Dans la jungle, part 2: « Mais Juju, c’est super dangereux ce qu’on est en train de faire! »

Alors, après une première nuit sans trop de piqûres à déplorer (Merci moustiquaire, je t’aime !) et un petit-déjeuner de compet, nous voilà à nouveau dans notre embarcation. Notre guide, toujours muni d’un espèce de sabre (ouais je m’y connais pas super en armes de survie. C’est un grand couteau quoi. Mais avec un étui sculpté et tout. On ne rigole pas dans la jungle), nous 3 et un autre guide qui conduit notre embarcation.
On nous dépose au 300 ème arbre sur la gauche, juste en sortant du périph, et là apparemment y’a un sentier… Ah d’accord. Alors au bout d’un mètre de la jungle, on passe d’un ensoleillement total à une bonne pénombre… Oui y’a de la matière au-dessus de nos têtes… Je vous rappelle qu’on est au fin fond de l’Amazonie ^^.
Le guide commence par nous montrer sur une branche une autoroute de fourmis… Elles se suivent et portent des énormes bouts de feuilles. C’est un peu surréaliste. Comme dirait Da « Regarde Juju, c’est comme dans les dessins animés ! »
Puis on se retrouve face à un arbre recouvert de piquants. Et pas des ptits piques comme sur une rose. Non. Pour ceux qui connaissent, ça a la taille et la forme des cônes d’encens… Mais en beaucoup plus affûté évidemment. Et y’en a un au centimètre carré… Voilà voilà. C’est plus du qui s’y frotte s’y pique. C’est qui s’y frotte va vite se vider de son sang… Je décide donc de rester loin de cet arbre. Ce serait vite fait de trébucher et de vouloir se rattraper à ce tronc…
Y’a un autre arbre, le guide met un coup de sabre dans le tronc… la sève commence à couler. Et le guide nous informe : « Si vous mettez cette sève dans votre bouche, vous êtes mort en 10 heures et il n’y a pas d’antidote ». Ah d’accord. Je vais donc rester loin de cet arbre également.
« et cet arbre, si vous touchez la sève, vous êtes mort en 24h ». Ah. De mieux en mieux. Je vais donc rester loin de cet arbre aussi.
Ensuite, il nous montre une ridicule petite araignée. « Si elle vous pique, vous êtes mort en 4h et il n’y a pas d’antidote ». Ah ok. Je vais donc rester loin des araignées aussi.
Euh. Ouais donc en fait en gros je suis dans la jungle et la plupart des arbres et bêtes sont susceptibles d’avoir ma peau. Et ça, Da l’a bien compris aussi. C’est donc plein de bon sens qu’il me sort « Eh mais Juju, c’est super dangereux en fait ce qu’on est en train de faire ». Oui mais t’inquiète pas Da, quand on le racontera aux parents et grands-parents on sera loin, ils n’auront pas le temps de paniquer !
On continue de marcher. Je sens qu’on tourne en rond. Je dis à Damdam qu’il nous fait faire un cercle. Et oui. Vous me croyez, vous ne me croyez pas mais au bout d’un moment, on arrive à une branche et je la reconnais direct : On est déjà passé là. Le guide se retourne et nous regarde et je lui dis « on a fait un rond, on est déjà passé là ». Il est tout fier de ses nouveaux élèves !
On trouve un trou rempli d’eau où nous voyons 2 poissons se balader. Le guide nous dit qu’il faut tailler une branche et si on est rapide on peut empaler les poissons… Mouais. Da décide d’essayer. Le guide trouve une branche, il sort sa serpe magique et hop en 30 secondes, on a une jolie lance. Da vise le poisson et…. Ben non. En même temps on s’en doutait. On ne va pas devenir Tarzan et Jane en 20 minutes… (Ne vous emballez pas trop, sans vouloir tuer le suspens, en 4 jours non plus…)
Le guide essaie de nous apprendre plein de choses, plein de noms d’arbres, leurs utilisations,… Mais pfiou. Ça fait beaucoup d’informations d’un coup. En plus, à chaque fois ce sont des noms pas possibles… Le guide nous explique que depuis tout petit il a toujours vécu dans la jungle et que ses parents et grands-parents lui ont tout enseigné. Il ne va même pas nous enseigner 5% de ses connaissances… et même ça on galère.
On finit par ressortir de la jungle, on rejoint notre embarcation pour aller manger notre dose de féculents d’une semaine en une assiette. Après une sieste dans le hamac (je deviens accro, je vais devoir investir en rentrant !), on retourne dans la barque et on nous repose au milieu de nulle part.
Damdam me regarde inquiet : « Juju, on retourne en milieu hostile ! »
Eh oui, cet aprem, on va apprendre à pêcher. Mais là on ne parle pas de la belle canne à pêche avec les beaux hameçons et tout… Non non. Alors là, la canne c’est un bout de bois avec un fil de nylon au bout. Et au bout du fil de nylon un espèce de fil de fer tordu.
Quant aux appâts, il va falloir les chasser. On part donc à la chasse à la sauterelle avant de pouvoir commencer à pêcher. Bon évidemment, vous vous doutez, les guides en ont trouvé 2 en 2 minutes. Nous on cherche encore ^^. Hop, c’est parti, ils embrochent la sauterelle sur le bout de fil de fer tordu et bim à l’eau.
Avec la sauterelle, on pêche un petit poisson. Pas de quoi nourrir une tribu. Mais en fait ce n’est pas le poisson là qu’on veut pêcher. En fait, nous, on prend ce mini poisson (qui fait quand même bien 20 centimètres), on le coupe en petit bout (imaginez ma tête, je suis ravie d’avoir un poisson coupé dans tous les sens sous mes yeux et qui continue de gesticuler…) et on met un bout sur le fil de fer… La sauterelle chassée nous a donc permis de pêcher le petit poisson qui lui va nous permettre de pêcher les gros ! Toute une tactique.
On va pêcher chacun notre tour. Ceux qui ne pêchent pas coupent des grandes herbes qu’ils agitent dans tous les sens autour de soi et du pêcheur pour limiter l’approche des nuages de moustiques… C’est qu’ils sont agressifs et surtout nombreux.
Le guide nous ramène une espèce de branche. Une branche principale sur laquelle il n’a laissé que 2 petites branches à la base. Le but ? Embrocher les poissons dessus. Ça nous fait un support pour ramener la poisse caille au bercail.
Avant la tombée de la nuit, on rejoint notre embarcation, puis notre logement et au dîner bien sûr, c’est le poisson que nous avons pêché. Encore un peu et on sera autonome dans la jungle hostile ^^. Enfin faudra pas être trop gourmand quand même, on a dû rentrer avec 3 poissons…
On profite de cette deuxième et dernière nuit dans nos lits à moustiquaire (gruyère la moustiquaire de Da, mais moustiquaire quand même. T’avais qu’à pas t’asseoir dessus !) Demain on passe aux choses sérieuses. Ouais, là vous pensiez que nous étions des aventuriers. Attendez de voir la dernière partie, sorte d’examen final… Demain, on part en mode Koh Lanta. En autonomie en milieu hostile !Sauf que nous, on n’est pas sur une île déserte paradisiaque avec la mer, le sable blanc et tous les poissons colorés et noix de cocos à volonté. Nous, on est dans un environnement où tout veut notre peau, où on est entourés de piranhas et où même les arbres veulent nous tuer ! Un grand moment en perspective !!!
Ju-Da

Colombie: Les cousins au fin fond de la forêt amazonienne – Part 1 ^^

Bon alors déjà, avant de passer à la Colombie, Marion a lu l’article précédent et j’ai oublié pas mal d’anecdotes. J’ai oublié qu’un soir à TTKOS, ils ont mis une musique de Ska-P qui est très connue en France… Nous sommes devenues hystériques les 2 en entendant cette musique à danser, sauter partout en hurlant les paroles, sous les yeux médusés du reste de la boîte qui nous regardait un peu en se disant « Non mais qu’est ce qui leur prend là ??? » OU alors la fois où on a décidé de faire une soirée filles pendant le week-end des élections… On est allé à un restaurant italien qui avait du très bon vin rouge. Sauf qu’il n’avait pas le droit de nous vendre la bouteille à cause des élections… On l’a supplié, c’était notre dernière soirée filles à La Paz, en plus c’était du bon vin, en plus on n’est pas d’ici, on vote pas nous… Bref, il a fini par accepter, mais il venait avec la bouteille pour nous servir à la table et ensuite il fallait qu’il parte planquer la bouteille derrière le bar et on devait lui demander quand on voulait être resservie pour que personne ne voit la bouteille (en revanche, pas de problème avec le fait qu’il y avait 3 verres de vin rouge sur la table à la vue de tout le monde… quand la logique échappe à toute logique… mais bon on se passe bien de le faire remarquer !!). Ou alors quand un de nos derniers soirs, on décide de se faire un steakhouse : On commande tous et on s’est retrouvé avec des portions bien plus grosses que nous… Ou la fois où une asiatique a craqué sur Philippe à l’hôtel et qu’elle a commencé à lui donner à manger avec sa fourchette… donc imaginez nous tous autour en train de mourir de rire… Voilà il y a encore sûrement des tonnes d’anecdotes si je demandais aux autres mais voilà déjà les quelques unes que Marion a retrouvé après avoir lu mon article ! Merci ma Frenchy adorée !!!

Alors le vol pour Leticia dans la jungle colombienne, il faut que je vous raconte parce que c’était assez épique !! On commence à descendre, au début j’ai l’impression d’être au-dessus de la mer (ce qui est impossible si vous connaissez votre géographie, il n’y a pas beaucoup de mer entre la Bolivie et la Colombie… ou alors faut faire un sacré détour !), mais quand on descend un peu plus c’est en fait une mer de verdure… L’Amazonie. Pfiou ! Faut le voir pour le croire ! De la verdure, des arbres à perte de vue mais d’une densité incroyable…

La descente ne se fait pas en douceur, loin de là. On a pas mal de perturbations… Et là, l’avion tourne… tourne… tourne… tourne encore… euh on fait quoi là ??

Annonce dans l’avion : En raison d’une météo trop défavorable, c’est juste impossible d’atterrir. Nous allons donc tourner une demi-heure et voir ensuite ce qu’il en est. Nous allons donc tournoyer au-dessus de cette mer de verdure durant 30 minutes. Tout cela accompagné de perturbations de plus en plus forte… Ca me fatigue un peu tous ces cris des gens autour de moi… Vous ne pourriez pas paniquer en silence non ? ^^

Une demi-heure plus tard, nouvelle annonce : Toujours impossible d’atterrir. Nous allons donc faire la girouette une demi-heure de plus… Ah je pense à Da qui doit poireauter à l’aéroport en bas et me regarder tournoyer au-dessus de sa tête…

Da c’est mon cousin, il vient me rejoindre en Colombie pour ses vacances. Parce qu’un cousin c’est trop cool ^^.

Une demi-heure plus tard, ce sera 20 minutes de plus pour tout le monde.

Soudain, ENFIN : Nous allons pouvoir atterrir ! Ah ! Enfin essayer… Sympa comme annonce. « On va essayer », ok mais alors ça veut dire quoi au juste, que peut-être ça marche pas ??

Bref… alors je ne vous raconte pas l’atterrissage ! Faut pas être malade dans les transports (ni être cardiaque pour le coup !). Bon alors par contre, vous voyez ces couillons qui applaudissent toujours à l’atterrissage (J’aimerais qu’on m’applaudisse à chaque fois que je fais mon travail, ce serait fun) ? Alors là, j’en avais une bonne dose dans l’avion. Normalement, ce type de personne applaudit une fois. Alors là j’ai eu droit à triple dose ! Ils ont applaudi une première fois quand l’avion a touché le sol. Une deuxième fois quand l’avion a commencé à ralentir. Et une troisième fois quand l’avion s’est arrêté… Je pense que si le port des ceintures de sécurité n’était pas obligatoire, ils auraient entamé une ola…

Bref, au moins j’ai rejoint la terre ferme ! Me voilà donc dans une des seules villes au monde qui ne soit accessible que par avion ou bateau (ou à pied si vous êtes barrés) : Pas de route pour venir jusqu’ici !!! Je sais c’est dur à croire !!

Je retrouve Damdam : « Juju !!!!!! » ^^ ahah. Bon alors en fait il ne m’a pas attendu trop longtemps parce que pendant que c’était la tempête dans les airs, c’était aussi la tempête sur terre… Il pleuvait tellement fort que c’était devenu impossible de se déplacer donc il vient juste d’arriver à l’aéroport et avait peur de me rater. Mais non, ici un avion qui arrive c’est l’évènement du jour, du coup tu peux demander à n’importe qui dans la rue si l’avion est déjà arrivé, on saura te répondre ^^. Un monde à part je vous dis !

Bref, on prend un tuk tuk et on se retrouve à traverser des marres d’eau dans les « rues » (Comprenez chemin de terre à part pour la rue principale…. Pleine de trous elle aussi). Da récupère ses affaires dans l’hostel qu’il avait trouvé et on va à celui que moi j’ai trouvé (entouré d’un parc, piscine, hamacs, bar, lac…et moins cher que le sien… 10 mois d’expérience les enfants !). On emménage dans notre dortoir et on file manger… pendant le repas, Da me travaille au corps : « Oui tu sais j’ai trouvé cette agence elle est suuuuuuuuuuper ». « ça coûte combien ? » « Non ça je vais pas te le dire mais euh ça a l’air suuuuuuuuuuuper »… Au bout de 10 minutes, il finit par me lâcher le prix et les bras m’en tombent ! Punaise mais ce que c’est cher ce pays !!! En Bolivie, c’est 70 euros les 3 jours dans la jungle. En Colombie, c’est 100 euros… par jour… Ah quand même. Mince, la Bolivie me manque encore plus d’un coup !!

Bon on va voir l’agence… je négocie un peu, j’arrive à faire baisser un peu sous les yeux épatés de Da ^^. Mais ça reste hors de prix, mais c’est partout pareil, c’est juste que c’est beaucoup plus cher que son voisin… Va falloir s’y faire. On réserve pour le lendemain. En sortant de l’agence, Da me dit « Oh c’est cool je pensais que tu serais beaucoup plus chiante » Ahah, je prends ça comme un compliment !

Allez, c’est parti, on trie nos sacs parce qu’on ne va pas tout prendre avec nous et ensuite on file acheter de quoi se faire un ptit-dej le lendemain. On retourne à l’aéroport et là je fais une belle perf : On doit retourner à l’aéroport mettre le tampon de sortie de Colombie comme on quitte le pays le lendemain : Les 3 jours de jungle se font au Pérou et il n’y a pas de douane de sortie de Colombie sur le fleuve. On prend un tuk tuk et en arrivant à l’aéroport pour faire tamponner le passeport, il y en a une qui a oublié son passeport… Moi bien sûr. Je suis très fière de cette belle performance… On se retape donc un aller-retour à l’hostel grâce à moi !! Et Da qui fait « Mais Juju !! » oui je sais… On demande comment ça se passe en revenant de la jungle : Il faut revenir à l’aéroport mais on nous explique que « C’est pas pressé »… ah d’accord… Me voilà donc avec un tampon entrée/sortie de Colombie daté du même jour dans mon passeport. Et me voilà donc sans tampon, je me sens perdue : je suis où là du coup ??

Ensuite, on dîne (moi je trouve des streetburgers mais en voyant le truc au bord de la route Da me dit « Mais moi je vais être malade si je mange ça ! » Ahlala ces touristes, je vous jure ! ^^

On trouve donc un resto (enfin un resto de jungle hein, on reste assis dehors sur des bancs avec des chiens qui nous font des yeux de chat botté tout le repas) et on passe la soirée dans le hamac à boire une bouteille d’aguardiente, l’alcool colombien que Da me fait découvrir (A chaque pays son alcool en Amérique du Sud !) en papotant. On rattrape les 10 derniers mois ! Et là… Je réalise que je n’ai fréquenté quasiment que des voyageurs au long cours cette année. Que des gens aussi barrés que moi. Des gens qui ne pensent qu’à leur prochaine destination, qui partagent leurs anecdotes de voyages toutes plus abracadabrantes les unes que les autres… Des gens qui veulent rencontrer d’autres gens. Des gens pour qui c’est normal de dire « Je viens de me faire un sommet de 6088 mètres. Des gens pour qui donner un bain à un éléphant, c’est comme aller nager avec des baleines, des requins ou comme aller se perdre au fin fond de la brousse dans une cabane en bois où une bassine remplie d’eau sert de douche et toilettes… Des gens pour qui vie active, bureau et retraite, ça n’envoie pas du pâté en croûte. Des gens qui se nourrissent exclusivement d’adrénaline, d’imprévus et d’aventures. Bref. Des gens comme moi. Mais pas des gens comme mon ex-moi. Donc le constat est sans appel. J’ai changé. Et j’en prends conscience seulement là, je n’ai rien senti venir et là, Bam, ça me tombe dessus. Punaise, je ne suis plus la même. Aïe aïe aïe. Comment c’est possible de changer à ce point-là en si peu de temps…. Je ne compte pas les « Mais Juju » que me sort Da ce soir… Bref je me couche en étant sûre d’une chose : Un de ceux qui comprenait le mieux mon envie de partir en 2013, c’était Da. Celui qui est en face de moi aujourd’hui et qui me regarde avec des yeux écarquillés, c’est le même. Celle qui a changé c’est moi. Imaginé ce qui m’attend en rentrant… Bref. On y pensera plus tard.

Le lendemain, après un petit-déjeuner de champion, on part à l’agence laisser nos affaires. On rencontre notre guide et la finlandaise qui sera avec nous les 2 des 3 jours dans la jungle… Alors comme dirait Da, quand tu penses Finlandaise, tu penses à la pub Nivea grande blonde aux yeux bleus, fine. Katherine c’est très exactement l’opposé. Damdam est un peu déçu…^^ C’est sûr qu’à part elle, il n’y aura que des arbres dans la jungle…

On file dans le taxi qui nous emmène au « port »… Un endroit au bord du fleuve où les barques sont alignées…. Le port donc… Notre barque motorisée vient nous chercher. On nous file des gilets de sauvetage qu’il faut absolument porter… rassurant ! On va voir un bateau sur le fleuve qui a plein de mitraillettes et compagnie… c’est pour dire qu’on s’en va de Colombie. Ensuite, on va voir un peu le même genre de trucs de l’autre côté du fleuve où tous les mecs portent des mitraillettes et nous observent… On nous prévient « Pas de photo »… pas de problème, je n’ose plus bouger de toute façon ! Celui-là c’est donc le Pérou ! Le guide nous montre : « Là t’es en Colombie, là au Pérou et là au Brésil ». Ah pas mal, tu peux te faire 3 pays en moins de 5 minutes !

La barque nous emmène sur la terre ferme un peu plus loin. Il faut prendre un tuk-tuk qui en équilibre sur des planches (je ne plaisante pas… et elles sont petites les planches) va rejoindre une petite route dans un petit village qui va nous emmener dans une petite maison où on doit obtenir notre tampon d’entrée au Pérou. Ah ben voilà, je serai allée au Pérou finalement ! ^^

Hop, le tampon du Pérou c’est fait. On va pouvoir repartir vers notre embarcation 0 étoile. Mais dans le tuk-tuk, toute à l’heure, le guide était à l’arrière, debout, agrippé au tuk-tuk. Bref un peu en équilibre. Un peu n’importe comment. Un peu pas trop safe du tout. C’est donc tout naturellement que je demande au guide si on peut échanger. Il me fait remarquer que je serai quand même plus à l’aise assise dans le tuk-tuk. Je lui fais remarquer que c’est quand même vachement plus drôle agrippée à l’arrière. Il sourit et approuve. Da tente un « Juju t’es sûre ? » Mais je suis déjà en équilibre agrippée et c’est parti. Ahah, rien à voir avec assise sur un siège. Là je suis agrippée à un tuk-tuk qui est lui aussi en équilibre sur ses planches. J’ai le sourire, moi ça m’éclate ^^.

On remonte sur notre barque et là, ça va prendre un temps interminable. Au 50ème bras de l’Amazone qui part vers la droite on tourne. Au 500ème arbre, on prend à gauche. Bref, pas besoin de GPS… Mais ne me demandez pas comment ils font pour se repérer… On croise quasiment personne. Bien sûr aucune habitation ou trace de vie. Et quand on arrive vraiment au milieu du milieu de nulle part, ça y est, c’est là. Notre lodge ^^. On est 3, il y a je ne sais combien de personnel juste pour nous. Le cuisinier, le guide principal, le guide spécialisé dans la traque de dauphins, le guide spécialisé dans la traque de caïmans, le guide spécialisé dans la jungle profonde mode survie… Bref… On va bien prendre soin de nous.

Le cuisinier est adorable. A chaque repas nous avons des jus de fruits frais. Et je ne suis pas sûre d’avoir eu une seule fois un fruit que j’avais déjà goûté ou dont j’avais déjà entendu parler auparavant. Mais dans tous les cas, c’est cro-cro bon^^. On a quasiment toujours du poisson. Une fois ou 2 de la viande. Mais ce que nous avons le plus, ce sont… les féculents. Vous savez le truc où en France on vous dit il faut un féculent dans l’assiette et pas beaucoup ? Eh ben nous on a un féculent de plus par repas. On finit quand même à 4 féculents dans la même assiette…. Riz Spaghettis mélangés (oui oui oui !!!) accompagnés d’haricots rouges eux-mêmes accompagnés de galettes de bananes frites… C’est donc le menu light.

A chaque repas, ça ressemble à une espèce de cérémonie. Le cuisinier nous attend, nous regarde nous asseoir, puis tous les plats et le jus de fruit frais arrive sur la table en même temps puis le cuisinier nous présente ce qu’il nous a concocté avant de nous souhaiter un bon appétit avec un sourire 3 fois plus grand que lui et s’éclipse…Avant il était guide, jusqu’au jour où le cuisinier est tombé malade. Du coup, il a pris la relève en son absence. Finalement, il s’est rendu compte que faire la tambouille, il trouvait ça cool (et surtout moins physique que guide) et hop, la reconversion était lancée.

Après le repas de midi, hop, on embarque dans la barque avec 2 guides. On va traquer les dauphins ^^. Moi ça me plaît ce genre d’après-midi… On tangue dans une barque et on scrute les dauphins gris (vous savez, les jolis à la flipper) et surtout les locaux, ce sont les dauphins roses. Alors, eux ils envoient pas du rêve….. Moi on me dit on va voir des dauphins roses, je suis en mode « oh ça va être cro-mignoooon ». Un dauphin c’est toujours choux et en plus là ils sont roses… Ben non. On en voit un premier. Je me tourne vers Da :  « euh… t’es d’accord avec moi, ça ressemble à rien non ?? » Il confirme… Alors en gros, ça a une couleur rosâtre-grisâtre moche, on dirait qu’il s’est éclaté la tête entre 2 portes et la dorsale ne ressemble pas à grand-chose… Mais bon, c’est du local… Après on en a vu plein et c’est tellement paisible dans notre petite barque au fin fond de l’Amazonie !!!

Alors hop : Scruter des dauphins roses (moches mais dauphins quand même) au fin fond de l’Amazonie : Check !

Ensuite, on part pour une petite baignade… Le guide nous certifie que c’est un endroit sans piranha… moi je veux bien mais je vois pas ce qui empêche le piranha de se déplacer jusqu’à nous dans l’Amazone. Bon de toute façon, l’eau est brune de chez brune, donc peu importe ce qui s’y trouve, si on le voit il sera bien trop tard… alors autant ne pas stresser non ?? Et de toute façon, il fait une chaleur étouffante et ce sera notre seule baignade des 4 jours alors je ne me fais pas prier 2 fois ! Sur la petite plage, je veux faire une photo souvenir et marque donc nos 2 surnoms dans le sable : Ju-Da…. Ah… j’avais jamais remarqué. Mince, du coup ça fait bizarre comme photo souvenir… Katherine nous demande d’ailleurs « Ben pourquoi vous écrivez Juda dans le sable ?? » Mouais… les parents vous auriez pu vous concerter au moment des noms ou des surnoms ! C’est malin ça…

Allez hop, se baigner dans l’Amazone au fin fond de l’Amazonie entre la Colombie, le Pérou et le Brésil : Check !

Avant la tombée de la nuit, on rentre pour le dîner. Et accessoirement aussi pour sortir les vêtements manches longues et surtout se badigeonner, s’enduire, se recouvrir, se tremper jusqu’aux os dans le produit anti-moustiques. Et pas n’importe quel anti-moustiques. C’est de l’anti-moustiques de haute compétition. On nous a fait acheter des savons anti-moustiques, un liquide mentholé anti-moustique et des petits pavés qui ressemblent à des gros sucres anti-moustiques. Après le guide sépare le liquide mentholé dans 2 bouteilles, écrase un pavé dans chaque bouteille puis broie du savon dans chaque bouteille. J’ai l’impression d’être face à Panoramix, cette potion devrait me donner des supers pouvoirs face aux affreuses créatures bien trop nombreuses pour que je puisse avoir assez de sang pour contenter tout le monde…. Tu secoues, tu secoues, tu secoues et PAF, t’as une potion bleue anti-moustiques de compet high-tech.

Après le dîner et alors que nous sommes bien luisant d’un mélange glamour de sueur et anti-moustique (au passage, la menthe fait un effet frais et ça par 95% d’humidité, c’est pas dégueu), on retourne dans notre petite embarcation. On part traquer le caïman. Eh ouais. On est des aventuriers de l’extrême. On est donc avec notre guide officiel et le guide spécialisé dans la traque du caïman (chacun sa spécialité…). Alors, c’est presque facile. On est dans le noir total. On entend plein de bruits bizarres qu’on ne sait pas identifier et finalement, c’est peut-être mieux comme ça… On a nos lampes torches et là, un jeu d’enfants, il faut scruter les bords de l’amazone et quand on voit 2 points jaunes c’est qu’on a trouvé un caïman.

En théorie, c’est donc un jeu d’enfants. En pratique, on va quand même passer pas mal de temps dans la barque sans faire de bruits à traquer les fourrés sans rien trouver… Après au moins une bonne heure et à force de s’enfoncer dans les méandres des méandres des méandres, on arrive dans un cul-de-sac. Le guide est allongé à l’avant du bateau. On nous fait signe de ne pas faire de bruits. Et 5 minutes plus tard. BAM, il jette les 2 bras dans l’eau et ressort avec un caïman !!! Moi on me met de jour devant un bocal avec un poisson rouge pas bien vif, je pense que je m’y reprends à 2 fois avant de réussir à le choper correctement… Lui il te fait ça de nuit, dans un fleuve brunâtre avec un caïman. Y’a pas à dire, on n’est quand même pas tous nés égaux…

Dans la demi-heure qui va suivre on va apprendre tout du comportement des caïmans et on va pouvoir le tenir chacun notre tour. En théorie, aucun risque, tant qu’il a la frontale dans la figure, il est aveuglé, il a la trouille et donc fait la statue… En pratique…. Ben en pratique ça marche bien, mais on est quand même pas à l’abris que celui qu’on ait choppé là ait un grain ou ait passé une mauvaise journée et essaie de nous croquer un bout de doigt pour pouvoir se carapater… Mais bon, la théorie a plutôt bien marché. Tellement bien que si on ne voyait pas la respiration et les yeux bouger, on pourrait se demander s’ils ont pas sorti un faux d’une boîte cachée dans l’eau où ils vont tous les 2 jours pour épater le bon touriste naïf. Mais non, non, je vous assure que c’était bien un vrai, il était pas hyper rassuré le pauvre. Mais maintenant qu’il est là on en profite. Le caïman a 3 types de peaux différentes : Sur le dos, sur le ventre et sur les pattes. On peut tâter. Moi j’arrête pas de le caresser. Il me fait de la peine à être en stress. Du coup, j’entreprends un petit massage des pieds… Da me fait gentiment remarquer que ça n’a quand même pas l’air de bien le déstresser… J’aurais essayé…

Bref, assez joué, on le remet à l’eau.

Mais faire un selfie et un massage des pieds à un caïman de nuit au fin fond de l’Amazonie : Check ^^.

En retournant dans notre petit chez nous, on se retrouve au milieu d’un ban de poissons. Et dès fois c’est quand même con des poissons… Ils voient des lumières, ils entendent du bruit et hop, ils se mettent à sauter dans tous les sens… Ils sautent donc… dans la barque. Eh ouais. On se retrouve envahis de poissons !!!!!!!!!!!! Alors si t’es un pêcheur un peu flemmard, c’est facile, tu prends une barque, tu vas au fin fond de l’Amazonie et tu pagaies de nuit et bim, tu rentres avec une barque pleine de poissons.

Sauf qu’un poisson qui se retrouve dans une barque il continue de sauter… je vous raconte pas le cirque dans la barque… Et bien sûr il y a moi au milieu « Non les pauvres poissons, ils vont mourir, il faut les remettre à l’eau !! » J’entreprends donc de les remettre les uns après les autres par-dessus bord. Ce qui ne les empêche pas de remonter 2 secondes plus tard. Je vous ai dit qu’ils étaient un peu stupides…

Bref, le guide se moque de moi. Surtout qu’un passe entre les lattes de la barque et se retrouve coincer en-dessous des lattes… J’arrive plus à le choper… Le guide me dit de ne pas m’inquiéter, qu’on les sortira en arrivant… Ouais enfin pendant ce temps ils respirent pas…

On arrive, on finit de tous les remettre à l’eau, même celui coincé sous la barque. Je pense que si je n’avais pas été là, les guides les auraient juste fait rôtir, mais là ils ont été gentils avec moi^^. Même si le guide me rappelle qu’on va aller pêcher le piranha… Mais ça c’est un autre jour !

Da file se brosser les dents…. À peine il atteint le lavabo que j’entends « Oh Juju vient voir !!! OUAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH» Ah ouais quand même.. Ben le lavabo est juste recouvert de moustiques… Je ne crois pas qu’on puisse encore apercevoir que le lavabo était blanc en-dessous… Euh… vous savez comment fabriquer du sang plus vite que son ombre pour qu’on puisse survivre à ces 4 jours ?

Allez dodo, on prend bien soin de bien mettre la moustiquaire partout au-dessus du matelas (enfin Katherine et moi, parce que Da a préféré s’asseoir dessus et la craquer… Il essaie de rafistoler en mettant un tee-shirt pour colmater les trous… encore un grand moment ^^ On est à fond dans la famille dans la jungle !!

Bon j’ai quand même 3 mois de retard, alors je vous poste ça pour vous faire patienter pour la suite, tandis que je commence à rédiger la suite de nos péripéties au fin fond du fin fond du monde !!!

Ju-Da