Dans la jungle, part 2: « Mais Juju, c’est super dangereux ce qu’on est en train de faire! »

Alors, après une première nuit sans trop de piqûres à déplorer (Merci moustiquaire, je t’aime !) et un petit-déjeuner de compet, nous voilà à nouveau dans notre embarcation. Notre guide, toujours muni d’un espèce de sabre (ouais je m’y connais pas super en armes de survie. C’est un grand couteau quoi. Mais avec un étui sculpté et tout. On ne rigole pas dans la jungle), nous 3 et un autre guide qui conduit notre embarcation.
On nous dépose au 300 ème arbre sur la gauche, juste en sortant du périph, et là apparemment y’a un sentier… Ah d’accord. Alors au bout d’un mètre de la jungle, on passe d’un ensoleillement total à une bonne pénombre… Oui y’a de la matière au-dessus de nos têtes… Je vous rappelle qu’on est au fin fond de l’Amazonie ^^.
Le guide commence par nous montrer sur une branche une autoroute de fourmis… Elles se suivent et portent des énormes bouts de feuilles. C’est un peu surréaliste. Comme dirait Da « Regarde Juju, c’est comme dans les dessins animés ! »
Puis on se retrouve face à un arbre recouvert de piquants. Et pas des ptits piques comme sur une rose. Non. Pour ceux qui connaissent, ça a la taille et la forme des cônes d’encens… Mais en beaucoup plus affûté évidemment. Et y’en a un au centimètre carré… Voilà voilà. C’est plus du qui s’y frotte s’y pique. C’est qui s’y frotte va vite se vider de son sang… Je décide donc de rester loin de cet arbre. Ce serait vite fait de trébucher et de vouloir se rattraper à ce tronc…
Y’a un autre arbre, le guide met un coup de sabre dans le tronc… la sève commence à couler. Et le guide nous informe : « Si vous mettez cette sève dans votre bouche, vous êtes mort en 10 heures et il n’y a pas d’antidote ». Ah d’accord. Je vais donc rester loin de cet arbre également.
« et cet arbre, si vous touchez la sève, vous êtes mort en 24h ». Ah. De mieux en mieux. Je vais donc rester loin de cet arbre aussi.
Ensuite, il nous montre une ridicule petite araignée. « Si elle vous pique, vous êtes mort en 4h et il n’y a pas d’antidote ». Ah ok. Je vais donc rester loin des araignées aussi.
Euh. Ouais donc en fait en gros je suis dans la jungle et la plupart des arbres et bêtes sont susceptibles d’avoir ma peau. Et ça, Da l’a bien compris aussi. C’est donc plein de bon sens qu’il me sort « Eh mais Juju, c’est super dangereux en fait ce qu’on est en train de faire ». Oui mais t’inquiète pas Da, quand on le racontera aux parents et grands-parents on sera loin, ils n’auront pas le temps de paniquer !
On continue de marcher. Je sens qu’on tourne en rond. Je dis à Damdam qu’il nous fait faire un cercle. Et oui. Vous me croyez, vous ne me croyez pas mais au bout d’un moment, on arrive à une branche et je la reconnais direct : On est déjà passé là. Le guide se retourne et nous regarde et je lui dis « on a fait un rond, on est déjà passé là ». Il est tout fier de ses nouveaux élèves !
On trouve un trou rempli d’eau où nous voyons 2 poissons se balader. Le guide nous dit qu’il faut tailler une branche et si on est rapide on peut empaler les poissons… Mouais. Da décide d’essayer. Le guide trouve une branche, il sort sa serpe magique et hop en 30 secondes, on a une jolie lance. Da vise le poisson et…. Ben non. En même temps on s’en doutait. On ne va pas devenir Tarzan et Jane en 20 minutes… (Ne vous emballez pas trop, sans vouloir tuer le suspens, en 4 jours non plus…)
Le guide essaie de nous apprendre plein de choses, plein de noms d’arbres, leurs utilisations,… Mais pfiou. Ça fait beaucoup d’informations d’un coup. En plus, à chaque fois ce sont des noms pas possibles… Le guide nous explique que depuis tout petit il a toujours vécu dans la jungle et que ses parents et grands-parents lui ont tout enseigné. Il ne va même pas nous enseigner 5% de ses connaissances… et même ça on galère.
On finit par ressortir de la jungle, on rejoint notre embarcation pour aller manger notre dose de féculents d’une semaine en une assiette. Après une sieste dans le hamac (je deviens accro, je vais devoir investir en rentrant !), on retourne dans la barque et on nous repose au milieu de nulle part.
Damdam me regarde inquiet : « Juju, on retourne en milieu hostile ! »
Eh oui, cet aprem, on va apprendre à pêcher. Mais là on ne parle pas de la belle canne à pêche avec les beaux hameçons et tout… Non non. Alors là, la canne c’est un bout de bois avec un fil de nylon au bout. Et au bout du fil de nylon un espèce de fil de fer tordu.
Quant aux appâts, il va falloir les chasser. On part donc à la chasse à la sauterelle avant de pouvoir commencer à pêcher. Bon évidemment, vous vous doutez, les guides en ont trouvé 2 en 2 minutes. Nous on cherche encore ^^. Hop, c’est parti, ils embrochent la sauterelle sur le bout de fil de fer tordu et bim à l’eau.
Avec la sauterelle, on pêche un petit poisson. Pas de quoi nourrir une tribu. Mais en fait ce n’est pas le poisson là qu’on veut pêcher. En fait, nous, on prend ce mini poisson (qui fait quand même bien 20 centimètres), on le coupe en petit bout (imaginez ma tête, je suis ravie d’avoir un poisson coupé dans tous les sens sous mes yeux et qui continue de gesticuler…) et on met un bout sur le fil de fer… La sauterelle chassée nous a donc permis de pêcher le petit poisson qui lui va nous permettre de pêcher les gros ! Toute une tactique.
On va pêcher chacun notre tour. Ceux qui ne pêchent pas coupent des grandes herbes qu’ils agitent dans tous les sens autour de soi et du pêcheur pour limiter l’approche des nuages de moustiques… C’est qu’ils sont agressifs et surtout nombreux.
Le guide nous ramène une espèce de branche. Une branche principale sur laquelle il n’a laissé que 2 petites branches à la base. Le but ? Embrocher les poissons dessus. Ça nous fait un support pour ramener la poisse caille au bercail.
Avant la tombée de la nuit, on rejoint notre embarcation, puis notre logement et au dîner bien sûr, c’est le poisson que nous avons pêché. Encore un peu et on sera autonome dans la jungle hostile ^^. Enfin faudra pas être trop gourmand quand même, on a dû rentrer avec 3 poissons…
On profite de cette deuxième et dernière nuit dans nos lits à moustiquaire (gruyère la moustiquaire de Da, mais moustiquaire quand même. T’avais qu’à pas t’asseoir dessus !) Demain on passe aux choses sérieuses. Ouais, là vous pensiez que nous étions des aventuriers. Attendez de voir la dernière partie, sorte d’examen final… Demain, on part en mode Koh Lanta. En autonomie en milieu hostile !Sauf que nous, on n’est pas sur une île déserte paradisiaque avec la mer, le sable blanc et tous les poissons colorés et noix de cocos à volonté. Nous, on est dans un environnement où tout veut notre peau, où on est entourés de piranhas et où même les arbres veulent nous tuer ! Un grand moment en perspective !!!
Ju-Da

Colombie: Les cousins au fin fond de la forêt amazonienne – Part 1 ^^

Bon alors déjà, avant de passer à la Colombie, Marion a lu l’article précédent et j’ai oublié pas mal d’anecdotes. J’ai oublié qu’un soir à TTKOS, ils ont mis une musique de Ska-P qui est très connue en France… Nous sommes devenues hystériques les 2 en entendant cette musique à danser, sauter partout en hurlant les paroles, sous les yeux médusés du reste de la boîte qui nous regardait un peu en se disant « Non mais qu’est ce qui leur prend là ??? » OU alors la fois où on a décidé de faire une soirée filles pendant le week-end des élections… On est allé à un restaurant italien qui avait du très bon vin rouge. Sauf qu’il n’avait pas le droit de nous vendre la bouteille à cause des élections… On l’a supplié, c’était notre dernière soirée filles à La Paz, en plus c’était du bon vin, en plus on n’est pas d’ici, on vote pas nous… Bref, il a fini par accepter, mais il venait avec la bouteille pour nous servir à la table et ensuite il fallait qu’il parte planquer la bouteille derrière le bar et on devait lui demander quand on voulait être resservie pour que personne ne voit la bouteille (en revanche, pas de problème avec le fait qu’il y avait 3 verres de vin rouge sur la table à la vue de tout le monde… quand la logique échappe à toute logique… mais bon on se passe bien de le faire remarquer !!). Ou alors quand un de nos derniers soirs, on décide de se faire un steakhouse : On commande tous et on s’est retrouvé avec des portions bien plus grosses que nous… Ou la fois où une asiatique a craqué sur Philippe à l’hôtel et qu’elle a commencé à lui donner à manger avec sa fourchette… donc imaginez nous tous autour en train de mourir de rire… Voilà il y a encore sûrement des tonnes d’anecdotes si je demandais aux autres mais voilà déjà les quelques unes que Marion a retrouvé après avoir lu mon article ! Merci ma Frenchy adorée !!!

Alors le vol pour Leticia dans la jungle colombienne, il faut que je vous raconte parce que c’était assez épique !! On commence à descendre, au début j’ai l’impression d’être au-dessus de la mer (ce qui est impossible si vous connaissez votre géographie, il n’y a pas beaucoup de mer entre la Bolivie et la Colombie… ou alors faut faire un sacré détour !), mais quand on descend un peu plus c’est en fait une mer de verdure… L’Amazonie. Pfiou ! Faut le voir pour le croire ! De la verdure, des arbres à perte de vue mais d’une densité incroyable…

La descente ne se fait pas en douceur, loin de là. On a pas mal de perturbations… Et là, l’avion tourne… tourne… tourne… tourne encore… euh on fait quoi là ??

Annonce dans l’avion : En raison d’une météo trop défavorable, c’est juste impossible d’atterrir. Nous allons donc tourner une demi-heure et voir ensuite ce qu’il en est. Nous allons donc tournoyer au-dessus de cette mer de verdure durant 30 minutes. Tout cela accompagné de perturbations de plus en plus forte… Ca me fatigue un peu tous ces cris des gens autour de moi… Vous ne pourriez pas paniquer en silence non ? ^^

Une demi-heure plus tard, nouvelle annonce : Toujours impossible d’atterrir. Nous allons donc faire la girouette une demi-heure de plus… Ah je pense à Da qui doit poireauter à l’aéroport en bas et me regarder tournoyer au-dessus de sa tête…

Da c’est mon cousin, il vient me rejoindre en Colombie pour ses vacances. Parce qu’un cousin c’est trop cool ^^.

Une demi-heure plus tard, ce sera 20 minutes de plus pour tout le monde.

Soudain, ENFIN : Nous allons pouvoir atterrir ! Ah ! Enfin essayer… Sympa comme annonce. « On va essayer », ok mais alors ça veut dire quoi au juste, que peut-être ça marche pas ??

Bref… alors je ne vous raconte pas l’atterrissage ! Faut pas être malade dans les transports (ni être cardiaque pour le coup !). Bon alors par contre, vous voyez ces couillons qui applaudissent toujours à l’atterrissage (J’aimerais qu’on m’applaudisse à chaque fois que je fais mon travail, ce serait fun) ? Alors là, j’en avais une bonne dose dans l’avion. Normalement, ce type de personne applaudit une fois. Alors là j’ai eu droit à triple dose ! Ils ont applaudi une première fois quand l’avion a touché le sol. Une deuxième fois quand l’avion a commencé à ralentir. Et une troisième fois quand l’avion s’est arrêté… Je pense que si le port des ceintures de sécurité n’était pas obligatoire, ils auraient entamé une ola…

Bref, au moins j’ai rejoint la terre ferme ! Me voilà donc dans une des seules villes au monde qui ne soit accessible que par avion ou bateau (ou à pied si vous êtes barrés) : Pas de route pour venir jusqu’ici !!! Je sais c’est dur à croire !!

Je retrouve Damdam : « Juju !!!!!! » ^^ ahah. Bon alors en fait il ne m’a pas attendu trop longtemps parce que pendant que c’était la tempête dans les airs, c’était aussi la tempête sur terre… Il pleuvait tellement fort que c’était devenu impossible de se déplacer donc il vient juste d’arriver à l’aéroport et avait peur de me rater. Mais non, ici un avion qui arrive c’est l’évènement du jour, du coup tu peux demander à n’importe qui dans la rue si l’avion est déjà arrivé, on saura te répondre ^^. Un monde à part je vous dis !

Bref, on prend un tuk tuk et on se retrouve à traverser des marres d’eau dans les « rues » (Comprenez chemin de terre à part pour la rue principale…. Pleine de trous elle aussi). Da récupère ses affaires dans l’hostel qu’il avait trouvé et on va à celui que moi j’ai trouvé (entouré d’un parc, piscine, hamacs, bar, lac…et moins cher que le sien… 10 mois d’expérience les enfants !). On emménage dans notre dortoir et on file manger… pendant le repas, Da me travaille au corps : « Oui tu sais j’ai trouvé cette agence elle est suuuuuuuuuuper ». « ça coûte combien ? » « Non ça je vais pas te le dire mais euh ça a l’air suuuuuuuuuuuper »… Au bout de 10 minutes, il finit par me lâcher le prix et les bras m’en tombent ! Punaise mais ce que c’est cher ce pays !!! En Bolivie, c’est 70 euros les 3 jours dans la jungle. En Colombie, c’est 100 euros… par jour… Ah quand même. Mince, la Bolivie me manque encore plus d’un coup !!

Bon on va voir l’agence… je négocie un peu, j’arrive à faire baisser un peu sous les yeux épatés de Da ^^. Mais ça reste hors de prix, mais c’est partout pareil, c’est juste que c’est beaucoup plus cher que son voisin… Va falloir s’y faire. On réserve pour le lendemain. En sortant de l’agence, Da me dit « Oh c’est cool je pensais que tu serais beaucoup plus chiante » Ahah, je prends ça comme un compliment !

Allez, c’est parti, on trie nos sacs parce qu’on ne va pas tout prendre avec nous et ensuite on file acheter de quoi se faire un ptit-dej le lendemain. On retourne à l’aéroport et là je fais une belle perf : On doit retourner à l’aéroport mettre le tampon de sortie de Colombie comme on quitte le pays le lendemain : Les 3 jours de jungle se font au Pérou et il n’y a pas de douane de sortie de Colombie sur le fleuve. On prend un tuk tuk et en arrivant à l’aéroport pour faire tamponner le passeport, il y en a une qui a oublié son passeport… Moi bien sûr. Je suis très fière de cette belle performance… On se retape donc un aller-retour à l’hostel grâce à moi !! Et Da qui fait « Mais Juju !! » oui je sais… On demande comment ça se passe en revenant de la jungle : Il faut revenir à l’aéroport mais on nous explique que « C’est pas pressé »… ah d’accord… Me voilà donc avec un tampon entrée/sortie de Colombie daté du même jour dans mon passeport. Et me voilà donc sans tampon, je me sens perdue : je suis où là du coup ??

Ensuite, on dîne (moi je trouve des streetburgers mais en voyant le truc au bord de la route Da me dit « Mais moi je vais être malade si je mange ça ! » Ahlala ces touristes, je vous jure ! ^^

On trouve donc un resto (enfin un resto de jungle hein, on reste assis dehors sur des bancs avec des chiens qui nous font des yeux de chat botté tout le repas) et on passe la soirée dans le hamac à boire une bouteille d’aguardiente, l’alcool colombien que Da me fait découvrir (A chaque pays son alcool en Amérique du Sud !) en papotant. On rattrape les 10 derniers mois ! Et là… Je réalise que je n’ai fréquenté quasiment que des voyageurs au long cours cette année. Que des gens aussi barrés que moi. Des gens qui ne pensent qu’à leur prochaine destination, qui partagent leurs anecdotes de voyages toutes plus abracadabrantes les unes que les autres… Des gens qui veulent rencontrer d’autres gens. Des gens pour qui c’est normal de dire « Je viens de me faire un sommet de 6088 mètres. Des gens pour qui donner un bain à un éléphant, c’est comme aller nager avec des baleines, des requins ou comme aller se perdre au fin fond de la brousse dans une cabane en bois où une bassine remplie d’eau sert de douche et toilettes… Des gens pour qui vie active, bureau et retraite, ça n’envoie pas du pâté en croûte. Des gens qui se nourrissent exclusivement d’adrénaline, d’imprévus et d’aventures. Bref. Des gens comme moi. Mais pas des gens comme mon ex-moi. Donc le constat est sans appel. J’ai changé. Et j’en prends conscience seulement là, je n’ai rien senti venir et là, Bam, ça me tombe dessus. Punaise, je ne suis plus la même. Aïe aïe aïe. Comment c’est possible de changer à ce point-là en si peu de temps…. Je ne compte pas les « Mais Juju » que me sort Da ce soir… Bref je me couche en étant sûre d’une chose : Un de ceux qui comprenait le mieux mon envie de partir en 2013, c’était Da. Celui qui est en face de moi aujourd’hui et qui me regarde avec des yeux écarquillés, c’est le même. Celle qui a changé c’est moi. Imaginé ce qui m’attend en rentrant… Bref. On y pensera plus tard.

Le lendemain, après un petit-déjeuner de champion, on part à l’agence laisser nos affaires. On rencontre notre guide et la finlandaise qui sera avec nous les 2 des 3 jours dans la jungle… Alors comme dirait Da, quand tu penses Finlandaise, tu penses à la pub Nivea grande blonde aux yeux bleus, fine. Katherine c’est très exactement l’opposé. Damdam est un peu déçu…^^ C’est sûr qu’à part elle, il n’y aura que des arbres dans la jungle…

On file dans le taxi qui nous emmène au « port »… Un endroit au bord du fleuve où les barques sont alignées…. Le port donc… Notre barque motorisée vient nous chercher. On nous file des gilets de sauvetage qu’il faut absolument porter… rassurant ! On va voir un bateau sur le fleuve qui a plein de mitraillettes et compagnie… c’est pour dire qu’on s’en va de Colombie. Ensuite, on va voir un peu le même genre de trucs de l’autre côté du fleuve où tous les mecs portent des mitraillettes et nous observent… On nous prévient « Pas de photo »… pas de problème, je n’ose plus bouger de toute façon ! Celui-là c’est donc le Pérou ! Le guide nous montre : « Là t’es en Colombie, là au Pérou et là au Brésil ». Ah pas mal, tu peux te faire 3 pays en moins de 5 minutes !

La barque nous emmène sur la terre ferme un peu plus loin. Il faut prendre un tuk-tuk qui en équilibre sur des planches (je ne plaisante pas… et elles sont petites les planches) va rejoindre une petite route dans un petit village qui va nous emmener dans une petite maison où on doit obtenir notre tampon d’entrée au Pérou. Ah ben voilà, je serai allée au Pérou finalement ! ^^

Hop, le tampon du Pérou c’est fait. On va pouvoir repartir vers notre embarcation 0 étoile. Mais dans le tuk-tuk, toute à l’heure, le guide était à l’arrière, debout, agrippé au tuk-tuk. Bref un peu en équilibre. Un peu n’importe comment. Un peu pas trop safe du tout. C’est donc tout naturellement que je demande au guide si on peut échanger. Il me fait remarquer que je serai quand même plus à l’aise assise dans le tuk-tuk. Je lui fais remarquer que c’est quand même vachement plus drôle agrippée à l’arrière. Il sourit et approuve. Da tente un « Juju t’es sûre ? » Mais je suis déjà en équilibre agrippée et c’est parti. Ahah, rien à voir avec assise sur un siège. Là je suis agrippée à un tuk-tuk qui est lui aussi en équilibre sur ses planches. J’ai le sourire, moi ça m’éclate ^^.

On remonte sur notre barque et là, ça va prendre un temps interminable. Au 50ème bras de l’Amazone qui part vers la droite on tourne. Au 500ème arbre, on prend à gauche. Bref, pas besoin de GPS… Mais ne me demandez pas comment ils font pour se repérer… On croise quasiment personne. Bien sûr aucune habitation ou trace de vie. Et quand on arrive vraiment au milieu du milieu de nulle part, ça y est, c’est là. Notre lodge ^^. On est 3, il y a je ne sais combien de personnel juste pour nous. Le cuisinier, le guide principal, le guide spécialisé dans la traque de dauphins, le guide spécialisé dans la traque de caïmans, le guide spécialisé dans la jungle profonde mode survie… Bref… On va bien prendre soin de nous.

Le cuisinier est adorable. A chaque repas nous avons des jus de fruits frais. Et je ne suis pas sûre d’avoir eu une seule fois un fruit que j’avais déjà goûté ou dont j’avais déjà entendu parler auparavant. Mais dans tous les cas, c’est cro-cro bon^^. On a quasiment toujours du poisson. Une fois ou 2 de la viande. Mais ce que nous avons le plus, ce sont… les féculents. Vous savez le truc où en France on vous dit il faut un féculent dans l’assiette et pas beaucoup ? Eh ben nous on a un féculent de plus par repas. On finit quand même à 4 féculents dans la même assiette…. Riz Spaghettis mélangés (oui oui oui !!!) accompagnés d’haricots rouges eux-mêmes accompagnés de galettes de bananes frites… C’est donc le menu light.

A chaque repas, ça ressemble à une espèce de cérémonie. Le cuisinier nous attend, nous regarde nous asseoir, puis tous les plats et le jus de fruit frais arrive sur la table en même temps puis le cuisinier nous présente ce qu’il nous a concocté avant de nous souhaiter un bon appétit avec un sourire 3 fois plus grand que lui et s’éclipse…Avant il était guide, jusqu’au jour où le cuisinier est tombé malade. Du coup, il a pris la relève en son absence. Finalement, il s’est rendu compte que faire la tambouille, il trouvait ça cool (et surtout moins physique que guide) et hop, la reconversion était lancée.

Après le repas de midi, hop, on embarque dans la barque avec 2 guides. On va traquer les dauphins ^^. Moi ça me plaît ce genre d’après-midi… On tangue dans une barque et on scrute les dauphins gris (vous savez, les jolis à la flipper) et surtout les locaux, ce sont les dauphins roses. Alors, eux ils envoient pas du rêve….. Moi on me dit on va voir des dauphins roses, je suis en mode « oh ça va être cro-mignoooon ». Un dauphin c’est toujours choux et en plus là ils sont roses… Ben non. On en voit un premier. Je me tourne vers Da :  « euh… t’es d’accord avec moi, ça ressemble à rien non ?? » Il confirme… Alors en gros, ça a une couleur rosâtre-grisâtre moche, on dirait qu’il s’est éclaté la tête entre 2 portes et la dorsale ne ressemble pas à grand-chose… Mais bon, c’est du local… Après on en a vu plein et c’est tellement paisible dans notre petite barque au fin fond de l’Amazonie !!!

Alors hop : Scruter des dauphins roses (moches mais dauphins quand même) au fin fond de l’Amazonie : Check !

Ensuite, on part pour une petite baignade… Le guide nous certifie que c’est un endroit sans piranha… moi je veux bien mais je vois pas ce qui empêche le piranha de se déplacer jusqu’à nous dans l’Amazone. Bon de toute façon, l’eau est brune de chez brune, donc peu importe ce qui s’y trouve, si on le voit il sera bien trop tard… alors autant ne pas stresser non ?? Et de toute façon, il fait une chaleur étouffante et ce sera notre seule baignade des 4 jours alors je ne me fais pas prier 2 fois ! Sur la petite plage, je veux faire une photo souvenir et marque donc nos 2 surnoms dans le sable : Ju-Da…. Ah… j’avais jamais remarqué. Mince, du coup ça fait bizarre comme photo souvenir… Katherine nous demande d’ailleurs « Ben pourquoi vous écrivez Juda dans le sable ?? » Mouais… les parents vous auriez pu vous concerter au moment des noms ou des surnoms ! C’est malin ça…

Allez hop, se baigner dans l’Amazone au fin fond de l’Amazonie entre la Colombie, le Pérou et le Brésil : Check !

Avant la tombée de la nuit, on rentre pour le dîner. Et accessoirement aussi pour sortir les vêtements manches longues et surtout se badigeonner, s’enduire, se recouvrir, se tremper jusqu’aux os dans le produit anti-moustiques. Et pas n’importe quel anti-moustiques. C’est de l’anti-moustiques de haute compétition. On nous a fait acheter des savons anti-moustiques, un liquide mentholé anti-moustique et des petits pavés qui ressemblent à des gros sucres anti-moustiques. Après le guide sépare le liquide mentholé dans 2 bouteilles, écrase un pavé dans chaque bouteille puis broie du savon dans chaque bouteille. J’ai l’impression d’être face à Panoramix, cette potion devrait me donner des supers pouvoirs face aux affreuses créatures bien trop nombreuses pour que je puisse avoir assez de sang pour contenter tout le monde…. Tu secoues, tu secoues, tu secoues et PAF, t’as une potion bleue anti-moustiques de compet high-tech.

Après le dîner et alors que nous sommes bien luisant d’un mélange glamour de sueur et anti-moustique (au passage, la menthe fait un effet frais et ça par 95% d’humidité, c’est pas dégueu), on retourne dans notre petite embarcation. On part traquer le caïman. Eh ouais. On est des aventuriers de l’extrême. On est donc avec notre guide officiel et le guide spécialisé dans la traque du caïman (chacun sa spécialité…). Alors, c’est presque facile. On est dans le noir total. On entend plein de bruits bizarres qu’on ne sait pas identifier et finalement, c’est peut-être mieux comme ça… On a nos lampes torches et là, un jeu d’enfants, il faut scruter les bords de l’amazone et quand on voit 2 points jaunes c’est qu’on a trouvé un caïman.

En théorie, c’est donc un jeu d’enfants. En pratique, on va quand même passer pas mal de temps dans la barque sans faire de bruits à traquer les fourrés sans rien trouver… Après au moins une bonne heure et à force de s’enfoncer dans les méandres des méandres des méandres, on arrive dans un cul-de-sac. Le guide est allongé à l’avant du bateau. On nous fait signe de ne pas faire de bruits. Et 5 minutes plus tard. BAM, il jette les 2 bras dans l’eau et ressort avec un caïman !!! Moi on me met de jour devant un bocal avec un poisson rouge pas bien vif, je pense que je m’y reprends à 2 fois avant de réussir à le choper correctement… Lui il te fait ça de nuit, dans un fleuve brunâtre avec un caïman. Y’a pas à dire, on n’est quand même pas tous nés égaux…

Dans la demi-heure qui va suivre on va apprendre tout du comportement des caïmans et on va pouvoir le tenir chacun notre tour. En théorie, aucun risque, tant qu’il a la frontale dans la figure, il est aveuglé, il a la trouille et donc fait la statue… En pratique…. Ben en pratique ça marche bien, mais on est quand même pas à l’abris que celui qu’on ait choppé là ait un grain ou ait passé une mauvaise journée et essaie de nous croquer un bout de doigt pour pouvoir se carapater… Mais bon, la théorie a plutôt bien marché. Tellement bien que si on ne voyait pas la respiration et les yeux bouger, on pourrait se demander s’ils ont pas sorti un faux d’une boîte cachée dans l’eau où ils vont tous les 2 jours pour épater le bon touriste naïf. Mais non, non, je vous assure que c’était bien un vrai, il était pas hyper rassuré le pauvre. Mais maintenant qu’il est là on en profite. Le caïman a 3 types de peaux différentes : Sur le dos, sur le ventre et sur les pattes. On peut tâter. Moi j’arrête pas de le caresser. Il me fait de la peine à être en stress. Du coup, j’entreprends un petit massage des pieds… Da me fait gentiment remarquer que ça n’a quand même pas l’air de bien le déstresser… J’aurais essayé…

Bref, assez joué, on le remet à l’eau.

Mais faire un selfie et un massage des pieds à un caïman de nuit au fin fond de l’Amazonie : Check ^^.

En retournant dans notre petit chez nous, on se retrouve au milieu d’un ban de poissons. Et dès fois c’est quand même con des poissons… Ils voient des lumières, ils entendent du bruit et hop, ils se mettent à sauter dans tous les sens… Ils sautent donc… dans la barque. Eh ouais. On se retrouve envahis de poissons !!!!!!!!!!!! Alors si t’es un pêcheur un peu flemmard, c’est facile, tu prends une barque, tu vas au fin fond de l’Amazonie et tu pagaies de nuit et bim, tu rentres avec une barque pleine de poissons.

Sauf qu’un poisson qui se retrouve dans une barque il continue de sauter… je vous raconte pas le cirque dans la barque… Et bien sûr il y a moi au milieu « Non les pauvres poissons, ils vont mourir, il faut les remettre à l’eau !! » J’entreprends donc de les remettre les uns après les autres par-dessus bord. Ce qui ne les empêche pas de remonter 2 secondes plus tard. Je vous ai dit qu’ils étaient un peu stupides…

Bref, le guide se moque de moi. Surtout qu’un passe entre les lattes de la barque et se retrouve coincer en-dessous des lattes… J’arrive plus à le choper… Le guide me dit de ne pas m’inquiéter, qu’on les sortira en arrivant… Ouais enfin pendant ce temps ils respirent pas…

On arrive, on finit de tous les remettre à l’eau, même celui coincé sous la barque. Je pense que si je n’avais pas été là, les guides les auraient juste fait rôtir, mais là ils ont été gentils avec moi^^. Même si le guide me rappelle qu’on va aller pêcher le piranha… Mais ça c’est un autre jour !

Da file se brosser les dents…. À peine il atteint le lavabo que j’entends « Oh Juju vient voir !!! OUAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH» Ah ouais quand même.. Ben le lavabo est juste recouvert de moustiques… Je ne crois pas qu’on puisse encore apercevoir que le lavabo était blanc en-dessous… Euh… vous savez comment fabriquer du sang plus vite que son ombre pour qu’on puisse survivre à ces 4 jours ?

Allez dodo, on prend bien soin de bien mettre la moustiquaire partout au-dessus du matelas (enfin Katherine et moi, parce que Da a préféré s’asseoir dessus et la craquer… Il essaie de rafistoler en mettant un tee-shirt pour colmater les trous… encore un grand moment ^^ On est à fond dans la famille dans la jungle !!

Bon j’ai quand même 3 mois de retard, alors je vous poste ça pour vous faire patienter pour la suite, tandis que je commence à rédiger la suite de nos péripéties au fin fond du fin fond du monde !!!

Ju-Da

 

 

 

San Pedro de Atacama: Sandboard, VTT et trekking dans des décors de rêve, au-dessus du Mont-Blanc!

Me voilà donc à 2700m. En arrivant à mon hostel, je rencontre un couple d’anglais arrivés la veille qui n’ont pas quitté leur lit depuis qu’ils sont là… mal de l’altitude. Euh. Lui me dit qu’on est à 3700m, je vérifie, non non, on n’est même pas à 3000m… les pauvres, s’ils sont déjà malades là, ils ne vont pas pouvoir faire grand-chose dans le coin !

L’hostel est incroyable : hamacs, feu de camp tous les soirs, lits super confortables et le bonus : Une couette ! Ahouh ! Quelle luxe !!!! (dormez en sac de couchage ou drap pendant 9 mois et vous verrez comme c’est bon une couette moelleuse !!! Ahah la vie est faite de plaisirs simples parfois !!)

Alors c’est parti : Comme je ne veux pas perdre de temps, je réserve direct un tour à mon arrivée pour l’après-midi à la laguna cerra. Je me retrouve dans un bus rempli de chiliens, ça me fait réaliser qu’il va falloir rapidement faire quelque chose pour mon espagnol parce que je suis hyper limitée !!!

Je passe le trajet au fond du bus avec un couple de chiliens à danser sur des musiques chiliennes pour enfants… Une trentaine de minutes plus tard, nous sommes arrivés : Alors en gros, je me retrouve à flotter dans un lac (c’est presqu’impossible de toucher le sol tellement l’eau est salée !) entourée de montagnes oranges. Je ne sais plus où regarder ! L’arrêt suivant sont les ojos, 2 petits lacs encastrés dans le sol, on dirait… 2 yeux… Et le dernier arrêt est le coucher du soleil au bord d’un lac dont tout le tour est complètement craquelé par le sel. Tout ça toujours entouré des montagnes oranges. Au fur et à mesure que le soleil se couche, les montagnes deviennent progressivement rouges flamboyantes, c’est magnifique… Bien sûr, il ne faut pas se laisser abattre, donc on nous sert un pisco sour (version chilienne donc sans le blanc d’œuf !) pour admirer tout ça.

En rentrant, je fais connaissance avec mes nouvelles colocs : une allemande et 2 italiennes. L’allemande est très sympa, mais les italiennes… Bref. Passons. Je file à la supérette du coin pour m’acheter de quoi manger les prochains jours : Salades et ratatouille, je me régale ! Bien sûr, je prends aussi un empanadas au passage, parce que c’est vraiment trop bon !

Le soir, les 3 filles s’excusent, elles vont aux geysers le lendemain : Elles doivent se réveiller à 2h pour partir à 3h… Moi je dois me lever à 4h pour partir à 5h à l’altiplano, la nuit va être courte !

La nuit va vraiment être très très courte, parce que je ne pensais pas possible en devant se lever à 2h du matin dans un dortoir qu’elles puissent allumer la lampe et se mettre à papoter comme si on était en plein milieu de l’après-midi… En plus, leur bus a du retard, elles partent à 3h45, autrement dit, je n’ai pas le temps de me rendormir !

Je me couvre bien et c’est parti pour 1h de bus… Me voilà perchée à 4500 mètres pour prendre le petit-déjeuner dans un décor de rêve avec une mouette andine qui essaie de me piquer mes miettes. C’est difficile de décrire le paysage. C’est juste magique…C’est indescriptible, le mieux c’est que vous voyez les photos ! Une fois de plus je ne sais plus où regarder. Bon ça caille un peu quand même…

On va ensuite se promener dans ces paysages magiques. Au ralenti bien sûr. Parce que quand tu fais 2700 m – 4500 m en une heure de temps, tu ne vas pas faire un footing… Ou alors tu vas vite t’écrouler. En gros, j’ai l’impression de faire un marathon à chaque fois que j’accélère. Mais pas de mal d’altitude, donc ça c’est chouette !

Je rentre vers midi… Juste le temps de finir ma ratatouille et me voilà repartie pour… faire du sandboarding ! (Si c’était à refaire, j’irai faire la sieste et le sandboarding un autre jour… mais on ne peut pas penser à tout !) Me voilà dans un bus avec quasiment que des français venus rendre visite à Julie, leur copine installée à Buenos Aires pour une année. On sympathise tout de suite et hop c’est parti, nous voilà dans la vallée de la mort ! Euh alors rien que la route dans la vallée, on pense qu’on va mourir. Tous les 2 mètres, il y a tout juste la place pour les roues du bus, autour ce ne sont que des crevasses ! Alors oui le décor est magnifique mais on est quand même en stress une ou deux fois à se demander si on va rester sur la route ou si on va se retrouver au fond du ravin… Bref, si je suis là 2 mois après pour vous raconter, c’est qu’à priori le chauffeur n’était pas mauvais !

Alors le sandboarding c’est quoi ? On te file des chaussures de snow et une planche de snow (par près de 30°C, ça fait bizarre de mettre des boots et de porter un snowboard !) et hop tu vas dévaler des pistes…de sable. Alors l’inconvénient, vous l’aurez deviné, c’est que dans les dunes y’a rarement des télésièges… Me voilà donc à crapahuter sous une chaleur écrasante une dune de sable avec des boots et en portant un snowboard… Bien sûr avec un casque sur la tête, sinon on risquerait d’avoir un peu froid !

On arrive en haut. On admire la vue sur la vallée de la mort à couper le souffle en essayant justement de reprendre notre souffle… (On n’est que dans les 3000 mètres, mais quand faut monter une dune, ça se ressent un peu quand même !) Allez hop, on chausse et c’est parti ! Alors le premier essai est à mourir de rire. On pense tous qu’on va prendre plein de vitesse donc on fait attention de ne pas aller trop vite… Et donc on s’écrase lamentablement dans le sable. Alors avantage par rapport à la neige : Le sable c’est mou, donc ça ne fait pas mal en tombant et ça ne mouille pas non plus. En revanche… Ben t’es recouvert de sable… Donc bien penser à fermer la bouche et les yeux en tombant !!

Pour la deuxième descente on a compris le truc. Pas la peine d’essayer de faire des virages ou d’essayer d’être prudent. Le mieux, c’est d’aller tout droit. Et là, ça devient tout de suite plus rigolo !!! Je suis en train de faire du snow dans des dunes de sable dans un paysage surréaliste ^^. J’adore ma vie ahah.

On enchaîne les descentes (et les montées aussi malheureusement !) puis au moment où le soleil commence à se coucher, on remballe tout et on file à un joli point de vue où bien sûr on nous sert un pisco sour pour admirer tout ça. Bon une fois de plus, la vue est à tomber. Ça devient une habitude ici !

Les français me proposent de les rejoindre pour la soirée, mais entre la presque nuit blanche et le fait que le lendemain c’est moi qui fait les geysers, je suis obligée de décliner malheureusement !

Je retrouve les italiennes dans ma chambre, hyper blasées de leur journée parce qu’il a fait trop froid… Bon. Donc quand le réveil sonne à … 2 heures du matin (oui je suis très matinale ces jours-ci !), je mets tous les vêtements que j’ai… Et j’ai eu raison… Quand on arrive aux geysers, à 5000 mètres d’altitude de nuit, il fait -20°C… Alors l’astuce c’est de rester le plus proche possible des geysers pour se réchauffer un peu les pieds et les mains ! Mais le froid ne gâche pas mon plaisir ! Je prends mon petit-déj au-dessus du niveau du Mont-Blanc entourée de geysers et de montagnes… Encore des paysages magiques ! Comme d’hab au petit-déj on nous sert du pain et de l’avocat. J’adore ! Essayez le sandwich à l’avocat, c’est excellent !

Après on nous emmène à une autre lagune recouverte de flamands roses… On nous explique les différents types de flamands roses. La particularité du flamand chilien (et les locaux n’en sont pas peu fiers), c’est que c’est le seul à être carnivore !

S’ils sont roses, c’est bien sûr parce que le plancton qu’ils mangent sont rosés… Donc je vous laisse deviner la couleur de la lagune… rose bien sûr ! Lagune rose entourée de croûtes de sel et de montagnes… Une fois de plus, ce n’est pas trop trop moche… On va ensuite se baigner au milieu de la montagne (oui température toujours négative à l’extérieur !) dans une rivière limite brûlante ! Le temps de se mettre en maillot dans la cabine locale (donc derrière un gros caillou), je me rue vers l’eau, mais j’ai tellement froid que l’eau me brûle ! En descendant un peu la rivière, il y a une sorte de piscine naturelle… ou plutôt de jacuzzi naturel. Les bulles brûlantes remontent à la surface et nous crament les fesses ! Petit à petit on se fait à la chaleur, donc on commence à avoir froid. Facile, il suffit de se rapprocher du bord les pierres sont bouillantes. Le challenge consiste à ne pas se rapprocher trop des pierres et ne pas avoir trop de bubulles !

Près de la rivière, on rencontre un animal local : C’est un mélange entre un lièvre et un kangourou. Oui, vous aussi vous trouvez ça bizarre et je vous comprends. Globalement, c’est un lièvre. Ça a la taille d’un lièvre, le corps d’un lièvre, les oreilles d’un lièvre tout pareil. En revanche, ça a une tête de kangourou et ça se comporte comme un kangourou… en se déplaçant en faisant des bonds sur ses pattes arrières de pierre en pierre… étrange cet animal !

En rentrant en fin d’après-midi, je me rue vers mon lit ! Y’en a marre des nuits de 2h ! C’est décidé, demain je fais la grasse mat !

Je me réveille donc à… 7h… Mais après plusieurs réveils à 2h du matin, c’est une sacrée grasse mat. Ah j’oubliais de vous dire comment je me réveille… Grâce à l’italienne qui passe un coup de fil en italien en hurlant dans le téléphone alors que tout le reste du dortoir dort… Ouais ben cette fois ça me gonfle et je lui demande aussi gentiment que possible d’aller passer son coup de fil en dehors de la pièce…

Après mon ptit déj, je me prépare un casse-croûte et je file louer un vélo. Direction la vallée de la Luna ! Dans l’idée c’est cool d’y aller à vélo. Dans les faits, faire du vélo à 3000m d’altitude, ce n’est pas comme aller faire une promenade autour du lac Léman… J’ai l’impression que je viens de faire un marathon et que j’ai 50 ans de plus… Donc légèrement à bout de souffle tout du long. Ce qui est drôle avec l’altitude, c’est que dès que tu t’arrêtes, c’est comme si tu n’avais jamais été fatiguée… Très bizarre comme sentiment. Et là tu repars en te disant que t’es pleine de vigueur et bam, 3 coups de pédales plus tard, t’as repris 30 ans !

Bref, je finis quand même par arriver à la vallée de la Luna après avoir traversé un désert aussi somptueux que désertique… Je prends mon ticket d’entrée, ma carte et bim, je continue à pédaler. Dans les graviers. Dans le sable. Dans de la caillasse. Et quasiment tout le temps en montée sous un soleil de plomb. Moi qui ne fait quasiment jamais de vélo, cette fois, je suis servie. Je m’arrête au premier endroit sympa : Un circuit dans des grottes naturelles. Il faut avoir une lampe torche et pouvoir se déplacer facilement en rampant, sinon c’est très très compliqué. A la sortie de la grotte tunnel, ça se transforme en escalade… Et là j’arrive à un point de vue incroyable. Je suis seule au monde ! C’est le désert tout autour de moi, rien à perte de vue à part des paysages semblable à la Lune… Pfouah ! J’en prends plein les yeux !

J’aimerais pouvoir vous décrire ce qu’on ressent au moment où on se retrouve sur un rocher à dominer un paysage lunaire sans âme qui vive nulle part aux alentours, sous le soleil, avec que le bleu du ciel et les couleurs des roches à perte de vue quand on n’a plus aucune obligation depuis 9 mois, qu’on fait absolument ce qu’on veut quand on le veut. Un sentiment de liberté absolue. Je crois que c’est indescriptible… Mais je souhaite à tout le monde de ressentir ce sentiment de liberté incroyable au moins une fois dans sa vie !

Je savoure et immortalise (oui je sais il faut que je mette les photos ! Trouvez moi un wifi correct en Amérique du Sud et je m’y mets !!!) puis je pars traverser un canyon. A peu près une demi-heure de marche où je suis à nouveau seule au monde dans des paysages incroyables….

Je récupère ensuite mon vélo et continue de m’enfoncer un peu plus. Alors la montée dans le sable n’est pas évidente… mais les points de vue valent chaque goutte de sueur. Bien sûr il n’y a personne. Tous les tours viennent dans l’après-midi pour regarder ensuite le coucher du soleil. Donc j’ai la vallée de la Luna juste pour moi… J’enchaîne les tours à vélo, les sentiers à pied et me trouve un rocher qui me fasse un peu d’ombre pour savourer mon casse-croûte puis je commence à entamer le chemin du retour. En descente, c’est tout de suite plus simple. Enfin…n’ayant jamais fait de vélo de descente, me retrouver pleine balle dans la caillasse puis dans le sable c’est pas forcément super simple ^^. Un grand moment !

Je rentre en milieu d’après-midi et je prépare mes affaires pour le lendemain : Je pars pour 3 jours dans le Salar d’Uyuni !

Bye Chile, me voilà en Bolivie ! (Où je suis censée passer une dizaine de jours… ahahah, vous allez voir, je vais légèrement dévier !)

Ju

 

Chili: De Santiago à San Pedro!

Ouais alors là je commence vraiment à être en retard alors je vais vous faire un petit coup d’avance rapide :

Je prends mon vol pour Santiago. Dans l’avion, mon voisin, un chilien, essaie de sympathiser. Sympa sauf qu’il ne fait pas franchement d’efforts pour que je comprenne ce qu’il essaie de me dire… je lui dis que je ne comprends pas avec mon plus bel espagnol, il me répète plus fort et plus rapidement avec exactement les mêmes mots… A la russe donc si vous vous souvenez bien ^^. Bref, la discussion n’est pas hyper constructive. A l’atterrissage, il me demande où je dors, je lui dis le nom de la rue. Le couple en face de nous se retourne et me dit que c’est là où ils habitent, ils peuvent me déposer. Cool ^^. Une galère en moins ! C’est parti, on récupère les valises et ils m’emmènent chez Nelly et Nico. Je les remercie, ça s’annonce bien si tout le monde est comme eux !

En revanche, je suis un peu déçue, il y a eu un tremblement de terre pendant que j’étais dans l’avion ! A 2h près, j’avais encore un truc de fou à vous raconter. Grr, ce n’est pas passé loin !

Nelly et Nico ce sont des copains du pays de Gex qui ont été mutés il y a un mois à Santiago ! Quel timing !! Bon donc Nico m’a dit « quand t’arrives, tu vas voir le concierge je lui aurai donné la clé comme on ne sera pas encore rentré ». Facile. Je vais voir le concierge qui ne parle pas anglais, j’essaie de lui faire comprendre qu’il doit avoir une clé pour moi, je lui montre le numéro de l’appart de Nico, il me fait « oui » et décroche le téléphone… Non non, j’essaie de lui faire comprendre qu’ils ne sont pas là… je retente d’expliquer qu’il doit avoir une clé pour moi… Il parle dans le téléphone, raccroche et me dit c’est bon… Euh, comment ça c’est bon ?? Non non, il me faut la clé… Il ne comprend pas… bon. Il me montre l’ascenseur… ok. Il me fait monter dans l’ascenseur et appuie sur 10… euh ok mais je fais comment pour rentrer dans l’appart ??

Je monte, je trouve le numéro, je sonne… ah mais en fait ils sont là^^. Finalement ils ne sont pas sortis. Ok, je comprends mieux le coup de fil ^^.

On passe la soirée et une bonne partie de la nuit à rattraper le temps perdu : Comment je suis arrivée jusque là (mais je ne leur apprends pas grand-chose vu que Nico est mon plus fidèle lecteur ^^) et surtout comment eux sont arrivés là, parce que quand je suis partie de France, ils habitaient à 5 minutes de chez moi et visaient l’Australie dans quelques années et d’un coup, bam je les retrouve à l’autre bout du monde !

Tard, on finit par aller se coucher. Ils m’ont acheté un matelas pneumatique avec oreiller pneumatique assorti et ça c’est la méga classe ! Comme il fait frais, Nelly me prépare une bouillote avant d’aller me coucher. Ouhla, mais faut pas prendre soin de moi comme ça, je n’ai plus l’habitude moi !

Le lendemain, comme c’est le week-end, ils m’emmènent visiter la ville. C’est génial, ils habitent en plein centre, parce qu’à Santiago, plus t’habites au centre et moins c’est cher (tout un concept encore…). Au premier coup d’œil, c’est rigolo, j’ai l’impression d’être en Europe !

On va au musée de la memoria qui relate toute la période Pinochet. Ce musée est extrêmement bien fait, pour une fois, après l’Asie, les évènements sont réellement relatés, c’est clair,… Bref, à faire pour découvrir cette période de l’histoire du Chili !

En se promenant dans les rues on croise de nombreux vendeurs de tout et de rien : Un vend tout type de télécommandes, un autre des antennes tv, des bonnets,… Ils installent leur marchandise sur un tissu par terre et si la police arrive, ils chopent les 4 coins du tissu et en un quart de seconde hop, ils sont partis. Sauf qu’une fois ils ont vu une mamie qui vendait….des pierres… Ben au moment où la police est arrivée, elle n’a pas réussi à partir… en même temps quelle idée de vendre des pierres quand on sait qu’on doit pouvoir détaler comme un lapin… Bref…

On va se perdre dans les marchés, j’adore, ça me rappelle l’Asie : des allées à n’en plus finir et toujours de tout et de rien. En fait, on peut tout trouver mais il ne faut pas vouloir acheter quelque chose en particulier… Parce que c’est tellement grand que pour trouver le truc que tu veux, tu peux tourner un moment !

On s’achète des empanadas dans la rue… hum !!!!!!!!!! quel délice !!!! Miam, ça s’annonce bien tout ça ^^.

Le lendemain, comme ils travaillent, je pars vadrouiller seule dans les rues. Je vais au Cerro Santa Lucia juste à côté de chez eux. Et en arrivant en haut, surprise ! La ville est entourée de montagnes enneigées ! Ouhla, j’ai l’impression d’être de retour en Suisse. A la vue de ses sommets enneigés, j’ai les jambes qui me démangent ! Je fais le tour des agences pour aller passer la journée du lendemain… au ski ! EH ouais ! Ils ont eu un hiver pourri et moi ça fait 2 jours que je suis là et 2 jours qui neige ! On a de la chance ou on en n’a pas ! Et je ne vais pas aller n’importe où, comme je ne fais jamais rien à moitié, je pars pour une journée à Vallee Nevado, la plus grande station de ski d’Amérique du Sud ! Youhou ! Alors j’en fais un paquet des agences parce que je suis super exigeante ! Je n’ai qu’une journée, alors je ne veux pas qu’on me loue du matériel tout pourri, je peux pouvoir choisir mon matos. EH oui, ceux qui me connaissent le savent, le ski c’est mon dada. La troisième est la bonne, je peux louer du matériel expert et choisir ce que je veux. Parfait ! Je réserve tout ça et demain, je suis à la neige ! Youhou !

Je retourne me balader dans la ville et je rentre à l’heure où Nelly et Nico doivent être rentrés. On repasse la soirée tous ensemble à papoter. Ils se plaisent vraiment avec le système chilien et quand ils me racontent les dysfonctionnements de l’éducation nationale en France, je comprends bien pourquoi ! ça ne donne pas envie de mettre ses enfants à l’école en France ! Enfin bref…

Le lendemain, youhou, je suis à fond ! Je prends le mini-bus qui va m’emmener à un autre mini-bus rempli de portugais qui n’ont jamais skié ! Et hop, direction la montagne. Alors ça a beau être à une petite cinquantaine de kilomètres de la ville, on va mettre près de 4h… Mouais… Je vous passe l’épisode où le mini-bus est coincé dans une épingle à cheveux en montée sur une grosse plaque de glace, où on se met à déraper au deuxième essai, on recule, les voitures derrière se mettent à klaxonner parce qu’on fonce droit dans un ravin. Ceux assis à l’arrière commencent à se ruer vers l’avant du mini-bus parce qu’ils ont peur de basculer… Heureusement, la troisième est la bonne, on continue de monter et personne n’est mort. Ouf !

On fait un arrêt quelques minutes plus tard pour mettre les chaînes. D’un côté, ça me fait suer de perdre encore du temps, d’un autre côté, s’il faut chaîner c’est que je vais passer une bonne journée !

On arrive, je récupère mon forfait et je file chercher le matériel. Youhou, c’est parti, je me retrouve dans les œufs : la vue est dégagée. Non seulement c’est magnifique, mais quelle neige !!

Je m’enflamme un peu, je monte direct en haut, à 4000 mètres. Au moment de pousser sur les bâtons, j’ai l’impression d’avoir 80 ans et d’être en train de courir un marathon (je n’ai jamais eu 80 ans et je n’ai jamais fait de marathon, mais je suis sûre que c’est pareil !)… Mais ohlala qu’est ce qu’elle fait plaisir la première descente !

Je les enchaîne… je ne m’arrête pas. Mais au bout de 2 heures, force est de constater que je m’ennuie et que j’ai déjà fait 2 fois chaque piste… minimum. Bon je continue, mais à 15h, je vais boire un chocolat chaud. Le serveur s’amuse à me mettre plus de chantilly que de chocolat, j’ai à peine le temps de poser ma tasse que tout dégringole… je me débrouille comme je peux ^^.

Je retourne ensuite dévaler les pistes et je trouve un slalom ^^. Ahhhhhhh, ça fait plaisir aussi !

A 17h je retrouve mon bus et hop c’est reparti.

Je retrouve Nico et Nelly tard qui m’ont attendu pour manger et j’ai même une bouillote dans ma serviette au moment de prendre ma douche ! ça ne va pas cette histoire, je suis trop bien traitée, je ne vais jamais vouloir repartir d’ici ! Avant de me coucher, je lis des livres pour enfants en espagnol qu’ils ramènent de la bibliothèque. Je m’en sors niquel avec l’histoire du crocodile qui aimait faire de la balançoire…. Y’a un début à tout !

Le lendemain, je file à la poste acheter un carton pour renvoyer des choses en France (Je me trimballe 3 chargeurs d’appareil photo et un appareil photo qui ne fonctionne plus… par exemple. Et tout ce que je n’ai pas utilisé depuis que je suis partie, je renvois. Comme mon fil à linge. On trouve toujours un endroit où suspendre ses affaires… Je divise aussi tous les médicaments par 2 comme il ne me reste plus que 4 mois). Alors bien sûr quand j’achète le carton, le monsieur me dit que pour les colis internationaux, ils doivent vérifier le contenu avant que je ne ferme le colis. Du coup, je retourne à l’appart chercher les affaires, je retourne à la poste et je remplis le carton à la poste. Mais comme je sais qu’ils vont inspecter le contenu et que je n’ai pas envie de me faire piquer mes affaires, je cache dans les vêtements tout ce qui a de la valeur et je montre que *Ce ne sont que des bouts de tissus, ça ne vaut rien tout ça… ». Hop on enscotche tout ça et c’est parti pour la France… 5 kilos de moins pour moi. J’espère que ça arrivera un jour…

Je me balade un peu et je retrouve Nelly pour une soirée filles pendant que Nico sort avec ses collègues. Ah, c’est rigolo aussi une soirée filles ^^.

Le lendemain, je prends un bus pour Valparaiso. Je découvre les bus 5 étoiles dont j’entends parler depuis longtemps… effectivement, c’est la grande classe !! Une heure et demi de sieste plus tard, je sors la carte que Nelly et Nico m’ont donnée et hop, je pars à l’assaut des rues de Valparaiso ! Cette ville est tout simplement magnifique ! Il y a du street art à chaque coin de rue. Ce n’est pas dur, pour visiter Valparaiso, il suffit de s’y perdre ! Je prends 3 « ascenseurs » pour monter à différents cerros, ce sont des collines un peu partout dans la ville. Par ascenseur, je veux dire petite cabine en bois qui gesticule dans tous les sens et grince un peu trop fort.

Le bord de mer de Valparaiso n’est pas très joli, en revanche, dès qu’on arrive sur les collines, la ville est magnifique ! Des maisons empilées de toutes les couleurs. En revanche, moi je n’aurais peut-être pas construit des maisons de travers les unes sur les autres, en pente, dans une zone sismique. Mais bon, ce voyage a depuis longtemps prouvé que je suis de loin trop logique pour ce monde ^^.

Bref, je vadrouille, je zigzague, je marche, je déambule et quand mes jambes n’en peuvent plus, je retourne à l’arrêt de bus et je repars dans l’autre sens. Avant de rentrer à l’appart, j’achète un ticket de bus pour le lendemain. Il s’agira de mon premier long trajet en bus en Amérique du Sud : 27h de bus (en théorie bien sûr) pour rejoindre San Pedro de Atacama !

 

Je passe ma dernière soirée avec Nico et Nelly ! Snif, c’était bien cool de les retrouver. Mais qui sait, peut-être que nos chemins vont se recroiser avant fin décembre !

Le lendemain matin, je pars prendre mon bus. J’ai de la chance, le mec derrière moi aurait voulu être batteur… Il écoute du vieux rock à fond et tape avec ses pieds dans mon dos et ses mains au niveau de ma tête… Heureusement, il fatigue vite le petit et au bout d’une demi-heure, il arrête de me martyriser !

La journée passe très très vite bizarrement : Je bouquine, je fais un ptit somme, je mange ma salade de pâtes, je continue mon bouquin, je refais un ptit somme… Bizarrement aussi, je dors assez bien la nui. Et au réveil, hop, me voilà à 2700m dans le nord du Chili… Il fait très très chaud. C’est le désert… Je me trouve à un des endroits les plus secs de la planète.

Et là… ça me frappe… mais qu’est ce que je fais là ??? les vagues me manquent. La mer me manque. Le surf me manque. Et la plongée, n’en parlons même pas… Le bateau, la coco,… Mais non, je suis à un des endroits les plus secs au monde. J’ai un peu l’impression de m’être perdue…

Je trouve mon hostel. Il est top, hamacs, feu de camp, vélos neufs, cuisine, lit douillet avec grosse couette (on meurt de chaud la journée et on crève de froid la nuit…).

J’organise mes jours à venir et en me perdant sur le net et dans mes pensées, je retourne voir findacrew et tombe sur une annonce urgente pour une personne qui partagerait les frais du Chili jusqu’à la Polynésie Française… Il m’accepte à bord. La suite, vous la connaissez, j’ai posté un article pour votre avis, une large majorité a choisi de me voir continuer mon chemin terrestre pour cette fois…

Donc je continue mon périple J et ne vous inquiétez pas, les paysages d’Atacama vous ont donné raison alors merci à vous ahah !

Ju

En 2 roues à travers l’île!

Dernier jour complet sur l’île : Anne-So et Boris ont loué un scooter… oh, ça me donne une idée ça tient ! Moi aussi je pourrais louer un scooter ! Eheh ! Allez, c’est parti ! Je loue un scooter seule comme une grande pour la journée. Une grande première. Bon, pour pas faire paniquer la dame de la location, j’y vais avec Anne-so pour qu’elle me sorte le scooter de là et surtout pour qu’elle me sorte de la ville. Allez, hop, nos 2 scooters et c’est parti. A peine sortis de la ville, elle me redonne le scooter et retourne derrière Boris. Allez hop, c’est parti. Au bout de 2 minutes je gère la ligne droite. Au bout de 20 minutes je gère le virage à droite. Bizarrement le virage à gauche a plus de mal à passer.

Au bout d’une demi-heure, c’est tout bon je profite du paysage… et quel paysage ! C’est tout simplement magnifique ! Pfiou ! On longe la côte, on s’arrête pour observer les moais… puis… alors que je suis en pleine confiance, ils me font prendre un raccourci pour aller à la nurserie. C’est l’avantage des scooters sur l’île, ce sont les 4×4 locaux, avec ça on passe partout, c’est beaucoup plus pratique que des voitures ! Me voilà donc sur un chemin de terre plein de trous… aïe ça secoue !! Pas de panique, je gère mon affaire !

10 minutes et 50 frayeurs plus tard, c’est bon, nous sommes à la nurserie, l’endroit où était fabriqués les moais. Un endroit incroyable. D’abord on monte vers un lac avec une jolie vue puis on redescend sur la nurserie. C’est dingue. Au début, tout ce qu’on voit ce sont des champs et des cailloux… puis les yeux regardent de plus près et commencent à s’habituer…et au final, on s’aperçoit que dans toutes les roches apparentes, il y avait des moais en cours de construction ! Parfois sur un rocher on peut trouver des dizaines de moais en cours !

Anne-so prend des photos pour que la classe de sa mère puisse jouer à « trouver les 15 moais » !

La vue depuis la nurserie est incroyable. On découvre les différents types de moais selon les différentes époques (différence de tailles, de traits, socles ou pas, chapeaux ou pas,…). Bref, cette île est d’une richesse en culture, histoire et anecdotes, c’est incroyable ! Je pense qu’avec chaque version, il est possible d’en faire des livres et des livres !

On repart sur nos 2 roues sur la route infernale. 10 minutes plus tard, nous revoilà sur la route, pfiou c’est presque trop facile !

Du coup, Boris m’emmène dans des virages dans des graviers histoire de corser un peu tout ça. On s’arrête à un endroit avec une vue incroyable (ça pourrait être quasiment n’importe où sur cette île ! ) et on sort le couteau, les petits pains et… l’avocat ! Et oui, Anne-so m’initie au sandwich avocat, un classique d’amérique du sud, je suis de suite accro ! Trop bon, miam ! On a aussi une boîte de thon et surtout il me reste une boîte de pâté bien français de polynésie française que je partage avec eux… ils sont au paradis ! La France a du bon, surtout dans l’assiette !

On repart, je passe donc mon niveau démarrage en côte dans gravier ! Que de niveaux passés aujourd’hui ! Je suis une warrior à scooter maintenant ! Le prochain arrêt est LA plage ! La seule plage de sable blanc de l’île.

On s’arrête un bon moment pour profiter de la vue… et je suis prise de nostalgie… quand est ce que je vais revoir la plage la prochaine fois ? le sable blanc ? les palmiers ? les bulles ? le monde aquatique ? Ahhhh. Anne-so essaie de me réconforter « Mais l’amérique du sud c’est gééééééééééénial ». Ouais mais je vais avoir froid, y’a presque nulle part où plonger, je ne vais pas beaucoup surfer… et c’est la dernière partie de mon voyage que j’entame… Ouin !

Après avoir fait plusieurs fois le tour des moais sur la plage, on reprend la route vers le camping et on se décide à aller voir un spectacle de danse… On y va avec Anne-so et Hélène mais à l’arrivée, c’est plus du double du prix annoncé… Bon avec Anne-so on fait demi-tour, Hélène décide de rester.

On va manger dans le resto où bosse Boris ce soir avec Anne-so puis à la fin du spectacle on va récupérer Hélène… qu’on ne va pas retrouver. Elles ont rendez-vous avec celui qui leur a fait le tour à cheval de l’île 2 jours avant moi…

Alors là, faut que je vous raconte cette scène surréaliste… Je suis avec Anne-so au centre de « la ville » de l’île de pâques, la seule et l’unique. OK, ce n’est pas une grosse ville, mais nous sommes quand même dans la rue principale… Il y a beaucoup de monde, des voitures, des bars, des restaurants,… Et là… Et là… Qu’est-ce que j’entends pas ??? Ca ressemble beaucoup à des bruit de sabots sur la route… Je me retourne… et je vois donc un cheval qui trotte sur la route avec sur son dos un cavalier… cheveux longs retenus par un gros bandeau sur la tête, barbichette, un peu des traits de pirate, les joues creusées, manteau et pantalon amples. Bien sûr pas de selle, pas d’étriers, rien de tout ça. Juste une corde pour diriger le cheval… Et il s’arrête à côté de nous. Ah c’est lui qu’on attendait ???

On lui explique qu’on ne trouve plus Hélène, il nous dit qu’il fait l’aller-retour avec le camping pour voir si elle est rentrée… et on le voit disparaître entre les voitures au galop… Euh… Pince-moi Anne-So j’ai rêvé là, il s’est passé quoi ??

Mais non… quelques minutes plus tard, rebelote ! Le cavalier fou et sa monture reviennent vers nous. Il n’a pas trouvé Hélène. Il descend de son cheval… je n’ai jamais vu un cheval dans cet état. Il est en alerte en permanence, même quand il n’est plus sur son dos !! Il ne bouge pas d’un poil, le torse bombé au garde à vous ! On papote un moment et il finit par repartir… mais quand il nous dit au revoir, je regarde Anne-So… je regarde le cheval… je regarde le cavalier… je re-regarde le cheval… Pas d’étriers. Le cheval est largement plus grand que son cavalier… Je regarde Anne-So discrètement : « Mais comment il va faire pour remonter sur son cheval ?? »

J’ai donc ma réponse quelques secondes plus tard : Il saisit l’encolure du cheval avec ses bras et balance une jambe sur le dos du cheval… le cheval part au galop… donc avec le cavalier toujours accroché à l’encolure… et hop il se hisse l’air de rien sur le dos du cheval… Euh… Anne-so pince moi, c’était quoi cette scène surréaliste juste là maintenant sous notre nez ??

On rentre à l’hôtel, encore autour du feu. Puis Boris va se coucher et on rencontre un chilien qui travaille sur l’île et habite au camping qui nous propose de nous faire un pisco sour… ce n’est pas de refus. Le pisco c’est l’alcool chilien ou péruvien, ça dépend à qui on demande. Le pisco sour c’est le cocktail qui se boit un peu partout dans ses 2 pays : Pisco, du citron, de la glace pilée et de sucre pour les chiliens. Les péruviens rajoutent du blanc d’œuf pour donner un aspect mousseux. Ce soir, ce sera donc la version chilienne et c’est excellent.

Après quoi, on va se coucher, demain je dormirai en Amérique du Sud…

Ju

 

 

 

 

 

Du dada, des bulles, un moai et une tortue borgne au fond de l’eau… une autre journée normale!

Ohlala , ça y est j’ai plus d’un mois de retard… aïe !

Bon vite…

Donc à 9h, avec Gildas le français ronchon pas rigolo râleur, on est prêt, on vient nous chercher pour… une bonne journée de dada sur l’île de pâques ! Youhou !

Après 30 minutes de voiture où on essaie tant bien que mal de discuter avec la propriétaire du camping et des chevaux, on arrive sur sa propriété : Des champs à perte de vue avec des chevaux et au milieu un tas de taule (la maison). Au fond du jardi, 4 poteaux en bois entourent des toilettes avec une bâche qu’il faut refermer… Toilettes avec vue imprenable !

Elle va chercher nos chevaux et nous explique comment monter, parce que ce n’est pas comme en Europe. Bon déjà on peut monter de n’importe quel côté, le cheval s’en contrefiche le baluchon. La selle n’est pas hyper confortable mais pour une journée ça ira. Bien sûr, pas de bombes (la sécurité avant tout je commence à me dire que c’est un dicton européen !). Et alors pour le trot, c’est toujours assis. J’ai essayé, si tu fais du trot enlevé, il ne comprend plus ce qui se passe, s’arrête et jette un ptit coup d’œil genre « Non mais tu me demandes quoi là ?? ». On tient les rênes dans une seule main et on dirige presqu’autant avec les pieds qu’avec la main. Ah et ils ne se déplacent presqu’exclusivement au trot… ça va être fatiguant. Le chien part en promenade avec nous et mène la marche !

Allez on passe une première barrière, on file dans les champs, entre les roches volcaniques, puis dans les herbes hautes… youhou ! On se dirige sur le volcan, je retrouve le cratère de la veille, puis on continue… On arrive dans un champ de jolies vachettes à cornes pointues… Euh… y’a une des vachettes qui n’a pas l’air super contente de nous voir… elle commence à gratter un peu par terre… gratter un peu fort en soufflant… euh c’est pas bon ça non ??

Mais hop, il ne faut qu’un quart de seconde au brave toutounet pour se mettre à galoper vers la grosse vache… qui prend peur… essaie de déguerpir… et s’étale de tout son long… true story !! Trop drôle !! (sauf pour la vache qui a eu la honte de sa vie !)

Nous voilà maintenant en train de galoper en descente vers la mer… Voilà voilà, qui c’est qui a le cheval qui trébuche sur un caillou et manque de s’étaler de tout son long ? (C’est vraiment vraiment pas passé loin… on a eu aussi peur l’un que l’autre…) C’est donc moi bien sûr.

On fait ensuite plusieurs arrêts pour visiter d’anciennes maisons, entrer dans des grottes recouvertes de peintures. Elle nous explique tous les différents symboles des tribus, les légendes liées à toutes ses peintures,… C’est extrêmement intéressant. Mais vous allez me haïr, mais avec tout le retard que j’ai, si je vous raconte toutes les légendes de l’île de pâques, j’y suis encore fin décembre ^^.

On passe dans des tunnels pour rejoindre des habitations souterraines… Et dire que la veille j’ai marché un peu partout sans savoir qu’il y avait tout ça sous mes pieds !

On finit par faire une pause pique-nique rapide où je termine ma salade de pâtes au thon qui sont finalement aux calamars pas trop trop bons… et on repart. Bon au passage le pauvre chien se fait disputer parce qu’il essaie de grapiller de la nourriture… mais bon il a bien bossé quand même !

Pendant ce temps, mon cheval dort… Pfu il pourrait au moins profiter de la vue ! Quel ingrat !

Allez hop, on continue notre périple et vers 15h30, on est de retour. Ils ont gagné le droit d’aller voir ailleurs.

On remonte vite dans la voiture, elle nous emmène… au centre de plongées ! Eh oui vous ne pensiez quand même pas que j’allais tenir 4 jours sur une île sans plonger !

Vous devriez voir ma tête quand il me tend l’énorme combi… et une capuche en plus. Oh non ça va cailler !

Briefing rapide, on est 3 à plonger, on monte dans le bateau, on ne va pas très loin de la côte. Et hop, c’est parti… Je peux vous dire que j’hésite plus que d’habitude au moment de me jeter à l’eau… Ah glaglagla !

Allez vite, c’est parti, on ne perd pas de temps ! Je mets la tête sous l’eau. Il n’y a pas de planctons du tout dans le coin, ce qui donne une visibilité incroyable. Des tonnes de coraux se sont développés sur les roches volcaniques ! Y’en a de partout, très différent de ce que j’ai vu jusqu’à présent, beaucoup plus compactes !

C’est très chouette. Pas énormément de vie marine, mais peu de personnes peuvent dire qu’elles ont vu un moai au fond de l’eau ! Eh oui ! Il y a un moai au fond de l’eau !

Alors celui-là a été mis là pour les plongeurs. En revanche, par 70 mètres de fond un peu plus loin, il y a un autre moai, un vrai celui-là. Les anglais sont venus, ils se sont dit « Tiens un moai ce serait joli au coin de la cheminée », ils ont voulu le charger dans le bateau.. un moai fait plusieurs tonnes Hop, il a traversé le bateau, direct au fond de la mer ! Ca c’est fait… belle perf.

A la fin de ma plongée, je croise quand même une tortue borgne. Ça non plus, je n’avais jamais vu. En fait, ils l’ont retrouvé avec un hameçon dans l’œil, ils l’ont soigné, remise à l’eau, mais depuis elle est restée là. Donc si vous plongez à l’île de pâques vous pourrez voir un moai et une tortue borgne !

On croise aussi des anciennes ancres de bateau qui ont fusionné avec les coraux…

1h plus tard, frigorifiée, je retrouve le bateau et 5 minutes plus tard, je me précipite sous la douche chaude…. Pfiou ça fait du bien !

Allez, juste le temps de refiler sur la côte pour retrouver Anne-So et Hélène pour le coucher du soleil ! Le soir, un feu au milieu du camping où on papote tous de nos voyages…

Encore une belle journée !

Ju

 

Une journée d’aventurière sur l’île de Pâques!

Alors dans l’idée, ce matin je me levais tôt pour aller faire le sentier qui longe la côte depuis le village jusqu’à la plage d’Anakena, LA plage de l’île (oui oui oui, sable blanc encore et toujours !) et je reviens au village en stop… environ 7h de marche.

Sauf que comme d’hab quand je fais un plan… ça tombe à l’eau !Au début de mon tour , je n’arrivais pas à prévoir 3 jours à l’avance, là 24h avant ce n’est plus possible non plus ! Mais bon, j’ai appris à être flexible, je m’adapte…

Alors que s’est-il passé ? Facile. Il suffit de me faire changer 3 fois de décalage horaire en 2 semaines, de me faire faire une nuit de 4h pour cause de Kelly puis une nuit blanche pour cause d’avion avec 3 heures de retard au milieu de la nuit et PAF… vous avez une Julie qui se réveille à 11h… (Heure locale. Donc finalement en heure tahitienne, je suis pas si mal).

Bref, je me lève, je déjeune et je me prépare une salade de pâtes… Voilà voilà, je suis ravie en ouvrant ce que je croyais être une boîte de thon… je découvre que c’est une boîte de conserves de…poulpes… Bon ben de toute façon je n’ai pas 50 autres trucs à mettre dedans. Va pas falloir faire la difficile.

Pour info, en général, on conseille aux voyageurs de faire ses courses sur le continent comme tout coûte super cher sur l’île. Sauf que moi je viens de Tahiti. Je pense que c’est moins cher sur l’île… Mais du coup, je n’ai acheté que le strict minimum pour ces 4 jours.

Je passe donc à mon plan B : L’ascension du volcan Terevaka, 507 mètres. C’est indiqué 3 heures, mais l’histoire ne dit pas si 3 heures, c’est l’ascension ou aller-retour. Gildas m’a dit la veille qu’il pensait que c’était 6 heures aller-retour. Moi je pense que c’est 3 heures. Lui pense qu’il a raison (Evidemment…). Mais moi aussi je suis têtue comme une mule (hein Maman c’est bien vrai ? ^^) et ahah sans vouloir me vanter j’ai un historique de « Tu vois j’avais raison » qui peuvent en faire enrager plus d’un (hein que j’avais raison de partir faire le tour du monde !!!!?? ^^). Donc je me dis, pas de soucis, c’est parti !

Je fais du stop (oui ben c’est bon je suis sur une île même si on m’enlevait, vous voudriez qu’on m’emmène où ??) pour aller directement à Akivi où le sentier démarre (je n’ai pas trop envie de longer la route sur 5 kilomètres…)

Une moto s’arrête mais ne va pas dans cette direction (C’est quand même pas de bol parce qu’il n’y a pas plus de 3 routes différentes qui partent de Hanga Roa !). Heureusement, la seconde est la bonne : Un pick-up conduit par un local. Je lui montre l’endroit sur la carte, il me fait signe de monter. Et là, ça devient coton. Déjà l’espagnol, ce n’est pas inné chez moi (Merci la France pour l’allemand en LV1 !! 8 mois que je suis partie, je n’ai pas dégainé un mot d’allemand !!), alors en plus, les chiliens ont un espagnol bien particulier. Un peu comme les suisses allemands avec l’allemand. C’est pas parce que tu parles couramment allemand que tu vas les comprendre. Ben là c’est pareil. Je commence pile par le bon pays pour me lancer (Ahah je vous ai dit que j’ai un tampon Chili – Isla de Pasqua dans mon passeport ? ^^)

Bref, en 5 kilomètres, on réussit péniblement à échanger les banalités, puis j’arrive à lui faire comprendre que je voyage un an et que je suis là pour 4 jours et que c’est mon deuxième jour. Mouais, va sérieusement falloir que m’y mette.

Il me dépose à Ahu Akivi et me montre le départ du sentier. Je commence par aller voir les 7 moais. Leur particularité ? Ce sont les seuls de l’île à regarder vers la mer ! Autre particularité ? Tous les moais ont été disposés en bord de mer pour protéger l’île. Sauf ces 7 là qui sont à l’intérieur de l’île. Une légende sur l’île dit que ces 7 moais représenteraient les 7 explorateurs qui seraient à l’origine du peuplement de cette île. Après, ce qui est bien avec cette île c’est qu’il y a probablement plus de légendes et versions différentes qu’il n’y a d’habitants ^^ (Y’a quand même 4000 habitants…).

Allez, hop c’est parti, je file sur le sentier. Vous voulez un scoop ? Y’a pas besoin d’aimer les statues pour avoir envie de voir l’île de pâques ! L’île est magnifique !!!!! De grands champs à perte de vue. De la mer à perte de vue. Personne. J’ai l’impression d’être seule au milieu de nulle part ! Et c’est exactement ça. Aucune autre île au monde n’est aussi éloignée d’une autre terre !

 

Pour les 3 heures aller on repassera, en une heure je suis au sommet. Et ouhlala j’ai croisé au moins 2 personnes. En arrivant en haut, je découvre le cratère. Mais je découvre surtout la vue !!!!!!!!!!!!!!!!! Et . quelle vue !!! Je surplombe toute l’île et bien sûr que du bleu à perte de vue (oui j’ai envie de plonger…). Rien d’autre ! Pfouah ! La vue sur la péninsule de Poike est à tomber….

Pour vous donner une idée, à l’ouest, il y a Tahiti. Mais bon, c’est tout de même à 4000 km (ouin, je veux retourner plonger !!!). Au sud, l’antarctique. Mais à 5000 km et c’est peut-être mieux comme ça, paraît-il que ça caille un peu par là-bas. Bon à l’est, je suis quand même relativement proche du Chili. 3700 km ^^. Au nord… ahhhhhhhhh au nord !!! Les Galapagos !! Mais bon il reste encore 3800 km. Elles sont encore loin les plongées avec les pingouins !

Je suis donc perchée sur un triangle de terre au milieu de nulle part. Ca me fait ressortir mes envies d’aventurière… Je ne vais quand même pas reprendre le même chemin dans l’autre sens… c’est trop nul. Eh mais de là peut-être que si j’arrive à rejoindre le bord de l’eau, je pourrais rejoindre le sentier que je voulais prendre au départ et rentrer par là… Mais quelle idée brillante allez hop je dévale le champ. Au bout de 5 minutes je me retrouve avec des herbes jusqu’au niveau des cuisses. Puis à traverser des champs de caillasses pas possible. Puis… face à des barbelés derrière lesquels de jolies vaches avec des cornes TRES pointues me regardent. Oups. Bon. Je vais peut-être contourner ce champ. Mais il est interminable… J’attends d’être hors de vue des cornues et je passe les barbelés pour traverser… Au passage, je me rappelle ce qu’on m’a répété je ne sais combien de fois en Australie : Il y a plus de gens chaque année qui meurent attaqués par des vaches que par des requins. Génial.

Je traverse un champ, puis un autre, puis encore un autre… Mouais, je n’ai ni l’impression de me rapprocher du bord de mer, ni du village… Mais bon je continue. Quelle idée brillante j’ai eu. Je traverse bon nombre de champs de chevaux (eux ne me dérangent pas) et de vaches toujours très encornées. Super. Aucune route à l’horizon, aucune habitation, pas âme qui vive. Bien bien bien.

Ben je continue. Je commence à avoir faim, je me pose dans un champ avec une vue … sur la mer (pas dur me direz-vous…) et je me rends compte que je n’ai plus des masses d’eau non plus (à la base je partais pour 3 heures, j’ai pris 1L5. Pas de bol…)

A force d’avancer, je croise un sentier. Je ne vois pas de sentier pouvant correspondre sur la carte. Du coup, je continue toujours vers le village. Il a l’air super loin d’ailleurs et il ne se rapproche pas très vite.

Mais bon, je profite de la vue et je continue d’avancer. Je finirai bien par arriver…

EH oui, je vais finir par retrouver le sentier. En fait, c’est juste que sur la plupart du parcours, il n’y a pas de sentier, il faut juste suivre la côte… Je l’ai déjà dit, je me répète mais je m’en fous : C’est magnifique !!

En plus il fait super chaud, y’a l’océan. Bref, parfait quoi ^^. Je croise différents sites Moais en rentrant : Te Peu. Kihi Kihi et bien sûr Akapu où il faut aller voir le coucher du soleil. Ça tombe bien, je suis pile à l’heure. Je retrouve Gildas et les 2 polynésiens pour admirer le spectacle !

Une fois dans le noir, on rentre au camping. Un dîner plus tard, c’est dodo parce que demain c’est dada !!!

Ju

 

 

 

Bien arrivée à l’île de Pâques :)

Quand je disais à 23h on rentre à la pension, demain je pars à l’île de Pâques c’était exact. Mais pour être un peu plus précise, par demain je voulais dire… 2h du matin ! Eh oui, à peine rentrée à la pension, j’embarque mon paquetage et la femme de Ralph m’emmène à l’aéroport !

Evidemment, comme toujours, j’ai de la chance avec les transports. L’avion qui doit décoller à 2h du matin, c’est déjà super chiant. Alors quel bonheur d’apprendre que le vol a 3 heures de retard ! Youhou, youpi. Rester debout toute la nuit à l’aéroport ! Heureusement, il me reste suffisamment de pièces pour m’acheter un casse-croûte. Après ça, il ne me reste plus qu’une pièce pour remplir le pari de Mathilde : Parfait, une gestion impeccable sur ce coup là !

Allez, c’est parti. Il est 5h. ça fait donc plus de 24 heures que je suis debout, j’ai passé la journée sur des bateaux, donc inutile de dire que je suis HS.

Un des petits plaisirs simples de la vie ? Découvrir à 5h du mat’ que tu n’as personne à côté de toi et pouvoir (presque) s’allonger ! Ahhhhhhhh !

Bon en revanche, je sens que je suis en train de changer de continent ! Plus d’annonces en français avec l’accent polynésien que j’adore, plus de fleurs dans les cheveux, mais des annonces en espagnol…

Bon du coup, j’atterris avec 3 heures de retard…donc au lieu d’avoir presqu’une journée complète, je me retrouve avec une petite après-midi comme premier jour.

Celui qui tient le camping où j’ai réservé avec un collier de fleurs ! Et il est polynésien ! Ah parfait comme ça la transition se fera en douceur avec l’Amérique du sud, dernière partie de ce voyage (Pfu le temps défile à une vitesse je vous jure…).

Dans la voiture pour aller au camping, il y a Gildas un autre français. Bon je vous avoue qu’en ce qui me concerne, de suite le courant ne passe pas. Il est hyper agressif avec le mec du camping, hyper imbu de sa personne, d’une suffisance…. Ohlala. Blasé de voyager en plus… Bref. Mais bon on arrive ensemble, du coup on doit tous les 2 chercher une banque et faire des courses donc on y va ensemble. Mais plus on parle moins le courant passe… Genre lui est allé à Fakarava et pas à Rangiroa. Il me dit « Faka, c’est mieux ». « Euh t’es pas allé à Rangi ». « Mais Faka c’est mieux. »… ohlala. Je dis que j’ai plongé avec Top dive : « Top dive c’est nul ». « Ben t’es pas allé à Rangi ». « Ouais mais top dive c’est nul ». Voilà tout comme ça. Insupportable…

Ce qui me désole c’est qu’on veut faire les mêmes activités sur l’île, qu’on reste le même temps. Du coup, on se retrouve à réserver une rando équestre et … une plongée (what else ?) ensemble. Grrr…

En rentrant au camping, je m’installe dans ma tente (ils fournissent tente et matelas, parfait, juste ce que je n’ai pas) et je pars cuisiner dans la salle commune où je rencontre Anne-Sophie et Boris qui font… un tour du monde dans le sens inverse du mien^^.

Bref, je file dormir, j’ai 3 grosses journées qui m’attendent, j’ai presque fait une nuit blanche dans l’avion après avoir dormi à peine 4 h pour aller à Teahupoo. Et je commence à être sérieusement perdue dans l’espace temps. En 2 semaines, j’ai fait +2 heures en Nouvelle-Zélande, +4h en Polynésie, -4h maintenant… et encore 2 h de moins dans 3 jours. Je suis perdue ^^.

Nana ! (eh oui à l’île de pâques aussi ils parlent Rapa Nui ahah)

Ju