les mains le plus vite possible sans la manger, pour tout mettre de côté pour plus tard…. Celui-là, un humain lui a crevé un œil là où il se trouvait avant et en plus il a une cataracte à l’autre œil, donc il ne voit presque plus rien et peut donc vite avoir peur, il ne faut pas trop l’approcher ni essayer de le toucher. Celui-là est arrivé il y a 2 semaines sur le centre, il se faisait battre tous les jours, on voit encore les marques sur son crâne et la marque violette du médicament appliqué tous les jours dessus. Donc il n’est pas encore en confiance quand il voit des humains, il faut se méfier.

Il nous explique que dans le bus, il nous a demandé de garder un esprit ouvert… Donc même les éléphants qui sont méchants, ceux qui ont peur de nous, ceux qui sont bougons, ceux dont il ne faut pas trop s’approcher, il va falloir les nourrir quand même… car eux aussi ont besoin de manger. Et ça il faut l’accepter et accepter de ne pas se contenter de nourrir ceux qui vont jouer avec nous… Il faut aussi toujours demander au mahout avant d’aller toucher l’éléphant, car certains, on ne peut pas les toucher, c’est trop dangereux,…

On a chacun notre petit panier : On prend pleins de bananes et de cannes à sucre et on se dit qu’on va les nourrir un par un. Raté ^^. Une fois que tu as les bras blindés de bonbons à éléphants, l’éléphant mange le plus vite possible pour vite retendre la trompe vers toi jusqu’à ce que tu n’ais plus rien. Une fois que tu as les bras vides, tu as tout de suite beaucoup moins d’intérêt pour lui (monde cruel !) Ou alors tu te dis « tiens je vais nourrir celui-là » mais celui d’à côté tends la trompe pour te chiper tes bananes !

On va nourrir les bébés éléphants. Ils sont choupinous, ils ne font que danser, se dandiner, un se gratte même la tête avec la canne à sucre que je lui file (dans la vidéo ^^),… On va nourrir celui qui est arrivé il y a 2 semaines. C’est vraiment horrible. Il a le crâne pleins de trous, la tête couverte de croûtes. On lui tend les fruits de loin et on ne pourra pas le caresser bien sûr, mais ça brise le cœur de voir un animal dans un état pareil. On se demande bien ce qui peut passer par la tête de quelqu’un pour se dire « Tiens, allez un peu de folie, à partir de demain, tous les jours, je vais aller battre mon éléphant, c’est trop cool »…

On va ensuite nourrir le vieil éléphant. On ne peut pas le toucher non plus mais tout se passe bien.

Un des éléphants passe sa trompe autour de chacun de nous pour nous faire des bisous suçons dans le cou. Bon en fait, ce ne sont pas tout à fait des bisous d’éléphants : Les éléphants ont besoin de sel… Notre cou est bien salé donc il vient nous goûter. Heureusement qu’ils sont végétariens. On se dit ça aussi à chaque fois qu’ils brisent un bout de canne à sucre. Ca fait un bruit pas possible, on est bien contentes de ne pas être en sucre !

Ensuite, Poussin nous fait notre second cours. Le métier du mahout est dangereux (on s’en doutait). Il doit toujours être vigilent. Si l’éléphant veut le tuer, il n’a qu’à le soulever avec sa trompe et le balancer un peu plus loin… Un éléphant peut porter jusqu’à 10% de son poids avec sa trompe. Soit 350 kilos ^^. Donc le lancer d’humain pour lui, c’est comme jouer aux billes. Il nous explique aussi comment caresser l’éléphant : Sa peau est extrêmement dure, si on le caresse comme un chaton, il ne sent même pas qu’on est là. C’est comme les chevaux : Des petites tapes et ils sont contents.

Quand les éléphants ont les yeux qui coulent, ce n’est pas qu’ils sont en train de pleurer… c’est de la sueur ! C’est qu’ils ont trop chaud, donc il est temps de les emmener au bain se rafraîchir !

Les éléphants ont une chaîne à un pied. Au départ, les éléphants étaient tout le temps libre. Mais il y a des champs de banane et de canne à sucre à côté et les agriculteurs appelaient sans arrêt le centre pour qu’ils viennent récupérer leurs éléphants et qu’ils paient pour les dégâts… C’est aussi une question de sécurité lorsque nous les nourrissons. Après, comme nous le fait remarquer le guide, la chaîne est toute petite. Quand on voit l’éléphant à côté, s’il veut se carapater il a à peine à donner un coup de pied…

Il nous parle aussi du crochet qu’a le mahout. C’est aussi une question de sécurité. Pour les ¾, il est rangé à la ceinture, ils ne le tiennent même pas. Mais les éléphants cherchent en permanence à tester leurs limites, comme des enfants : « est ce que je peux manger ça, est ce que je peux faire ça,,…. ? » et c’est au mahout de lui dire « non là si tu manges ça tu vas mourir,…Après en 2 jours j’en ai vu aucun l’utiliser. Mais au final, c’est comme un chien qui fait pipi sur la moquette, tu le tapes derrière l’oreille. Un enfant qui fait une bêtise, une fessée. Un cheval qui refuse un obstacle, un coup de cravache. C’est là au cas où. Encore une fois ça fait partie des raisons pour lesquelles il nous a demandé d’avoir un esprit ouvert.

On va s’asseoir et ça va être l’heure d’apprendre à gérer un éléphant ^^. 2 éléphants et leurs mahouts viennent avec nous. Pendant que Poussin nous explique comment ça va fonctionner, un des éléphants se gratte tranquillement contre un arbre. L’autre joue avec son mahout. Un mahout a 16 ans, l’autre 17 ans… Ils ne voient presque plus leur famille, ils sont 100% du temps sur le centre avec leurs éléphants…

On a des éléphants joueurs, ils n’arrêtent pas ! Les mahouts sont sans cesse en train de les occuper.

Première étape : Monter dessus. En soi rien de plus simple, il suffit de dire à un éléphant de 2 mètres 50 de se coucher pour ensuite lui tirer l’oreille pour lui grimper dessus. Trop facile. Bon alors d’abord faut qu’il se couche. Un éléphant, c’est pas un toutou. Tu lui dis Couché, il ne va pas se coucher. Déjà faut lui demander en Thaï. C’est déjà beaucoup plus fun. « Non lung ! » Tu répètes plusieurs fois… Non Lung Non Lung Non Lung ! Et pas avec une voix de chaton apeuré, il faut montrer que tu sais ce que tu veux… Une fois qu’il a compris il faut lui laisser un peu de temps : il va trouver une place où il sera bien installé, où il n’y a pas un objet pointu qui risquerait de lui entailler la peau. Au passage, on apprend qu’un éléphant peut mourir s’il marche sur un objet pointu : Il a une sorte de nerf qui va du pied au cerveau, donc s’il marche sur un truc qui lui coupe cet autre truc, ça peut le tuer. Fragile ces ptites bêtes !

Bon, il finit par trouver un coin où il est bien. Il s’installe. C’est massif un éléphant. Quand il s’assoit à un mètre de soi, ça fait bizarre ! Après, c’est comme un éléphant, tu montes par le côté gauche. Sauf qu’à la place de tenir les renes, tu lui tiens l’oreille et que t’as pas d’étrier alors qu’il est encore plus haut. Et il n’y a pas de selle non plus. Bon vous l’avez compris, c’est un peu la galère, chacun fait comme il peut ^^.

Ensuite, il faut vite choper l’autre oreille, parce qu’il n’y a pas besoin de lui demander de se relever. Une fois que le paquet est monté, il se remet debout de suite. Donc vaut mieux rapidement trouver l’autre oreille pour s’agripper.

Il nous laisse quelques minutes à 2,5 mètres de haut avant de nous laisser redemander à l’éléphant de bien vouloir se rasseoir pour qu’on puisse retrouver la terre ferme.

 

Etape suivante : Le diriger. Y’a pas de rênes, pas de volant et il ne comprend pas le français. Ça s’annonce rigolo aussi. Alors pour le faire avancer : Il démarre quand on lui dit Paï et qu’on lui titille les 2 oreilles en même temps avec les pieds. Pour tourner, il faut dire Kwaï. Si on veut aller à gauche, on serre la jambe gauche autour de son cou (je vous rassure on ne l’étrangle pas, son cou est un tout petit peu plus gros que nos jambes…) et avec la jambe droite, on lui titille l’oreille droite. On a un peu l’impression de fonctionner en sens inverse quand même… Mais en fait, en avançant son oreille droite, ça lui fait tourner la tête à gauche et il va là où il regarde…

Enfin, pour l’arrêter (oui c’est bien de savoir démarrer, mais c’est comme une voiture, vaut mieux apprendre à freiner avant d’accélérer), il faut dire « how ». Hop, on emmène notre petit éléphant faire un tour d’arbre, s’arrêter et repartir dans l’autre sens. C’est bon. On est paré.

C’est l’heure de manger, on file à table. Le centre est vraiment super : Même la nourriture est délicieuse ! On aura même de l’ananas bien frais en dessert. Miam.

Après, on a le droit à une pause dans les hamacs, mais il faut mettre la tête dans un sens (il y a un temple à un endroit, il ne faut pas lui montrer nos pieds). Maintenant, je peux dire que j’ai fait une sieste dans un hamac à côté d’un troupeau d’éléphants. Ce n’est pas le genre de phrases que l’on peut dire souvent !

Puis, c’est le moment d’emmener les éléphants faire un tour. S’il n’y a pas de touriste, c’est le mahout qui emmène l’éléphant en balade. Dans tous les cas, c’est comme un toutou, il aime bien aller faire un tour. On va donc nous attribuer des éléphants pour notre balade. Le guide nous aime bien, il aime bien nous taquiner, on est les 2 seules à se marrer tout le temps et il va bien nous récompenser…

Un éléphant monstrueux arrive. Je n’ai jamais vu un truc pareil !! Il est énorme ! A côté, les autres ont tous l’air d’éléphanteaux. « Toi tu vas là, vous 2 vous prenez celui-clà.. «  Il ne reste plus que Léa et moi sur le banc et il nous fait « Bon ben salut, bonne aprem » et fait l’air de s’en aller… ahah. Qui aime bien châtie bien. Le gros monstre, c’est le seul qui reste. Evidemment, il est mort de rire en nous le montrant… Ah oui, c’est impressionnant quand même. Léa monte à l’arrière, je prends le volant. Je ne vous raconte pas la galère pour monter sur un truc pareil, ils ont dû venir nous aider… Quand il se lève, on voit bien le sol s’éloigner. Pendant longtemps. Il est loin le sol… On n’arrive pas à retenir son prénom (c’est du thaï), mais en anglais, son prénom veut dire « big mama »… inutile de demander pourquoi, elle porte très bien son nom…. C’est parti ! Globalement ça se passe bien. Sauf que c’est l’après-midi. Il fait chaud. Pour se rafraîchir, un éléphant commence par battre des oreilles. On se prend des coups toutes les 10 secondes. Quand il fait encore trop chaud, ils prennent leur trompe, ils ouvrent la bouche et dans la gorge, c’est comme les chameaux, ils ont une réserve de 5 litres d’eau. Il vient chercher un peau d’eau. Et un éléphant c’est comme inspecteur gadget : Gadget au brumisateur : Paf tu te prends de l’eau dans la figure. OK, c’est cool ça rafraîchit, il fait plus de 40°C. Par contre, ce n’est pas que de l’eau. Ca a quand même traîné un moment dans la gorge d’un éléphant…

L’éléphant, pour se rafraîchir, il trouve ça aussi super drôle de se recouvrir de terre. Donc nous sommes également recouvertes de terre et avec l’eau qu’elle nous balance, on a les jambes pleines de boue. Donc ce ne serait pas possible d’aller bosser à dos d’éléphants, je ne pourrais pas rentrer en production après. Bon, même si je reconnais que ce n’est pas que la crasse qui m’empêchera d’aller bosser à dos d’éléphants…

A la moitié du trajet, on échange. Je deviens passagère. Je préfère être conductrice. Il a trop de poils cet éléphant. Ils ont des poils bien drus qui piquent le derrière et les mollets… Ces poils leurs servent à sentir s’il y a des bêtes qui se baladent sur eux… Nous on sent bien qu’on est sur un éléphant… Après 10 minutes, je ne sais plus comment mettre mes jambes !

Bon après la rando, tout le monde est bien crado. C’est l’heure du bain. Les mahouts mettent les éléphants à l’eau pendant que poussin nous donne les instructions. Une brosse par personne et un seau par éléphant. Ne pas perdre de brosses, ils en ont à plus de 35 perdues ce mois-ci. Faire attention à ses pieds si l’éléphant se relève. En profiter et s’amuser : Les éléphants adorent le bain. On écoute les consignes mais que d’une oreille, car on regarde les éléphants rentrer dans l’eau. C’est impressionnant ! De vrais gamins !!! Ils balancent de l’eau partout, ils se roulent, ils mettent la tête sous l’eau, ils font des roulades…

On va vers big mama (elle a dû faire déborder l’eau du bain plusieurs fois en y rentrant je pense !), elle s’allonge sur le côté et elle attend qu’on vienne la gratouiller. Une fois de plus, s’il n’y a pas de touristes, le mahout va baigner l’éléphant 2 fois par jour dans tous les cas.

On commence par lui balancer de l’eau pour enlever le plus de terre possible. Après on gratouille, on gratouille. Soudain, on se prend plein d’eau dans la figure… on croit d’abord que c’est un mahout qui nous a balancé un seau d’eau. Non, non, c’est l’éléphant d’à côté. Il nous regarde, met la trompe dans l’eau et nous vise ^^. Il fait ça 2 ou 3 fois et va arroser les suivants ^^. On est allongée sur l’éléphant en train de le gratter… Aujourd’hui, je me suis baignée avec un éléphant !!!!!!!!!!!!!!! Ca dure bien 20 minutes, tout le monde s’éclate !

Les éléphants, ça les nettoie mais ca permet aussi de les refroidir après quelques heures passées au soleil !

Quand ils en ont eu assez, ils ressortent. Nous on file sous la douche. Poussin va nous montrer notre chambre. On s’installe on se douche et on redescend.

Nous ne sommes que 2 d’aujourd’hui à rester 2 jour. Mais 5 autres personnes vont se joindre à nous. Ils ont fait une première journée rafting et feront le lendemain une journée éléphant comme nous avons fait aujourd’hui. Il y a 3 canadiens et un couple suisse allemand. Nous passons la soirée avec eux, notre guide et quelques mahouts qui font les allers retours avec les éléphants.

Nous demandons si nous pouvons revoir les éléphants avant de manger. On nous répond « Oui mais pas trop près, c’est sexy time »…. ?? Sexy time ???

On va voir… un mâle, une femelle… Ah ils font des bébés ^^ c’est ça le sexy time !

Le guide nous apprend qu’il y a très peu de bébés éléphants. Le problème c’est que dès que la femelle a peur elle perd le bébé. Un hélicoptère ou un orage et bim plus d’éléphanteau. Ou alors, si le bébé lui fait mal en sortant, elle se venge en le tuant… Bref, pas simple donc !

Ensuite on mange tous ensemble et on a l’impression de faire une grosse et longue soirée alors qu’à 23h nous sommes tous couchés.

C’est fatiguant ces ptites bêbêtes, ça demande beaucoup d’attention, nous sommes épuisées !

Vivement demain !!!!!!!!!!!

Ju