Battambang: Un cours de cuisine, visite de l’école de cirque et un quizz…dans les 3 cas on se sent nulles ^^

Hello,

Après notre grosse journée découverte de la veille, un challenge de taille nous attend : Faire 3 recettes typiquement cambodgiennes en seulement 3 heures. Lignac trépigne d’impatience. Nous aussi. On veut du moelleux, on veut du croquant, on veut du gourmand !

Après le réveil à 6h30 hier, réveil à 7h ce matin (ça veut dire quoi grasse mat déjà ????). Je retrouve Léa à la réception et nous filons à la recherche d’un tuk-tuk pour rejoindre les filles en ville. Elles ont rencontré pas mal de français expat, dont notamment un qui tient un bar/restaurant le Madison. Si c’est tenu par des français, tu sais que tu peux y aller, ce sera propre, pas de risque d’intoxication, de tomber malade,… Donc nous y allons.  On les retrouve en terrasse. Un peu ébahie… elle vienne de voir un cambodgien (un adulte) se promener tout nu dans la ville. Alors dans tous les guides, il y a des mises en garde : Ne portez pas des trucs trop courts, des trucs trop décolletés, respectez la culture locale blablabla. Tu fais attention et eux se baladent à poil… Bien bien bien…

Passons… Les crêpes ici sont des vraies crêpes, nous en profitons : Pour changer du riz, nouille, omelette des petit-déjs habituels, nous commandes crêpes bananes nutella. Et pour moi une bonne coco pour accompagner tout ça. Ma coco est choux. Ils ont fait une ouverture en forme de cœur et ont saupoudré le contour de chocolat. Ce sont des petits détails qui font plaisir. Moi j’aime bien qu’on me fasse des ouvertures en forme de cœur dans la coco au réveil ! La crêpe est délicieuse, extra, succulente… enfin, pour vous c’est juste une crêpe habituelle avec un peu de nutella et de la banane. Pour nous c’est LA crêpe. Elle a la forme d’une crêpe. Elle a la taille d’une crêpe. Elle est fine comme une crêpe. Et la pastèque sur le clafoutis : Elle a le goût d’une crêpe ! Incroyable !!!!!!! Le top.

L’heure approche. Ca va être l’heure de notre cours de cuisine. Ah. Un moment très attendu !! Dans 3 heures, nous serons de vraies cheffes. C’est certain.
Nous nous dirigeons vers le restaurant qui donne les cours, le Narry restaurant. Le chef nous accueille et nous donne tout de suite notre livre de cuisine avec lequel nous repartirons. Il nous l’ouvre et nous demande de lire les trois premières « leçons ». Ahah j’adore, j’ai l’impression de me retrouver à nouveau sur les bancs de l’école. Mais les bancs cool hein, pas genre les bancs d’amphi d’équa diff où tu avais peur de repartir borgne à cause des sautes d’humeur du prof… ou les bancs de TP transferts (les emaciens comprendront la douleur dont je parle…). Nous repérons pas mal d’ingrédients que nous ne connaissons pas. C’est pour ça que la leçon commence au marché de Battambang. Mais pas le marché central remplit de touristes. Non. Le vrai marché. Pour les restaurateurs. Le marché immense où nous serons les seules étrangères.

Le cours commence.

« Qu’est ce que c’est que ça ? »

« Facile. Des citrons verts ».

« Perdu, des petites pommes d’ici » Aïe, on commence mal…

« Et ça ? » « Euh… » « La fleur de banane »
Quand il ouvre, nous pouvons voir des bébés bananes qui deviendront de vraies bananes… dans 3-4 mois ! Je pensais que c’était plus rapide que ça… Même si, OK, je ne m’étais jamais posée la question jusque là.

« Et là c’est quoi ? » ah on va enfin avoir une bonne réponse : « Des haricots blancs ! » « Non, des raisins » Hein ??

Pfu, ohlala on est nulle. Mais qu’est ce qu’on se marre. Notre chef prend les choses très au sérieux, il essaie de nous parler le plus possible en français, nous fait sentir pleins de racines différentes.

Après soyons honnêtes, ce n’est pas tout rose non plus. Se retrouver à 9h du matin en train de regarder des poissons agonisés sur une planche, des bassines de tripes, des blocs de sang coagulé, une cambodgienne en train de découper un poulet (Pas découper comme chez nous, genre une cuisse, une aile,… non là elle est en train de vider les tripes pour aller récupérer les rognons, un régal) : Une bassine pour les têtes, une bassine pour les cœurs, une bassine pour les jaunes d’œufs qui étaient encore à l’intérieur, une bassine pour les pattes, une bassine pour les rognons. C’est fou tout ce qu’on peut sortir d’une seule bêbête. Mais après le petit-déjeuner, faut quand même avoir l’estomac bien accroché…

Il achète des piments doux et me tend le sachet. Puis nous devons acheter du lait de coco. Rien à voir avec nos petites briquettes de supermarché. Là, on va voir la cambodgienne : « Bonjour, 1 L de lait de coco s’il vous plaît ». C’est parti : Elle prend des cocos (les mêmes que chez nous), les ouvre, met en marche une première machine qui permet de récupérer toute la coco à l’intérieur sous forme de copeaux/poudre dans une bassine. Ensuite, elle prend la bassine, va vers une deuxième machine : Elle vide le contenu, met en marche la machine… et PAF ça fait du lait de coco. J’ai l’impression de me trouver devant une vache robot. Avec les filles nous sommes en extase devant ces 2 machines. Le chef doit se dire qu’il ne faut pas grand-chose pour nous impressionner !

La cambodgienne verse le contenu de la bassine dans un sac plastique, fait un nœud et hop nous avons notre litre de coco.

Nous repartons au restaurant, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Première impression en voyant la cuisine : On peut venir manger des crudités et des salades de fruits ici, c’est tellement propre qu’on pourrait dormir par terre. Même Mymy, la reine de la propreté, est épatée ! C’est dire !

C’est trop drôle, nous avons chacune une table, un tabouret et notre nécessaire de cuisine. Nous prenons un joli tablier. Nous sommes une classe un peu dissipée, nous avons beaucoup de mal à nous retenir de rire. Faut dire aussi que ce n’est pas facile avec notre chef qui a mis un tablier rose Hello Kitty… Il nous parle en français mais ses expressions nous font beaucoup rire « Couper…. Petit-petit ! »

Il est très directif, on se croirait vraiment dans une cuisine de restaurant (bon c’est un peu le cas…), nous on s’exécute. Vous savez la folie dont parlait Gad Elmaleh quand t’es chez Ikéa ? Tu sais, une fois que tu prends le mètre, il te vient une maladie bizarre où tu veux tout mesurer… Il nous arrive un peu la même chose, on veut tout découper !! Mymy frôle l’hystérie « Quand est ce qu’on découpe encore ? », nous l’arrêtons plusieurs fois : « Mymy, c’est bon, il a dit de couper 4 fois, il n’a pas dit de faire des miettes… »

Nous commençons par la leçon numéro 1 (fou rire forcément, il se prend vraiment au jeu c’est trop drôle « Première leçon, ouvrez votre cahier ») : Amok fish, LA spécialité cambodgienne, du poisson au lait de coco cuit à la vapeur dans des feuilles de banane…un délice ! Nous coupons plusieurs racines. Des mini-bouts. Voire des micro-bouts. « C’est tout ?? »

Une fois que nous avons tout mis, nous versons le tout dans le mortier, et c’est parti, il nous demande d’écraser pendant 10 minutes. On s’exécute. Il revient 5 minutes plus tard et nous regarde un peu dépité « AH non mais là, va falloir écraser plus fort sinon ce n’est pas 10 minutes qu’il va vous falloir mais une heure ». Compris chef. Désolée d’être des brêles chef.

En plus, nous faisons des photos et des vidéos toutes les 5 minutes… des fous rires… des pauses parce que 10 minute à écraser par 35°C, c’est fatiguant…. Bref, top chef ce ne sera peut-être pas pour cette année…

Je finis la première. Ahah je suis donc la brêle la plus rapide. Eh oui, on se console avec ce qu’on peut !

Quand il sort le poisson, nous sommes soulagées de voir qu’il est déjà mort, vidé et coupé ! Ouf ! ça me rassure parce que la leçon suivante ce sont des nems au porc, je ne voudrais pas avoir à égorger et vider le cochon pour ma leçon… La troisième leçon c’est le bœuf lok-lak, encore pire, si je dois tuer un bœuf, nous ne sommes pas sorties de l’auberge ! Donc ouf, c’est tout bon, je me contente d’apprendre la cuisine aujourd’hui, la chasse ce sera pour un autre jour, y’a déjà assez de boulot comme ça !!

Ce qui est génial avec ses recettes, c’est que non seulement on apprend à les faire donc on voit les méthodes de cuisson,… mais il propose aussi d’autres ingrédients pour quand nous serons en France. Un exemple : pour faire cuire le poisson, nous devons faire des bols avec des feuilles de banane (C’est atelier poterie pendant atelier cuisine…). Bon… dans le pays de Gex vous imaginez bien que les feuilles de banane ça ne court pas les rues… ouf, sauvée on peut les remplacer par un bol en céramique. Pareil pour les nems, il met du taro, mais nous pourrons le remplacer par de la patate douce,…

L’atelier bol en feuilles de banane nous a beaucoup fait rire…et galérer. Il te file 2 feuilles de banane, il coupe quelques cure-dents en 2 et vas-y débrouille-toi, faut que ça fasse un bol. Il nous félicite (ou veut juste être sympa et nous encourager) : lui a mis plusieurs années à faire de beaux bols et nous du premier coup c’est pas si mal. Ou alors… on était tellement nulles en cuisine qu’on est finalement moins nulle en atelier sculpture et ça l’a soulagé de voir que nous n’étions pas bonnes à rien ^^.

La dernière étape c’est faire chauffer le lait de coco avec un peu de maizena pour l’épaissir. Je trempe mon doigt dans le lait de coco. Décidément rien à voir avec nos briques, c’est un vrai délice, c’est léger…hum. Je me demande quel goût pourra bien avoir mon amok fish une fois que j’aurais mis notre lait de coco bien lourd et mis le tout à cuire dans un bol…

Pour les nems, je suis une star comme j’ai déjà appris à les rouler à Sapa chez les Dzaos ! Les nems n’ont plus de secret pour moi et franchement, c’est super simple. La cuisson est assez drôle. On remplit une poêle d’huile (Oui ce n’est pas le plat le plus léger du monde, Dukan ferait une syncope en voyant ça). On met sur le feu. Pour vérifier si c’est assez chaud, on trempe un bout de nem. Si ça fait des bubulles, c’est bon. Et ensuite, on ne plonge pas les nems comme des sagouins dans l’huile. Non, c’est tout un art de faire frire des nems !!! Il faut délicatement le faire glisser sans le pousser depuis un bord de la poêle (j’allais dire un coin… mais c’est dure de trouver un coin dans un rond… bravo Julie). Puis les suivants, on les insère par le même endroit, donc ça pousse le nem précédent. On finit par avoir une ligne de nems. Ensuite, il faut les tourner quand ça devient brun. Il faut les tourner régulièrement jusqu’à ce qu’ils soient bien bruns des 2 côtés. Quand on les sort, il ne faut pas juste les poser en vrac sur un sopalin. Il faut d’abord les laisser se vider de leur huile au-dessus de la poêle, puis les poser verticalement sur le sopalin pour que l’huile continue de s’écouler le plus possible. Gras, mais pas fou quand même le nem !

Notre troisième leçon est donc le bœuf lok-lak, plat traditionnel où nous découvrons avec stupeur qu’un des ingrédients est… du ketchup !!!!

Nous finissons dans les temps (bon ok il nous a quand même un peu aidées et pressées à la fin…) et repartons avec une magnifique assiette ! La classe mondiale, nous sommes fières comme…. Comme…. Je ne sais pas comme quoi, mais nous sommes super fières !

Nous allons tranquillement déguster tout ça. A chaque bouchée, nous nous auto-félicitons. Heureusement que nous n’avons mis que des micro-bouts de racine dans le poisson car il est déjà très relevé !

Ensuite, il est temps de retourner au cirque ! Les enfants y sont les après-midis et nous aimerions voir comment ça se passe.

Je ne vous raconte pas la claque que je me suis prise… Il y a 3 petites filles qui prenaient un cours de trapèze. Peut-être avaient elles une dizaine d’année. Ce sont des élastiques. Et la prof montrait une figure, elles refaisaient la même juste derrière. Et pas forcément des figures faciles… A un moment, j’ai eu un espoir. La prof a montré le double tour (A part ma prof de trapèze, ma tourte bis et ma  blonde personne ne comprendra mais bon en gros c’est une figure très compliquée), figure que je n’ai jamais réussi à passer et ce n’est pas faute d’avoir persévéré. Elles n’y arrivent pas. Bon ça me rassure quand même. Mouais… en fait elles n’y arrivent pas les deux premiers essais. La troisième fois ça passe. Ne bougez pas, je reviens je vais chercher une poutre pour me pendre !!

Le jonglage n’en parlons même pas. Leur prof est un expat français… il est écœuré. Il y a 3 jongleurs d’une dizaine d’année qui ont un niveau incroyable. Il arrivent à faire des choses que le prof n’arrive pas à faire. Je pense honnêtement qu’ils ont le même niveau que mon prof à l’époque. Ils passaient des figures que je n’avais jamais vu. Pour rigoler, hop il monte sur les épaules du copain et entame un passing… Ecœurant je vous dis !

A la récré, je sors rejoindre les filles qui sont épatées par les infrastructures. C’est immense, tout est très bien équipé. Il y  a une salle informatique avec un prof. Une librairie avec des tonnes de livres en français et en anglais. Franchement, ça fait rêver de pouvoir grandir dans un environnement pareil !

Nous allons voir les petits au jardin d’enfants qui se prennent tout de suite d’affection pour nous et essaient de nous apprendre quelques mots en khmer. Ils veulent que nous les prenions en photos et demandent à voir les photos ensuite. Ils ont des sourires… inoubliables !

Après 2 heures à tourner, nous retournons voir notre tuk-tuk et nous rentrons à l’hôtel. Ce soir, c’est soirée quizz culture générale. Nous formons une équipe de choc avec 3 françaises (Ju, Mymy et moi), une suissesse (Léa) et 2 québécoises (Stéphanie et Camille). Nous sommes 4 bilingues et pourtant… impossible de comprendre les questions ! Il a un accent… nous ne comprenons rien. Heureusement, il y a un prix pour les premiers, les derniers et le meilleur nom d’équipe. Nous donnons tout sur le nom d’équipe, les French fries. Et nous donnons tout pour finir dernière. Ce n’est pas passé loin, mais je nous ai plombé quand j’ai trouvé la réponse d’une question… qui nous a valu un point bonus tellement c’était dur.

La question ? Qu’est ce qu’on jette du haut de toits en Inde durant une cérémonie… ???

J’attends vos commentaires^^ et je vous posterai le lien de la vidéo demain (Ne trichez pas^^). Oui j’ai honte de connaître la réponse. Les filles ne me croyaient pas. C’était bon, résultat : Un point, plus un point bonus et on se retrouve avant-dernière ! Et mince !

Heureusement, nous avons gagné le prix du meilleur nom de groupe ! Ouf, l’honneur est sauf !

Demain : départ seule en bateau pour Siem reap.

Les filles restent un jour de plus pour aller visiter une école reculée et me rejoindrons en bus le lendemain. Le bus met 3 heures et coûte 3,5$. Le bateau coûte 20$ et met 4 heures en période humide… et entre 6 à 12 heures en saison sèche. J’aime quand ça se complique et surtout j’ai l’habitude de ne pas savoir quand j’arrive. Il paraît que c’est la plus belle croisière à faire au Cambodge (quand je dis croisière j’envoie du rêve alors que ce n’est pas tout à fait ce genre de bateau…)

Avant d’aller me coucher, je réserve un hôtel pour le lendemain à Siem reap, ça permet d’avoir le pick-up gratuit à la station de bateau. Comme le bateau arrive assez loin de la ville, c’est une bonne économie ^^.

A demain !

Ju

Battambang: Une journée pas comme les autres

Hello,

Aujourd’hui, grosse et excellente journée en perspective!

Léa, la genevoise que je viens de rencontrer, a réservé un tuk-tuk pour la journée. Bien sûr, plus nous sommes de monde, moins c’est cher. La vie est cruelle : Si t’as pas d’amis, tu risques rapidement de te retrouver ruiné…

Nous sommes donc déjà 2 et bien sûr, le duo infernal, alias Ju et Mymy nous rejoignent également ! Elles viennent à 7h à l’hôtel, nous avons le temps de prendre le petit-déjeuner toutes ensembles ! Une omelette et une salade de fruits plus tard, le tuk-tuk, notre magnifique bolide pour la journée, arrive. Il y a déjà une anglaise dans le tuk-tuk. Il demande 6$ pour la journée. Les filles m’envoient négocier ^^. Je passe à 5$ et ce sera 6$ avec le pourboire si nous passons une bonne journée. Ce qui est un bon compromis…

C’est parti. Nous aimons de plus en plus nous déplacer en tuk-tuk^^. Il fait un premier arrêt… pour vérifier la pression des pneus. Nous sommes épatées qu’il fasse un arrêt pour ça. Un peu moins qu’il ne nous demande pas de descendre au moment de mesurer… Passons… Nous filons d’abord sur une route, puis partons sur un chemin de terre. Ca saute dans tous les sens, ça nous éclate dans tous les sens du terme.

Nous arrivons à notre première attraction de la journée (et aussi la seule à notre connaissance) : Le bamboo train !!!! Ahlala depuis le temps que j’attendais ça !!! C’est un peu cher, 5$, mais en ce qui me concerne c’est un incontournable !!!!! En gros, une planche, 4 roulettes, des rails et c’est parti !!! Et quand on est proche du sol, la sensation du vitesse est beaucoup plus importante. On a presque l’impression de franchir le mur du son^^ (bon ok j’exagère peut être un tout petit peu…) On traverse la jungle, des champs, des villages, on croise des enfants, des personnes  vélo,…

Comme il n’y a que 2 rails, le bamboo train va dans les 2 sens. Du coup, quand quelqu’un arrive en face, on s’arrête et pas de problème : L’un des deux descend, on retire la planche et les roulettes, l’autre passe, on remonte notre train en kit et c’est reparti pour un tour. Les rails ne sont pas très droites. Elles ne sont pas parallèles non plus. Et les bouts de rail ne sont pas forcément bien alignés les uns par rapport aux autres. Donc ça fait pas mal de bruit et ça secoue, mais c’est rigolo ^^.

Nous ne croiserons qu’un autre bamboo train à l’aller. Comme nous sommes parties assez tôt, nous sommes seules quand nous arrivons au village quelques kilomètres plus loin.  C’est parfait, nous avons du temps avec les habitants qui sont souriants et extrêmement accueillants. Une cambodgienne nous apprend quelques mots, j’adore ! Des enfants sont assis sur un bamboo train en-dehors des rails et sont en train de faire des bracelets pour les touristes. Nous allons nous promener et tombons sur un camion collector. Rouillé jusqu’à la moelle ! Il est beau mais pas comme un camion. Il est garé devant une briquetterie où nous allons nous promener quelques minutes, puis nous repartons vers le bamboo train. Nous croisons deux petites filles à vélo qui sont enchantées de nous voir. L’une des deux s’appelle… Satan. Alors ça se prononce un petit peu différemment (Satane), mais quand même… étrange comme prénom pour une petite fille.

Mymy est en forme aujourd’hui et me sort pleins de phrases incroyables. Elle a une révélation : « J’adore l’odeur de la vache, on se croirait au Puy-en-Velay »… ça valait le coup de venir jusqu’ici !

Au retour, on mettra beaucoup plus de temps, car les touristes arrivent tout en même temps, donc nous devrons démonter notre bolide plusieurs fois.

Une fois en bas, nous retrouvons notre tuk-tuk. Ça aussi c’est rigolo et ça saute dans tous les sens… Nous partons vers notre deuxième stop. Ne nous demandez pas où, nous n’en savons rien. Nous on a demandé une journée et le bamboo train, le tuktuk driver s’occupe du reste.

Il nous arrête une bonne dizaine de minutes plus tard au bord d’un pont suspendu. On a l’impression que le pont est rouillé et vieux. Genre très vieux. Hum… il a été construit en 2002. Oups. Va falloir revoir les choix des matériaux ou changer l’équipe de maintenance… La rivière est bien bien loin en-dessous du pont, mais notre tuktuk driver nous explique que pendant la saison des pluies, là où nous nous trouvons, ça peut être sous l’eau. Nous nous trouvons à l’ancien arrêt pour les bateaux, à l’époque où il n’y avait pas de pont. Nous allons nous promener sur le pont. Incroyable, ça bouge un pont suspendu ^^. Le plus drôle, c’est quand une moto avec une remorque presqu’aussi large que le pont s’y engage… il faut se coller contre la barrière pour le laisser passer. Et bien sûr, il faut tous se coller du même côté, sinon ça ne passe pas. Du haut du pont, nous voyons plusieurs « maisons » sur les berges. Ces familles ne vivent que de la pêche. Nous voyons d’ailleurs un pêcheur. Notez la méthode : Il met de la nourriture dans une bouteille en plastique, plonge la bouteille en plastique et quand il la ressort il y a un poisson dedans. Voilà. Je ne sais pas ce qu’ils vous racontent dans chasse et pêche mais franchement ça ne sert à rien d’investir dans une canne à pêche… Tu prends la bouteille de la veille, tu mets la fin de ton casse-croûte au fond et bam t’as de quoi faire un barbecue pour le soir ! Maintenant, vous savez comment épater les copains !

Le guide nous explique une autre chose hallucinante : Tu viens ici, tu plantes des bouts de bois dans l’eau, tu ramènes des branches pour faire venir les poissons. Et hop, c’est chez toi. Plus personne ne viendra pêcher le poisson à cet endroit ! C’est ta propriété. Ben oui, t’y as mis un bout de bois… Les actes de propriété c’est démodé. En rentrant, j’achète un arbre, je le découpe en morceau et hop je m’achète une ville complète^^. Trop facile. Entre ça et le coup de la bouteille, avouez que je vous donne pleins d’astuces pour vous faciliter la vie !!

C’est reparti, nous reprenons la route pour aller… quelque part…probablement.

Nous allons voir la seule et unique fabrique de vin du Cambodge. AHHHHHHHHH. « Y’a de la vigne » comme ils diraient en Valais. Et pas qu’un peu, plus de 10 hectares de vigne. Et ils ont un gros avantage sur nous : Ils récoltent le raisin 3 fois par an…  ça en fait des bouteilles. En France, t’as le cru 2011, le cru 1985 (J’ai dit au pif, j’y connais rien. Mais 1985 c’est forcément un très grand cru). Au Cambodge, t’as cru 2011 première tournée, 1985 deuxième tournée et 2013 troisième tournée. Nous allons voir la vigne, c’est impressionnant : Ils ont fait la récolte il y a un mois et c’est déjà pleins de grappes de raisin partout !

Pour 2$, nous pouvons faire la dégustation du vin cambodgien. Ce n’est pas l’envie qui manque. Mais il est midi, il doit faire près de 40°C à l’ombre, franchement à part des litres d’eau on n’arrive rien à avaler.

D’ailleurs il se passe un truc marrant avec cette chaleur. Durant la journée, nous allons boire près de 3 litres d’eau, peut être plus (oui je ne m’amuse pas à calculer, j’ai autre chose à faire. Regarder les tuk tuk passer par exemple), sans jamais aller aux toilettes. Ahah, qui a dit que les femmes allaient sans arrêt aux toilettes ? Ici, même les reins sont partis en vacances ! Par contre, niveau transpiration on est au top du top. On dit que les français sont sales, mais franchement on a beau prendre 2 douches froides (y’a pas d’eau chaude et c’est mieux comme ça. Même froide elle est trop chaude, tout un concept !) par jour, on est toujours ruisselantes, brillantes, couvertes de crasse,… Eux, non, ils ne voient pas le problème. Tu vois le blond de Gad Elmaleh avec l’étagère de chez Ikéa ? Ici, c’est pareil. T’as les français d’un côté qui essaient de ne pas trop sentir et dégouliner. De l’autre t’as le cambodgien qui se balade, tranquille, belle peau pas brillante, il sent bon,… Ben on fait comme on peut !

Bref… Je m’égare. Donc après le vin, nous filons vers notre dernier stop avant manger : Des temples tout en haut d’une montagne. Un petit malin a eu la bonne idée de mettre 360 marches pour y accéder. Un escalator aurait été futé, mais sans électricité, paraît-il que ça revenait au même… La poussière et les risques de chute en moins (Oui, c’est pas drôle de faire 2 marches de la même hauteur et de la même largeur… celui qui a fait l’escalier s’est lancé un défi de taille : Réussir à faire 360 marches complètement différentes. Bien joué, pari relevé, félicitations.

360 marches plus haut nous arrivons bien dégoulinantes. Ce n’est pas comme s’il faisait 40°C à l’ombre et que nous étions en plein cagnard à midi…

Nous rentrons dans un premier temple, il fait frais, nous faisons baisser la température… avant de sortir du temple et de voir un panneau « Danger » là où nous nous trouvions juste avant…

Nous voyons pleins de moines. Nous n’osons pas trop les prendre en photo, on  ne sait pas si ça se fait ou pas… Soudain, un des moines vient nous voir tout gêné et nous demande si on accepterait de se faire en prendre en photos avec eux… Ah ouais ????

Et figurez-vous que j’ai découvert un truc à ce moment-là… Au Cambodge nous sommes des stars. Je ne sais pas pourquoi nous sommes connues, mais nous avons passé une bonne demi-heure à nous faire prendre en photo. Tous les moines voulaient une photo avec nous. Après les cambodgiennes sont venues nous demander aussi… Bref, un vrai shooting en haut de ces 360 marches avec une classe de moines. Normal, exactement ce à quoi je m’attendais en me levant ce matin…

Donc c’est une classe de moines qui sont venus en visite ici pendant 3 jours. Celui avec lequel nous discutons étudie le General Management. Ils sont tout contents de discuter avec nous. Nous encore plus de passer un moment privilégié avec des moines cambodgiens !

Ensuite, ils finissent par nous laisser, ils ont une sorte de conseil de classe, ils se regroupent tous. Soudain… ils nous demandent de nous joindre à eux. Eh oui, c’est l’heure de la photo de classe et visiblement rien ne leur ferait plus plaisir que nous soyons dessus avec eux. Ça prend une éternité parce que chacun donne son appareil photo ou son téléphone pour immortaliser le moment. Surréaliste.

Voilà, donc aujourd’hui, j’ai fait un shooting photo avec des moines… et vous vous avez fait quoi ?? (Je risque pas de m’ennuyer en rentrant ???)

Bon au bout d’un moment il faut qu’on y aille, nous sommes attendus par un autre cambodgien 360 marches plus bas. Nous les remercions, mais eux nous remercient encore plus… Une fois arrivé en bas, notre chauffeur nous explique qu’il est temps de faire la route pour aller manger. Il nous emmène dans le restaurant familial. OK. Nous reprenons la route. Je ne pense pas me tromper en disant qu’il n’a pas pris un raccourci. Ni le chemin le plus facile d’ailleurs. Nous roulons une bonne demi-heure sur un chemin de terre, nous ne croisons aucun touriste (il n’y en avait déjà plus depuis le retour du bamboo train), voir aucune trace de vie. Nous traversons champs asséchés, rizières verdoyantes. Pas mal de trous sur la route. Enfin sur le chemin de terre. Les paysages sont magnifiques et nous nous demandons vraiment où nous allons.

Une bonne demi-heure plus tard, nous finissons par arriver dans un petit village. Il rentre limite le tuk tuk dans le restaurant (OK quand je dis restaurant je veux dire 2 tables abritées sous un toit en paille. Un resto quoi), nous sommes à la maison ! C’est parti, nous commandons des cocos, car elles sont réputées pour être les meilleures du Cambodge à Battambang, comme les oranges, elles sont réputées pour être les plus sucrées. Effectivement, elles sont délicieuses. Nous commandons un porc à l’ananas avec du riz. Même si nous n’avons pas très faim. Nous n’avons que soif. En permanence. Tu bois, mais le temps que tu ais avalé ta gorgée, tu as déjà tout transpiré, tu peux recommencer. Il paraît que tu évacues les toxines quand tu transpires. Nous, ça fait bien longtemps que nous n’avons plus aucune toxine dans le corps. Pas besoin d’aliments détox ici, il suffit de se mettre debout dehors. Même pas. Il suffit de se mettre dehors.

Pendant le repas, je repère que les filles de la famille de notre guide sont en train de jouer au bingo. Après le repas, je m’approche et m’installe pour observer. On me tend une grille. Cool ! Je me retrouve sur une natte à jouer au bingo sous un toit en paille avec des cambodgiennes. A la deuxième partie, je vois qu’elle joue de l’argent. Mymy se joint à la partie également et nous misons de l’argent comme elles. 200 KHR par partie. Soit 0,03 euro… Ca ne va pas nous ruiner. Ni nous enrichir si nous gagnons d’ailleurs. Bon je ne vous cache pas qu’on galère un peu. Elles donnent les chiffres en khmer alors il faut attendre la traduction et une fois que nous savons de quel nombre il s’agit il faut encore mettre le petit caillou sur le nombre une fois qu’on l’a trouvé. Sauf que nous avons à faire à des professionnelles du bingo qui jouent à ça toute la journée et connaissent leurs grilles par cœur.

Mais je m’accroche et je gagne bien 3 parties sur 5 (Vous ne saviez pas que j’avais de la chance ??). Je repars de là avec 1500 KHR. Ouais bon OK, j’ai dû gagner 20 centimes au final. Mais c’était super marrant et elles étaient toutes contentes de jouer avec nous. Et inversement d’ailleurs.

Mais bon là, faut y aller, nous ne sommes pas venues au Cambodge pour passer l’après-midi à jouer au Bingo. Nous reprenons la route vers un autre temple. Magnifique. Au beau milieu des rizières, entouré de montagnes. Il y a plusieurs montagnes autour : La montagne bateau, crocodile et canard. Et le temple se trouve sur la montagne poulet (ils ne se sont pas foulés pour les noms des montagnes quand même… Bon remarquez avec  Mont-Blanc, on ne s’est pas non plus torturé les neurones…) Il y a pas mal de légendes autour de ces montagnes.

La montagne bateau est séparée en 2 : La coque et la voile. C’est parce que la montagne crocodile l’a attaquée. Les montagnes poulet et canard sont là car elles ont été données en nourriture au crocodile qui n’en a jamais voulu… Et avant, là où nous nous trouvons, c’était sous l’eau, mais une femme magnifique avec de longs cheveux et très puissante est venue ici et quand ses cheveux ont touché l’eau, elle était tellement puissante que toute l’eau est partie. Depuis, c’est un peu la cata, parce qu’ils sont obligés d’aller puiser les réserves d’eau dans les montagnes pour irriguer les rizières. Notez que rien de tout cela ne serait arrivé si ça avait été la mode des cheveux courts…

Pendant le génocide, les cambodgiens étaient envoyés ici pour travailler. Souvent jusqu’à épuisement. Et à proximité, il y a la « killing cave » : C’est un trou qui surplombe une cave de 40 mètres et les cambodgiens y étaient jetés pour les tuer… Leur histoire n’est vraiment pas simple. A chaque fois que tu découvres une anecdote ou un lieu historique, tu as froid dans le dos…

Nous filons vers notre avant-dernier arrêt : Justement les killing caves. En haut d’une colline. Sauf que la pente est tellement raide que le tuk-tuk ne peut pas nous y emmener. Nous allons donc monter avec des scooters (avec chauffeur. Ils font des allers retours). Le premier arrêt est un temple, puis la fameuse killing cave. C’est paradoxal. Aujourd’hui, il y a un buddha dans cette cave, le lieu est frais, silencieux, paisible… On s’y sent incroyablement bien. Si on arrive à faire abstraction des horreurs qui s’y sont passées… Ensuite, le scooter nous amène en haut de la montagne où la vue est magnifique sur la vallée. Je croise un moine en train de faire sa lessive. Je lui demande si je peux le prendre en photo, il est tout content. Ils sont toujours contents ici. Tu te demandes ce qui est arrivé à leur voisin vietnamien pour qu’eux tirent toujours la tronche… Bref, j’immortalise le moine qui lave sa seconde tenue dans sa bassine puis je file vadrouiller dans l’autre temple. Je tombe sur des singes. Ils sont bien à 20 mètres de moi, mais une française à côté de moi prend peur « AH non si y’a des singes j’ai trop peur moi je m’en vais… ». Il est vrai qu’ils sont réputés pour ne pas être très gentils. D’ailleurs, Ju et Mymy qui sont restées en bas ce seront fait balancer des pierres dessus par des singes en nous attendant… Je pense que si on leur demande leur papier ce sont des singes vietnamiens ^^  (oui bon ok j’arrête avec les vietnamiens, mais je n’ai toujours pas digéré la journée à Rach Gia).

Nous partons maintenant pour notre dernier stop. Ah le dernier stop. Vous allez enfin avoir la réponse à la devinette.

Alors Ninou, je te félicite, tu es la seule à avoir trouvé. Il s’agit bien de chauve-souris !!! Mais ce n’est pas tout… En fait, il y a une bat cave (grotte chauve-souris. Ils n’ont donné que des noms d’animaux à tous leurs trucs ici). Cette grotte est remplie… de chauve-souris (astucieux vous ne trouvez pas ?). Des milliers. Des millions. Que dis-je, probablement des milliards. Elles tournent en rond et dorment toute la journée dans cette grotte. Quand le soleil se couche, allez savoir ce qui se passe dans leur petite tête, elles décident toute en même temps « C’est l’heure de passer à table » et sortent toutes de la grotte… OK, vous vous dites « ouais super elle nous a dit que c’était génial, ce sont des chauve-souris qui sortent d’une grotte, elle nous vend du rêve pour rien ». Certes. Si c’était une dizaine de chauve-souris. Mais quand vous avez un milliard (sincèrement je ne sais pas combien il pouvait en avoir mais c’est vraiment incroyable) de chauve-souris qui passent sous votre nez, ça fait son effet.

Donc… tous les soirs à la tombée de la nuit, elles tournent en rond dans la grotte, ça grouille, on les entend. Soudain… l’une d’elle décide de sortir (nous nous sommes demandées : Mais qui décide la première « allez maintenant ça suffit de tourner en rond, j’ai faim on se carapate d’ici » ??) et toutes les autres suivent. Il y a un flux de chauve-souris qui sort de cette grotte… pendant une heure !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ca n’arrête pas !!!!! C’est spectaculaire. Nous sommes bouche-bée !!!

Après un bon quart d’heure à les admirer, le guide nous dit qu’il va nous emmener à un autre point de vue… et là ça donne des frissons. Nous voyons des lignes, des courbes se dessiner et progresser dans le ciel. C’est dingue… Vraiment incroyable.

A la question que vous vous posez, la réponse est « Mais oui évidemment que je vous ai filmé tout ça et oui la vidéo est en train de charger ! Non mais vous me prenez pour qui ? Moi je vends du rêve et je vous sors les preuves ! »

Voilà, ensuite nous rentrons à l’hôtel. Inutile de préciser que notre guide aura eu son pourboire…

Donc pour résumer, aujourd’hui, j’ai fait du bamboo train comme dans les films de Kusturika, j’ai fait un shooting photo avec des moines dans un temple en haut de 360 marches, j’ai joué au bingo au fin fond de nulle part avec des cambodgiennes et j’ai des regardé des milliers de chauve-souris se carapater en même temps pour trouver un casse-croûte… Bref, une journée comme les autres. Ou pas. Same same but different.

Dans la catégorie, j’aime ma vie je m’autonomine tellement cette journée était mémorable…

Demain, c’est pas mal non plus, nous apprenons à cuisiner cambodgien !!!

Alors à demain !!!

Ju, une aventurière qui ne chôme pas.

PS : Vidéo dans 86 minutes ^^, j’y peux rien si je suis plus rapide que youtube !

Battambang: Soirée au cirque au Cambodge!!!

Hello !

Me voilà donc à Battambang.

Bon, je ne vais pas vous mentir, je n’ai pas passé une super nuit. Déjà il doit faire plus de 30 degrés, donc pour dormir, c’est compliqué. C’est possible de mettre le ventilateur, mais moi il est juste au-dessus de ma tête, donc j’ai un peu l’impression que c’est la tempête, pas simple pour s’endormir. Donc soit faut que je m’endorme en ayant l’impression de dormir en plein cagnard, soit en plein courant d’air. Le choix est compliqué. J’essaie la tempête. Je finis par avoir la tête comme une pastèque. J’essaie en plein cagnard, ben … j’ai chaud et du coup après j’ai soif, donc je me réveille, je bois, d’avoir bougé j’ai encore plus chaud, je transpire encore plus, j’ai encore plus soif. Bref, un vrai cercle vicieux.

Du coup, au réveil, je ne suis pas au top. En plus, ça fait beaucoup d’évènements et de changements en quelques jours. Il y a quelques jours, j’étais au paradis, constamment entourée entre Kaisa, Andrew, Isaac, Elena, Ju et Mymy. J’ai dû dire au revoir à Kaisa et Andrew. 24h plus tard à Isaac. 12h plus tard à Elena. 48h plus tard, je suis dans les filles et je suis passée par la capitale, refait un plein de pollution, bruit, monde,… Bref, beaucoup de mouvements d’un coup. Tout est allé trop vite, je n’ai pas eu le temps de digérer l’île, de me remettre de tous ces départs. Bref, la journée n’est pas au top. C’est dur de repartir constamment de zéro. Et je m’attache vraiment trop vite aux gens, du coup c’est la torture à chaque départ. J’ai un peu le sentiment de faire rentrer des gens dans mon cœur à chaque fois, mais y’a tous pleins de gens qui rentrent, personne qui sort évidemment et depuis 2 mois, ça n’arrête pas, j’ai l’impression d’avoir le cœur qui va exploser ^^. C’est rencontre-attachement-départ-rencontre-attachement-départ en permanence.

Donc je reste tranquille dans mon hôtel super sympa. Je descends quand même me prendre des pancakes nutella-banane réconfortants. Je trie mes photos, commence à faire du tri dans mes anecdotes pour mes articles, regarde des séries. La journée passe tranquillement.

A 15h, je réalise que si je ne fais rien je vais m’en vouloir. Je descends, je flâne autour du bar. Une affiche attire mon attention : Circus show. Ahou. J’aime ce que je vois !! Je prends l’adresse internet, je file regarder. Il s’agit d’une ONG à Battambang, l’école de cirque donne des spectacles régulièrement. Sauf que quand je vais voir le planning, je ne vois aucun show programmé. Je demande au bar au cas où. Ah oui oui tous les lundis et jeudis y’a des spectacles. Ça tombe bien on est lundi (oui vous vous lisez cet article mardi, mais je finis seulement de rattraper mon retard accumulé au paradis. Vous savez, là où il n’y a pas internet, pas d’électricité, pas d’eau, où il  n’y a rien à faire à part aller à la plage mais où pourtant on ne s’ennuie jamais… snif, j’arrête je me fais du mal !). Je demande pour les billets, c’est 10$ et il faut prendre un tuk-tuk à 5$ pour y aller. Bien sûr je peux partager le tuk-tuk si je trouve des gens. Ca tombe bien, 3 personnes y vont déjà et ils sont au bar. Un anglais… une anglaise…et…. Une genevoise !!!!!!Yeah !!!! On sympathise tout de suite. Elle voyage depuis 6 mois en Asie : 3 mois au Japon, 1 mois en Chine et depuis Laos et maintenant Cambodge. Il lui reste 2 mois. Je lui déconseille de finir par le Vietnam, ce serait trop rude après le Laos et le Cambodge. Il faut toujours commencer par le Vietnam ou alors ne pas y aller…

Il reste 2 heures avant le tuk-tuk. Et voilà, j’ai réussi à rester une demi-journée seule. Belle perf’ en 2 mois. Et encore c’est parce que je l’ai voulu aujourd’hui.

2 heures, on entame un trivial pursuit en attendant le tuk-tuk. Moi je suis surexcitée d’aller au cirque. Apparemment, il n’y a que des bons retours, ils sont très réputés. J’ai vraiment hâte.

Nous prenons le tuk-tuk et là c’est quelque chose… Va-t-on arrive avant la fin du spectacle ? Heureusement que nous avons prévu large. Il est temps de l’envoyer en révision son tuk-tuk. En gros impossible de passer la seconde, donc nous sommes en première tout du long et même en première, nous avons l’impression que nous allons caler tous les 5 mètres. Même les cyclistes nous doublent. C’est la honte ce tuk-tuk^^.

Nous arrivons une heure avant le spectacle : Dans cette ONG, il y a 3 écoles : Cirque, Musique (qui vont donc faire la musique pendant le spectacle) et arts. Donc avant le spectacle, nous allons voir l’exposition en cours. On nous explique que si on achète une œuvre, c’est 60% pour l’école et 40% pour l’artiste. C’est très joli, mais bon, une peinture ça ne rentre pas dans mon sac. Je file ensuite voir l’échauffement. Bim le pic de nostalgie ! Ça me rappelle nos échauffements avant les spectacles à Vannes… Bon OK, nous on ne faisait pas 100 pompes et les 3 écarts, mais dans l’esprit, c’est pareil.

Je rencontre un couple de parisien au Cambodge pour 2 semaines. Je leur conseille bien sûr Koh Rong. Ils avaient prévu quelques jours à Sihanoukville, pfu erreur de jeunesse ^^. Je ne sais pas ce qu’ils choisiront au final. Je leur explique un peu l’île. Lui finit par me dire « Ouais donc en fait y’a rien d’autre à faire que d’aller à la plage ? » Mouais. C’est sûr que quand on dit y’a pas de route, pas de vélo et que de la plage… Mais il faut vraiment y aller pour le vivre, le croire et le comprendre. Bref, j’espère qu’ils feront le bon choix, parce que Sihanoukville, c’est loin d’envoyer du rêve quand même…

Nous filons sous le chapiteau. On nous dit tout de suite que nous pouvons prendre autant de photos et vidéos que nous voulons, juste pas de flash. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Alors juste pour vous voici quelques extraits :

Et si vous souhaitez vous rendre au Cambodge, je vous recommande fortement d’une part de passer à Battambang et d’autre part d’aller une soirée au cirque. On passe une excellente soirée en faisant une bonne action^^.

A la fin du spectacle, nous apprenons que 2 artistes de la promotion du dessus sont maintenant au Cirque National du Canada. Ca ne m’étonne pas…

Ils avaient une sacré patate et un sacré bon niveau. Exceeeeeeellente soirée.

Après ça, nous retrouvons notre tuk-tuk trop classe. Nous partons en premier. Ça ne rate pas, après 100 mètres les trois quarts des autres tuk-tuk nous ont déjà doublé… Il se met d’ailleurs sur le bas côté pour ne pas trop gêner la circulation.

Bon nous avons payé 5$ à 4, aller-retour et il nous attendait à la sortie. Nous pouvons difficilement nous plaindre.

Nous rentrons à l’hôtel, je file sur internet prendre des nouvelles de Ju et Mymy. Elles sont bien arrivées. La genevoise, Léa, m’a proposé de l’accompagner le lendemain pour une journée tuk-tuk dans les environs. Du coup, j’ai proposé aux filles, à 4 nous aurons sûrement un bon prix pour la journée. Et nous irons notamment au Bamboo train ! Youhou ! Depuis le temps que j’attends ce moment. Vous ne connaissez pas ? Regardez les films de Kusturika ^^. En gros c’est 4 roulettes sur des rails, on met une planche sur les roulettes et c’est parti… Dans le film de Kusturika, il pompe pour avancer. Nous on aura un petit moteur. Vivement demain ! Encore une bonne journée qui s’annonce !!!

A demain,

Ju

La devinette de Battambang!

ça faisait longtemps!

Une petite devinette!!

Alors aujourd’hui en fin d’après-midi, j’ai assisté à quelque chose… d’incroyable, d’improbable, de spectaculaire… les mots me manquent…

La question est: Mais qu’est ce que c’était que ça?

Et comme je suis vachement trop cool, je vous donne un indice de taille… une photo:

DSCN5303

Comme d’hab vous avez 24 heures pour vous torturer les méninges et m’envoyer vos propositions les plus folles ^^.

Ju

 

Encore un transport… étrange de Phnom Penh à Battambang!

Suor sdei! (Oui 15 jours que je suis là, il est temps de s’y mettre sérieusement là!)

Bon… on voulait prendre le bus de 7h30 ou 8h30. Pas de bol, on se réveille à 9h30 ^^. Ça, c’est fait. Oui, peut-être qu’on aurait pu mettre un réveil. Mais on ne va pas se stresser non plus…

Les filles sont pas très motivées pour bouger aujourd’hui et veulent se faire une journée supplémentaire à Phnom Penh. Moi, c’est trop de bruit, trop de pollution. Après Koh Rong, j’ai du mal. Je pars donc aujourd’hui et les retrouverai demain à Battambang.

Je prends mon billet, je mange une omelette avant de partir. A peine le temps de finir que mon pick-up est arrivé. Je dis à demain aux filles et je file !

Comme d’hab, les cambodgiens très organisés : J’ai un numéro de siège sur mon billet. Je m’installe, je suis à côté d’une cambodgienne.

Bon, vous avez l’habitude maintenant, quand je prends les transports, ce n’est jamais très triste… Donc là, la cambodgienne… c’est bien simple, elle est tarée… Génial le trajet va être log.

Alors déjà, je m’assois, sa première phrase sera : « Salut, t’as pris un petit-déjeuner ? » « Euh oui… » « Ah. Moi je ne peux pas je suis malade dans le bus ». Génial. Ravie, Youpi, youhouh. J’ai une pensée pour Mymy qui s’est fait vomir dessus dans un bus au Vietnam. Et je me dis… pourvu que je n’ai pas la même anecdote à raconter d’ici quelques heures !

2 minutes plus tard elle me demande « Tu m’aimes bien ? » La question me laisse perplexe. Je ne sais pas comment elle s’appelle. Tout ce que je sais c’est qu’il y a haute probabilité pour que je me fasse vomir dessus dans quelques heures… Je réponds gentiment que je ne la connais pas plus que ça… Elle me répond de changer mes plans, de ne pas aller à Battambang, de venir directement chez elle.  Ahah la blague. Y’a pas écrit tarée sur mon front.

Je décline poliment : Mes amis m’attendent à Battambang. Merci mes amis imaginaires de me sauver la vie ^^. Elle continue de parler, elle me considère désormais comme sa sœur mais elle ne sait toujours pas comment je m’appelle. Bon, ça me fatigue un peu, je mets les écouteurs et fais semblant de dormir une bonne partie du trajet. On fait un arrêt : Pour ne pas vomir, elle s’est collée un patch sur le front, un patch dans le cou, elle a mis un masque sur le nez, les lunettes de soleil et une serviette humide sur le front… Je ne vous raconte pas le look. Mais bon si ça marche, je ne peux que l’encourager et approuver… Moi tout ce que je veux, c’est qu’elle ne me vomisse pas dessus. Après l’arrêt, elle profite que je sois réveillée pour me demander si j’ai des lunettes de soleil. J’acquiesce. Elle demande à les voir. Je sors mes fausses Ray Ban léopard trop grandes cadeau d’Andrew : Elle les met sur le nez et me demande si elle peut les garder. Non, j’en ai besoin. Elle me demande mon numéro de téléphone pour pouvoir m’appeler et qu’on se revoit. J’explique que comme je voyage longtemps, je n’ai plus de numéro de téléphone (Bon OK, c’est pas vrai. Mais bon si elle a un doute, je pourrais toujours dire que mes amis imaginaires ont perdu mon téléphone…).

Deuxième arrêt. Je descends. Elle aussi. Le bus klaxonne 15 minutes plus tard. Je remonte dans le bus. Le bus commence à repartir, elle n’est pas revenue… Bon, je fais arrêter le bus (Remarquez que je suis cool, j’aurais pu profiter de l’occasion pour être tranquille. Mais il y avait son ordinateur et tout dans le bus. Je peux voir le côté pratique, mais je ne suis pas cruelle non plus). Ils retournent la chercher. Elle remonte dans le bus : Elle était enfermée aux toilettes, elle a beaucoup trop mal à l’estomac. Super.

Dès ce moment, je me prépare à bondir sur le côté au moindre sursaut de sa part…

Une demi-heure avant d’arriver, elle me réveille pour me dire que je vais bientôt devoir descendre. Dans une demi-heure. Je suis dans un bus. Tout ce que j’ai à faire, c’est me lever et descendre. Mais bon, la demi-heure va en fait lui être fort utile pour discuter à nouveau avec moi. Elle insiste pour me donner son numéro et que je l’appelle pour que je vienne chez elle. Avant d’arriver… elle m’offre… une photo d’elle. Véridique. Elle m’en demande une de moi. Je réponds que je n’en ai pas. Bon OK, j’ai beaucoup menti dans ce bus. Mais franchement, mes photos d’identité j’en ai besoin pour les visas à venir. L’idée d’emmener des photos avec moi, c’était pas pour les distribuer à tous les tarés que j’allais pouvoir croiser… Bref. Le monsieur qui te prévient quand tu vas devoir descendre vient vers moi et discute avec elle. A partir de là je ne comprends plus rien. On me demande si je vais à Battambang. Je réponds oui. On me dit qu’ici c’est « … » (je ne comprends pas le nom) et que je dois descendre là… Je demande « Mais c’est Battambang ? » « Non ». OK super mais moi je veux aller à Battambang. Ça dure 10m minutes où le mec m’explique en khmer, je comprends rien. La fille essaie de me traduire. Je ne comprends rien non plus. Soudain, un mec à l’avant du bus, un cambodgien, vient à mon secours. Il parle un peu anglais et m’explique que le bus ne peut pas rentrer à Battambang à cause de la police, donc on va me déposer ici, je suis à 1 km de la ville et après il faut que je prenne un tuk-tuk. Génial. Je ne suis pas sûre de tout bien comprendre, mais visiblement je dois descendre là.

J’ai repéré un autre blanc au fond du bus. Je vais le voir, je lui demande s’il va à Battambang, il me répond qu’oui. Je lui explique qu’en gros le trajet s’arrête là pour nous même si c’est pas Battambang et qu’on doit prendre un tuk-tuk. Il comprend rien. Je ne peux pas l’éclairer. Nous descendons. Une fois que le bus s’en va, je réalise que j’ai oublié mon chapeau cambodgien à bord. Tant pis… Je vais devoir me trouver une autre coiffe de rêve.

Un conducteur de tuk-tuk vient nous voir. Je lui donne le nom de l’hôtel que j’ai repéré sur Hostel World avant de partir : Here be dragons. 90% de satisfaction, 3$ le dortoir. Parfait. Il me dit que c’est 2$. Je dis que c’est trop cher. Il me dit que je peux partager avec quelqu’un d’autre. Je vais voir celui qui est descendu avec moi et hop c’est parti on partage le tuk-tuk. Il est australien, s’appelle Philippe. Il est déjà venu un bon moment  Battambamg. Là il était parti au Laos et on l’a appelé ici pour lui proposer d’enseigner l’anglais 2 jours plus tard donc il est redescendu à toute vitesse. Il commence le lendemain.

Nous arrivons à mon hôtel. Il y a de la place. Parfait. Je file m’installer et fais le tour de ma nouvelle propriété. J’adore !!! En bas, un petit jardin avec une cours, des hamacs, des canapés, des endroits pour s’allonger sur des nattes. Un bar avec de la musique sympa. Et surtout… une terrasse sur le toit avec une télévision pour passer des films le soirs et des fauteuils. Les mêmes qu’à Koh Rong et Sihanoukville si vous avez vu les photos. Des ronds avec des poufs dedans. On est super bien installé dedans. D’ailleurs je vous écris depuis là en ce moment même et c’est vraiment très confortable ^^.

Je vais regarder un film avec les autres sur le toit et ensuite dodo (bon le film a fini un peu tard, mais je suis en vacances non ? ^^)

Lea Huey! (au revoir… quand je dis que je m’y mets sérieusement, je ne plaisante jamais!)

Ju

Dernier jour à Phnom Penh: Visite du palais royal après plusieurs tentatives!!

Hello, hello,

Nous attaquons le deuxième jour à Phnom Penh… en petite forme après notre grosse insomnie de la veille !

Je suis motivée pour aller visiter le Royal Palace, les filles un peu moins, elles ont pas mal de trucs à faire (Coups de fils, internet, achats,…). Du coup, je file au resto de l’hôtel commander une omelette. Elle est servie avec de la baguette bien chaude et croustillante qui a un vrai goût de baguette.

Pour les baguettes : Cambodge 1 – Vietnam 0 ^^.

Moi qui ne mange presque jamais de baguette en France, ça me manque énormément à l’étranger. Allez comprendre. Peut-être parce qu’on ne sent jamais aussi française que quand on est à l’étranger…

En même temps que je mange, je feuillette le guide de la ville.C’est vraiment super bien fait au Cambodge. Pas besoin de venir avec des routard ou autre lonely, c’est lourd, ça coûte cher et ce n’est jamais à jour ^^. Là, chaque région a son guide gratuit publié tous les 2 mois, donc à jour. Dans chaque fascicule il y a les plans des villes, les hôtels, les restaurants, le bars et même les transports et choses à voir dans les villes et le reste de la région ! Pour moi, c’est niquel je n’ai pas besoin de plus.

Je regarde comment me rendre au Royal Palace : Ils ont aussi eu la bonne idée de mettre les horaires d’ouverture. Super, c’est fermé de 11h à 14h, il est 10h et je n’ai pas fini mon omelette. Tant pis, la visite attendra cet après-midi, en attendant, je me rends au marché central !

A l’entrée, je tombe sur un bébé assis sur une chaise, maintenu par sa mère. Une autre dame qui prend une bouteille d’eau et l’asperge et la mère qui frotte… Douche publique ^^ Il n’avait pas l’air de trop apprécier. Mais avec tant de public, c’est bien normal, non ?

Je me perds dans les allées : Un coup à droite, un coup à gauche. Tiens, là-bas ça a l’air sympa aussi. Et si j’allais par-là ? Je tombe sur les marchands de fruits de mer… Le mot panier de crabes prend tout son sens : ça grouille et grimpe de partout là-dedans. J’apprécie un peu moins les poulets qui sont coltinés dans des cages mais n’ont vraiment pas l’air bien en point. A certain stand, les odeurs sont insoutenables.

Je finis par arriver  à l’endroit du marché où il est possible de se poser pour manger. Je l’ai fait pleins de fois au Vietnam… J’ai nettement moins confiance ici, donc je me contente de me promener.

 

Bon, j’ai fini de tourner, je me dirige maintenant vers la promenade au bord de Tonle Sap que nous avions fait de nuit. De jour, on se croirait également sur la croisette… Je me promène un moment, je file vers le Royal Palace. Il est 13h. Je n’ai pas envie d’une pause casse-croûte, il fait vraiment trop chaud pour ça. Sur le bord de la route, une femme vend des pomelos, j’en prends un. Elle me donne un petit sachet de sel avec du piment. Comme pour l’ananas, ils trempent le pomelos dedans, c’est excellent. Essayez de tremper l’ananas dans le sel, vous verrez, même si l’idée vous paraît absurde au départ, c’est très bon.

Je décide d’aller me poser sur la promenade pour le déguster. En y arrivant, une autre femme vend des cocos… Ah si on me prend par les sentiments ^^. Me voilà donc avec ma coco et mon pomelos, posée au bord de l’eau, juste en face du palais royal. La vue et les papilles se régalent.

A 14h, je me dirige ENFIN vers le palais royal. J’ai bien vu dans le guide qu’il ne faut pas porter de short ou débardeur. J’ai donc mis un pantalon et j’ai mon paréo pour le mettre autour de mon débardeur. Je peux faire 3 tours avec, un col roulé laisserait apparaître plus de peau… J’arrive pour prendre le billet : Il y a une photo qui montre que c’est interdit de porter des foulards sur les épaules… EH oui, c’est un vrai business. Il fait 37°C, toutes les filles arrivent en débardeur et bien sûr ils vendent des tee-shirts 2$ que t’es obligée d’acheter si tu veux pouvoir entrer. La fille me fait signe que mon paréo, ça ne passe pas…. Là j’enrage, faut pas abuser non plus… c’est vraiment pour empocher 2$ de plus. M’en fous, je suis pas une pigeonne, mon hôtel est à moins de 5 minutes… J’y retourne, je récupère ma chemise et refais la route dans l’autre sens. Je suis sûre que c’est un vietnamien qui a fait les règles pour le palais royal^^.

Au cas où, je boutonne ma chemise jusqu’en haut avant d’aller chercher mon billet. Dès fois qu’elle voit mon débardeur en-dessous et me sorte une autre photo où il est interdit de porter une chemise sur un débardeur… C’est bon je passe. Ah. Enfin je vais voir le palais royal !!!

Je passe la billetterie… Je me retrouve dans une petite allée avec gravier blanc, statues tout le long du chemin, herbe parfaitement verte,… Vous voyez le genre : Un palais ROYAL. Et au milieu de ce chemin royal, une asiatique baisse le pantalon de son fils pour qu’il puisse faire pipi. Au milieu de l’allée. Oui oui…

Les enfants et même les adultes font pipi un peu partout dans la ville, ça ne me choque plus à force, c’est comme les gens qui crachent en Chine. Mais au palais royal ? C’est du pipi de luxe !

Je continue dans la fameuse allée… Au bout, c’est impressionnant : Des bâtiments de partout, des arbres bien taillés, des pavillons, des palais. C’est propre, c’est silencieux, c’est paisible. J’apprécie le moment ! Je vais de palais en palais. Un est en rénovation. J’immortalise le chantier : Des échafaudages fait avec des bouts de bois. Des échelles de plus de 10 mètres faites avec des bouts de bois également. Les ouvriers à califourchon sur le toit sans protection. La SUVA apprécierait. Bon Gérard, les lignes de vie on n’en parle même pas !

Ensuite, je vais à la pagode d’argent et je me promène dans les jardins. Je vois des moines qui écrivent sur des feuilles d’une plante… Comme j’aime bien faire comme les locaux, je fais pareil. Il y a maintenant une feuille au palais royal où il est inscrit « Ju l’aventurière, 03/2014 » ahah.

Après m’être assurée à plusieurs reprises que je n’ai raté aucun bâtiment (C’est pas comme s’il y avait un sens de visite ou un plan pour être sûr que t’as bien tout vu…), je ressors et pars me promener dans la rue à côté, la rue 178, aussi appelée Street Art. Cette rue regroupe un nombre impressionnant de galeries avec peintures, sculptures, vêtements,… principalement khmer.

Je vais ensuite rejoindre les filles et nous filons nous promener au marché de nuit de Phnom Penh. Nous avions peur de tomber dans un marché à touristes. Pourtant nous sommes les seules étrangères ! Les filles font leurs emplettes, moi je fais des photos. Toujours pas envie de me charger.. Je finirai peut être par changer d’avis mais pour l’instant mon dos est assez d’accord avec mon cerveau donc autant ne pas créer de conflit inutile.

Au milieu du marché, il y a une estrade où n’importe qui peut monter pour faire un petit coup de karaoké… Parfois, ça pique un peu les oreilles quand même !!

Nous refaisons un tour de nuit au bord de Tonle Sap, puis nous rentrons à l’hôtel faire nos sacs.

Demain : Départ pour Battambang. Normalement. On voudrait prendre soit le bus de 7h30 ou 8h30 pour ne pas arriver trop tard. Le suivant étant à 12h30…

Ju

A la découverte du génocide cambodgien à Phnom Penh

Bonjour à tous,

Nous voilà donc à Phnom Penh, capitale cambodgienne. Outre le choc dû au fait que nous venons de passer une semaine sur une île déserte et que nous nous retrouvons dans une capitale, il y a le choc par rapport à ce que nous avons vu jusqu’à présent du Cambodge… Arrivée depuis le Vietnam par Kep, ce que nous avons vu en premier du Cambodge, ce sont des routes en terre, des zébus,… un pays bien plus pauvre que le Vietnam. Et là, nous nous retrouvons à Phnom Penh où on se croirait sur la croisette… Léger contraste. La promenade est bien entretenue, propre,… deux rues plus loin, les rues sont infestées de déchet et les odeurs donnent vraiment la nausée (première fois que ça m’arrive depuis que je suis partie. Par endroit, c’est à peine tenable)…

Pour commencer la matinée, nous nous dirigeons vers une boulangerie française trouvée dans un fascicule à l’hôtel : Comme à la maison. Il y a un peu plus d’un kilomètre, ça nous permettra de découvrir la ville. Nous passons par le monument de l’indépendance, la boulangerie est à à peine 5 minutes de cette place. Quelle bonne surprise en arrivant : c’est calme, il y a un restaurant accolé au milieu d’un jardin en fleurs, c’est paisible. Ah, que ça fait du bien à nouveau du calme ! (Même si nous sommes loin des décibels vietnamiens en pleine rue…) Nous rentrons dans la boulangerie : Tout est écrit en français, mais surtout : ça ressemble effectivement à une boulangerie française !!!! Tout y est : Baguette, pain au chocolat, croissant et surtout… croisssant aux amandes. Hum. Je choisis celui-là. Nous allons nous installer et je commande un thé froid pour l’accompagner. Mymy a aussi craqué pour le croissant aux amandes et Ju pour le pain au chocolat. Dès la première bouchée, c’est le paradis des papilles : ça ressemble mais ça a aussi le même goût ! Puisque c’est comme ça, nous en prenons un deuxième ! Le petit-déjeuner, c’est le plus dur. En France, nous sommes habitués à manger du sucré. Ici, le sucré n’existe pas. Et riz/nouilles au petit-déj, ça ne fait plus rêver après quelques semaines. Sinon, il y a les omelettes, mais pareil, après quelques semaines, on aime trouver d’autres choses !

Nous reprenons nos bonnes habitudes de l’île : Nous traînons un moment à ce restaurant à contempler la carte qui fait saliver mais où les prix font pleurer. Nous nous contenterons du petit-déjeuner.

De cette boulangerie, nous sommes à côté du musée Tuol Sleng. Attention, c’est le moment culturel et pas très rigolo de cet article…

Le musée Tuol Sleng (ou S-21) est une ancienne prison mise en place sous la dictature Khmer rouge dans les années 70. Il y avait 190 prisons disséminées dans le pays, celle-ci est la plus « connue ». Le principe était simple : On vous arrêtait pour n’importe quelle raison bidon (tu as des lunettes, tu es donc un intellectuel, donc quelqu’un de louche, donc coupable… voilà, par exemple !), on vous emmenait dans cette prison qui à la base était une école construite par les français (on est vraiment des gens supers cools) pour que vous confessiez vos crimes. Une fois le crime confessé, on vous emmenait en-dehors de la ville, dans les « killing fields » où on vous exécutait. A coup de pioche ou autre instrument pour ne pas utiliser trop de munitions. Les crimes confessés étaient bien souvent imaginaires (Normal… si tu te confesses on arrête de te torturer, à un moment donné, tu finis par dire n’importe quoi…) et bien souvent insignifiant… Par exemple, il y avait quelques confessions que nous pouvions lire : Un garçon a été arrêté. Il ne connaît personne de suspect et n’a commis aucun crime. Mais comme ils n’étaient pas trop sûrs pour son père (peut-être il aurait pu connaître des gens louches), du coup le fils était suspect et  donc a été exécuté… Logique. Il y avait 4 bâtiments qui se visitent aujourd’hui. Il reste des lits ou les points d’attache des prisonniers. Le plus marquant est la salle où sont exposées les photos des prisonniers à leur arrivée à la prison. Des hommes, des femmes, mais aussi des enfants, des bébés et des familles entières.

Ce n’était pas le moment le plus drôle de la journée, mais c’est quand même nettement moins choquant que le musée à Ho chi Minh avec les fœtus dans le formol et autres expositions d’horreurs… Ici, c’est plus exposé par rapport à un devoir de mémoire, pour ne pas que l’histoire se reproduise. Ça manque d’explications, on se contente de vadrouiller de salles en salles.

J’y suis allée seule, les filles avaient un peu peur de ce qu’elles allaient trouver (le routard est un peu glauque dans la présentation du musée, il y est décrit les différentes méthodes de torture… le musée est bien moins terrorisant que le guide !).

En sortant, il fait une chaleur assommante. Je décide de négocier un moto bike pour rentrer. Je tombe sur un premier conducteur. Ils ont le sourire ici et le sens de l’humour. Il me propose 3,5$ pour me ramener. Je sais que ce trajet doit coûter un ou 2 dollars. Je lui dis que c’est trop cher. Il me propose donc 10$. Il a le sens des affaires. Il est mort de rire, moi ça m’amuse aussi. Donc je continue de négocier avec lui mais m’arrête quand j’atteins les 10 millions de dollars. Là, c’est vraiment trop. ^^

Un autre prend la relève, je finis par avoir ma course à 1$. C’est parti pour un tour de moto dans la capitale. C’est pas Martin qui conduit mais c’est sympa quand même ! En me déposant, il me demande ce que je fais le lendemain, s’il peut m’emmener quelque part… non, je suis fainéante mais seulement de temps en temps !

Je rentre, les filles vont sur internet et quand elles reviennent il est 22h30, nous n’avons pas mangé. Nous commandons juste des pâtes à l’hôtel.

Ce soir-là, je ne sais pas ce qui nous arrive, nous avons toutes les 3 une grosse insomnie. Nous regardons photos, films, séries et ne dormons pas avant 3-4 heures du matin…

Demain dernière journée complète à Phnom Penh !!!

Ju