Dans la jungle, part 2: « Mais Juju, c’est super dangereux ce qu’on est en train de faire! »

Alors, après une première nuit sans trop de piqûres à déplorer (Merci moustiquaire, je t’aime !) et un petit-déjeuner de compet, nous voilà à nouveau dans notre embarcation. Notre guide, toujours muni d’un espèce de sabre (ouais je m’y connais pas super en armes de survie. C’est un grand couteau quoi. Mais avec un étui sculpté et tout. On ne rigole pas dans la jungle), nous 3 et un autre guide qui conduit notre embarcation.
On nous dépose au 300 ème arbre sur la gauche, juste en sortant du périph, et là apparemment y’a un sentier… Ah d’accord. Alors au bout d’un mètre de la jungle, on passe d’un ensoleillement total à une bonne pénombre… Oui y’a de la matière au-dessus de nos têtes… Je vous rappelle qu’on est au fin fond de l’Amazonie ^^.
Le guide commence par nous montrer sur une branche une autoroute de fourmis… Elles se suivent et portent des énormes bouts de feuilles. C’est un peu surréaliste. Comme dirait Da « Regarde Juju, c’est comme dans les dessins animés ! »
Puis on se retrouve face à un arbre recouvert de piquants. Et pas des ptits piques comme sur une rose. Non. Pour ceux qui connaissent, ça a la taille et la forme des cônes d’encens… Mais en beaucoup plus affûté évidemment. Et y’en a un au centimètre carré… Voilà voilà. C’est plus du qui s’y frotte s’y pique. C’est qui s’y frotte va vite se vider de son sang… Je décide donc de rester loin de cet arbre. Ce serait vite fait de trébucher et de vouloir se rattraper à ce tronc…
Y’a un autre arbre, le guide met un coup de sabre dans le tronc… la sève commence à couler. Et le guide nous informe : « Si vous mettez cette sève dans votre bouche, vous êtes mort en 10 heures et il n’y a pas d’antidote ». Ah d’accord. Je vais donc rester loin de cet arbre également.
« et cet arbre, si vous touchez la sève, vous êtes mort en 24h ». Ah. De mieux en mieux. Je vais donc rester loin de cet arbre aussi.
Ensuite, il nous montre une ridicule petite araignée. « Si elle vous pique, vous êtes mort en 4h et il n’y a pas d’antidote ». Ah ok. Je vais donc rester loin des araignées aussi.
Euh. Ouais donc en fait en gros je suis dans la jungle et la plupart des arbres et bêtes sont susceptibles d’avoir ma peau. Et ça, Da l’a bien compris aussi. C’est donc plein de bon sens qu’il me sort « Eh mais Juju, c’est super dangereux en fait ce qu’on est en train de faire ». Oui mais t’inquiète pas Da, quand on le racontera aux parents et grands-parents on sera loin, ils n’auront pas le temps de paniquer !
On continue de marcher. Je sens qu’on tourne en rond. Je dis à Damdam qu’il nous fait faire un cercle. Et oui. Vous me croyez, vous ne me croyez pas mais au bout d’un moment, on arrive à une branche et je la reconnais direct : On est déjà passé là. Le guide se retourne et nous regarde et je lui dis « on a fait un rond, on est déjà passé là ». Il est tout fier de ses nouveaux élèves !
On trouve un trou rempli d’eau où nous voyons 2 poissons se balader. Le guide nous dit qu’il faut tailler une branche et si on est rapide on peut empaler les poissons… Mouais. Da décide d’essayer. Le guide trouve une branche, il sort sa serpe magique et hop en 30 secondes, on a une jolie lance. Da vise le poisson et…. Ben non. En même temps on s’en doutait. On ne va pas devenir Tarzan et Jane en 20 minutes… (Ne vous emballez pas trop, sans vouloir tuer le suspens, en 4 jours non plus…)
Le guide essaie de nous apprendre plein de choses, plein de noms d’arbres, leurs utilisations,… Mais pfiou. Ça fait beaucoup d’informations d’un coup. En plus, à chaque fois ce sont des noms pas possibles… Le guide nous explique que depuis tout petit il a toujours vécu dans la jungle et que ses parents et grands-parents lui ont tout enseigné. Il ne va même pas nous enseigner 5% de ses connaissances… et même ça on galère.
On finit par ressortir de la jungle, on rejoint notre embarcation pour aller manger notre dose de féculents d’une semaine en une assiette. Après une sieste dans le hamac (je deviens accro, je vais devoir investir en rentrant !), on retourne dans la barque et on nous repose au milieu de nulle part.
Damdam me regarde inquiet : « Juju, on retourne en milieu hostile ! »
Eh oui, cet aprem, on va apprendre à pêcher. Mais là on ne parle pas de la belle canne à pêche avec les beaux hameçons et tout… Non non. Alors là, la canne c’est un bout de bois avec un fil de nylon au bout. Et au bout du fil de nylon un espèce de fil de fer tordu.
Quant aux appâts, il va falloir les chasser. On part donc à la chasse à la sauterelle avant de pouvoir commencer à pêcher. Bon évidemment, vous vous doutez, les guides en ont trouvé 2 en 2 minutes. Nous on cherche encore ^^. Hop, c’est parti, ils embrochent la sauterelle sur le bout de fil de fer tordu et bim à l’eau.
Avec la sauterelle, on pêche un petit poisson. Pas de quoi nourrir une tribu. Mais en fait ce n’est pas le poisson là qu’on veut pêcher. En fait, nous, on prend ce mini poisson (qui fait quand même bien 20 centimètres), on le coupe en petit bout (imaginez ma tête, je suis ravie d’avoir un poisson coupé dans tous les sens sous mes yeux et qui continue de gesticuler…) et on met un bout sur le fil de fer… La sauterelle chassée nous a donc permis de pêcher le petit poisson qui lui va nous permettre de pêcher les gros ! Toute une tactique.
On va pêcher chacun notre tour. Ceux qui ne pêchent pas coupent des grandes herbes qu’ils agitent dans tous les sens autour de soi et du pêcheur pour limiter l’approche des nuages de moustiques… C’est qu’ils sont agressifs et surtout nombreux.
Le guide nous ramène une espèce de branche. Une branche principale sur laquelle il n’a laissé que 2 petites branches à la base. Le but ? Embrocher les poissons dessus. Ça nous fait un support pour ramener la poisse caille au bercail.
Avant la tombée de la nuit, on rejoint notre embarcation, puis notre logement et au dîner bien sûr, c’est le poisson que nous avons pêché. Encore un peu et on sera autonome dans la jungle hostile ^^. Enfin faudra pas être trop gourmand quand même, on a dû rentrer avec 3 poissons…
On profite de cette deuxième et dernière nuit dans nos lits à moustiquaire (gruyère la moustiquaire de Da, mais moustiquaire quand même. T’avais qu’à pas t’asseoir dessus !) Demain on passe aux choses sérieuses. Ouais, là vous pensiez que nous étions des aventuriers. Attendez de voir la dernière partie, sorte d’examen final… Demain, on part en mode Koh Lanta. En autonomie en milieu hostile !Sauf que nous, on n’est pas sur une île déserte paradisiaque avec la mer, le sable blanc et tous les poissons colorés et noix de cocos à volonté. Nous, on est dans un environnement où tout veut notre peau, où on est entourés de piranhas et où même les arbres veulent nous tuer ! Un grand moment en perspective !!!
Ju-Da

Colombie: Les cousins au fin fond de la forêt amazonienne – Part 1 ^^

Bon alors déjà, avant de passer à la Colombie, Marion a lu l’article précédent et j’ai oublié pas mal d’anecdotes. J’ai oublié qu’un soir à TTKOS, ils ont mis une musique de Ska-P qui est très connue en France… Nous sommes devenues hystériques les 2 en entendant cette musique à danser, sauter partout en hurlant les paroles, sous les yeux médusés du reste de la boîte qui nous regardait un peu en se disant « Non mais qu’est ce qui leur prend là ??? » OU alors la fois où on a décidé de faire une soirée filles pendant le week-end des élections… On est allé à un restaurant italien qui avait du très bon vin rouge. Sauf qu’il n’avait pas le droit de nous vendre la bouteille à cause des élections… On l’a supplié, c’était notre dernière soirée filles à La Paz, en plus c’était du bon vin, en plus on n’est pas d’ici, on vote pas nous… Bref, il a fini par accepter, mais il venait avec la bouteille pour nous servir à la table et ensuite il fallait qu’il parte planquer la bouteille derrière le bar et on devait lui demander quand on voulait être resservie pour que personne ne voit la bouteille (en revanche, pas de problème avec le fait qu’il y avait 3 verres de vin rouge sur la table à la vue de tout le monde… quand la logique échappe à toute logique… mais bon on se passe bien de le faire remarquer !!). Ou alors quand un de nos derniers soirs, on décide de se faire un steakhouse : On commande tous et on s’est retrouvé avec des portions bien plus grosses que nous… Ou la fois où une asiatique a craqué sur Philippe à l’hôtel et qu’elle a commencé à lui donner à manger avec sa fourchette… donc imaginez nous tous autour en train de mourir de rire… Voilà il y a encore sûrement des tonnes d’anecdotes si je demandais aux autres mais voilà déjà les quelques unes que Marion a retrouvé après avoir lu mon article ! Merci ma Frenchy adorée !!!

Alors le vol pour Leticia dans la jungle colombienne, il faut que je vous raconte parce que c’était assez épique !! On commence à descendre, au début j’ai l’impression d’être au-dessus de la mer (ce qui est impossible si vous connaissez votre géographie, il n’y a pas beaucoup de mer entre la Bolivie et la Colombie… ou alors faut faire un sacré détour !), mais quand on descend un peu plus c’est en fait une mer de verdure… L’Amazonie. Pfiou ! Faut le voir pour le croire ! De la verdure, des arbres à perte de vue mais d’une densité incroyable…

La descente ne se fait pas en douceur, loin de là. On a pas mal de perturbations… Et là, l’avion tourne… tourne… tourne… tourne encore… euh on fait quoi là ??

Annonce dans l’avion : En raison d’une météo trop défavorable, c’est juste impossible d’atterrir. Nous allons donc tourner une demi-heure et voir ensuite ce qu’il en est. Nous allons donc tournoyer au-dessus de cette mer de verdure durant 30 minutes. Tout cela accompagné de perturbations de plus en plus forte… Ca me fatigue un peu tous ces cris des gens autour de moi… Vous ne pourriez pas paniquer en silence non ? ^^

Une demi-heure plus tard, nouvelle annonce : Toujours impossible d’atterrir. Nous allons donc faire la girouette une demi-heure de plus… Ah je pense à Da qui doit poireauter à l’aéroport en bas et me regarder tournoyer au-dessus de sa tête…

Da c’est mon cousin, il vient me rejoindre en Colombie pour ses vacances. Parce qu’un cousin c’est trop cool ^^.

Une demi-heure plus tard, ce sera 20 minutes de plus pour tout le monde.

Soudain, ENFIN : Nous allons pouvoir atterrir ! Ah ! Enfin essayer… Sympa comme annonce. « On va essayer », ok mais alors ça veut dire quoi au juste, que peut-être ça marche pas ??

Bref… alors je ne vous raconte pas l’atterrissage ! Faut pas être malade dans les transports (ni être cardiaque pour le coup !). Bon alors par contre, vous voyez ces couillons qui applaudissent toujours à l’atterrissage (J’aimerais qu’on m’applaudisse à chaque fois que je fais mon travail, ce serait fun) ? Alors là, j’en avais une bonne dose dans l’avion. Normalement, ce type de personne applaudit une fois. Alors là j’ai eu droit à triple dose ! Ils ont applaudi une première fois quand l’avion a touché le sol. Une deuxième fois quand l’avion a commencé à ralentir. Et une troisième fois quand l’avion s’est arrêté… Je pense que si le port des ceintures de sécurité n’était pas obligatoire, ils auraient entamé une ola…

Bref, au moins j’ai rejoint la terre ferme ! Me voilà donc dans une des seules villes au monde qui ne soit accessible que par avion ou bateau (ou à pied si vous êtes barrés) : Pas de route pour venir jusqu’ici !!! Je sais c’est dur à croire !!

Je retrouve Damdam : « Juju !!!!!! » ^^ ahah. Bon alors en fait il ne m’a pas attendu trop longtemps parce que pendant que c’était la tempête dans les airs, c’était aussi la tempête sur terre… Il pleuvait tellement fort que c’était devenu impossible de se déplacer donc il vient juste d’arriver à l’aéroport et avait peur de me rater. Mais non, ici un avion qui arrive c’est l’évènement du jour, du coup tu peux demander à n’importe qui dans la rue si l’avion est déjà arrivé, on saura te répondre ^^. Un monde à part je vous dis !

Bref, on prend un tuk tuk et on se retrouve à traverser des marres d’eau dans les « rues » (Comprenez chemin de terre à part pour la rue principale…. Pleine de trous elle aussi). Da récupère ses affaires dans l’hostel qu’il avait trouvé et on va à celui que moi j’ai trouvé (entouré d’un parc, piscine, hamacs, bar, lac…et moins cher que le sien… 10 mois d’expérience les enfants !). On emménage dans notre dortoir et on file manger… pendant le repas, Da me travaille au corps : « Oui tu sais j’ai trouvé cette agence elle est suuuuuuuuuuper ». « ça coûte combien ? » « Non ça je vais pas te le dire mais euh ça a l’air suuuuuuuuuuuper »… Au bout de 10 minutes, il finit par me lâcher le prix et les bras m’en tombent ! Punaise mais ce que c’est cher ce pays !!! En Bolivie, c’est 70 euros les 3 jours dans la jungle. En Colombie, c’est 100 euros… par jour… Ah quand même. Mince, la Bolivie me manque encore plus d’un coup !!

Bon on va voir l’agence… je négocie un peu, j’arrive à faire baisser un peu sous les yeux épatés de Da ^^. Mais ça reste hors de prix, mais c’est partout pareil, c’est juste que c’est beaucoup plus cher que son voisin… Va falloir s’y faire. On réserve pour le lendemain. En sortant de l’agence, Da me dit « Oh c’est cool je pensais que tu serais beaucoup plus chiante » Ahah, je prends ça comme un compliment !

Allez, c’est parti, on trie nos sacs parce qu’on ne va pas tout prendre avec nous et ensuite on file acheter de quoi se faire un ptit-dej le lendemain. On retourne à l’aéroport et là je fais une belle perf : On doit retourner à l’aéroport mettre le tampon de sortie de Colombie comme on quitte le pays le lendemain : Les 3 jours de jungle se font au Pérou et il n’y a pas de douane de sortie de Colombie sur le fleuve. On prend un tuk tuk et en arrivant à l’aéroport pour faire tamponner le passeport, il y en a une qui a oublié son passeport… Moi bien sûr. Je suis très fière de cette belle performance… On se retape donc un aller-retour à l’hostel grâce à moi !! Et Da qui fait « Mais Juju !! » oui je sais… On demande comment ça se passe en revenant de la jungle : Il faut revenir à l’aéroport mais on nous explique que « C’est pas pressé »… ah d’accord… Me voilà donc avec un tampon entrée/sortie de Colombie daté du même jour dans mon passeport. Et me voilà donc sans tampon, je me sens perdue : je suis où là du coup ??

Ensuite, on dîne (moi je trouve des streetburgers mais en voyant le truc au bord de la route Da me dit « Mais moi je vais être malade si je mange ça ! » Ahlala ces touristes, je vous jure ! ^^

On trouve donc un resto (enfin un resto de jungle hein, on reste assis dehors sur des bancs avec des chiens qui nous font des yeux de chat botté tout le repas) et on passe la soirée dans le hamac à boire une bouteille d’aguardiente, l’alcool colombien que Da me fait découvrir (A chaque pays son alcool en Amérique du Sud !) en papotant. On rattrape les 10 derniers mois ! Et là… Je réalise que je n’ai fréquenté quasiment que des voyageurs au long cours cette année. Que des gens aussi barrés que moi. Des gens qui ne pensent qu’à leur prochaine destination, qui partagent leurs anecdotes de voyages toutes plus abracadabrantes les unes que les autres… Des gens qui veulent rencontrer d’autres gens. Des gens pour qui c’est normal de dire « Je viens de me faire un sommet de 6088 mètres. Des gens pour qui donner un bain à un éléphant, c’est comme aller nager avec des baleines, des requins ou comme aller se perdre au fin fond de la brousse dans une cabane en bois où une bassine remplie d’eau sert de douche et toilettes… Des gens pour qui vie active, bureau et retraite, ça n’envoie pas du pâté en croûte. Des gens qui se nourrissent exclusivement d’adrénaline, d’imprévus et d’aventures. Bref. Des gens comme moi. Mais pas des gens comme mon ex-moi. Donc le constat est sans appel. J’ai changé. Et j’en prends conscience seulement là, je n’ai rien senti venir et là, Bam, ça me tombe dessus. Punaise, je ne suis plus la même. Aïe aïe aïe. Comment c’est possible de changer à ce point-là en si peu de temps…. Je ne compte pas les « Mais Juju » que me sort Da ce soir… Bref je me couche en étant sûre d’une chose : Un de ceux qui comprenait le mieux mon envie de partir en 2013, c’était Da. Celui qui est en face de moi aujourd’hui et qui me regarde avec des yeux écarquillés, c’est le même. Celle qui a changé c’est moi. Imaginé ce qui m’attend en rentrant… Bref. On y pensera plus tard.

Le lendemain, après un petit-déjeuner de champion, on part à l’agence laisser nos affaires. On rencontre notre guide et la finlandaise qui sera avec nous les 2 des 3 jours dans la jungle… Alors comme dirait Da, quand tu penses Finlandaise, tu penses à la pub Nivea grande blonde aux yeux bleus, fine. Katherine c’est très exactement l’opposé. Damdam est un peu déçu…^^ C’est sûr qu’à part elle, il n’y aura que des arbres dans la jungle…

On file dans le taxi qui nous emmène au « port »… Un endroit au bord du fleuve où les barques sont alignées…. Le port donc… Notre barque motorisée vient nous chercher. On nous file des gilets de sauvetage qu’il faut absolument porter… rassurant ! On va voir un bateau sur le fleuve qui a plein de mitraillettes et compagnie… c’est pour dire qu’on s’en va de Colombie. Ensuite, on va voir un peu le même genre de trucs de l’autre côté du fleuve où tous les mecs portent des mitraillettes et nous observent… On nous prévient « Pas de photo »… pas de problème, je n’ose plus bouger de toute façon ! Celui-là c’est donc le Pérou ! Le guide nous montre : « Là t’es en Colombie, là au Pérou et là au Brésil ». Ah pas mal, tu peux te faire 3 pays en moins de 5 minutes !

La barque nous emmène sur la terre ferme un peu plus loin. Il faut prendre un tuk-tuk qui en équilibre sur des planches (je ne plaisante pas… et elles sont petites les planches) va rejoindre une petite route dans un petit village qui va nous emmener dans une petite maison où on doit obtenir notre tampon d’entrée au Pérou. Ah ben voilà, je serai allée au Pérou finalement ! ^^

Hop, le tampon du Pérou c’est fait. On va pouvoir repartir vers notre embarcation 0 étoile. Mais dans le tuk-tuk, toute à l’heure, le guide était à l’arrière, debout, agrippé au tuk-tuk. Bref un peu en équilibre. Un peu n’importe comment. Un peu pas trop safe du tout. C’est donc tout naturellement que je demande au guide si on peut échanger. Il me fait remarquer que je serai quand même plus à l’aise assise dans le tuk-tuk. Je lui fais remarquer que c’est quand même vachement plus drôle agrippée à l’arrière. Il sourit et approuve. Da tente un « Juju t’es sûre ? » Mais je suis déjà en équilibre agrippée et c’est parti. Ahah, rien à voir avec assise sur un siège. Là je suis agrippée à un tuk-tuk qui est lui aussi en équilibre sur ses planches. J’ai le sourire, moi ça m’éclate ^^.

On remonte sur notre barque et là, ça va prendre un temps interminable. Au 50ème bras de l’Amazone qui part vers la droite on tourne. Au 500ème arbre, on prend à gauche. Bref, pas besoin de GPS… Mais ne me demandez pas comment ils font pour se repérer… On croise quasiment personne. Bien sûr aucune habitation ou trace de vie. Et quand on arrive vraiment au milieu du milieu de nulle part, ça y est, c’est là. Notre lodge ^^. On est 3, il y a je ne sais combien de personnel juste pour nous. Le cuisinier, le guide principal, le guide spécialisé dans la traque de dauphins, le guide spécialisé dans la traque de caïmans, le guide spécialisé dans la jungle profonde mode survie… Bref… On va bien prendre soin de nous.

Le cuisinier est adorable. A chaque repas nous avons des jus de fruits frais. Et je ne suis pas sûre d’avoir eu une seule fois un fruit que j’avais déjà goûté ou dont j’avais déjà entendu parler auparavant. Mais dans tous les cas, c’est cro-cro bon^^. On a quasiment toujours du poisson. Une fois ou 2 de la viande. Mais ce que nous avons le plus, ce sont… les féculents. Vous savez le truc où en France on vous dit il faut un féculent dans l’assiette et pas beaucoup ? Eh ben nous on a un féculent de plus par repas. On finit quand même à 4 féculents dans la même assiette…. Riz Spaghettis mélangés (oui oui oui !!!) accompagnés d’haricots rouges eux-mêmes accompagnés de galettes de bananes frites… C’est donc le menu light.

A chaque repas, ça ressemble à une espèce de cérémonie. Le cuisinier nous attend, nous regarde nous asseoir, puis tous les plats et le jus de fruit frais arrive sur la table en même temps puis le cuisinier nous présente ce qu’il nous a concocté avant de nous souhaiter un bon appétit avec un sourire 3 fois plus grand que lui et s’éclipse…Avant il était guide, jusqu’au jour où le cuisinier est tombé malade. Du coup, il a pris la relève en son absence. Finalement, il s’est rendu compte que faire la tambouille, il trouvait ça cool (et surtout moins physique que guide) et hop, la reconversion était lancée.

Après le repas de midi, hop, on embarque dans la barque avec 2 guides. On va traquer les dauphins ^^. Moi ça me plaît ce genre d’après-midi… On tangue dans une barque et on scrute les dauphins gris (vous savez, les jolis à la flipper) et surtout les locaux, ce sont les dauphins roses. Alors, eux ils envoient pas du rêve….. Moi on me dit on va voir des dauphins roses, je suis en mode « oh ça va être cro-mignoooon ». Un dauphin c’est toujours choux et en plus là ils sont roses… Ben non. On en voit un premier. Je me tourne vers Da :  « euh… t’es d’accord avec moi, ça ressemble à rien non ?? » Il confirme… Alors en gros, ça a une couleur rosâtre-grisâtre moche, on dirait qu’il s’est éclaté la tête entre 2 portes et la dorsale ne ressemble pas à grand-chose… Mais bon, c’est du local… Après on en a vu plein et c’est tellement paisible dans notre petite barque au fin fond de l’Amazonie !!!

Alors hop : Scruter des dauphins roses (moches mais dauphins quand même) au fin fond de l’Amazonie : Check !

Ensuite, on part pour une petite baignade… Le guide nous certifie que c’est un endroit sans piranha… moi je veux bien mais je vois pas ce qui empêche le piranha de se déplacer jusqu’à nous dans l’Amazone. Bon de toute façon, l’eau est brune de chez brune, donc peu importe ce qui s’y trouve, si on le voit il sera bien trop tard… alors autant ne pas stresser non ?? Et de toute façon, il fait une chaleur étouffante et ce sera notre seule baignade des 4 jours alors je ne me fais pas prier 2 fois ! Sur la petite plage, je veux faire une photo souvenir et marque donc nos 2 surnoms dans le sable : Ju-Da…. Ah… j’avais jamais remarqué. Mince, du coup ça fait bizarre comme photo souvenir… Katherine nous demande d’ailleurs « Ben pourquoi vous écrivez Juda dans le sable ?? » Mouais… les parents vous auriez pu vous concerter au moment des noms ou des surnoms ! C’est malin ça…

Allez hop, se baigner dans l’Amazone au fin fond de l’Amazonie entre la Colombie, le Pérou et le Brésil : Check !

Avant la tombée de la nuit, on rentre pour le dîner. Et accessoirement aussi pour sortir les vêtements manches longues et surtout se badigeonner, s’enduire, se recouvrir, se tremper jusqu’aux os dans le produit anti-moustiques. Et pas n’importe quel anti-moustiques. C’est de l’anti-moustiques de haute compétition. On nous a fait acheter des savons anti-moustiques, un liquide mentholé anti-moustique et des petits pavés qui ressemblent à des gros sucres anti-moustiques. Après le guide sépare le liquide mentholé dans 2 bouteilles, écrase un pavé dans chaque bouteille puis broie du savon dans chaque bouteille. J’ai l’impression d’être face à Panoramix, cette potion devrait me donner des supers pouvoirs face aux affreuses créatures bien trop nombreuses pour que je puisse avoir assez de sang pour contenter tout le monde…. Tu secoues, tu secoues, tu secoues et PAF, t’as une potion bleue anti-moustiques de compet high-tech.

Après le dîner et alors que nous sommes bien luisant d’un mélange glamour de sueur et anti-moustique (au passage, la menthe fait un effet frais et ça par 95% d’humidité, c’est pas dégueu), on retourne dans notre petite embarcation. On part traquer le caïman. Eh ouais. On est des aventuriers de l’extrême. On est donc avec notre guide officiel et le guide spécialisé dans la traque du caïman (chacun sa spécialité…). Alors, c’est presque facile. On est dans le noir total. On entend plein de bruits bizarres qu’on ne sait pas identifier et finalement, c’est peut-être mieux comme ça… On a nos lampes torches et là, un jeu d’enfants, il faut scruter les bords de l’amazone et quand on voit 2 points jaunes c’est qu’on a trouvé un caïman.

En théorie, c’est donc un jeu d’enfants. En pratique, on va quand même passer pas mal de temps dans la barque sans faire de bruits à traquer les fourrés sans rien trouver… Après au moins une bonne heure et à force de s’enfoncer dans les méandres des méandres des méandres, on arrive dans un cul-de-sac. Le guide est allongé à l’avant du bateau. On nous fait signe de ne pas faire de bruits. Et 5 minutes plus tard. BAM, il jette les 2 bras dans l’eau et ressort avec un caïman !!! Moi on me met de jour devant un bocal avec un poisson rouge pas bien vif, je pense que je m’y reprends à 2 fois avant de réussir à le choper correctement… Lui il te fait ça de nuit, dans un fleuve brunâtre avec un caïman. Y’a pas à dire, on n’est quand même pas tous nés égaux…

Dans la demi-heure qui va suivre on va apprendre tout du comportement des caïmans et on va pouvoir le tenir chacun notre tour. En théorie, aucun risque, tant qu’il a la frontale dans la figure, il est aveuglé, il a la trouille et donc fait la statue… En pratique…. Ben en pratique ça marche bien, mais on est quand même pas à l’abris que celui qu’on ait choppé là ait un grain ou ait passé une mauvaise journée et essaie de nous croquer un bout de doigt pour pouvoir se carapater… Mais bon, la théorie a plutôt bien marché. Tellement bien que si on ne voyait pas la respiration et les yeux bouger, on pourrait se demander s’ils ont pas sorti un faux d’une boîte cachée dans l’eau où ils vont tous les 2 jours pour épater le bon touriste naïf. Mais non, non, je vous assure que c’était bien un vrai, il était pas hyper rassuré le pauvre. Mais maintenant qu’il est là on en profite. Le caïman a 3 types de peaux différentes : Sur le dos, sur le ventre et sur les pattes. On peut tâter. Moi j’arrête pas de le caresser. Il me fait de la peine à être en stress. Du coup, j’entreprends un petit massage des pieds… Da me fait gentiment remarquer que ça n’a quand même pas l’air de bien le déstresser… J’aurais essayé…

Bref, assez joué, on le remet à l’eau.

Mais faire un selfie et un massage des pieds à un caïman de nuit au fin fond de l’Amazonie : Check ^^.

En retournant dans notre petit chez nous, on se retrouve au milieu d’un ban de poissons. Et dès fois c’est quand même con des poissons… Ils voient des lumières, ils entendent du bruit et hop, ils se mettent à sauter dans tous les sens… Ils sautent donc… dans la barque. Eh ouais. On se retrouve envahis de poissons !!!!!!!!!!!! Alors si t’es un pêcheur un peu flemmard, c’est facile, tu prends une barque, tu vas au fin fond de l’Amazonie et tu pagaies de nuit et bim, tu rentres avec une barque pleine de poissons.

Sauf qu’un poisson qui se retrouve dans une barque il continue de sauter… je vous raconte pas le cirque dans la barque… Et bien sûr il y a moi au milieu « Non les pauvres poissons, ils vont mourir, il faut les remettre à l’eau !! » J’entreprends donc de les remettre les uns après les autres par-dessus bord. Ce qui ne les empêche pas de remonter 2 secondes plus tard. Je vous ai dit qu’ils étaient un peu stupides…

Bref, le guide se moque de moi. Surtout qu’un passe entre les lattes de la barque et se retrouve coincer en-dessous des lattes… J’arrive plus à le choper… Le guide me dit de ne pas m’inquiéter, qu’on les sortira en arrivant… Ouais enfin pendant ce temps ils respirent pas…

On arrive, on finit de tous les remettre à l’eau, même celui coincé sous la barque. Je pense que si je n’avais pas été là, les guides les auraient juste fait rôtir, mais là ils ont été gentils avec moi^^. Même si le guide me rappelle qu’on va aller pêcher le piranha… Mais ça c’est un autre jour !

Da file se brosser les dents…. À peine il atteint le lavabo que j’entends « Oh Juju vient voir !!! OUAAAAAAAAAAAAHHHHHHHH» Ah ouais quand même.. Ben le lavabo est juste recouvert de moustiques… Je ne crois pas qu’on puisse encore apercevoir que le lavabo était blanc en-dessous… Euh… vous savez comment fabriquer du sang plus vite que son ombre pour qu’on puisse survivre à ces 4 jours ?

Allez dodo, on prend bien soin de bien mettre la moustiquaire partout au-dessus du matelas (enfin Katherine et moi, parce que Da a préféré s’asseoir dessus et la craquer… Il essaie de rafistoler en mettant un tee-shirt pour colmater les trous… encore un grand moment ^^ On est à fond dans la famille dans la jungle !!

Bon j’ai quand même 3 mois de retard, alors je vous poste ça pour vous faire patienter pour la suite, tandis que je commence à rédiger la suite de nos péripéties au fin fond du fin fond du monde !!!

Ju-Da

 

 

 

Death Road et la Familia à La Paz: Les enfants sont de sortie!!!!

Après mes 2 nuits quasi blanches pendant Huayna Potosi puis la nuit à Loki Hostel pour regarder le match de footy (Nous sommes repartis à 7h du matin de Loki… Au moment de prendre le taxi, ni Luke ni moi ne nous rappelons le nom de l’hostel (Nous y sommes depuis ce matin…)… on passe 10 minutes à expliquer au chauffeur. On se rappellera le lendemain qu’on a un bracelet au poignet avec le nom de l’hôtel et l’adresse… quand on n’a pas de tête, on n’a pas de tête !), je suis légèrement fatiguée. Je vais donc dormir pendant 2 jours à quelques heures près… Mais je suis contente je n’ai pas de courbatures (ouais moi je sais monter à 6000 mètres sans avoir mal aux jambes le lendemain. J’ai pas de tête mais j’ai la classe !).

Bref, 2 jours plus tard, Elise s’en va. J’espère la recroiser plus tard.

Durant la finale, nous avons rencontré Esteban, un australien. Il est à l’Hostel Pirwa, bien moins cher que le notre. Du coup, on déménage là-bas après ma sieste de 48 heures. Et là… de supers grands lits hyper confortables et surtout… une couette !!!!!!!!! Je vais dormir avec une couette !!!!!!!!! La vie est faite de petits plaisirs insoupçonnés ^^. Quel bonheur après 9 mois de draps, sac de couchage et couvertures pourries !!

A Pirwa, j’y rencontre :

  • Esteban, un australien d’Adélaide qui tient le bar de l’hostel ;
  • Ben, un autre australien d’Adélaïde qui dort là gratos mais pourtant il n’y fait pas grand-chose ^^ et il fait guide pour la route de la mort ;
  • Philippe, un autrichien ;
  • Isa, une danoise qu’on appellera donc Danish (oui je vous ai déjà dit au bout d’un moment c’est plus simple de s’appeler par nos nationalités !)
  • Kurt, l’australien de la bande à Sucre qui était à Loki Hostel et qui vient nous rejoindre à Pirwa
  • César, un péruvien qui bosse à la réception
  • Et surtout Marion ! une française qui bosse là et qui vient d’Albi !!!!!!!!! Quand je lui dis que j’ai étudié là pendant 4 ans, on est toutes excitées d’échanger nos facebook pour voir les amis que nous allons avoir en commun (on a le même âge et Albi, ce n’est pas la plus grande ville de France..) et là … stupeur… aucun ami en commun ! On ne comprend toujours pas comment c’est possible !

Luke part le lendemain pour le Pérou. Moi je veux encore faire la route de la mort avant de partir ! (Maman ça va te plaire ça aussi…)

Très rapidement on devient tous très liés… On se surnomme donc… La Familia !

Et là, ça va être colonie de vacances ! On devait tous rester 2 ou 3 jours à La Paz, nous allons rester 2 semaines et faire des trucs de gamins pendant 2 semaines.

On va aller passer une journée au skate park (la vue sur La Paz y est magnifique) où César nous épatera avec ses figures. Des petits boliviens viennent lui emprunter sa planche pour faire des tours de skate park assis sur la planche. Pendant ce temps, je vais marcher dans le parc et trouve 2 énormes toboggans géants encastrés dans le sol !! Wahou !!!!!!!!!! En arrivant en bas, je vais annoncer ma trouvaille. Esteban et Kurt se lèvent d’un bond et on passe un bon moment à … faire du toboggan…

On va trouver une salle d’escalade qui sera finalement minuscule mais c’était marrant pour un après-midi.

On a un chien !!! C’est l’euphorie générale ! Dunkan, un français, voyage seul à pied avec son chien ! Il arrive de Buenos Aires. Son chien s’appelle Baïkal, est trop mignon et comme nous tous, Baïkal a eu droit à son petit bracelet !! Lorsqu’il arrive on est tous comme des gamins ! « On a un chien !! On a un chien !! » Il est super bien dressé. Lorsque je découvre qu’il écoute à chaque fois que je lui dis « assis ! Couché », j’avoue, je le fais non stop pendant 10 minutes (oui c’est pas sympa mais c’est tellement drôle !) Danish est jalouse, elle aussi elle veut jouer. Je lui apprends à dire Assis couché, mais le problème c’est qu’avec l’accent, Baïkal ne comprend pas ce qu’on lui demande…

On va s’organiser des soirées barbecues à l’hôtel. L’hostel a une terrasse en hauteur avec vue sur La Paz. De nuit, toutes les montagnes alentours sont illuminées avec toutes les habitations. Où il y a les falaises, il y a des « trous » sans habitations et donc sans lumières. Un soir nous y trouvons des formes : De gauche à droite, un requin, une tortue et les Etats-Unis…

Comme les élections présidentielles arrivent, il y a des pétards et feux d’artifice jours et nuits pendant 2 semaines. On se dit qu’il n’y a pas de raison, nous aussi on veut en profiter, on part donc acheter des feux d’artifice… et le soir, sur la terrasse, après le barbecue, c’est feux d’artifice ! On tire chacun notre tour. Il en reste à la fin qu’on tiendra tous ensemble.

Sauf que Baïkal a une peur bleue des feux d’artifice… Dans la rue, Dunkan a failli le perdre. Il a entendu des pétards et s’est carapaté. Dunkan a passé plus de 20 minutes à errer dans les rues en hurlant « Baïïïïïïkaaaaaaaaaaaaaaaal ». Lorsque nous sommes à l’hostel et qu’un feu d’artifice pète, Baïkal saute sur les genoux de Dunkan et se blottit contre lui, c’est vraiment adorable… Le soir où on fait péter les feux d’artifice, lorsque nous allons nous coucher, nous trouvons Baïkal sous le lit superposé d’Esteban et moi… On se dit qu’on ne va rien dire, comme ça il dormira près de nous. Mais Dunkan vient le chercher pour le mettre dehors ! Snif !

On va aller passer un matinée à la vallée de la Lune. Il faut prendre un collectivo. Le chauffeur accepte que Baïkal monte dedans ! Il se blottit sous le siège et c’est parti. 30 minutes plus tard, il est content de sortir se dégourdir les pattes ! Seulement voilà, il ne peut pas entrer dans la vallée de la lune. Il faut qu’on le laisse à l’entrée… Non !! Du coup, on lui trouve une corde de fortune (oui il n’est jamais en laisse, il suit toujours Dunkan à la trace !), on l’attache à un arbre à l’ombre et on sacrifie une de nos bouteilles pour lui faire un récipient avec de l’eau en attendant.

Avec Danish, on finit la vallée avant les autres. On décide de leur laisser un message avec des cailloux sur le banc pour leur dire qu’on est rentrée… au moment où on finit d’écrire qu’on est partie, Baïkal se rue sur le banc et balance tous les cailloux par terre… Bon tant pis, ce sera finalement plus simple d’attendre !

Il y a aussi un couple de français, Pierre et Glawdys qui voyagent depuis près de 2 ans déjà et Seb un autre français voyageur pour quelques mois. Dans le bus du retour, on liste ce qu’on a trop envie de manger en rentrant… très rapidement on se rend compte que tout ce qui nous manque à tous, c’est le fromage… donc on se met à lister tous les fromages qu’on a envie de remanger… En rentrant à La Paz , on file s’acheter des empanadas au fromage ^^.

On a trouvé une boîte avec des concerts live, TTKOS, où on va assez souvent les soirs après avoir commencé la soirée au bar de l’hôtel.

Esteban qui tient le bar fait habituellement dans les 300 bolivianos par soir au bar. Un soir, je lui demande pour tenir le bar pour une soirée… J’apprends à faire les cocktails et c’est parti… bilan de ma soirée ?? 1782 bolivianos… Voilà voilà… Je vais peut-être me reconvertir dans la vente ^^.

On décide d’aller faire tous ensemble la route de la mort. Comme Ben est guide pour la route de la mort, il décide de demander à son agence un van juste pour nous, de négocier un tarif de groupe et surtout… il demande à ne pas être payé ce jour-là pour que ce soit moins cher pour nous ! Résultat ?? La route de la mort coûte en général dans les 700 bolivianos. On va en payer 300 !!! Et on est nous tous. Le rêve ! Alors c’est parti !

La route de la mort, c’est quoi ? C’est une route d’environ 70 km à 1h de la Paz qui descend jusqu’à Coroico dans la jungle. Elle est réputée pour être la route la plus dangereuse du monde. 200 à 300 personnes y mourraient chaque année, soit un véhicule toutes les 2 semaines.

Aujourd’hui, la partie de la route la plus dangereuse est fermée aux véhicules, une autre route a été faite et la partie restante et la partie fermée peuvent se descendre à vélo… Ce n’est pas de la route, c’est de la caillasse. Moi je n’ai jamais fait de vélo de descente en montagne. Mais après Huayna Potosi, je vous avoue que j’ai tendance à me sentir un peu invincible…

Le van nous emmène à 4700 mètres d’altitude en faisant un arrêt à un petit shop dont Ben nous parle tous les jours depuis 10 jours… Il nous parle d’un jus au quinoa trop bon. Il va nous les acheter et revient avec un sachet par personne (oui ici les jus de fruits ne sont pas dans des verres mais dans des sacs plastiques et on te file une paille)…. Et ohlala la déception… on nous parle d’un jus, on se dit que ça va être frais, rafraîchissant… ben en gros c’est une soupe… Euh… On se moque tous de Ben et on finit tous par lui refiler…

En arrivant à 4700 mètres, Danish n’arrête pas de vomir, elle ne va passer une très bonne journée, mal d’altitude…

C’est parti on nous décharge nos vélos. La première partie est bitumée et est encore utilisée aujourd’hui donc en gros on descend entre les camions, voitures,… ça descend tout du long, on ne freine jamais. Je me rend compte à quelle vitesse nous allons quand je double un camion en descente… Et je le double vite… Ouahouh, quand même !

Ensuite, on s’arrête pour prendre le petit-déjeuner et on attaque la seconde partie où il n’y a pas de véhicules. Pendant le briefing, Ben nous explique qu’il faut rester attentif tout au long de la descente. Il y a eu 3 morts ces 2 derniers mois. La dernière étant une française… en train de faire un selfie en descendant… Oui ben pas de risque que je fasse un selfie en descendant à toute vitesse dans de la caillasse !

Dans la jungle, on passe sous des cascades à toute vitesse. C’est remplit de caillasse et de boue. Heureusement qu’on a notre casque intégrale, notre surpantalon et notre surveste… Mais malgré ça, la go pro est recouverte de boue et nous aussi ! Les paysages magnifiques défilent autour de nous. Heureusement qu’on fait des pauses pour profiter du paysage parce que sinon, c’est un peu compliqué voire impossible en roulant !

Esteban est le premier à chuter mais rien de grave. La plus belle chute du jour reviendra à Danish qui entre 2 vomissements va s’étaler dans une rivière… Bon, c’est une grosse rivière qui traverse la route. Plutôt un torrent d’ailleurs… elle va s’arrêter en plein milieu et tomber au ralenti… ^^

La chute la plus dangereuse revient à Ben et Kurt… Ben est tout content de pouvoir speeder. Et heureusement parce qu’il se retrouve avec un vélo sans frein (malin…). Il y a un saut à un moment. Sauf qu’au moment de sauter, il se rappelle qu’il faut freiner un petit peu avant de sauter et qu’il n’a plus de freins… ça ne rate pas, il s’étale, mais le soucis, c’est que Kurt est à moins d’un mètre de lui… et va donc lui tomber dessus… Plus de peur que de mal, surtout des égratignures et un vélo en mauvais état, mais ç aurait pu être plus grave !

Ben nous dit « Heureusement qu’il ne pleut pas sinon, ça devient glissant, c’est très dangereux »… bon ben 2 minutes plus tard, il se met à pleuvoir… ça c’est fait. Donc oui je confirme, ça glisse !

Bon au final, on descend en à peu près 3h. Inclutant les pauses. Ce qui est le plus rapide que Ben ait fait depuis qu’il y est guide !

Après la descente, le van nous amène à un hôtel à Coroïco où on peut se doucher…. Nous sommes couverts de boue et trempés jusqu’aux os !

Normalement après le déjeuner, le van nous ramène à La Paz mais on a demandé à rester une nuit à Coroïco, un village tout simplement magnifique ! La vue sur la jungle est magnifique. On peut voir la route de la mort au loin. Ah quand même ! Ca descend et c’est bien long !

On se trouve un hostel pour la nuit et un restaurant avec une terrasse qui a une vue magnifique sur toutes les montagnes. Et là, Esteban nous fait une surprise : Il a amené les jeux de cartes ! Eh oui, il faut savoir que tous les soirs, on joue aux cartes, on adore ça. On joue à shit head, un jeu australien. On rajoute des règles au fur et à mesure, donc c’est de plus en plus drôle. Mais du coup, quand des nouveaux arrivent, c’est de plus en plus long pour tout expliquer ! Du coup, on joue aux cartes jusqu’à la tombée de la nuit. Le coucher de soleil vu de la terrasse est magnifique.

Puis on se commande à manger. On va même se commander des crêpes. Et là, Esteban va me sortir la phrase de la journée : « Happiness is a pancake » (Le bonheur est une crêpe). C’est tellement vrai !

Le lendemain, on trouve un van pour nous ramener sur La Paz. Sauf que comme d’hab, il faut que le van soit plein partir… pour accélérer les choses, on sort tous aider la fille qui vend les tickets. Vous mettez 5 gringos dans la rue en train de crier « A la paz, A la paz, A la paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaz » et en 5 minutes le van est plein on peut partir… bon on a bien fait rire les passants aussi !

Avec Danish, on va entreprendre d’aller acheter un gâteau pour tout le monde. Il faut voir les gâteaux ici… Le plus petit peut nourrir 20 personnes… ce sont les bons gros gâteaux un peu à l’américaine. Mais on veut un gâteau ! Après avoir bavé devant tous les gâteaux, on arrive finalement à se mettre d’accord sur un gâteau aux noix… On a un bel emballage Dumbo, on porte le gâteau à tour de rôle, des vraies gamines ! Quand on rentre et qu’on annonce aux autres et surtout qu’on montre le gâteau, tout le monde est surexcité (on en est tous à plusieurs mois de nourriture dans la rue, un gâteau, c’est juste un truc de fou pour nous tous ! c’est comme un cadeau de noel presque !). Du coup, les garçons décident d’organiser le reste de la soirée, ils vont acheter de quoi faire un barbecue (oui je vous rappelle que 3 des 4 garçons sont australiens, le BBQ c’est un peu leur truc) et c’est parti pour une soirée royale !!!! Poulet, bœuf, poivrons, potirons,.. et surtout gâteau en dessert ! Et il est trop bon notre gâteau ! On a beau en filer à tout le monde à l’hostel, il en reste un bon quart. Evidemment, le dernier quart va déraper, Esteban va s’approcher d’un peu trop près du gâteau et…paf le gâteau (ou paf Esteban ça dépend comment on voit les choses).

On va aussi faire un autre truc de fou… on va aller au supermarché !!!! Ouais je sais ça vous paraît super inintéressant, mais pour nous c’était notre sortie du jour ! Prenez quelques backpackers en vadrouille depuis des mois qui achètent toujours ce dont ils ont besoin dans la rue ou au marché et vous vous retrouvez avec une bande de gamins dans les rayons ! On monte dans le caddy, on fait des courses de caddy, on s’émerveille devant tous ces produits qu’on peut acheter.On va s’acheter du roquefort (eheh),… On veut s’acheter une bouteille de vin, mais ce sont les élections. Vous ne comprenez pas le rapport ? Normal, on n’a pas ça en France. Ce sont les élections présidentielles… du coup,interdiction de vendre de l’alcool PARTOUT dans le pays. Bars, restaurants, supermarchés,.. Pour être sûrs que les gens soient sobres et aient toute leur tête au moment de voter ! Du coup, la plupart des bars et discothèques sont fermées ce week-end là ! Super ! Heureusement, on a fait le plein au bar à l’hostel. Et on va trouver une parade, comme on n’est pas sûr d’avoir le droit d’ouvrir le bar : On ne fait payer personne ces 2 jours là, on met tout sur la note de chacun. Donc officiellement, on n’a pas vendu d’alcool ces 2 jours-là. Mais bon en même temps, ce n’est pas comme si on pouvait voter, on n’est pas franchement du coin… Bref, donc au supermarché, les rayons alcools sont barricadés avec un petit panneau « Pour cause d’élections présidentielles » !

On fait aussi des soirées filles avec Frenchy et Danish. Souvent d’ailleurs ! On se trouve des petits restos sympas dans La Paz et on papote avant de rejoindre les garçons pour le reste de la soirée.

On se fait aussi ce qu’on appelle les lazy days. Ce genre de jour arrive généralement quand on décide de prendre le petit-déjeuner avant d’aller se coucher ( le petit-déjeuner est à 7h… et c’est une tuerie au passage. Le pain ressemble à de la vraie baguette alors moi je jubile tous les matins !). Donc on déjeune, on va se coucher et vers midi on se lève, on part tous ensemble au marché. Ah le marché ! On commence par le rayon jus de fruits et on se prend un bon jus de fruit frais (ils sont énormes et coûtent moins d’un euro ! vive la Bolivie !) et ensuite on se dirige vers notre sandwich lady ! La meilleure des meilleures ! Elle nous fait le meilleur sandwich au monde, on prend toujours le même et j’en rêve encore et je ne dois pas être la seule ! De l’avocat, poulet, tomate, oignon, mayonnaise. Pfou ! Rien que de vous en parler ça vient de me donner faim ! Ils étaient incroyables ces sandwichs ! Bref…

Après ça, on allait au stand DVD. Enfin DVD. CD gravés quoi. On se choisissait un ou 2 films. Et on rentrait dans la salle télé. La salle télé, elle devait faire 7m2, on avait mis un matelas dedans en plus des poufs et en s’entassant, ça passait ! Et c’est parti. On mettait les films et on se relayait pour aller acheter des snacks à la réception… Voilà voilà ! Donc vraiment, la colonie de vacances ! Mais ça a fait tellement de bien ! En plus l’hostel est assez petit, il n’y avait pas beaucoup de monde, donc on se sentait presqu’en coloc, c’était vraiment chouette !

J’ai encore oublié plein d’anecdotes, parce qu’en 10 jours il y en a eu un paquet… Comme le dernier soir tous ensemble où les garçons nous ont organisé une surprise, ils sont allés racheter des feux d’artifice et ils ont acheté des déguisements pour tout le monde pour qu’on passe une très bonne dernière soirée tous ensemble… Comme la journée qu’on est allé passé à El Alto car une fois par semaine il y a un de splus grands marchés d’amérique du sud (en y marchant toute la journée, on n’en a jamais vu le bout). Comme la fois où Kurt a acheté un arc et des flèches en plastique et qu’on a passé l’après-midi à viser des bouteilles en plastique avec les flèches… Comme les câlins qu’on se faisait le matin en sautant dans les lits les uns des autres… Comme Philippe qui a tenté Huayna Potosi durant ses 2 semaines mais n’est pas arrivé en haut et du coup au regard que tout le monde m’a jeté comme si j’étais d’un coup devenu une extraterrestre… Comme la fois où il n’y avait plus de cachça au bar donc esteban nous a evoyé les 3 filles en acheter dans la rue et où il s’est mis à grêler pile au moment où on est sortie et où il s’est arrêté de grêler pile au moment où on est rentré… Ou comme la fois où on s’est demandé quelle pouvait être le film le plus pourri qu’on pouvait regarder et qu’on s’est retrouvé à avoir fou rire sur fou rire devant Machete (je ne vous conseille pas ce film au passage), comme la fois où je leur ai fait découvrir Intouchables,… et j’en oublie encore sûrement plein…

Moi la dernière semaine, je suis obligée de me rendre au bureau de l’immigration pour prolonger mon visa. EH oui les 30 jours sont passés. Le type n’a même pas regardé mon passeport rien. Il a ouvert, mis le tampon, rendu le passeport. Passer un mois de plus en Bolivie, ça demande au moins 2 minutes de son temps…

J’abandonne donc le Pérou pour cette colonie de vacances et vais rejoindre directement mon cousin Damien, alias Da, alias Damdam dans la jungle colombienne. Au passage je me retrouve à acheter mon billet d’avion le plus cher du tour… En Asie je râlais quand je devais payer 50 euros pour un billet d’avion. Là j’ai dû débourser 750 euros. J’en ai pas dormi pendant une semaine ^^. Purée je vous jure la famille ça n’a pas de prix… ^^

Kurt est parti quelques jours avant tout le monde. Philippe est parti un jour avant moi. Puis moi. Puis le lendemain Isa, Ben et Esteban… Les au revoirs n’ont pas été faciles. Heureusement, on s’est tous donné rendez-vous dans 5 ans à Pirwa (au début c’était 10 mais on s’est dit que c’était un peu beaucoup !).

Me voilà donc en route pour la Colombie… Je quitte la Bolivie avec le cœur lourd. Punaise, qu’est ce que j’ai aimé ce pays…

Ju

Huayna Potosi: 6088 mètres… I did it!!!!!!!!!

Avant de commencer, si vous ne devez lire qu’un article de cette année jusqu’au bout ce sera celui-là… Il sera long, j’en suis désolée. Mais s’il vous plaît, j’en ai tellement ch*** (Baver n’est pas assez fort, pardon), faites moi ce petit plaisir de le lire ^^. Merci !!!!!

Me voilà donc à La Paz. Ou plutôt comme on peut entendre dans chaque terminal de bus « A la paz a la paz a la paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaz ». Je retrouve Elise et Chris de Sucre. Normalement, je suis censée partir avec Luke et Chris pour tenter l’ascension de Huayna Potosi, un sommet de 6088m (pourquoi faire les choses à moitié…). Mais voilà, ce qui devait arriver arriva, 10 jours sans trop dormir suivi d’un trajet de nuit dans un bus à 40°C puis à -5°C… je me retrouve… malade…youhou !! Je me retrouve clouée au lit pendant 3 jours, un vrai bonheur…

Bref, les garçons partent du coup sans moi et moi je vais quand même réussir à faire la visite guidée gratuite d’El Alto avec Elise. El Alto c’est juste au-dessus de La Paz et bientôt, ce sera plus grand que La Paz. Ils ont été malins : La Paz est enclavé dans la montagne. El Alto sur les montagnes… La Paz ne peut donc plus s’étendre alors que pour El Alto, y’a pas de soucis. On va prendre le téléphérique, j’ai l’impression de partir au ski, et me voilà donc à plus de 4300m d’altitude.

Dans le téléphérique on a une bolivienne de El Alto avec nous. Une cinquantaine d’années qui va partir en vacances au Salar d’Uyuni et qui prend le téléphérique pour la première fois de sa vie… Son sourire en dit long !

En montant, on croise des falaises… entre 2 falaises, une voiture bloquée à la verticale… Les enfants ont survécu mais pas les parents et impossible de sortir la voiture de là… Ah…

En arrivant, il y a un endroit avec des sorciers locaux : Notre guide nous montre où acheter les offrandes au marché. En gros, c’est une assiette avec un peu de tout dont des embryons de lamas (oui oui vous avez bien lu… ça porte chance, ils en mettent partout : Par exemple quand tu construis une maison, il faut enterrer quelques embryons sur le terrain avant de construire pour que ça porte chance… voilà voilà… vous savez quoi vous offrir à Noel !) et surtout des sortes de pâte à sel représentant ce que tu souhaites demander au sorcier. Donc si tu veux une maison, tu viens avec ta petite maison que tu mets dans l’assiette avec le reste… T’amènes tout ça au sorcier et hop, il prie pour que t’ais ce que tu souhaites… Je ne sais pas s’il y a des stats tenues pour savoir combien ont obtenu ce qu’ils voulaient…

La vue sur La Paz est bien sûr magnifique vu de là-haut. On a aussi les sommets enneigés autour… Je demande au guide où se trouve Huayna Potosi et j’ai une pensée pour Luke et Chris ! Grrr j’aurais voulu y aller !

Ensuite notre guide nous emmène faire le tour du marché local. Bien sûr au passage, on se prend un bon jus de fruit fraîchement pressé (ben comme tous les jours en fait…). Puis on se trouve un colectivo pour redescendre sur La Paz…

Le lendemain, je retrouve Luke et Chris… mais alors faut voir dans quel état je les récupère !!! Ils ont réussi à arriver au sommet mais Luke (coach sportif privé donc en gros une brute de muscle) me confie qu’il a pleuré les 30 dernières minutes d’ascension et qu’en arrivant au sommet il a encore plus pleuré parce qu’il aurait voulu que sa maman soit là… Ah… Ils ont dormi tout l’aprem et on prend quand même un verre le voir. Ils ne trinquent pas au fait qu’ils sont arrivés au sommet. Non, non… ils trinquent au fait qu’ils n’auront plus jamais à le refaire… Ah… Ils passent aussi la soirée à me dire qu’ils sont persuadés que j’aurais pu le faire… J’essaie de motiver Elise qui me regarde un peu genre « Mais t’es complètement barge, pourquoi tu veux faire un truc pareil… » Bonne question ^^.

En retournant au dortoir, je retrouve l’australien de Sucre qu’on avait rencontré au festival, vous savez celui qui a fini sur un char dans le défilé… Il revient aussi de Huayna Potosi… il est aussi arrivé au sommet et il arrive à peine à nous parler, il va passer les 2 jours suivants au lit…

Bref, à force d’en parler, Elise commence à être convaincue et on va faire le tour des agences. Les garçons nous ont conseillé la leur, Altitude 6000 que je vous recommande largement si un jour vous aussi vous voulez faire un truc complètement barré. Sauf que voilà… on veut partir le lendemain et qu’ils n’ont pas encore de réservation pour le lendemain. Donc on peut partir à 2 avec un guide. MAIS… si quoique ce soit se passe (Mal d’altitude, fatigue,…), les 2 doivent redescendre avec le guide… En revanche, si tu es 4 par exemple, tu as donc 2 guides. Si une personne à un problème, elle redescend avec un guide et la seconde personne se joint à l’autre groupe. Par contre après, une fois que tu es 3 avec un guide, si une personne a un problème, tout le monde est obligé de redescendre…

Du coup, bien que cette agence soit de loin la plus professionnelle, on va devoir en prendre une autre, c’est trop risqué… moi je suis encore malade et Elise avait eu le mal d’altitude en arrivant à Potosi… Ca fait beaucoup de chance qu’une de nous ait besoin de faire demi-tour durant l’ascension…

On va à celle de l’autre australien, moins chère, Travel Trek. L’ascension peut se faire en 2 ou 3 jours.

Si tu fais 2 jours, il y a entre 20 et 30% de chance d’arriver en haut. Le premier jour, le van emmène à 4700 mètres d’altitude, d’où tu grimpes direct au refuge à 5100 mètres. TU vas te coucher à 19h et à minuit on te réveille pour faire l’ascension.

Si tu fais 3 jours, il y a environ 60-70% de chance d’arriver en haut. Le premier jour en arrivant à 4700 mètres, il y a une marche d’une heure pour arriver à un mur de glace et on fait 2 ou 3 heures d’escalade sur glace, puis retour d’une heure. Première nuit à 4700 mètres, le lendemain ascension jusqu’au refuge à 5100 mètres. Arrivée en début d’après-midi. Dodo à 19h. Réveil à minuit et à 1h t’es en train de tenter l’ascension…

Bon étant donné qu’Elise risque d’avoir le mal de l’altitude et que moi j’ai toujours le nez et la gorge bien encombrée (oui je sais, ça semble être l’idée du siècle de tenter un truc comme ça malade… mais que voulez-vous, quand on est barrée, c’est pour la vie ^^), on se dit qu’il vaut mieux qu’on mette un peu plus de chance de notre côté et on s’embarque donc dans cette galère de 3 jours. On sera 4 : 2 françaises et 2 belges !On signe la décharge disant en gros que si on meurt, c’est pas de leur faute et on donne les contacts en cas d’urgence…

Une heure plus tard, on vient essayer notre équipement : J’ai un beau surpantalon, veste imperméable, de belles booboots, une cagoule, des énormes gants (oui on va passer une nuit à crapahuter par -20°C…) et je suis l’heureuse propriétaire de jolis crampons et d’un magnifique piolet… On rentre à l’hôtel, on vide nos sacs. Le moindre gramme superflu est mis de côté. On considère que mes ptites pilules contre le mal d’altitude ne sont pas des grammes superflus ! On va s’acheter un gros sac en tulle sur le marché et on fourre tout là-dedans et on le stocke à l’hôtel.

On va faire nos emplettes : Des snacks (Snickers, cacahuètes grillées), des feuilles de coca (énergétique et aide pour le mal d’altitude), 4 litres d’eau par personne et des piles de rechange pour la frontale (par -20°C, pas sûre que les actuelles tiennent toute une nuit).

Le soir, je suis les recommandations données à la lettre : Pas d’alcool et pas de viande pour éviter le mal d’altitude… (se reposer aussi, mais ça ça tombe sous le sens…) C’est l’anniversaire de Chris et il sera parti à mon retour… Je me retrouve donc embarquée dans un resto à manger un excellent curry accompagné de vin… Parfait. En plus, Chris voulait ce resto, réputé pour être le meilleur curry de la ville. C’est juste un resto complètement en-dehors de la ville, on se tape une demi-heure de taxi pour y aller (3 euros la demi-heure de taxi à diviser en 4, ça va ^^). Pareil au retour. Donc en plus je me couche tard. Malade. Avec de l’alcool et de la viande dans l’estomac. Je peux avoir la palme de l’élève de l’année facile je pense !

Evidemment, je ne dors quasiment pas, j’ai peur qu’on rate le réveil. Donc je me réveille hyper reposée.

C’est parti, on retourne à l’agence, on nous charge dans un taxi avec 2 mecs que nous ne connaissons pas, qui ne ressemblent pas du tout à nos 2 copines belges et qui partent faire l’ascension en 2 jours… euh…

Il y a un singapourien qui n’a jamais fait de montagne et un allemand alpiniste. C’est parti. Après 2-3 heures de van, on arrive à 4700 mètres d’altitude. On installe nos affaire dans le refuge. Les lits sont rigolos. En gros, ils ne sont pas plus larges que nous et les « matelas » sont complètement défoncés… On récupère les sacs de couchage qu’on a loué auprès de l’agence (ouais mon sac 8°C, je ne suis pas sûre qu’il soit très utile par -20°C…). Les toilettes sont à l’extérieur. Autrement dit, on va éviter de devoir se relever la nuit… ça fait 2 jours qu’il neige, donc pas un temps à sortir en nuisette à 3 heures du matin !

Une heure après nous, on retrouve nos belges !!!!!!!!!!Ahhhhhhhhhhhhhhh !! On se met à table. On enchaîne les thés avec les feuilles de coca. Après manger, l’allemand et le singapourien se carapatent. On leur souhaite bon courage, on devrait les croiser demain lorsqu’ils redescendront !

Nous on se prépare pour notre séance d’escalade sur glace. On sort les habits chauds et surtout les booboots, les crampons et le piolet… On est prête. Nos 2 guides aussi. Mais on voit qu’ils hésitent… Eh oui, pendant le repas, il s’est remis à neiger et pas qu’un peu…

On fait donc une micro-sieste en attendant. Mais en se réveillant il neige de plus belle. Les guides décident d’annuler l’escalade de glace aujourd’hui. On le fera le lendemain matin et ensuite on partira directement à 5100m. Mince. Ça c’est pas de bol, parce que même si on a une nuit de plus d’acclimatation que le circuit 2 jours, on va se retrouver à faire tous les efforts sur 2 jours… Mais bon, vu comme il neige, c’est sûrement mieux que de ne rien voir et de rentrer trempés…

Du coup, on va passer une super après-midi. On va demander du papier et un stylo et on va se faire un times up. On met chacune un certain nombre de personnages sur des papiers qu’on met dans la corbeille à pain. On fait 2 équipes franco-belges et c’est parti… Bon évidemment, avec ce jeu on enchaîne les fous rires… surtout durant les mimes… Imaginez une belge à 4 pattes par terre en train de mimer de se passer une corde autour du cou pour nous faire deviner bambi…On enchaîne les parties, il n’y a rien d’autre à faire. Personnes célèbres, personnages de dessins animés, chansons, films, tout y passe. Bref, on s’éclate tout l’après-midi et on se promet de prendre une photo de nous 4 au sommet en train de mimer Bambi, Nemo, le pape et Evo Moralles… Bien sûr pendant tout ce temps on continue d’enchaîner les thés… On va toutes se relever la nuit… A la frontale dans la neige à 3h du matin pour aller faire pipi par -20°C, un vrai bonheur.

Avant d’aller se coucher, le guide des belges qui est trop sympa (surtout comparé au notre… une porte de prison est plus souriante) nous apprend un jeu de cartes boliviens et on va jouer toute la soirée avec lui et son frère qui est notre cuisinier. Bon le pauvre, il n’est pas hyper doué le frère. En gros c’est un jeu où quand tu fais une erreur, tout le monde crie « Pénalité ! » et chacun te file une carte de son tas. Bien sûr le but du jeu est de ne plus avoir de cartes… et lui finit à chaque fois avec tout le paquet… il est tout choupinou et tout timide, ce qui fait qu’au bout d’un moment on n’ose même plus crier « Pénalité », on a un peu de peine pour lui qui visiblement ne comprend pas bien les règles… Bref, après encore quelques heures de jeu, on file se coucher.

Bon, évidemment, qui c’est qui n’a pas dormi c’est bibi… Je suis toute surexcitée à l’idée de commencer… Je me remémore les conseils de Luke avant que je parte : « Surtout si tu sens que tu vas craquer, compte tes pas… Ca t’évitera de penser. N’oublie pas, compte tes pas ». Quand je lui demande s’il a un autre conseil, sa réponse me glace « Non ça va aller, de toute façon quand ton corps pense qu’il va mourir, il te donne des forces incroyables pour survivre ». Ah. OK, ben ça va alors…

Allez hop, petit-déj. Tout est recouvert d’une épaisse couche de neige autour de nous… On remet nos habits de la veille (vous pensiez vraiment qu’on allait prendre plusieurs tenues ?? ^^) et c’est parti !

On met nos sacs sur le dos. Je découvre donc à quoi sert le truc sur mon sac… ah j’ai un attache-piolet ?? Punaise, balaise mon sac !

Et hop, une heure de montée pour arriver à la cascade de glace. Après quelques pas, on réalise dans quoi on s’est lancée… De l’air !!!!!!!

Bref, ne nous plaignons pas maintenant. Alors les filles m’envoient en première pour la cascade de glace ^^. C’est super rigolo ! Les crampons, un piolet dans chaque main, le guide m’assure et hop c’est parti. Le premier mètre est ridicule, le temps de comprendre comment bien planter ses crampons et surtout les piolets. Mais après, c’est super chouette !

Après être toutes passées, on repart retrouver le chemin et on entame l’ascension pour arriver à 5100 mètres… Au début j’en bave. J’en oublie presque de regarder autour de moi alors que le paysage est juste incroyable. Des sommets enneigés à perte de vue. Aucune trace de civilisation. De la neige, des rochers, des montagnes… Pfu, mais quand même j’en bave…

On fait une pause vers 4800m. On croise les 2 partis la veille… « Alors ?? »… Non… Même pas l’alpiniste. Pire. Personne n’est arrivé en haut la veille. Personne n’est arrivé en haut aujourd’hui. Ca n’arrête pas de neiger, il y a trop de poudreuse. Trop fatigant. Aïe. Encourageant tout ça…. On a un peu la mine déconfite avec les filles. On continue de monter et soudain, je ne sais pas ce qui se passe, j’ai trouvé mon rythme, je ne souffre presque plus du manque d’air. Enfin moins. C’est quand même hyper dur, mais je me sens un peu pousser des ailes. Moi, j’ai envie d’y arriver. J’ai envie d’arriver en haut de ce truc. Je repars devant le guide et rapidement, je le distance. Je profite du paysage qui est de plus en plus spectaculaire. La vue change au fur et à mesure de l’ascension. On découvre de plus en plus de sommets, des lacs turquoises, on prend de plus en plus de hauteur sur la vallée…. Magnifique. Je crois que je vais répéter ce mot souvent dans ce post…

J’arrive à une petite maison en pierre. Petite. J’insiste. Il faut se courber en 2 pour y rentrer et à l’intérieur on tient seulement assis.

A l’intérieur, une ptite dame en train de tricoter devant un cahier. Mais comment elle est arrivée là elle ?? Bref. Il faut mettre son nom sur le cahier et filer 10 bolivianos de droit d’entrée. J’attends ensuite les autres. En arrivant, mon guide me dit un truc qu’on ne m’a jamais dit et qui m’a fait sourire : « T’es une femme forte. Très forte ». Ah ben merci, c’est gentil.

Les 2 belge sont exténuées et s’écroulent en arrivant à la cabane. On fait une pause. Surtout qu’après on attaque de la vraie montée. Ben en gros ça grimpe tout droit…. Tout en haut, perché loin, loin, loin, une cabane : C’est notre refuge. Ah ouais c’est haut quand même !!

Bon c’est parti. On remet le sac et go. Après une demi-heure d’ascension, une des 2 belges s’écroule. Le guide va lui porter son sac pour finir l’ascension.

De la caillasse. De la glace. Des rochers. De la neige.Et une belle pente… Voilà tout ce que je vois pendant les 2 heures qui suivent.

Bref. On finit par y arriver en début d’aprèm. On arrive sur un mini plateau (mini, mini. En gros il y a 4 ou 5 mètres plat devant le refuge et… ben c’est tout). Perché au milieu de nulle part dans un décor de rêve. C’est ici qu’on va passer la nuit. Enfin la nuit… La sieste en début de soirée quoi.

On s’installe dans nos lits. On doit être une trentaine de personnes entassées. Il y a 3 pièces : Une cuisine où notre cuisinier est déjà au travail, il grimpe tous les jours, il est arrivé largement avant nous ; Une pièce dans l’entrée avec une grande table ; une autre pièce avec tous les lits superposés alignés. Et au fond de notre « chambre », une énorme baie vitrée avec cette vue incroyable ! On prend les derniers lits : Les lits du haut contre la baie vitrée. Parfait, je vais pouvoir passer l’après-midi le nez collé à la vitre !!

On joue aux cartes avec le guide des belges (on ne sait pas où est le notre d’ailleurs) en attendant le repas. On mange donc vers 14h. Ensuite, je vais m’allonger. Les filles veulent jouer aux cartes. Je refuse. Je veux me reposer et j’ai un peu l’impression d’être dans ma bulle. J’ai besoin d’être tranquille sur mon lit.

A 16h, on nous file un snack… Il faut savoir qu’avec l’altitude, on n’a pas faim. Alors là, on a vraiment l’impression de se faire gaver !

Encore mieux, à 18h, on nous sert le dîner… 3 repas en 4 heures alors qu’on n’avait pas faim… ça va on ne se couchera pas l’estomac vide !

Avant le dîner, on assiste à un coucher de soleil incroyable sur les montagnes… La lumière est magnifique sur le sommet de la montagne, toute la neige est rouge… Pfiou… J’en reste baba.

19h : Tout le monde au lit !

Ah j’oubliais. Bien sûr les toilettes sont encore à l’extérieur. Ceux pour hommes sont presque facilement accessibles. Ceux pour femmes, il faut descendre quelques rochers verglacés. Ahahah la blague… Bon rebelote, on va aux toilettes avant de se coucher, mais tout le monde va se relever pendant la nuit… Je ne parle pas de nous 4, mais des 30 personnes ! Comme en plus, on a nos boots qui sont un peu comme des chaussures de ski, ça fait vachement de bruits à chaque fois. En plus, c’est le début de la soirée. Bref. Impossible de dormir. Je me mets de la musique et j’essaie de me reposer et de me concentrer sur ce qui m’attend dans quelques heures. 6088 mètres… un truc qu’aucun européen ne pourra jamais faire sans changer de continent. Je suis incapable de décrire ce qui se passe dans ma tête cette « nuit » là. Je suis complètement surexcitée, dans ma bulle. Dans ma tête, il n’y a plus rien qui peut m’arrêter. Je vais arriver en haut.

Minuit. Tout le monde se lève et se prépare. Il règne un silence bizarre. Tout ce qu’on entend, ce sont les cuillères dans les bols, les boots sur le sol et les crampons à la main. Avec les filles pendant le petit-déj (franchement on n’a vraiment pas faim…), on se dit que si une flanche, les autres essaient de la pousser pour espérer aller le plus haut possible. OK, mais moi je m’en fous, je veux juste aller en haut.

Avant de partir, je demande à notre guide si on a une chance d’arriver en haut. Devant les filles, il me répond que tout le monde a ses chances. Puis après il revient me voir et me dit « Elise et toi avez une chance ». Ah. Pas sympa pour les belges ça mon grand !

C’est parti. Tenue complète. Crampons. Piolet. Snacks. Go pro et appareil photo dans la poche. Bouteille d’eau. Feuilles de coca. Pilules contre le mal d’altitude. Les groupes partent les uns après les autres entre 1h et 1h30. Nous on est le groupe d’1h30. On part en dernière. Alors que le guide nous encorde, on voit les petits points lumineux dans la montagne de nos collègues qui ont déjà entamé la montée. Ils paraissent haut les points… limite comme des étoiles. C’est tout ce qu’on voit. Autrement c’est nuit noire. On ne devine pas un contour de montagne. Rien. Impossible de savoir où on marche et vers où on va…

On passe devant les belges. Mon guide est premier, je suis encordée juste derrière lui et Elise est encordée à moi quelques mètres derrière. Et quelques mètres derrière, l’autre guide avec les 2 belges. En partant, ils nous expliquent où mettre la corde et de quel côté mettre le piolet selon où se trouve la pente. Et c’est parti… A la lampe torche. Tout ce que je vois, c’est la corde qui me relie au guide et mes boots avec les surchausses et les crampons. Je suis juste derrière le guide. Mais au bout de 15 minutes, je sens que la corde tire un peu derrière. Je ralentis ma cadence. Mais la corde tire encore… Après quelques minutes, je me retourne et demande à Elise si ça va… elle s’effondre par terre en pleurant, en se tenant la tête entre les mains, puis se tenant le ventre… elle se roule par terre… non, ça ne va pas du tout… Mal de l’altitude. OUahouh. Euh. C’est violent…. Je lui sors les feuilles de coca et elle prend 2 pilules contre le mal d’altitude. Je sais qu’on s’est dit qu’on allait se motiver pour aller plus haut, mais là quand je la vois comme ça, j’ai plus peur pour elle qu’autre chose. Il faut qu’elle redescende et vite.

Mon guide m’encorde aux belges et me dit discrètement : « Tu comprends si je te parle doucement en espagnol ? je ne veux pas que les filles entendent. Je sais que tu voulais arriver en haut. Mais les filles n’arriveront pas en haut, elles n’ont pas la condition physique pour. Tu aurais pu y arriver. Tu as la condition pour. Mais prépare toi mentalement à ne pas arriver en haut, parce qu’elles ne pourront jamais atteindre le sommet ». Je suis décomposée…

Je suis juste derrière leur guide. On repart… Elise n’arrête pas de me dire qu’elle est désolée, elle se sent encore plus mal de savoir que je n’irai sûrement pas en haut. Je n’arrête pas de lui répéter que ce n’est pas grave. Ce sont les règles du jeu, on le savait dès le départ et ce qui compte c’est qu’elle redescende et qu’elle aille bien… Je la rassure autant que je peux. Mais au moment où on part, j’ai les larmes qui commencent à couler… Put***, je voulais tellement arriver en haut…

Après 10 minutes de plus, je sens la corde qui se tend à nouveau… la belge derrière moi marche à 4 pattes en gémissant… elles finissent par s’écrouler les 2 quelques mètres plus loin. Elles sont allongées sur le dos. Moi je suis là avec le guide. Le refuge est juste là, juste en-dessous… Je demande au guide si je ne peux pas me joindre à une autre cordée mais évidemment pour des questions d’assurance, je ne peux pas me joindre à une autre compagnie… il me répète qu’il est désolé… J’enrage intérieurement, je voulais tellement arriver là-haut et je vois le refuge qui est juste là… je n’ai même pas encore forcé, je ne suis pas essoufflée rien… c’est un peu cruel quand même comme truc… Clém me dit que c’est la chose la plus difficile qu’elle ait faite de sa vie et qu’elle ne pourra pas aller beaucoup plus haut… Les 2 commencent à souffrir un peu du mal de l’altitude… il n’y a rien qu’on puisse faire. Ce sont les risques…

Je suis dépitée. Je me résigne. Voilà, tant pis je serai quand même montée à presque 5200 mètres… C’est toujours ça…

Soudain, on voit 2 lampes dans le virage en-dessous de nous… Je regarde le guide.. : » ??? » Je ne comprends pas. Nous sommes parties en dernière. Il me sourit. « C’est Elise qui revient ». Ohlala !!!!!!!!!!!!!!!

Elle s’effondre en arrivant à notre niveau : « Les pilules font un peu effet mais je ne pourrais pas aller beaucoup plus haut. Je suis revenue exprès : Julie, tu prends le guide, moi je pars avec les belges et tu traces au sommet ! » Je refuse ! Je ne vais pas les laisser, on continue et on verra bien après. Non. Elles refusent également. Les 3 se sentent mal et sont à bout de force et si je perds plus de temps, je n’aurais pas le temps d’arriver en haut, il faudra faire demi-tour (après la neige fond, ça peut être dangereux). Au bout d’un moment elles sont les 3 : « Discute pas, prends le guide et va en haut pour nous ! Allez ! » (ça ressemble à un film d’alpiniste où on dit de couper la corde, mais je vous jure que c’était un peu ça).

OK… c’est parti… Mon guide me récupère, il m’encorde et on trace… Je suis dégoûtée de ne plus être avec les filles. Et en même temps, maintenant, je suis inarrêtable. Clairement, il ne tient plus qu’à moi d’arriver en haut. J’ai tellement eu peur de ne pas le faire que là j’ai l’impression de courir. On a perdu vachement de temps. Je veux arriver en haut… Allez… je suis sur les talons du guide, on a un très bon pas… Je suis le conseil de Luke. Je compte mes pas… 1,2,3….. une fois arrivée à 5000, je reprends à zéro… On double plusieurs groupes… A un moment, j’entends hurler « NOOOOOOOOOOOO ! Fuc* ! Fuc*, fuc* ! »… mal d’altitude, un qui est obligé de redescendre….

Après un bon moment, je lui demande à quelle altitude on est. Il me répond : « D’ici 10 minutes dans les 5700m ». Quoi ?? Déjà ?? Ouah. Purée je vais le faire facile alors !

Et là, il y a un virage à plus de 90°C… et le guide qui est à à peine quelques mètres de moi se retrouve très largement au-dessus de moi… Ouhla. Ah ouais, ça grimpe sévère là… Je commence à marcher sur le côté avec les crampons comme ils nous ont montré la veille… Mais il y a de la poudreuse, je m’enfonce, je retombe… ça avance vraiment centimètres par centimètres… Le manque d’oxygène se fait de plus en plus sentir. Je m’arrête tous les mètres de cette montée infernale. Le fait d’avoir le nez et la gorge pris, bien sûr ça n’aide pas trop… Je fais 3 pas et je dois m’arrêter : De l’air !! De l’air !!! Au bout d’un moment, je lui demande dans combien de temps on va atteindre le sommet. Il me répond qu’au rythme où je vais on n’atteindra jamais le sommet… Sa réponse me glace. Je me relève direct et c’est reparti…. Je monte quasiment à 4 pattes… IL me répète toutes les 2 minutes que si je suis trop fatiguée on peut faire demi-tour… Qu’il ne faut pas que je sois trop fatiguée, qu’il faut que je pense qu’après il y aura la descente… J’aurais besoin d’énergie pour descendre aussi… Au bout d’un moment, j’arrête d’écouter ce qu’il me dit…

Enfin, on voit la fin de cette montée horrible. Je lui demande à quelle altitude on est maintenant. « Peut-être 5700 mètres. » QUOI ???? ça fait une demi-heure que je grimpe une pente toute raide et je suis toujours à 5700m… Il me répond « Oui mais là t’avances plus ».

20 minutes plus tard, je lui demande combien de temps avant le sommet… et là il s’énerve… « Arrête de me demander toutes les 2 minutes j’en sais rien…. Mais quand je dirai on fait demi-tour parce qu’on ne va pas assez vite, ce sera ma décision et il faudra la respecter et faire demi-tour… » PFouah. Et là, j’ai compris… J’ai lu sur le net que certains guides ne veulent pas se fatiguer à arriver jusqu’en haut… ils doivent se farcir cette montée 2 fois par semaine, c’est crevant. Si les touristes décident de faire demi-tour, c’est plus reposant pour eux… donc ils essaient de démotiver…

A partir de là, je ne l’écoute plus. Je ne lui parle plus. Je ne demande plus rien… Luke m’a clairement dit avant de partir : « Plus de la moitié du boulot, ce sera ton mental »… Donc surtout ne pas écouter ce qu’il me dit… Je sais aussi que cette montée infernale était à plus de la moitié car Luke et Chris m’en avaient parlé que c’était le pire moment. Donc je me raccroche à ça. J’ai fait plus de la moitié… C’est la seule certitude que j’ai…

Ne pas savoir combien de temps il reste, ni même avoir une idée s’il reste 2 heures de montée ou une demi-heure, c’est super dur. Mais si je demande il va me dire n’importe quoi et ça va me décourager… Alors je ne dis plus rien. Quand je m’effondre dans la neige, il tire sur la corde sans se retourner pour ne pas que je puisse m’arrêter.. je n’ai pas le droit à des pauses… il se retourne régulièrement pour me dire « T’es fatiguée » mais je ne réponds rien et je continue… Je me concentre sur mes pas. Ca fait 2 fois que je compte jusqu’à 5000. Mais 5000, c’est trop, je suis trop fatiguée. Je compte jusqu’à 500 et je reprends… Mais 500 aussi c’est trop… Je compte jusqu’à 100 et je reprends… puis 50…. Je fais 3 pas, je suis à bout de souffle… J’avale des quantités d’air énormes, ça me brûle la gorge qui est déjà pas au top comme je suis malade, mais malgré tout l’air, j’ai la sensation de ne pas avoir d’air qui rentre… Au bout d’un moment, je compte…. « …1…..2….euh…. punaise qu’est-ce qui vient après 2 ????? J’en sais rien. Tant pis… 1…..2….1….2.. » Quand on ne sait plus compter jusqu’à 3, c’est qu’il faut sûrement être très fatiguée…Je m’en fous, je veux arriver en haut… Y’a mes jambes et mon corps qui hurlent « Purée tu commences à nous gonfler avec tes c**neries de tour du monde, jamais dormir et en plus se taper des trucs pareils, faut vraiment être débile » et ma tête qui répond « La ferme et avance… » C’est exactement ça… Au bout d’un moment, je commence à avoir mal au crâne… Oh non. Pas le mal d’altitude maintenant… J’essaie de penser à autre chose, mais j’ai bien mal au crâne… Soudain je comprends. Ce n’est pas le mal d’altitude… C’est de fixer cette corde qui balance sous mes yeux depuis des heures, ça m’abruti. J’essaie de regarder ailleurs mais bon quand il fait nuit noire…

Je n’en peux vraiment plus. Quand on double un autre groupe en train de faire une pause (je trouve que pour une nana qui ne va pas assez vite, je double quand même pas mal de groupes de mecs…), je demande discrètement à leur guide si le sommet est encore loin. Il me regarde avec un grand sourire : « Si senorita, tu vas y arriver, il doit rester une demi-heure ». Je fusille du regard mon guide qui est du coup tout gêné et je m’écroule à côté de ce groupe. J’envoie un autre regard à mon guide qui signifie « essaie un peu de tirer maintenant sur la corde et je te fais un scandale devant l’autre groupe ». Il ne dit rien, se retourne, reste debout et attends. Moi je sors le snickers…. L’idée du siècle… vous avez déjà mangé un snickers par -20°C ? Non. Personne. Parce que c’est tout simplement impossible, même en se pétant les dents. Heureusement, j’ai les cacahuètes grillées. J’en engouffre une ou 2 bouchées. Je veux boire… Vous avez déjà bu dans une bouteille en plastique de l’eau par -20°C ? Non… personne non plus… le goulot est recouvert d’une épaisse couche de glace et toute l’eau est gelée… Tant pis on fera sans. Je reprends des cacahuètes et je me relève avant d’avoir froid. Je ne dis rien au guide, il sent que la corde bouge, il se remet à avancer… et à partir de là, changement d’attitude… il se met à m’encourager. Non mais je rêve. Mais je suis trop à bout de force pour avoir une pensée négative. Je lui dis juste de continuer à m’encourager, que là j’en ai besoin…

On arrive face à un mur et il me dit : « Il te reste 15 minutes. En haut de ce mur, c’est le sommet. Il faut escalader comme on a fait hier ». Ouais, sauf qu’hier c’était de la glace. Vous avez déjà essayé de planter un piolet dans un mur de poudreuse ?? Je vous le donne en mille, tu te prends toute la poudreuse dans la figure et tu n’arrives pas à monter… voilà voilà… Je n’arrive pas à planter les crampons non plus, ça redescend à chaque fois. Punaise, je suis épuisée. Saleté de crampons, juste plante-toi ! Le sommet est juste là ! J’en peux plus… Quand je plante mon piolet, j’essaie de prendre tout l’élan que je peux et je le jette contre la paroi de toutes mes forces en hurlant « ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah » ^^. Je monte centimètre après centimètre, je bouffe de la neige toutes les 2 secondes… Soudain, je vois mon guide qui se retourne, il me tend la main… « T’y es ». Le sommet est minuscule, on ne doit pas tenir à plus de 3 ou 4 personnes. Je m’affale sur le sommet. Putain je l’ai fait. Je suis en haut… 6088 m… Mieux… vous me croyez ou vous me croyez pas… je suis partie la dernière du refuge… je suis la première arrivée en haut. J’ai doublé tout le monde !!!!!!!! Je ne sais pas si je dois rire, pleurer, j’en sais rien, de toute façon je ne peux rien faire, je suis bien trop fatiguée…

Sur toutes les photos que j’ai vu, il y a le lever du soleil ou il fait jour. Moi il fait nuit. On devine un petit peu de lueur rouge au loin mais pas de lever du soleil en vue, je suis arrivée trop tôt… trop vite… mais je n’ai pas le courage d’étriper le guide… on voit les lumières de La Paz tout en bas… La Paz qui est à 4000 mètres paraît être tout en bas au loin !!!

Il me demande mon appareil pour me prendre en photo au sommet… La Go Pro est morte, la batterie n’â pas tenu les températures. En revanche, l’appareil photo c’est bon… Mais dès que tu le sors, de la glace se forme sur l’objectif alors il faut faire vite… Je sais que j’ai dit aux filles que je ferai Bambi en train de se pendre au sommet, mais j’ai à peine la force de sourire alors Bambi…^^

5 minutes plus tard, il faut déjà entamer la descente… eh oui sinon je vais choper froid ! Euh… comment je vais redescendre le mur de poudreuse au fait ??? Il me dit de planter à fond les crampons et le piolet et que de toute façon il me tient… je passe devant lui… je plante un crampon… le deuxième… et ça ne rate pas évidemment… la neige lâche sous mes crampons et sous le piolet… je glisse… je descends d’un bon mètre je pense (ça m’a paru 10 mètres mais bon…), ne me demandez pas si j’ai crié j’en sais rien. La corde se tend, le guide me tient… Je me raccroche comme je peux à la paroi… mais sur ce dernier ptit bout de mur pour atteindre le sommet, je vais glisser 5 fois… à chaque fois je me retrouve suspendue dans le vide rattrapée par le guide… Youhou un peu plus d’adrénaline…

On atteint la base du mur, je fais une pause et on commence à descendre. 20 minutes plus tard on croise un groupe de guides qui fait l’ascension (je ne sais pas si c’est pour le fun…), mon guide qui me tombe dans les bras toutes les 5 minutes en me félicitant (hypocrite…) leur dit que j’ai atteint le sommet. Ils me félicitent et me proposent un thé ! Oh ouais !! En plus le soleil se lève. C’est de plus en plus magique… Vous savez quand vous prenez l’avion les vues que vous avez ? Ben la c’est pareil, sauf que je ne bouge pas et que j’ai les fesses dans la neige… C’est juste incroyable, splendide, magnifique, y’a juste pas de mot pour décrire cette vue et sincèrement les photos ne ressemblent à rien comparé à la réalité… A un moment, je commence à sentir les larmes qui commencent à couler… Ah ouais, c’est un peu trop beau, j’ai les nerfs qui lâchent, je suis à bout de force et j’ai le plus beau des spectacles sous les yeux. Je n’ai sincèrement jamais rien vu d’aussi beau. Bora Bora peut aller se rhabiller.

Allez on repart et c’est là que je prends conscience de ce que je viens de faire : Ca monte énormément, c’est plein de poudreuse… je vois les 2 crevasses que j’ai dû sauter (Bien plus impressionnant de jour !), je vois aussi la taille de la crevasse que j’ai franchie en marchant sur une échelle,… oahouh et surtout qu’est ce que c’est long !

Et ce qui est chouette c’est dans la grande descente à pic, je balance mes pieds et ça fait comme en raquette, tu peux glisser sur plusieurs mètres. Après 6 ans en Suisse, je maîtrise, le guide est à la traîne et ça, ça me fait tellement plaisir ! Quand je sens que la corde se tend, j’essaie d’aller encore plus vite… c’est ma petite vengeance personnelle du jour !

En arrivant au refuge, les derniers mètres sont les plus durs… mais je suis tellement contente de retrouver mon lit (même si à ce moment là, je regrette avoir le lit du haut !!). Je n’ai que quelques minutes avant le petit-déjeuner. Je m’affale et l’autre guide me regarde avec des yeux écarquillés : « T’es déjà de retour ? mais t’as pas allée jusqu’en haut ? Si ? Et t’es déjà de retour ???? » Il se retourne et fusille mon guide du regard et sort de la pièce s’expliquer avec lui… bref… passons…

On m’amène un bol de soupe, mais je suis incapable d’ingurgiter quoique ce soit. Et c’est déjà le moment de redescendre ! Le sac à dos en plus….aïe aïe aïe… je galère… Une belge galère aussi, le guide propose de lui porter son sac… et là c’est plus fort que moi, je fonds en larmes… Je n’en peux plus et pourquoi on ne me porte pas mon sac à moi… après quelques minutes, on arrive à la maison de pierres de la veille. On croise des français qui montent donc Elise leur raconte. Moi j’ai juste les larmes qui coulent, j’ai les nerfs qui lâchent… même si la vue est toujours aussi incroyable, je ne fais pas exprès… bref… après ça le guide porte mon sac… la descente me paraît interminable mais on finit par arriver à 4700… on attend le van, on charge les sacs, on file un pourboire au guide des belges mais pour le mien on s’abstiendra… Les 3 h de retour sont principalement de la sieste… Après il faut récupérer les sacs à Adventure Brew pour aller à Wild Rover notre nouvel hostel, mais on va juste prendre un taxi, plus le courage de marcher !

En arrivant je retrouve Luke. Chris est parti. Kurt de Sucre est de retour. Il s’est fait braquer avec un pistolet sur la tempe à Santa Cruz… Mais bon, rien de mal ils lui ont juste fait les poches… Quand je raconte ce qu’il s’est passé, Kurt se tourne vers Luke et lui dit « ça vous fait passer Chris et toi pour des chochottes maintenant !! »^^

Le soir, il y a la finale de footy à Loki Hostel… En gros, c’est le 2ème jour le plus important pour les australiens après la journée nationale… Ils me proposent de venir… C’est parti. Ce que je n’avais pas réalisé c’est que c’est en Australie donc le match commence à …4h du matin… Ce sera une super soirée, mais Luke a passé la soirée à me demander comment je tenais debout et sincèrement je ne sais pas… Je n’ai pas non plus d’explications sur comment je suis arrivée là-haut… Mais je m’en fous je l’ai fait ! Maintenant il y aura un avant et un après Huayna Potosi ! Quand on me dira que je ne peux pas faire un truc, je dirai « Eh j’ai fait Huayna Potosi, OK ? Je peux tout faire !!!!!!!!!!!! » ^^

Tout ceux qui l’ont fait disent la même chose: La chose la plus dure mais la plus belle jamais faite dans une vie… Et je confirme!!!

Ju

La bande à Sucre: Carnaval et fous rires à gogo!

Au beau milieu de la nuit, je me retrouve donc à Sucre.

J’ai bien lu les conseils pour la Bolivie : Eviter les bus (il y a une semaine, un bus s’est crashé en Bolivie, tous les touristes sont décédés… super), ne pas prendre de taxi, surtout de nuit et surtout ne pas partager avec des locaux, pleins de touristes ont eu des problèmes : Les autres sont en fait des copains du chauffeur et tu te fais dépouiller… ou alors le taxi se fait arrêter par un faux flic qui te demande ton passeport et se carapate avec,…

Je suis donc tous ces conseils à la lettre et après un bus de nuit, je partage donc un taxi avec 3 locaux au beau milieu de la nuit (Maman vient de prendre 30 ans de plus ^^). J’arrive saine et sauve à l’hôtel après avoir échangé quelques phrases avec les locaux. Ca commence à m’agacer de ne pas pouvoir parler plus espagnol…

Alors à l’hostel Gringo (Nico cette info était pour toi ^^), on est accueilli par l’owner qui est un allemand déjanté ! Je demande un dortoir 8 lits et finis dans un 4 lits… allez comprendre. Mais bon à 5h du mat, je n’ai pas franchement l’énergie de discuter, je file me coucher direct !

Au réveil, je retrouve Elise qui a entendu parler d’une rando sympa, les 7 cascades. On file manger au marché central : Au rez-de-chaussée, le rayon jus de fruits frais, salades de fruits,… viandes, légumes, gâteaux,… et à l’étage, on peut manger des repas typiques à des prix incroyables (un peu moins d’un euro un repas trop bon ^^). Je prends des albondigas, des boulettes de viande avec des pâtes et des pommes de terre (eh oui, jamais moins de 2 féculents dans les assiettes… un peu dur au début ! Les légumes me manquent ^^). C’est excellent.

Après ça, il faut trouver le collectivo (mini-bus) qui permet d’aller aux 7 cascades… Alors là ça devient drôle, c’est qu’en Bolivie, il y a des collectivos qui vont partout, ils portent une lettre, sauf qu’il n’est indiqué nulle part à quoi correspondent les lettres, où ils vont, où sont les arrêts… mais les locaux eux le savent. Donc c’est simple, il suffit de dire aux locaux où tu veux aller et ils t’indiquent la lettre du collectivo et où le prendre. Donc nous on attend le collectivo Q en face du marché… Comme d’hab, je ne comprends pas comment tout ça marche… mais ça marche…

On se retrouve entassées au milieu des locaux et hop c’est parti pour 40 minutes de mini-bus ! On indique au conducteur qu’on va aux 7 cascades et soudain il nous dit « C’est là » en nous arrêtant au milieu de nulle part. Il nous dit de prendre la route de terre à droite et on devrait y arriver… OK… On marche un moment. Croise une habitation. Une vieille dame nous confirme que c’est « par là-bas »…

On marche 30 minutes… soudain, un camion arrive (enfin il tracte uniquement une énorme remorque où il y a ses enfants). On lui fait signer de s’arrêter. On lui demande si les 7 cascades, c’est par-là. Il nous fait oui et nous fait signe de monter à l’arrière, c’est sur son chemin ! Niquel, on se charge avec les enfants dans la remorque et c’est parti ! 10 minutes plus tard, il nous arrête et nous montre un autre chemin… C’est au bout du chemin et si on veut il repart vers 16h, si on est là il veut bien nous remmener !

C’est parti, on part sur un petit sentier. Ça monte donc forcément avec l’altitude, on est vite essoufflées ! En arrivant en haut, on aperçoit une première cascade… Mouais, il n’y a quasiment pas d’eau…

On continue. En montant on arrive à la deuxième… jolie mais pas de quoi se baigner…. On continue de monter… euh on croise des sacs poubelles sur le chemin… et là on entend des voix… Ah… on continue de monter et on aperçoit un groupe de jeunes gringos en train de se baigner dans une cascade qui a l’air top. Ils nous montrent par où passer pour les rejoindre. Sur le chemin on croise d’autres sacs poubelles… et en fait, ce sont les gringos qui sont venus ici ramasser les déchets et ils récupèreront les sacs sur le chemin du retour. Elise retrouve une française qu’elle a rencontré plus tôt dans son voyage.

On file se baigner, on n’a pas beaucoup de temps avant de devoir faire demi-tour ! L’eau est très froide mais on finit par y arriver !

On ramasse les déchets restant pour filer un coup de main. Ils s’en vont avec les sacs. Nous on retourne se baigner un peu avant de devoir repartir ! On cavale, on n’a pas envie de se taper la route de terre pendant plus d’une heure à pied !

On arrive 10 bonnes minutes avant qu’ils ne repartent. On remonte à l’arrière. On pense qu’il va nous ramener en haut de la route de terre mais en fait non… ils nous ramènent carrément à Sucre ! C’est la première fois que j’arrive en ville à l’arrière d’un camion !

Il nous pose au bord de la route, on ne sait pas trop où nous sommes, donc comme d’hab, on demande aux locaux. Il faut aller se mettre de l’autre côté de la route et prendre le collectivo J…OK… Les 3 premiers sont trop plein et ne s’arrêtent pas… le 4ème sera le bon, on se retrouve debout au milieu de l’allée… c’est parti !

On repasse par le marché avant de rentrer à l’hôtel, on s’achète des légumes ! Ahhhhhhhhhh des légumes !!! Avocats, tomates, concombres,… Je savoure !!! Les avocats sont énormes et ont tellement de goût comparés à chez nous ! Un délice ! On les achète à une fille assise dans la rue qui nous fait déguster les différents types d’avocats qu’elle a : On sent clairement la différence à chaque fois !

Au moment de rentrer, on entend de la musique… on va voir…. OH génial un défilé !

Mais euh… c’est blindé de monde ! Les rues sont coupées ! Et ça défile sans arrêt ! D’abord les femmes qui passent en dansant des danses traditionnelles. Puis la fanfare… Puis les hommes… et ça recommence… Ensuite il y a des danses de couples,… d’autres fanfares. Ca ne s’arrête jamais. On demande à un flic ce qu’il se passe. « Ben c’est pour l’entrée dans la ville de la vierge ! Mais là ce ne sont que des répétitions ! La vraie fête, c’est le week-end prochain. Là ils s’entraînent… » Ah ouais quand même !!!!

On observe un looooooooong moment. Puis on rentre à l’hôtel se faire à manger. Le lendemain, dimanche, c’est une journée piétonne à Sucre on va en profiter pour vadrouiller partout, après une salade de fruits géante comme petit-déjeuner au marché (C’est salade de fruits, yaourts, céréales, d’autres fruits). Il y a des stands un peu partout dans la ville. On arrive dans un parc où il y a tous des stands de la fac de médecine. Chaque stand est une maladie. Il y a des explications et après des jeux pour voir si on a bien compris. Si on répond correctement, on gagne un snack, un chocolat, une sucette, une boisson,… Alors on fait le tour des stands, comme ça plus besoin de s’acheter de déjeuner ! Je deviens dans la foulée incollable sur toutes les maladies locales. Par contre, au stand paludisme, ils nous soutiennent qu’il y a un vaccin contre le palu qu’on peut faire gratuitement à l’hôpital… Je ne sais pas en quelle année de médecine ils étaient mais je n’ai jamais entendu parler de vaccins contre le palu… Sinon on ne se ferait pas suer tous à se trimballer avec de la malarone qui coûte une fortune…

On retourne sur la place principale où on assiste à un discours… on se rapproche… eh mais je le connais lui, je l’ai vu en photo à la douane. C’est le président Moralles ! Evooooooooo ! C’est la période électorale en plus… Donc voilà, je pourrais dire que j’ai assisté à un discours du président bolivien (ça ne m’est jamais arrivé en France jusque-là…)

Après ça on rentre à l’hôtel se faire à manger et vers 20h, on retourne à la place principale voir des concerts et il y a encore et toujours les défilés, les fanfares… on reste là toute la soirée !

Elise part le lendemain pour Santa Cruz. Moi j’ai bien envie de rester là !! Eh oui, la ville est vraiment sympa, les cours d’espagnol sont pas chers et les festivités vont durer toute la semaine !

C’est parti, je pars le lendemain à l’école d’espagnol avec un anglais, Ali et un australien, Luke qui sont au même hôtel que moi. On prend chacun 4 demi-journées de cours avec un prof particulier chacun (oui on en aura pour au moins 10 euros la demi-journée… J’adore la Bolivie ^^). On remplit un test ( Avec Ali on se moque de Luke qui n’a rien rempli du tout… ) et on file acheter nos affaires pour la rentrée. On va à la petite boutique du coin et on demande un stylo et un cahier. Elle revient avec 3 cahiers différents. Luke a maintenant un joli cahier rose à paillettes avec des stickers à l’intérieur en forme de cœur, avec des têtes de filles, des sacs à main,… il est ravi. Les cahiers d’Ali et moi sont bien moins ridicules. Donc Luke va se venger en nous collant des stickers partout…

Dans la bande il y a aussi Chris, un autre anglais qui prend des cours d’espagnol dans une autre école ; Kurt, un australien qui va à la même école de Chris et Mike un autre anglais. Voilà donc la bande à Sucre!

Alors je vous résume la semaine : En gros, c’est l’entrée de la vierge dans la ville, la fête est en fait une sorte de carnaval. Mais le carnaval est très important en Bolivie, comme partout en Amérique du sud. Donc au moment du carnaval, les festivités sont à Oruro (et pour eux ce carnaval est largement mieux que celui de Rio, ils ne comprennent pas pourquoi tous les gringos vont à Rio, parce qu’à Rio, « ce n’est que de la samba alors qu’ici on a de tout « ), connu mondialement également. Du coup, dans le reste du pays ils le font à des dates différentes. Donc pour eux, l’entrée de la vierge dans la ville, c’est leur carnaval, c’est LA fête de l’année à Sucre… On décide donc tous de rester jusqu’au week-end suivant. Les danseurs répètent depuis des mois des heures chaque semaine pour être prêt, on ne rigole pas avec ça !

Donc voilà, tous les après-midis, on va à notre cours d’espagnol et tous les soirs on sort profiter des festivités. On rentre au petit matin, on dort un peu, on se lève, on va manger une salade de fruits au marché et on part en cours !

Alors les cours. Mon prof Vincente est extra. Les cours sont divisés en 2 parties : Les 2 premières heures, on fait conjugaison, grammaire, vocabulaire,… et les 2 heures suivantes, ce sont plus des activités. Mais rapidement, on se rend tous compte que nos profs nous font un peu du rentre dedans… Il y a des parois fines comme du carton entre les différentes salles de cours. Donc quand mon prof sort la guitare durant les 2 dernières heures le premier jour, j’entends Ali et Luke mourir de rire dans les salles à côté. Dur pour moi de rester sérieuse quand mon prof me demande « Tu veux une chanson romantique ou une chanson traditionnelle ? ».. Je réponds « Une chanson traditionnelle »…Sa réponse… ? « Ce sera donc une chanson traditionnelle romantique »… et Mer-credi ! Il joue bien et chante bien mais bon il est à fond, il bouge les épaules, ferme les yeux… et moi je dois le regarder et essayer de comprendre les paroles en restant sérieuse pendant que les 2 autres sont pliés en 2 à côté…

On rentre à l’hôtel et Ali me dit « C’est moi ou ton prof t’as joué des chansons de lover à la guitare pendant 2 heures ? » Non non, t’as pas rêvé… « Oh j’étais mort de rire, je n’arrivais plus à m’arrêter… » oui je sais… et le lendemain, mon prof m’a dit qu’il irait me faire la lecture dans le parc…. Aïe aïe aïe ! Ali a sa prof qui lui fait du rentre dedans également. Pour Luke, c’est un peu plus compliqué… sa prof ne parle pas un mot d’anglais et lui ne parle pas un mot d’espagnol… la compréhension est un peu difficile du coup… Il n’arrête pas de nous poser des questions. « Ce mot là c’est quoi ?… ah j’avais pas deviné ça… Mais je ne comprends rien, je ne vais jamais progresser ! » On l’aide pour ses devoirs (parce que oui on a des devoirs !). Pour moi j’en perds un peu mon latin au bout d’un moment. Internet ne marche pas et il n’y a plus de français, donc je passe une semaine à ne parler qu’exclusivement anglais et espagnol !

Après, on se fait à manger et on file à l’hôtel Berlin dans une rue à côté où il y a un bar, une petite cours, des DJs et après on file sur la place principale regarder les défilés.

Le lendemain, mon prof m’emmène donc me faire la lecture dans le parc.. Bon c’est sympa j’apprends plein de choses sur les coutumes et fêtes boliviennes. Il m’achète du pop-corn. Quand je raconte mon après-midi aux autres bien sûr ils sont morts de rire.

Le soir, rebelote, on file à Berlin puis voir les défilés.

Le lendemain, pour les 2 dernières heures, les profs nous emmènent tous dans un couvent où on peut accéder au toit et la vue et le coucher du soleil sur toute la ville sont magnifiques !! Evidemment, mon prof me prend tout le temps en photo et se débrouille pour qu’on se retrouve seuls au moment du coucher du soleil. Au moins, mon espagnol progresse vite !

Le soir, c’est reparti à nouveau !

Le lendemain, c’est mon dernier cours d’espagnol (il n’y a pas classe le week-end, il faut bien qu’on se repose !). Pour l’occasion mon prof ressort la guitare, puis il m’emmène voir les défilés : Le vendredi, ce sont les enfants qui défilent, c’est extra ! Et c’est super intéressant, il m’explique chaque danse, chaque costume, le type de musique,… Le cours est censé finir à 18h. A 20h, on y est toujours. Je me dis que les autres doivent s’impatienter donc je finis par lui dire qu’il faut vraiment que je parte. Il insiste pour me raccompagner et me demande mon facebook,… et est triste au moment où je pars… Moi aussi, il est cool mais bon… ^^

Je rejoins les autres qui m’attendaient et ça repart ! Il y a des feux d’artifice tout le temps. Ce n’est pas comme en Europe ou t’as un gros feu d’artifice qui dure 30 minutes ou plus. Non. C’est tout le temps. Et partout. Ça pète dans tous les sens. Durant les soirées, on finit toujours par se perdre les uns les autres (C’est noir de monde partout !!). Ce soir-là, on rencontre 2 autres australiens et on finit à 4 (Luke, les 2 australiens et moi). On va voir les défilés. Il est 2 ou 3h du matin. C’est complètement différent à cette heure-là. Les flics qui s’assurent que tout le monde restent bien sur le côté ne sont plus là. Donc tout le monde danse dans le défilé… C’est extra ! Nous voilà donc à danser avec les locaux… Pendant près d’une heure. Et soudain un truc incroyable se produit… celui qui joue du tuba fonce droit sur Luke. Prend son tuba et le met autour du cou de Luke… Luke se retrouve donc dans la fanfare pendant 50 mètres à essayer de jouer du tuba… vous voyez le bruit d’un tuba ? Je vous laisse imaginer quand quelqu’un en sait pas en jouer… il y a des bruits qui sortent mais rien de bien harmonieux… et ce n’est pas non plus l’instrument le plus discret ! Nous sommes donc… morts de rire… Au bout de 50 mètres, il redonne le tuba et on n’en revient pas !!!

Le lendemain, on passe la journée à se raconter nos soirées respectives et les autres n’en reviennent pas d’avoir raté Luke au milieu de la fanfare en train de jouer du tuba ! Ali découvre sa soirée en même temps que nous… Un peu à la façon « Hangover » pour ceux qui ont vu le film. Plus il en découvre plus il a la honte. Mais bon je ne peux pas tout raconter non plus ! Bref, c’est fou rire sur fou rire toute la journée. Le soir, on y retourne. A chaque fois on rencontre des locaux et on passe la soirée avec eux. Des fois on va dans une sorte de boîte locale où ce ne sont que des locaux en train de danser les danses traditionnelles, c’est rigolo. Et à nouveau, vers 2 ou 3h, on va à la place principale, c’est toujours là où c’est le plus sympa vu qu’on peut aller danser dans le défilé ! Luke regarde tous les jours de tuba avec espoir que le miracle se produise à nouveau… mais non… à chaque joueur de tuba il fait des sourires, des signes,… mais rien n’y fait ! Il essaie d’utiliser ses cours d’espagnol, il essaie toujours de parler espagnol et en bons potes supers sympas, on se tient toujours à côté de lui, pliés en 2 à le regarder essayer de se faire comprendre… Soudain, vers 3h, dans le défilé, parfois il y a des fanfares, mais parfois ce sont des camions avec des énormes enceintes qui jouent la musique pour les danseurs. Et à l’arrière d’un des camions on retrouve… nos 2 australiens !! En nous voyant, ils descendent du camion : « Mais qu’est ce que vous faisiez sur le camion ?? » « Ca fait depuis qu’il est 20h qu’on est monté dessus, personne ne nous a rien dit, donc depuis 20h on défile, on distribue de l’eau aux danseurs,… » ^^.

Les danseurs défilent pendant 14h !! Donc oui il leur faut de l’eau !

Dimanche, ça reprend à nouveau et lundi, nous partons tous dans des directions différentes : Ali et Mike partent vers Tupiza au Sud. Chris part directement à La Paz. Kurt part à Santa Cruz et Luke et moi partons pour La Paz mais on veut s’arrêter une journée à Cochabamba (j’adore le nom ^^) pour voir le plus grand Christ au monde (eh ouais plus grand que celui de Rio !).

Bon on va se faire arnaquer sur le bus. On nous vend un ticket pour un bus super, trop confortable,… on se retrouve dans un bus de nuit où on ne peut pas baisser les sièges, où il fait plus de 40 °C en partant et moins de 0°C en arrivant… Donc on n’a pas dormi de la nuit après une semaine sans dormir…

On arrive, on nous dit de ne pas sortir du terminal, que c’est trop dangereux de nuit… on attend 7h et on sort…en fait il n’y a rien de dangereux dans cette ville… on va tourner 2h en rond avant de trouver un hostel. Bref, après tout ça, on file dans le dortoir se coucher et on se réveille à 16h…. on n’a rien mangé depuis la veille, on tient à peine debout et on est tous les 2 en train de tomber malade à cause du super bus… On file manger et à peu de chose près on retourne se coucher direct.

Le lendemain on monte les marches pour monter au Christ qui surplombe la ville… que des marches pour monter une montagne à cette altitude, c’est du sport !!! Mais la vue est magnifique !

On prend des photos et le lendemain on repart pour La Paz, dans un bus de jour tip top… ce qui ne sert à rien vu que c’est un bus de jour !

On rejoint donc Chris à La Paz, moi je retrouve aussi Elise.

Mais ça, c’est encore une autre histoire !!

Sucre restera la semaine de ma vie où j’ai de loin le plus ri !!!!

Ju

Le salar d’Uyuni: là où la nature a complètement pété les plombs!!

Alors le Salar… Un bus vient me récupérer à 6h du matin (grasse mat donc ! wouhou !) et c’est parti pour la douane à quelques kilomètres de là.

En faisant la queue pour mon tampon de sortie du Chili, je fais la rencontre de plusieurs français : un couple en vacances au Chili qui fait un détour par la Bolivie pour le Salar parce qu’apparemment, c’est vraiment exceptionnel, et 2 cousins : Lucas est en semestre à Valparaiso et son cousin Alexis l’a rejoint pour faire un bout de chemin. On sympathise tous (on a le temps, qu’est ce que c’est long de mettre un tampon par passeport…)

Puis on retourne dans le bus. Une heure plus tard, on arrive au milieu de nulle part. Perché à plus de 4000 m d’altitude, dans les montagnes, une cabane. C’est la douane pour entrer en Bolivie ! A l’intérieur, une table avec un monsieur et un tampon. Et un cadre avec la photo de Morales, le président bolivien. Et c’est à peu près tout. Ah si, j’oubliais, il y a un drapeau bolivien à l’entrée et voilà. C’est là que le bus nous laisse. A partir de là, on est réparti dans des 4×4, seul moyen de traverser le salar.

On se retrouve donc par agence : Surprise, je suis avec tous les français et un brésilien, Fernando. C’est parti, on est une bonne petite troupe, ça va être 3 jours sympas ! Après avoir notre tampon d’entrée pour la Bolivie (j’ai donc un tampon qui me donne le droit de rester 30 jours…. Ahah, vous verrez que ce ne sera pas assez. Bien joué pour quelqu’un qui souhaitait rester 10 jours ! Je nous refais une cambodgienne ^^), on continue de faire connaissance dans le 4×4 et tout de suite on se rend compte que…. Oui… on ne nous a pas menti, le salar d’uyuni, ça vaut son pesant de cacahuètes….

Alors en gros, tu passes la journée le nez collé contre la vitre à te dire « C’est pas possible »… La nature est devenue complètement dingue à cet endroit là… elle s’est demandée ce qu’elle pouvait faire de plus dingue et a tenté les trucs les plus fous ! Des lagunes roses, blanches,… Des montagnes de toutes les couleurs. Je ne pensais pas qu’une montagne pouvait être à la fois brune, jaune, rouge, orange, rose… eh ben si, ici c’est possible ! Lucas se fixe un objectif : Pas plus de 4 photos par jour… Il va tenir une heure ^^. Impossible à cet endroit !

Il y a également les geysers, les étendues désertiques à perte de vue où nous avons l’impression d’être seuls au monde dans notre 4×4…

Après une première journée à se baigner dans des eaux chaudes (voire bouillonnantes) dans un paysage à couper le souffle, quelques geysers, quelques lagunes et surtout pleins d’animaux (renards, vasayas, alpagas, flamands roses,…), nous arrivons à 5100 mètres pour passer notre première nuit.

Si quelqu’un est malade, il y a un autre refuge à 4700m. Heureusement, nous sommes une équipe de costauds et pas de soucis pour le 5100m. Je m’apprête donc à passer ma première nuit bien au-dessus du sommet du Mont-Blanc ! Dingue non ???

Certains ont un léger mal de crâne. Moi ça va,j’ai juste froid. Je vais louer un bon gros sac de couchage et après un bon repas et quelques minutes à observer les étoiles (on est dans le désert… le ciel y est donc incroyable, mais qu’est ce que ça caille !!!), on file se coucher (non pas de douche pour aujourd’hui !). Il est très tôt, mais on est bien mieux emmitouflés dans nos sacs.

Durant la nuit, je commets une grave erreur. J’ai très froid, je décide donc de mettre ma tête sous la couette. Ahah. Brillant. Au bout de 30 secondes, je me retrouve en train de suffoquer, j’enlève la couette… de l’air, de l’air, de l’air !!!!!!!!!!!!! A partir de là, même en bougeant le petit doigt, j’ai l’impression d’avoir fait un marathon !

Bon au milieu de la nuit, y’a aussi Alexis qui crie au secours, donc tout le monde se réveille, mais il est juste en train de faire un cauchemar ^^.

Le lendemain, après un bon ptit-déj, nous voilà reparti au milieu de nulle part. Pas de civilisation à l’horizon, paysages à couper le souffle. On enchaîne à nouveau les lagunes de toutes les couleurs,… On s’arrête à l’arbre de pierre. Il est entouré de pleins d’autres gros cailloux. Je décide d’en escalader un juste pour le plaisir ^^. La vue est à couper le souffle. Bon évidemment, je suis un peu essoufflée en arrivant en haut !

On va également visiter un ancien cimetière : Les nobles se cassaient le crâne en étant petit pour obtenir un crâne allongé. Evidemment, beaucoup ne survivaient pas à ça… Drôle d’idée quand même… Les morts étaient momifiés et installés en position fœtale, assis dans des petites maisons de pierre avec une ouverture… Donc en regardant par cette « fenêtre », on peut toujours voir les corps installés là…

Le soir on arrive dans un hôtel de sel (oui oui, on a goûté les murs, c’est bien du sel ! Bon après l’avoir fait on s’est demandé combien d’autres personnes avant nous avaient léché les murs… mais on s’est dit que c’était peut-être mieux de ne pas connaître la réponse !

Le dîner est excellent et on a même droit à une bouteille de vin ! Après la traditionnelle séance d’observation des étoiles (au frais comme d’hab), on file profiter… d’une douche chaude ! ouhouh ça fait du bien ! Et on ne tarde pas trop, le lendemain on se lève à 5h ! Direction : Le salar !! Eheh !

Le réveil pique un peu, mais on se dépêche, on ne veut pas rater le lever du soleil !

On roule 20 bonnes minutes et on arrive dans le salar… c’est impressionnant. Un désert de sel à perte de vue ! LE ciel est de plus en plus rouge…. Vite vite vite !!!!

Quand le soleil commence à se lever, hop on arrête le 4×4 et on file admirer ça ! Le soleil n’a pas encore fini de se lever que Lucas a déjà largement dépassé son quota de 4 photos par jour ! Après le lever du soleil, on repart, direction une « île »… En arrivant, on a effectivement la sensation d’être sur une île. Un petit bout de terre au milieu de cette mer de sel. On crapahute en haut : L’île est recouverte de cactus. Et du sel à perte de vue. En redescendant, c’est l’heure du petit-déjeuner ! Evidemment, nous sommes assis sur des bancs de sel et la table est en sel également. Parfait si tu veux ajouter un peu de sel à ton repas, tu n’as qu’à gratter la table, le banc, le sol,…

On continue notre traversée et on arrive au beau milieu du salar où les photos les plus folles peuvent être prises : On met le 4×4 au second plan et au premier plan on saute par au-dessus… Je suis assise au premier plan et au second plan, je porte Alexis et Lucas dans chaque main,… On s’amuse un bon moment…

Ensuite…. On continue… on arrive à la petite boutique souvenir, évidemment… Puis on arrive à la fin du désert. On s’arrête dans un petit village pour le déjeuner et ensuite on file au cimetière de train ! C’est une sorte de parc de jeux pour adultes ^^. Ca coûtait moins cher d’entasser les trains ici que de les envoyer ailleurs, donc il y a des dizaines de centaines de trains à perte de vue. Evidemment, la première idée qui nous vient à l’esprit avec Lucas, c’est de crapahuter sur tous les trains, on s’amuse comme des ptits fous !

Puis nous voilà arrivés à Uyuni ! C’est là que nos chemins se séparent malheureusement ! Eux repartent sur San Pedro. Moi je file chercher un bus pour Sucre !

Dans le bus, je rencontre Elise, une française en vadrouille pour 6 mois en Amérique du Sud. On sympathise, ça tombe bien, on va au même hostel à Sucre !

La nuit va être courte : le bus a beau être confortable, je n’arrive pas à trouver le sommeil et en plus on arrive à 4h du mat’…

C’est parti pour 2 jours à Sucre… Enfin 2 jours, c’est ce qui était prévu…

Ju

San Pedro de Atacama: Sandboard, VTT et trekking dans des décors de rêve, au-dessus du Mont-Blanc!

Me voilà donc à 2700m. En arrivant à mon hostel, je rencontre un couple d’anglais arrivés la veille qui n’ont pas quitté leur lit depuis qu’ils sont là… mal de l’altitude. Euh. Lui me dit qu’on est à 3700m, je vérifie, non non, on n’est même pas à 3000m… les pauvres, s’ils sont déjà malades là, ils ne vont pas pouvoir faire grand-chose dans le coin !

L’hostel est incroyable : hamacs, feu de camp tous les soirs, lits super confortables et le bonus : Une couette ! Ahouh ! Quelle luxe !!!! (dormez en sac de couchage ou drap pendant 9 mois et vous verrez comme c’est bon une couette moelleuse !!! Ahah la vie est faite de plaisirs simples parfois !!)

Alors c’est parti : Comme je ne veux pas perdre de temps, je réserve direct un tour à mon arrivée pour l’après-midi à la laguna cerra. Je me retrouve dans un bus rempli de chiliens, ça me fait réaliser qu’il va falloir rapidement faire quelque chose pour mon espagnol parce que je suis hyper limitée !!!

Je passe le trajet au fond du bus avec un couple de chiliens à danser sur des musiques chiliennes pour enfants… Une trentaine de minutes plus tard, nous sommes arrivés : Alors en gros, je me retrouve à flotter dans un lac (c’est presqu’impossible de toucher le sol tellement l’eau est salée !) entourée de montagnes oranges. Je ne sais plus où regarder ! L’arrêt suivant sont les ojos, 2 petits lacs encastrés dans le sol, on dirait… 2 yeux… Et le dernier arrêt est le coucher du soleil au bord d’un lac dont tout le tour est complètement craquelé par le sel. Tout ça toujours entouré des montagnes oranges. Au fur et à mesure que le soleil se couche, les montagnes deviennent progressivement rouges flamboyantes, c’est magnifique… Bien sûr, il ne faut pas se laisser abattre, donc on nous sert un pisco sour (version chilienne donc sans le blanc d’œuf !) pour admirer tout ça.

En rentrant, je fais connaissance avec mes nouvelles colocs : une allemande et 2 italiennes. L’allemande est très sympa, mais les italiennes… Bref. Passons. Je file à la supérette du coin pour m’acheter de quoi manger les prochains jours : Salades et ratatouille, je me régale ! Bien sûr, je prends aussi un empanadas au passage, parce que c’est vraiment trop bon !

Le soir, les 3 filles s’excusent, elles vont aux geysers le lendemain : Elles doivent se réveiller à 2h pour partir à 3h… Moi je dois me lever à 4h pour partir à 5h à l’altiplano, la nuit va être courte !

La nuit va vraiment être très très courte, parce que je ne pensais pas possible en devant se lever à 2h du matin dans un dortoir qu’elles puissent allumer la lampe et se mettre à papoter comme si on était en plein milieu de l’après-midi… En plus, leur bus a du retard, elles partent à 3h45, autrement dit, je n’ai pas le temps de me rendormir !

Je me couvre bien et c’est parti pour 1h de bus… Me voilà perchée à 4500 mètres pour prendre le petit-déjeuner dans un décor de rêve avec une mouette andine qui essaie de me piquer mes miettes. C’est difficile de décrire le paysage. C’est juste magique…C’est indescriptible, le mieux c’est que vous voyez les photos ! Une fois de plus je ne sais plus où regarder. Bon ça caille un peu quand même…

On va ensuite se promener dans ces paysages magiques. Au ralenti bien sûr. Parce que quand tu fais 2700 m – 4500 m en une heure de temps, tu ne vas pas faire un footing… Ou alors tu vas vite t’écrouler. En gros, j’ai l’impression de faire un marathon à chaque fois que j’accélère. Mais pas de mal d’altitude, donc ça c’est chouette !

Je rentre vers midi… Juste le temps de finir ma ratatouille et me voilà repartie pour… faire du sandboarding ! (Si c’était à refaire, j’irai faire la sieste et le sandboarding un autre jour… mais on ne peut pas penser à tout !) Me voilà dans un bus avec quasiment que des français venus rendre visite à Julie, leur copine installée à Buenos Aires pour une année. On sympathise tout de suite et hop c’est parti, nous voilà dans la vallée de la mort ! Euh alors rien que la route dans la vallée, on pense qu’on va mourir. Tous les 2 mètres, il y a tout juste la place pour les roues du bus, autour ce ne sont que des crevasses ! Alors oui le décor est magnifique mais on est quand même en stress une ou deux fois à se demander si on va rester sur la route ou si on va se retrouver au fond du ravin… Bref, si je suis là 2 mois après pour vous raconter, c’est qu’à priori le chauffeur n’était pas mauvais !

Alors le sandboarding c’est quoi ? On te file des chaussures de snow et une planche de snow (par près de 30°C, ça fait bizarre de mettre des boots et de porter un snowboard !) et hop tu vas dévaler des pistes…de sable. Alors l’inconvénient, vous l’aurez deviné, c’est que dans les dunes y’a rarement des télésièges… Me voilà donc à crapahuter sous une chaleur écrasante une dune de sable avec des boots et en portant un snowboard… Bien sûr avec un casque sur la tête, sinon on risquerait d’avoir un peu froid !

On arrive en haut. On admire la vue sur la vallée de la mort à couper le souffle en essayant justement de reprendre notre souffle… (On n’est que dans les 3000 mètres, mais quand faut monter une dune, ça se ressent un peu quand même !) Allez hop, on chausse et c’est parti ! Alors le premier essai est à mourir de rire. On pense tous qu’on va prendre plein de vitesse donc on fait attention de ne pas aller trop vite… Et donc on s’écrase lamentablement dans le sable. Alors avantage par rapport à la neige : Le sable c’est mou, donc ça ne fait pas mal en tombant et ça ne mouille pas non plus. En revanche… Ben t’es recouvert de sable… Donc bien penser à fermer la bouche et les yeux en tombant !!

Pour la deuxième descente on a compris le truc. Pas la peine d’essayer de faire des virages ou d’essayer d’être prudent. Le mieux, c’est d’aller tout droit. Et là, ça devient tout de suite plus rigolo !!! Je suis en train de faire du snow dans des dunes de sable dans un paysage surréaliste ^^. J’adore ma vie ahah.

On enchaîne les descentes (et les montées aussi malheureusement !) puis au moment où le soleil commence à se coucher, on remballe tout et on file à un joli point de vue où bien sûr on nous sert un pisco sour pour admirer tout ça. Bon une fois de plus, la vue est à tomber. Ça devient une habitude ici !

Les français me proposent de les rejoindre pour la soirée, mais entre la presque nuit blanche et le fait que le lendemain c’est moi qui fait les geysers, je suis obligée de décliner malheureusement !

Je retrouve les italiennes dans ma chambre, hyper blasées de leur journée parce qu’il a fait trop froid… Bon. Donc quand le réveil sonne à … 2 heures du matin (oui je suis très matinale ces jours-ci !), je mets tous les vêtements que j’ai… Et j’ai eu raison… Quand on arrive aux geysers, à 5000 mètres d’altitude de nuit, il fait -20°C… Alors l’astuce c’est de rester le plus proche possible des geysers pour se réchauffer un peu les pieds et les mains ! Mais le froid ne gâche pas mon plaisir ! Je prends mon petit-déj au-dessus du niveau du Mont-Blanc entourée de geysers et de montagnes… Encore des paysages magiques ! Comme d’hab au petit-déj on nous sert du pain et de l’avocat. J’adore ! Essayez le sandwich à l’avocat, c’est excellent !

Après on nous emmène à une autre lagune recouverte de flamands roses… On nous explique les différents types de flamands roses. La particularité du flamand chilien (et les locaux n’en sont pas peu fiers), c’est que c’est le seul à être carnivore !

S’ils sont roses, c’est bien sûr parce que le plancton qu’ils mangent sont rosés… Donc je vous laisse deviner la couleur de la lagune… rose bien sûr ! Lagune rose entourée de croûtes de sel et de montagnes… Une fois de plus, ce n’est pas trop trop moche… On va ensuite se baigner au milieu de la montagne (oui température toujours négative à l’extérieur !) dans une rivière limite brûlante ! Le temps de se mettre en maillot dans la cabine locale (donc derrière un gros caillou), je me rue vers l’eau, mais j’ai tellement froid que l’eau me brûle ! En descendant un peu la rivière, il y a une sorte de piscine naturelle… ou plutôt de jacuzzi naturel. Les bulles brûlantes remontent à la surface et nous crament les fesses ! Petit à petit on se fait à la chaleur, donc on commence à avoir froid. Facile, il suffit de se rapprocher du bord les pierres sont bouillantes. Le challenge consiste à ne pas se rapprocher trop des pierres et ne pas avoir trop de bubulles !

Près de la rivière, on rencontre un animal local : C’est un mélange entre un lièvre et un kangourou. Oui, vous aussi vous trouvez ça bizarre et je vous comprends. Globalement, c’est un lièvre. Ça a la taille d’un lièvre, le corps d’un lièvre, les oreilles d’un lièvre tout pareil. En revanche, ça a une tête de kangourou et ça se comporte comme un kangourou… en se déplaçant en faisant des bonds sur ses pattes arrières de pierre en pierre… étrange cet animal !

En rentrant en fin d’après-midi, je me rue vers mon lit ! Y’en a marre des nuits de 2h ! C’est décidé, demain je fais la grasse mat !

Je me réveille donc à… 7h… Mais après plusieurs réveils à 2h du matin, c’est une sacrée grasse mat. Ah j’oubliais de vous dire comment je me réveille… Grâce à l’italienne qui passe un coup de fil en italien en hurlant dans le téléphone alors que tout le reste du dortoir dort… Ouais ben cette fois ça me gonfle et je lui demande aussi gentiment que possible d’aller passer son coup de fil en dehors de la pièce…

Après mon ptit déj, je me prépare un casse-croûte et je file louer un vélo. Direction la vallée de la Luna ! Dans l’idée c’est cool d’y aller à vélo. Dans les faits, faire du vélo à 3000m d’altitude, ce n’est pas comme aller faire une promenade autour du lac Léman… J’ai l’impression que je viens de faire un marathon et que j’ai 50 ans de plus… Donc légèrement à bout de souffle tout du long. Ce qui est drôle avec l’altitude, c’est que dès que tu t’arrêtes, c’est comme si tu n’avais jamais été fatiguée… Très bizarre comme sentiment. Et là tu repars en te disant que t’es pleine de vigueur et bam, 3 coups de pédales plus tard, t’as repris 30 ans !

Bref, je finis quand même par arriver à la vallée de la Luna après avoir traversé un désert aussi somptueux que désertique… Je prends mon ticket d’entrée, ma carte et bim, je continue à pédaler. Dans les graviers. Dans le sable. Dans de la caillasse. Et quasiment tout le temps en montée sous un soleil de plomb. Moi qui ne fait quasiment jamais de vélo, cette fois, je suis servie. Je m’arrête au premier endroit sympa : Un circuit dans des grottes naturelles. Il faut avoir une lampe torche et pouvoir se déplacer facilement en rampant, sinon c’est très très compliqué. A la sortie de la grotte tunnel, ça se transforme en escalade… Et là j’arrive à un point de vue incroyable. Je suis seule au monde ! C’est le désert tout autour de moi, rien à perte de vue à part des paysages semblable à la Lune… Pfouah ! J’en prends plein les yeux !

J’aimerais pouvoir vous décrire ce qu’on ressent au moment où on se retrouve sur un rocher à dominer un paysage lunaire sans âme qui vive nulle part aux alentours, sous le soleil, avec que le bleu du ciel et les couleurs des roches à perte de vue quand on n’a plus aucune obligation depuis 9 mois, qu’on fait absolument ce qu’on veut quand on le veut. Un sentiment de liberté absolue. Je crois que c’est indescriptible… Mais je souhaite à tout le monde de ressentir ce sentiment de liberté incroyable au moins une fois dans sa vie !

Je savoure et immortalise (oui je sais il faut que je mette les photos ! Trouvez moi un wifi correct en Amérique du Sud et je m’y mets !!!) puis je pars traverser un canyon. A peu près une demi-heure de marche où je suis à nouveau seule au monde dans des paysages incroyables….

Je récupère ensuite mon vélo et continue de m’enfoncer un peu plus. Alors la montée dans le sable n’est pas évidente… mais les points de vue valent chaque goutte de sueur. Bien sûr il n’y a personne. Tous les tours viennent dans l’après-midi pour regarder ensuite le coucher du soleil. Donc j’ai la vallée de la Luna juste pour moi… J’enchaîne les tours à vélo, les sentiers à pied et me trouve un rocher qui me fasse un peu d’ombre pour savourer mon casse-croûte puis je commence à entamer le chemin du retour. En descente, c’est tout de suite plus simple. Enfin…n’ayant jamais fait de vélo de descente, me retrouver pleine balle dans la caillasse puis dans le sable c’est pas forcément super simple ^^. Un grand moment !

Je rentre en milieu d’après-midi et je prépare mes affaires pour le lendemain : Je pars pour 3 jours dans le Salar d’Uyuni !

Bye Chile, me voilà en Bolivie ! (Où je suis censée passer une dizaine de jours… ahahah, vous allez voir, je vais légèrement dévier !)

Ju

 

Chili: De Santiago à San Pedro!

Ouais alors là je commence vraiment à être en retard alors je vais vous faire un petit coup d’avance rapide :

Je prends mon vol pour Santiago. Dans l’avion, mon voisin, un chilien, essaie de sympathiser. Sympa sauf qu’il ne fait pas franchement d’efforts pour que je comprenne ce qu’il essaie de me dire… je lui dis que je ne comprends pas avec mon plus bel espagnol, il me répète plus fort et plus rapidement avec exactement les mêmes mots… A la russe donc si vous vous souvenez bien ^^. Bref, la discussion n’est pas hyper constructive. A l’atterrissage, il me demande où je dors, je lui dis le nom de la rue. Le couple en face de nous se retourne et me dit que c’est là où ils habitent, ils peuvent me déposer. Cool ^^. Une galère en moins ! C’est parti, on récupère les valises et ils m’emmènent chez Nelly et Nico. Je les remercie, ça s’annonce bien si tout le monde est comme eux !

En revanche, je suis un peu déçue, il y a eu un tremblement de terre pendant que j’étais dans l’avion ! A 2h près, j’avais encore un truc de fou à vous raconter. Grr, ce n’est pas passé loin !

Nelly et Nico ce sont des copains du pays de Gex qui ont été mutés il y a un mois à Santiago ! Quel timing !! Bon donc Nico m’a dit « quand t’arrives, tu vas voir le concierge je lui aurai donné la clé comme on ne sera pas encore rentré ». Facile. Je vais voir le concierge qui ne parle pas anglais, j’essaie de lui faire comprendre qu’il doit avoir une clé pour moi, je lui montre le numéro de l’appart de Nico, il me fait « oui » et décroche le téléphone… Non non, j’essaie de lui faire comprendre qu’ils ne sont pas là… je retente d’expliquer qu’il doit avoir une clé pour moi… Il parle dans le téléphone, raccroche et me dit c’est bon… Euh, comment ça c’est bon ?? Non non, il me faut la clé… Il ne comprend pas… bon. Il me montre l’ascenseur… ok. Il me fait monter dans l’ascenseur et appuie sur 10… euh ok mais je fais comment pour rentrer dans l’appart ??

Je monte, je trouve le numéro, je sonne… ah mais en fait ils sont là^^. Finalement ils ne sont pas sortis. Ok, je comprends mieux le coup de fil ^^.

On passe la soirée et une bonne partie de la nuit à rattraper le temps perdu : Comment je suis arrivée jusque là (mais je ne leur apprends pas grand-chose vu que Nico est mon plus fidèle lecteur ^^) et surtout comment eux sont arrivés là, parce que quand je suis partie de France, ils habitaient à 5 minutes de chez moi et visaient l’Australie dans quelques années et d’un coup, bam je les retrouve à l’autre bout du monde !

Tard, on finit par aller se coucher. Ils m’ont acheté un matelas pneumatique avec oreiller pneumatique assorti et ça c’est la méga classe ! Comme il fait frais, Nelly me prépare une bouillote avant d’aller me coucher. Ouhla, mais faut pas prendre soin de moi comme ça, je n’ai plus l’habitude moi !

Le lendemain, comme c’est le week-end, ils m’emmènent visiter la ville. C’est génial, ils habitent en plein centre, parce qu’à Santiago, plus t’habites au centre et moins c’est cher (tout un concept encore…). Au premier coup d’œil, c’est rigolo, j’ai l’impression d’être en Europe !

On va au musée de la memoria qui relate toute la période Pinochet. Ce musée est extrêmement bien fait, pour une fois, après l’Asie, les évènements sont réellement relatés, c’est clair,… Bref, à faire pour découvrir cette période de l’histoire du Chili !

En se promenant dans les rues on croise de nombreux vendeurs de tout et de rien : Un vend tout type de télécommandes, un autre des antennes tv, des bonnets,… Ils installent leur marchandise sur un tissu par terre et si la police arrive, ils chopent les 4 coins du tissu et en un quart de seconde hop, ils sont partis. Sauf qu’une fois ils ont vu une mamie qui vendait….des pierres… Ben au moment où la police est arrivée, elle n’a pas réussi à partir… en même temps quelle idée de vendre des pierres quand on sait qu’on doit pouvoir détaler comme un lapin… Bref…

On va se perdre dans les marchés, j’adore, ça me rappelle l’Asie : des allées à n’en plus finir et toujours de tout et de rien. En fait, on peut tout trouver mais il ne faut pas vouloir acheter quelque chose en particulier… Parce que c’est tellement grand que pour trouver le truc que tu veux, tu peux tourner un moment !

On s’achète des empanadas dans la rue… hum !!!!!!!!!! quel délice !!!! Miam, ça s’annonce bien tout ça ^^.

Le lendemain, comme ils travaillent, je pars vadrouiller seule dans les rues. Je vais au Cerro Santa Lucia juste à côté de chez eux. Et en arrivant en haut, surprise ! La ville est entourée de montagnes enneigées ! Ouhla, j’ai l’impression d’être de retour en Suisse. A la vue de ses sommets enneigés, j’ai les jambes qui me démangent ! Je fais le tour des agences pour aller passer la journée du lendemain… au ski ! EH ouais ! Ils ont eu un hiver pourri et moi ça fait 2 jours que je suis là et 2 jours qui neige ! On a de la chance ou on en n’a pas ! Et je ne vais pas aller n’importe où, comme je ne fais jamais rien à moitié, je pars pour une journée à Vallee Nevado, la plus grande station de ski d’Amérique du Sud ! Youhou ! Alors j’en fais un paquet des agences parce que je suis super exigeante ! Je n’ai qu’une journée, alors je ne veux pas qu’on me loue du matériel tout pourri, je peux pouvoir choisir mon matos. EH oui, ceux qui me connaissent le savent, le ski c’est mon dada. La troisième est la bonne, je peux louer du matériel expert et choisir ce que je veux. Parfait ! Je réserve tout ça et demain, je suis à la neige ! Youhou !

Je retourne me balader dans la ville et je rentre à l’heure où Nelly et Nico doivent être rentrés. On repasse la soirée tous ensemble à papoter. Ils se plaisent vraiment avec le système chilien et quand ils me racontent les dysfonctionnements de l’éducation nationale en France, je comprends bien pourquoi ! ça ne donne pas envie de mettre ses enfants à l’école en France ! Enfin bref…

Le lendemain, youhou, je suis à fond ! Je prends le mini-bus qui va m’emmener à un autre mini-bus rempli de portugais qui n’ont jamais skié ! Et hop, direction la montagne. Alors ça a beau être à une petite cinquantaine de kilomètres de la ville, on va mettre près de 4h… Mouais… Je vous passe l’épisode où le mini-bus est coincé dans une épingle à cheveux en montée sur une grosse plaque de glace, où on se met à déraper au deuxième essai, on recule, les voitures derrière se mettent à klaxonner parce qu’on fonce droit dans un ravin. Ceux assis à l’arrière commencent à se ruer vers l’avant du mini-bus parce qu’ils ont peur de basculer… Heureusement, la troisième est la bonne, on continue de monter et personne n’est mort. Ouf !

On fait un arrêt quelques minutes plus tard pour mettre les chaînes. D’un côté, ça me fait suer de perdre encore du temps, d’un autre côté, s’il faut chaîner c’est que je vais passer une bonne journée !

On arrive, je récupère mon forfait et je file chercher le matériel. Youhou, c’est parti, je me retrouve dans les œufs : la vue est dégagée. Non seulement c’est magnifique, mais quelle neige !!

Je m’enflamme un peu, je monte direct en haut, à 4000 mètres. Au moment de pousser sur les bâtons, j’ai l’impression d’avoir 80 ans et d’être en train de courir un marathon (je n’ai jamais eu 80 ans et je n’ai jamais fait de marathon, mais je suis sûre que c’est pareil !)… Mais ohlala qu’est ce qu’elle fait plaisir la première descente !

Je les enchaîne… je ne m’arrête pas. Mais au bout de 2 heures, force est de constater que je m’ennuie et que j’ai déjà fait 2 fois chaque piste… minimum. Bon je continue, mais à 15h, je vais boire un chocolat chaud. Le serveur s’amuse à me mettre plus de chantilly que de chocolat, j’ai à peine le temps de poser ma tasse que tout dégringole… je me débrouille comme je peux ^^.

Je retourne ensuite dévaler les pistes et je trouve un slalom ^^. Ahhhhhhh, ça fait plaisir aussi !

A 17h je retrouve mon bus et hop c’est reparti.

Je retrouve Nico et Nelly tard qui m’ont attendu pour manger et j’ai même une bouillote dans ma serviette au moment de prendre ma douche ! ça ne va pas cette histoire, je suis trop bien traitée, je ne vais jamais vouloir repartir d’ici ! Avant de me coucher, je lis des livres pour enfants en espagnol qu’ils ramènent de la bibliothèque. Je m’en sors niquel avec l’histoire du crocodile qui aimait faire de la balançoire…. Y’a un début à tout !

Le lendemain, je file à la poste acheter un carton pour renvoyer des choses en France (Je me trimballe 3 chargeurs d’appareil photo et un appareil photo qui ne fonctionne plus… par exemple. Et tout ce que je n’ai pas utilisé depuis que je suis partie, je renvois. Comme mon fil à linge. On trouve toujours un endroit où suspendre ses affaires… Je divise aussi tous les médicaments par 2 comme il ne me reste plus que 4 mois). Alors bien sûr quand j’achète le carton, le monsieur me dit que pour les colis internationaux, ils doivent vérifier le contenu avant que je ne ferme le colis. Du coup, je retourne à l’appart chercher les affaires, je retourne à la poste et je remplis le carton à la poste. Mais comme je sais qu’ils vont inspecter le contenu et que je n’ai pas envie de me faire piquer mes affaires, je cache dans les vêtements tout ce qui a de la valeur et je montre que *Ce ne sont que des bouts de tissus, ça ne vaut rien tout ça… ». Hop on enscotche tout ça et c’est parti pour la France… 5 kilos de moins pour moi. J’espère que ça arrivera un jour…

Je me balade un peu et je retrouve Nelly pour une soirée filles pendant que Nico sort avec ses collègues. Ah, c’est rigolo aussi une soirée filles ^^.

Le lendemain, je prends un bus pour Valparaiso. Je découvre les bus 5 étoiles dont j’entends parler depuis longtemps… effectivement, c’est la grande classe !! Une heure et demi de sieste plus tard, je sors la carte que Nelly et Nico m’ont donnée et hop, je pars à l’assaut des rues de Valparaiso ! Cette ville est tout simplement magnifique ! Il y a du street art à chaque coin de rue. Ce n’est pas dur, pour visiter Valparaiso, il suffit de s’y perdre ! Je prends 3 « ascenseurs » pour monter à différents cerros, ce sont des collines un peu partout dans la ville. Par ascenseur, je veux dire petite cabine en bois qui gesticule dans tous les sens et grince un peu trop fort.

Le bord de mer de Valparaiso n’est pas très joli, en revanche, dès qu’on arrive sur les collines, la ville est magnifique ! Des maisons empilées de toutes les couleurs. En revanche, moi je n’aurais peut-être pas construit des maisons de travers les unes sur les autres, en pente, dans une zone sismique. Mais bon, ce voyage a depuis longtemps prouvé que je suis de loin trop logique pour ce monde ^^.

Bref, je vadrouille, je zigzague, je marche, je déambule et quand mes jambes n’en peuvent plus, je retourne à l’arrêt de bus et je repars dans l’autre sens. Avant de rentrer à l’appart, j’achète un ticket de bus pour le lendemain. Il s’agira de mon premier long trajet en bus en Amérique du Sud : 27h de bus (en théorie bien sûr) pour rejoindre San Pedro de Atacama !

 

Je passe ma dernière soirée avec Nico et Nelly ! Snif, c’était bien cool de les retrouver. Mais qui sait, peut-être que nos chemins vont se recroiser avant fin décembre !

Le lendemain matin, je pars prendre mon bus. J’ai de la chance, le mec derrière moi aurait voulu être batteur… Il écoute du vieux rock à fond et tape avec ses pieds dans mon dos et ses mains au niveau de ma tête… Heureusement, il fatigue vite le petit et au bout d’une demi-heure, il arrête de me martyriser !

La journée passe très très vite bizarrement : Je bouquine, je fais un ptit somme, je mange ma salade de pâtes, je continue mon bouquin, je refais un ptit somme… Bizarrement aussi, je dors assez bien la nui. Et au réveil, hop, me voilà à 2700m dans le nord du Chili… Il fait très très chaud. C’est le désert… Je me trouve à un des endroits les plus secs de la planète.

Et là… ça me frappe… mais qu’est ce que je fais là ??? les vagues me manquent. La mer me manque. Le surf me manque. Et la plongée, n’en parlons même pas… Le bateau, la coco,… Mais non, je suis à un des endroits les plus secs au monde. J’ai un peu l’impression de m’être perdue…

Je trouve mon hostel. Il est top, hamacs, feu de camp, vélos neufs, cuisine, lit douillet avec grosse couette (on meurt de chaud la journée et on crève de froid la nuit…).

J’organise mes jours à venir et en me perdant sur le net et dans mes pensées, je retourne voir findacrew et tombe sur une annonce urgente pour une personne qui partagerait les frais du Chili jusqu’à la Polynésie Française… Il m’accepte à bord. La suite, vous la connaissez, j’ai posté un article pour votre avis, une large majorité a choisi de me voir continuer mon chemin terrestre pour cette fois…

Donc je continue mon périple J et ne vous inquiétez pas, les paysages d’Atacama vous ont donné raison alors merci à vous ahah !

Ju

En 2 roues à travers l’île!

Dernier jour complet sur l’île : Anne-So et Boris ont loué un scooter… oh, ça me donne une idée ça tient ! Moi aussi je pourrais louer un scooter ! Eheh ! Allez, c’est parti ! Je loue un scooter seule comme une grande pour la journée. Une grande première. Bon, pour pas faire paniquer la dame de la location, j’y vais avec Anne-so pour qu’elle me sorte le scooter de là et surtout pour qu’elle me sorte de la ville. Allez, hop, nos 2 scooters et c’est parti. A peine sortis de la ville, elle me redonne le scooter et retourne derrière Boris. Allez hop, c’est parti. Au bout de 2 minutes je gère la ligne droite. Au bout de 20 minutes je gère le virage à droite. Bizarrement le virage à gauche a plus de mal à passer.

Au bout d’une demi-heure, c’est tout bon je profite du paysage… et quel paysage ! C’est tout simplement magnifique ! Pfiou ! On longe la côte, on s’arrête pour observer les moais… puis… alors que je suis en pleine confiance, ils me font prendre un raccourci pour aller à la nurserie. C’est l’avantage des scooters sur l’île, ce sont les 4×4 locaux, avec ça on passe partout, c’est beaucoup plus pratique que des voitures ! Me voilà donc sur un chemin de terre plein de trous… aïe ça secoue !! Pas de panique, je gère mon affaire !

10 minutes et 50 frayeurs plus tard, c’est bon, nous sommes à la nurserie, l’endroit où était fabriqués les moais. Un endroit incroyable. D’abord on monte vers un lac avec une jolie vue puis on redescend sur la nurserie. C’est dingue. Au début, tout ce qu’on voit ce sont des champs et des cailloux… puis les yeux regardent de plus près et commencent à s’habituer…et au final, on s’aperçoit que dans toutes les roches apparentes, il y avait des moais en cours de construction ! Parfois sur un rocher on peut trouver des dizaines de moais en cours !

Anne-so prend des photos pour que la classe de sa mère puisse jouer à « trouver les 15 moais » !

La vue depuis la nurserie est incroyable. On découvre les différents types de moais selon les différentes époques (différence de tailles, de traits, socles ou pas, chapeaux ou pas,…). Bref, cette île est d’une richesse en culture, histoire et anecdotes, c’est incroyable ! Je pense qu’avec chaque version, il est possible d’en faire des livres et des livres !

On repart sur nos 2 roues sur la route infernale. 10 minutes plus tard, nous revoilà sur la route, pfiou c’est presque trop facile !

Du coup, Boris m’emmène dans des virages dans des graviers histoire de corser un peu tout ça. On s’arrête à un endroit avec une vue incroyable (ça pourrait être quasiment n’importe où sur cette île ! ) et on sort le couteau, les petits pains et… l’avocat ! Et oui, Anne-so m’initie au sandwich avocat, un classique d’amérique du sud, je suis de suite accro ! Trop bon, miam ! On a aussi une boîte de thon et surtout il me reste une boîte de pâté bien français de polynésie française que je partage avec eux… ils sont au paradis ! La France a du bon, surtout dans l’assiette !

On repart, je passe donc mon niveau démarrage en côte dans gravier ! Que de niveaux passés aujourd’hui ! Je suis une warrior à scooter maintenant ! Le prochain arrêt est LA plage ! La seule plage de sable blanc de l’île.

On s’arrête un bon moment pour profiter de la vue… et je suis prise de nostalgie… quand est ce que je vais revoir la plage la prochaine fois ? le sable blanc ? les palmiers ? les bulles ? le monde aquatique ? Ahhhh. Anne-so essaie de me réconforter « Mais l’amérique du sud c’est gééééééééééénial ». Ouais mais je vais avoir froid, y’a presque nulle part où plonger, je ne vais pas beaucoup surfer… et c’est la dernière partie de mon voyage que j’entame… Ouin !

Après avoir fait plusieurs fois le tour des moais sur la plage, on reprend la route vers le camping et on se décide à aller voir un spectacle de danse… On y va avec Anne-so et Hélène mais à l’arrivée, c’est plus du double du prix annoncé… Bon avec Anne-so on fait demi-tour, Hélène décide de rester.

On va manger dans le resto où bosse Boris ce soir avec Anne-so puis à la fin du spectacle on va récupérer Hélène… qu’on ne va pas retrouver. Elles ont rendez-vous avec celui qui leur a fait le tour à cheval de l’île 2 jours avant moi…

Alors là, faut que je vous raconte cette scène surréaliste… Je suis avec Anne-so au centre de « la ville » de l’île de pâques, la seule et l’unique. OK, ce n’est pas une grosse ville, mais nous sommes quand même dans la rue principale… Il y a beaucoup de monde, des voitures, des bars, des restaurants,… Et là… Et là… Qu’est-ce que j’entends pas ??? Ca ressemble beaucoup à des bruit de sabots sur la route… Je me retourne… et je vois donc un cheval qui trotte sur la route avec sur son dos un cavalier… cheveux longs retenus par un gros bandeau sur la tête, barbichette, un peu des traits de pirate, les joues creusées, manteau et pantalon amples. Bien sûr pas de selle, pas d’étriers, rien de tout ça. Juste une corde pour diriger le cheval… Et il s’arrête à côté de nous. Ah c’est lui qu’on attendait ???

On lui explique qu’on ne trouve plus Hélène, il nous dit qu’il fait l’aller-retour avec le camping pour voir si elle est rentrée… et on le voit disparaître entre les voitures au galop… Euh… Pince-moi Anne-So j’ai rêvé là, il s’est passé quoi ??

Mais non… quelques minutes plus tard, rebelote ! Le cavalier fou et sa monture reviennent vers nous. Il n’a pas trouvé Hélène. Il descend de son cheval… je n’ai jamais vu un cheval dans cet état. Il est en alerte en permanence, même quand il n’est plus sur son dos !! Il ne bouge pas d’un poil, le torse bombé au garde à vous ! On papote un moment et il finit par repartir… mais quand il nous dit au revoir, je regarde Anne-So… je regarde le cheval… je regarde le cavalier… je re-regarde le cheval… Pas d’étriers. Le cheval est largement plus grand que son cavalier… Je regarde Anne-So discrètement : « Mais comment il va faire pour remonter sur son cheval ?? »

J’ai donc ma réponse quelques secondes plus tard : Il saisit l’encolure du cheval avec ses bras et balance une jambe sur le dos du cheval… le cheval part au galop… donc avec le cavalier toujours accroché à l’encolure… et hop il se hisse l’air de rien sur le dos du cheval… Euh… Anne-so pince moi, c’était quoi cette scène surréaliste juste là maintenant sous notre nez ??

On rentre à l’hôtel, encore autour du feu. Puis Boris va se coucher et on rencontre un chilien qui travaille sur l’île et habite au camping qui nous propose de nous faire un pisco sour… ce n’est pas de refus. Le pisco c’est l’alcool chilien ou péruvien, ça dépend à qui on demande. Le pisco sour c’est le cocktail qui se boit un peu partout dans ses 2 pays : Pisco, du citron, de la glace pilée et de sucre pour les chiliens. Les péruviens rajoutent du blanc d’œuf pour donner un aspect mousseux. Ce soir, ce sera donc la version chilienne et c’est excellent.

Après quoi, on va se coucher, demain je dormirai en Amérique du Sud…

Ju

 

 

 

 

 

Du dada, des bulles, un moai et une tortue borgne au fond de l’eau… une autre journée normale!

Ohlala , ça y est j’ai plus d’un mois de retard… aïe !

Bon vite…

Donc à 9h, avec Gildas le français ronchon pas rigolo râleur, on est prêt, on vient nous chercher pour… une bonne journée de dada sur l’île de pâques ! Youhou !

Après 30 minutes de voiture où on essaie tant bien que mal de discuter avec la propriétaire du camping et des chevaux, on arrive sur sa propriété : Des champs à perte de vue avec des chevaux et au milieu un tas de taule (la maison). Au fond du jardi, 4 poteaux en bois entourent des toilettes avec une bâche qu’il faut refermer… Toilettes avec vue imprenable !

Elle va chercher nos chevaux et nous explique comment monter, parce que ce n’est pas comme en Europe. Bon déjà on peut monter de n’importe quel côté, le cheval s’en contrefiche le baluchon. La selle n’est pas hyper confortable mais pour une journée ça ira. Bien sûr, pas de bombes (la sécurité avant tout je commence à me dire que c’est un dicton européen !). Et alors pour le trot, c’est toujours assis. J’ai essayé, si tu fais du trot enlevé, il ne comprend plus ce qui se passe, s’arrête et jette un ptit coup d’œil genre « Non mais tu me demandes quoi là ?? ». On tient les rênes dans une seule main et on dirige presqu’autant avec les pieds qu’avec la main. Ah et ils ne se déplacent presqu’exclusivement au trot… ça va être fatiguant. Le chien part en promenade avec nous et mène la marche !

Allez on passe une première barrière, on file dans les champs, entre les roches volcaniques, puis dans les herbes hautes… youhou ! On se dirige sur le volcan, je retrouve le cratère de la veille, puis on continue… On arrive dans un champ de jolies vachettes à cornes pointues… Euh… y’a une des vachettes qui n’a pas l’air super contente de nous voir… elle commence à gratter un peu par terre… gratter un peu fort en soufflant… euh c’est pas bon ça non ??

Mais hop, il ne faut qu’un quart de seconde au brave toutounet pour se mettre à galoper vers la grosse vache… qui prend peur… essaie de déguerpir… et s’étale de tout son long… true story !! Trop drôle !! (sauf pour la vache qui a eu la honte de sa vie !)

Nous voilà maintenant en train de galoper en descente vers la mer… Voilà voilà, qui c’est qui a le cheval qui trébuche sur un caillou et manque de s’étaler de tout son long ? (C’est vraiment vraiment pas passé loin… on a eu aussi peur l’un que l’autre…) C’est donc moi bien sûr.

On fait ensuite plusieurs arrêts pour visiter d’anciennes maisons, entrer dans des grottes recouvertes de peintures. Elle nous explique tous les différents symboles des tribus, les légendes liées à toutes ses peintures,… C’est extrêmement intéressant. Mais vous allez me haïr, mais avec tout le retard que j’ai, si je vous raconte toutes les légendes de l’île de pâques, j’y suis encore fin décembre ^^.

On passe dans des tunnels pour rejoindre des habitations souterraines… Et dire que la veille j’ai marché un peu partout sans savoir qu’il y avait tout ça sous mes pieds !

On finit par faire une pause pique-nique rapide où je termine ma salade de pâtes au thon qui sont finalement aux calamars pas trop trop bons… et on repart. Bon au passage le pauvre chien se fait disputer parce qu’il essaie de grapiller de la nourriture… mais bon il a bien bossé quand même !

Pendant ce temps, mon cheval dort… Pfu il pourrait au moins profiter de la vue ! Quel ingrat !

Allez hop, on continue notre périple et vers 15h30, on est de retour. Ils ont gagné le droit d’aller voir ailleurs.

On remonte vite dans la voiture, elle nous emmène… au centre de plongées ! Eh oui vous ne pensiez quand même pas que j’allais tenir 4 jours sur une île sans plonger !

Vous devriez voir ma tête quand il me tend l’énorme combi… et une capuche en plus. Oh non ça va cailler !

Briefing rapide, on est 3 à plonger, on monte dans le bateau, on ne va pas très loin de la côte. Et hop, c’est parti… Je peux vous dire que j’hésite plus que d’habitude au moment de me jeter à l’eau… Ah glaglagla !

Allez vite, c’est parti, on ne perd pas de temps ! Je mets la tête sous l’eau. Il n’y a pas de planctons du tout dans le coin, ce qui donne une visibilité incroyable. Des tonnes de coraux se sont développés sur les roches volcaniques ! Y’en a de partout, très différent de ce que j’ai vu jusqu’à présent, beaucoup plus compactes !

C’est très chouette. Pas énormément de vie marine, mais peu de personnes peuvent dire qu’elles ont vu un moai au fond de l’eau ! Eh oui ! Il y a un moai au fond de l’eau !

Alors celui-là a été mis là pour les plongeurs. En revanche, par 70 mètres de fond un peu plus loin, il y a un autre moai, un vrai celui-là. Les anglais sont venus, ils se sont dit « Tiens un moai ce serait joli au coin de la cheminée », ils ont voulu le charger dans le bateau.. un moai fait plusieurs tonnes Hop, il a traversé le bateau, direct au fond de la mer ! Ca c’est fait… belle perf.

A la fin de ma plongée, je croise quand même une tortue borgne. Ça non plus, je n’avais jamais vu. En fait, ils l’ont retrouvé avec un hameçon dans l’œil, ils l’ont soigné, remise à l’eau, mais depuis elle est restée là. Donc si vous plongez à l’île de pâques vous pourrez voir un moai et une tortue borgne !

On croise aussi des anciennes ancres de bateau qui ont fusionné avec les coraux…

1h plus tard, frigorifiée, je retrouve le bateau et 5 minutes plus tard, je me précipite sous la douche chaude…. Pfiou ça fait du bien !

Allez, juste le temps de refiler sur la côte pour retrouver Anne-So et Hélène pour le coucher du soleil ! Le soir, un feu au milieu du camping où on papote tous de nos voyages…

Encore une belle journée !

Ju