Huayna Potosi: 6088 mètres… I did it!!!!!!!!!

Avant de commencer, si vous ne devez lire qu’un article de cette année jusqu’au bout ce sera celui-là… Il sera long, j’en suis désolée. Mais s’il vous plaît, j’en ai tellement ch*** (Baver n’est pas assez fort, pardon), faites moi ce petit plaisir de le lire ^^. Merci !!!!!

Me voilà donc à La Paz. Ou plutôt comme on peut entendre dans chaque terminal de bus « A la paz a la paz a la paaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaz ». Je retrouve Elise et Chris de Sucre. Normalement, je suis censée partir avec Luke et Chris pour tenter l’ascension de Huayna Potosi, un sommet de 6088m (pourquoi faire les choses à moitié…). Mais voilà, ce qui devait arriver arriva, 10 jours sans trop dormir suivi d’un trajet de nuit dans un bus à 40°C puis à -5°C… je me retrouve… malade…youhou !! Je me retrouve clouée au lit pendant 3 jours, un vrai bonheur…

Bref, les garçons partent du coup sans moi et moi je vais quand même réussir à faire la visite guidée gratuite d’El Alto avec Elise. El Alto c’est juste au-dessus de La Paz et bientôt, ce sera plus grand que La Paz. Ils ont été malins : La Paz est enclavé dans la montagne. El Alto sur les montagnes… La Paz ne peut donc plus s’étendre alors que pour El Alto, y’a pas de soucis. On va prendre le téléphérique, j’ai l’impression de partir au ski, et me voilà donc à plus de 4300m d’altitude.

Dans le téléphérique on a une bolivienne de El Alto avec nous. Une cinquantaine d’années qui va partir en vacances au Salar d’Uyuni et qui prend le téléphérique pour la première fois de sa vie… Son sourire en dit long !

En montant, on croise des falaises… entre 2 falaises, une voiture bloquée à la verticale… Les enfants ont survécu mais pas les parents et impossible de sortir la voiture de là… Ah…

En arrivant, il y a un endroit avec des sorciers locaux : Notre guide nous montre où acheter les offrandes au marché. En gros, c’est une assiette avec un peu de tout dont des embryons de lamas (oui oui vous avez bien lu… ça porte chance, ils en mettent partout : Par exemple quand tu construis une maison, il faut enterrer quelques embryons sur le terrain avant de construire pour que ça porte chance… voilà voilà… vous savez quoi vous offrir à Noel !) et surtout des sortes de pâte à sel représentant ce que tu souhaites demander au sorcier. Donc si tu veux une maison, tu viens avec ta petite maison que tu mets dans l’assiette avec le reste… T’amènes tout ça au sorcier et hop, il prie pour que t’ais ce que tu souhaites… Je ne sais pas s’il y a des stats tenues pour savoir combien ont obtenu ce qu’ils voulaient…

La vue sur La Paz est bien sûr magnifique vu de là-haut. On a aussi les sommets enneigés autour… Je demande au guide où se trouve Huayna Potosi et j’ai une pensée pour Luke et Chris ! Grrr j’aurais voulu y aller !

Ensuite notre guide nous emmène faire le tour du marché local. Bien sûr au passage, on se prend un bon jus de fruit fraîchement pressé (ben comme tous les jours en fait…). Puis on se trouve un colectivo pour redescendre sur La Paz…

Le lendemain, je retrouve Luke et Chris… mais alors faut voir dans quel état je les récupère !!! Ils ont réussi à arriver au sommet mais Luke (coach sportif privé donc en gros une brute de muscle) me confie qu’il a pleuré les 30 dernières minutes d’ascension et qu’en arrivant au sommet il a encore plus pleuré parce qu’il aurait voulu que sa maman soit là… Ah… Ils ont dormi tout l’aprem et on prend quand même un verre le voir. Ils ne trinquent pas au fait qu’ils sont arrivés au sommet. Non, non… ils trinquent au fait qu’ils n’auront plus jamais à le refaire… Ah… Ils passent aussi la soirée à me dire qu’ils sont persuadés que j’aurais pu le faire… J’essaie de motiver Elise qui me regarde un peu genre « Mais t’es complètement barge, pourquoi tu veux faire un truc pareil… » Bonne question ^^.

En retournant au dortoir, je retrouve l’australien de Sucre qu’on avait rencontré au festival, vous savez celui qui a fini sur un char dans le défilé… Il revient aussi de Huayna Potosi… il est aussi arrivé au sommet et il arrive à peine à nous parler, il va passer les 2 jours suivants au lit…

Bref, à force d’en parler, Elise commence à être convaincue et on va faire le tour des agences. Les garçons nous ont conseillé la leur, Altitude 6000 que je vous recommande largement si un jour vous aussi vous voulez faire un truc complètement barré. Sauf que voilà… on veut partir le lendemain et qu’ils n’ont pas encore de réservation pour le lendemain. Donc on peut partir à 2 avec un guide. MAIS… si quoique ce soit se passe (Mal d’altitude, fatigue,…), les 2 doivent redescendre avec le guide… En revanche, si tu es 4 par exemple, tu as donc 2 guides. Si une personne à un problème, elle redescend avec un guide et la seconde personne se joint à l’autre groupe. Par contre après, une fois que tu es 3 avec un guide, si une personne a un problème, tout le monde est obligé de redescendre…

Du coup, bien que cette agence soit de loin la plus professionnelle, on va devoir en prendre une autre, c’est trop risqué… moi je suis encore malade et Elise avait eu le mal d’altitude en arrivant à Potosi… Ca fait beaucoup de chance qu’une de nous ait besoin de faire demi-tour durant l’ascension…

On va à celle de l’autre australien, moins chère, Travel Trek. L’ascension peut se faire en 2 ou 3 jours.

Si tu fais 2 jours, il y a entre 20 et 30% de chance d’arriver en haut. Le premier jour, le van emmène à 4700 mètres d’altitude, d’où tu grimpes direct au refuge à 5100 mètres. TU vas te coucher à 19h et à minuit on te réveille pour faire l’ascension.

Si tu fais 3 jours, il y a environ 60-70% de chance d’arriver en haut. Le premier jour en arrivant à 4700 mètres, il y a une marche d’une heure pour arriver à un mur de glace et on fait 2 ou 3 heures d’escalade sur glace, puis retour d’une heure. Première nuit à 4700 mètres, le lendemain ascension jusqu’au refuge à 5100 mètres. Arrivée en début d’après-midi. Dodo à 19h. Réveil à minuit et à 1h t’es en train de tenter l’ascension…

Bon étant donné qu’Elise risque d’avoir le mal de l’altitude et que moi j’ai toujours le nez et la gorge bien encombrée (oui je sais, ça semble être l’idée du siècle de tenter un truc comme ça malade… mais que voulez-vous, quand on est barrée, c’est pour la vie ^^), on se dit qu’il vaut mieux qu’on mette un peu plus de chance de notre côté et on s’embarque donc dans cette galère de 3 jours. On sera 4 : 2 françaises et 2 belges !On signe la décharge disant en gros que si on meurt, c’est pas de leur faute et on donne les contacts en cas d’urgence…

Une heure plus tard, on vient essayer notre équipement : J’ai un beau surpantalon, veste imperméable, de belles booboots, une cagoule, des énormes gants (oui on va passer une nuit à crapahuter par -20°C…) et je suis l’heureuse propriétaire de jolis crampons et d’un magnifique piolet… On rentre à l’hôtel, on vide nos sacs. Le moindre gramme superflu est mis de côté. On considère que mes ptites pilules contre le mal d’altitude ne sont pas des grammes superflus ! On va s’acheter un gros sac en tulle sur le marché et on fourre tout là-dedans et on le stocke à l’hôtel.

On va faire nos emplettes : Des snacks (Snickers, cacahuètes grillées), des feuilles de coca (énergétique et aide pour le mal d’altitude), 4 litres d’eau par personne et des piles de rechange pour la frontale (par -20°C, pas sûre que les actuelles tiennent toute une nuit).

Le soir, je suis les recommandations données à la lettre : Pas d’alcool et pas de viande pour éviter le mal d’altitude… (se reposer aussi, mais ça ça tombe sous le sens…) C’est l’anniversaire de Chris et il sera parti à mon retour… Je me retrouve donc embarquée dans un resto à manger un excellent curry accompagné de vin… Parfait. En plus, Chris voulait ce resto, réputé pour être le meilleur curry de la ville. C’est juste un resto complètement en-dehors de la ville, on se tape une demi-heure de taxi pour y aller (3 euros la demi-heure de taxi à diviser en 4, ça va ^^). Pareil au retour. Donc en plus je me couche tard. Malade. Avec de l’alcool et de la viande dans l’estomac. Je peux avoir la palme de l’élève de l’année facile je pense !

Evidemment, je ne dors quasiment pas, j’ai peur qu’on rate le réveil. Donc je me réveille hyper reposée.

C’est parti, on retourne à l’agence, on nous charge dans un taxi avec 2 mecs que nous ne connaissons pas, qui ne ressemblent pas du tout à nos 2 copines belges et qui partent faire l’ascension en 2 jours… euh…

Il y a un singapourien qui n’a jamais fait de montagne et un allemand alpiniste. C’est parti. Après 2-3 heures de van, on arrive à 4700 mètres d’altitude. On installe nos affaire dans le refuge. Les lits sont rigolos. En gros, ils ne sont pas plus larges que nous et les « matelas » sont complètement défoncés… On récupère les sacs de couchage qu’on a loué auprès de l’agence (ouais mon sac 8°C, je ne suis pas sûre qu’il soit très utile par -20°C…). Les toilettes sont à l’extérieur. Autrement dit, on va éviter de devoir se relever la nuit… ça fait 2 jours qu’il neige, donc pas un temps à sortir en nuisette à 3 heures du matin !

Une heure après nous, on retrouve nos belges !!!!!!!!!!Ahhhhhhhhhhhhhhh !! On se met à table. On enchaîne les thés avec les feuilles de coca. Après manger, l’allemand et le singapourien se carapatent. On leur souhaite bon courage, on devrait les croiser demain lorsqu’ils redescendront !

Nous on se prépare pour notre séance d’escalade sur glace. On sort les habits chauds et surtout les booboots, les crampons et le piolet… On est prête. Nos 2 guides aussi. Mais on voit qu’ils hésitent… Eh oui, pendant le repas, il s’est remis à neiger et pas qu’un peu…

On fait donc une micro-sieste en attendant. Mais en se réveillant il neige de plus belle. Les guides décident d’annuler l’escalade de glace aujourd’hui. On le fera le lendemain matin et ensuite on partira directement à 5100m. Mince. Ça c’est pas de bol, parce que même si on a une nuit de plus d’acclimatation que le circuit 2 jours, on va se retrouver à faire tous les efforts sur 2 jours… Mais bon, vu comme il neige, c’est sûrement mieux que de ne rien voir et de rentrer trempés…

Du coup, on va passer une super après-midi. On va demander du papier et un stylo et on va se faire un times up. On met chacune un certain nombre de personnages sur des papiers qu’on met dans la corbeille à pain. On fait 2 équipes franco-belges et c’est parti… Bon évidemment, avec ce jeu on enchaîne les fous rires… surtout durant les mimes… Imaginez une belge à 4 pattes par terre en train de mimer de se passer une corde autour du cou pour nous faire deviner bambi…On enchaîne les parties, il n’y a rien d’autre à faire. Personnes célèbres, personnages de dessins animés, chansons, films, tout y passe. Bref, on s’éclate tout l’après-midi et on se promet de prendre une photo de nous 4 au sommet en train de mimer Bambi, Nemo, le pape et Evo Moralles… Bien sûr pendant tout ce temps on continue d’enchaîner les thés… On va toutes se relever la nuit… A la frontale dans la neige à 3h du matin pour aller faire pipi par -20°C, un vrai bonheur.

Avant d’aller se coucher, le guide des belges qui est trop sympa (surtout comparé au notre… une porte de prison est plus souriante) nous apprend un jeu de cartes boliviens et on va jouer toute la soirée avec lui et son frère qui est notre cuisinier. Bon le pauvre, il n’est pas hyper doué le frère. En gros c’est un jeu où quand tu fais une erreur, tout le monde crie « Pénalité ! » et chacun te file une carte de son tas. Bien sûr le but du jeu est de ne plus avoir de cartes… et lui finit à chaque fois avec tout le paquet… il est tout choupinou et tout timide, ce qui fait qu’au bout d’un moment on n’ose même plus crier « Pénalité », on a un peu de peine pour lui qui visiblement ne comprend pas bien les règles… Bref, après encore quelques heures de jeu, on file se coucher.

Bon, évidemment, qui c’est qui n’a pas dormi c’est bibi… Je suis toute surexcitée à l’idée de commencer… Je me remémore les conseils de Luke avant que je parte : « Surtout si tu sens que tu vas craquer, compte tes pas… Ca t’évitera de penser. N’oublie pas, compte tes pas ». Quand je lui demande s’il a un autre conseil, sa réponse me glace « Non ça va aller, de toute façon quand ton corps pense qu’il va mourir, il te donne des forces incroyables pour survivre ». Ah. OK, ben ça va alors…

Allez hop, petit-déj. Tout est recouvert d’une épaisse couche de neige autour de nous… On remet nos habits de la veille (vous pensiez vraiment qu’on allait prendre plusieurs tenues ?? ^^) et c’est parti !

On met nos sacs sur le dos. Je découvre donc à quoi sert le truc sur mon sac… ah j’ai un attache-piolet ?? Punaise, balaise mon sac !

Et hop, une heure de montée pour arriver à la cascade de glace. Après quelques pas, on réalise dans quoi on s’est lancée… De l’air !!!!!!!

Bref, ne nous plaignons pas maintenant. Alors les filles m’envoient en première pour la cascade de glace ^^. C’est super rigolo ! Les crampons, un piolet dans chaque main, le guide m’assure et hop c’est parti. Le premier mètre est ridicule, le temps de comprendre comment bien planter ses crampons et surtout les piolets. Mais après, c’est super chouette !

Après être toutes passées, on repart retrouver le chemin et on entame l’ascension pour arriver à 5100 mètres… Au début j’en bave. J’en oublie presque de regarder autour de moi alors que le paysage est juste incroyable. Des sommets enneigés à perte de vue. Aucune trace de civilisation. De la neige, des rochers, des montagnes… Pfu, mais quand même j’en bave…

On fait une pause vers 4800m. On croise les 2 partis la veille… « Alors ?? »… Non… Même pas l’alpiniste. Pire. Personne n’est arrivé en haut la veille. Personne n’est arrivé en haut aujourd’hui. Ca n’arrête pas de neiger, il y a trop de poudreuse. Trop fatigant. Aïe. Encourageant tout ça…. On a un peu la mine déconfite avec les filles. On continue de monter et soudain, je ne sais pas ce qui se passe, j’ai trouvé mon rythme, je ne souffre presque plus du manque d’air. Enfin moins. C’est quand même hyper dur, mais je me sens un peu pousser des ailes. Moi, j’ai envie d’y arriver. J’ai envie d’arriver en haut de ce truc. Je repars devant le guide et rapidement, je le distance. Je profite du paysage qui est de plus en plus spectaculaire. La vue change au fur et à mesure de l’ascension. On découvre de plus en plus de sommets, des lacs turquoises, on prend de plus en plus de hauteur sur la vallée…. Magnifique. Je crois que je vais répéter ce mot souvent dans ce post…

J’arrive à une petite maison en pierre. Petite. J’insiste. Il faut se courber en 2 pour y rentrer et à l’intérieur on tient seulement assis.

A l’intérieur, une ptite dame en train de tricoter devant un cahier. Mais comment elle est arrivée là elle ?? Bref. Il faut mettre son nom sur le cahier et filer 10 bolivianos de droit d’entrée. J’attends ensuite les autres. En arrivant, mon guide me dit un truc qu’on ne m’a jamais dit et qui m’a fait sourire : « T’es une femme forte. Très forte ». Ah ben merci, c’est gentil.

Les 2 belge sont exténuées et s’écroulent en arrivant à la cabane. On fait une pause. Surtout qu’après on attaque de la vraie montée. Ben en gros ça grimpe tout droit…. Tout en haut, perché loin, loin, loin, une cabane : C’est notre refuge. Ah ouais c’est haut quand même !!

Bon c’est parti. On remet le sac et go. Après une demi-heure d’ascension, une des 2 belges s’écroule. Le guide va lui porter son sac pour finir l’ascension.

De la caillasse. De la glace. Des rochers. De la neige.Et une belle pente… Voilà tout ce que je vois pendant les 2 heures qui suivent.

Bref. On finit par y arriver en début d’aprèm. On arrive sur un mini plateau (mini, mini. En gros il y a 4 ou 5 mètres plat devant le refuge et… ben c’est tout). Perché au milieu de nulle part dans un décor de rêve. C’est ici qu’on va passer la nuit. Enfin la nuit… La sieste en début de soirée quoi.

On s’installe dans nos lits. On doit être une trentaine de personnes entassées. Il y a 3 pièces : Une cuisine où notre cuisinier est déjà au travail, il grimpe tous les jours, il est arrivé largement avant nous ; Une pièce dans l’entrée avec une grande table ; une autre pièce avec tous les lits superposés alignés. Et au fond de notre « chambre », une énorme baie vitrée avec cette vue incroyable ! On prend les derniers lits : Les lits du haut contre la baie vitrée. Parfait, je vais pouvoir passer l’après-midi le nez collé à la vitre !!

On joue aux cartes avec le guide des belges (on ne sait pas où est le notre d’ailleurs) en attendant le repas. On mange donc vers 14h. Ensuite, je vais m’allonger. Les filles veulent jouer aux cartes. Je refuse. Je veux me reposer et j’ai un peu l’impression d’être dans ma bulle. J’ai besoin d’être tranquille sur mon lit.

A 16h, on nous file un snack… Il faut savoir qu’avec l’altitude, on n’a pas faim. Alors là, on a vraiment l’impression de se faire gaver !

Encore mieux, à 18h, on nous sert le dîner… 3 repas en 4 heures alors qu’on n’avait pas faim… ça va on ne se couchera pas l’estomac vide !

Avant le dîner, on assiste à un coucher de soleil incroyable sur les montagnes… La lumière est magnifique sur le sommet de la montagne, toute la neige est rouge… Pfiou… J’en reste baba.

19h : Tout le monde au lit !

Ah j’oubliais. Bien sûr les toilettes sont encore à l’extérieur. Ceux pour hommes sont presque facilement accessibles. Ceux pour femmes, il faut descendre quelques rochers verglacés. Ahahah la blague… Bon rebelote, on va aux toilettes avant de se coucher, mais tout le monde va se relever pendant la nuit… Je ne parle pas de nous 4, mais des 30 personnes ! Comme en plus, on a nos boots qui sont un peu comme des chaussures de ski, ça fait vachement de bruits à chaque fois. En plus, c’est le début de la soirée. Bref. Impossible de dormir. Je me mets de la musique et j’essaie de me reposer et de me concentrer sur ce qui m’attend dans quelques heures. 6088 mètres… un truc qu’aucun européen ne pourra jamais faire sans changer de continent. Je suis incapable de décrire ce qui se passe dans ma tête cette « nuit » là. Je suis complètement surexcitée, dans ma bulle. Dans ma tête, il n’y a plus rien qui peut m’arrêter. Je vais arriver en haut.

Minuit. Tout le monde se lève et se prépare. Il règne un silence bizarre. Tout ce qu’on entend, ce sont les cuillères dans les bols, les boots sur le sol et les crampons à la main. Avec les filles pendant le petit-déj (franchement on n’a vraiment pas faim…), on se dit que si une flanche, les autres essaient de la pousser pour espérer aller le plus haut possible. OK, mais moi je m’en fous, je veux juste aller en haut.

Avant de partir, je demande à notre guide si on a une chance d’arriver en haut. Devant les filles, il me répond que tout le monde a ses chances. Puis après il revient me voir et me dit « Elise et toi avez une chance ». Ah. Pas sympa pour les belges ça mon grand !

C’est parti. Tenue complète. Crampons. Piolet. Snacks. Go pro et appareil photo dans la poche. Bouteille d’eau. Feuilles de coca. Pilules contre le mal d’altitude. Les groupes partent les uns après les autres entre 1h et 1h30. Nous on est le groupe d’1h30. On part en dernière. Alors que le guide nous encorde, on voit les petits points lumineux dans la montagne de nos collègues qui ont déjà entamé la montée. Ils paraissent haut les points… limite comme des étoiles. C’est tout ce qu’on voit. Autrement c’est nuit noire. On ne devine pas un contour de montagne. Rien. Impossible de savoir où on marche et vers où on va…

On passe devant les belges. Mon guide est premier, je suis encordée juste derrière lui et Elise est encordée à moi quelques mètres derrière. Et quelques mètres derrière, l’autre guide avec les 2 belges. En partant, ils nous expliquent où mettre la corde et de quel côté mettre le piolet selon où se trouve la pente. Et c’est parti… A la lampe torche. Tout ce que je vois, c’est la corde qui me relie au guide et mes boots avec les surchausses et les crampons. Je suis juste derrière le guide. Mais au bout de 15 minutes, je sens que la corde tire un peu derrière. Je ralentis ma cadence. Mais la corde tire encore… Après quelques minutes, je me retourne et demande à Elise si ça va… elle s’effondre par terre en pleurant, en se tenant la tête entre les mains, puis se tenant le ventre… elle se roule par terre… non, ça ne va pas du tout… Mal de l’altitude. OUahouh. Euh. C’est violent…. Je lui sors les feuilles de coca et elle prend 2 pilules contre le mal d’altitude. Je sais qu’on s’est dit qu’on allait se motiver pour aller plus haut, mais là quand je la vois comme ça, j’ai plus peur pour elle qu’autre chose. Il faut qu’elle redescende et vite.

Mon guide m’encorde aux belges et me dit discrètement : « Tu comprends si je te parle doucement en espagnol ? je ne veux pas que les filles entendent. Je sais que tu voulais arriver en haut. Mais les filles n’arriveront pas en haut, elles n’ont pas la condition physique pour. Tu aurais pu y arriver. Tu as la condition pour. Mais prépare toi mentalement à ne pas arriver en haut, parce qu’elles ne pourront jamais atteindre le sommet ». Je suis décomposée…

Je suis juste derrière leur guide. On repart… Elise n’arrête pas de me dire qu’elle est désolée, elle se sent encore plus mal de savoir que je n’irai sûrement pas en haut. Je n’arrête pas de lui répéter que ce n’est pas grave. Ce sont les règles du jeu, on le savait dès le départ et ce qui compte c’est qu’elle redescende et qu’elle aille bien… Je la rassure autant que je peux. Mais au moment où on part, j’ai les larmes qui commencent à couler… Put***, je voulais tellement arriver en haut…

Après 10 minutes de plus, je sens la corde qui se tend à nouveau… la belge derrière moi marche à 4 pattes en gémissant… elles finissent par s’écrouler les 2 quelques mètres plus loin. Elles sont allongées sur le dos. Moi je suis là avec le guide. Le refuge est juste là, juste en-dessous… Je demande au guide si je ne peux pas me joindre à une autre cordée mais évidemment pour des questions d’assurance, je ne peux pas me joindre à une autre compagnie… il me répète qu’il est désolé… J’enrage intérieurement, je voulais tellement arriver là-haut et je vois le refuge qui est juste là… je n’ai même pas encore forcé, je ne suis pas essoufflée rien… c’est un peu cruel quand même comme truc… Clém me dit que c’est la chose la plus difficile qu’elle ait faite de sa vie et qu’elle ne pourra pas aller beaucoup plus haut… Les 2 commencent à souffrir un peu du mal de l’altitude… il n’y a rien qu’on puisse faire. Ce sont les risques…

Je suis dépitée. Je me résigne. Voilà, tant pis je serai quand même montée à presque 5200 mètres… C’est toujours ça…

Soudain, on voit 2 lampes dans le virage en-dessous de nous… Je regarde le guide.. : » ??? » Je ne comprends pas. Nous sommes parties en dernière. Il me sourit. « C’est Elise qui revient ». Ohlala !!!!!!!!!!!!!!!

Elle s’effondre en arrivant à notre niveau : « Les pilules font un peu effet mais je ne pourrais pas aller beaucoup plus haut. Je suis revenue exprès : Julie, tu prends le guide, moi je pars avec les belges et tu traces au sommet ! » Je refuse ! Je ne vais pas les laisser, on continue et on verra bien après. Non. Elles refusent également. Les 3 se sentent mal et sont à bout de force et si je perds plus de temps, je n’aurais pas le temps d’arriver en haut, il faudra faire demi-tour (après la neige fond, ça peut être dangereux). Au bout d’un moment elles sont les 3 : « Discute pas, prends le guide et va en haut pour nous ! Allez ! » (ça ressemble à un film d’alpiniste où on dit de couper la corde, mais je vous jure que c’était un peu ça).

OK… c’est parti… Mon guide me récupère, il m’encorde et on trace… Je suis dégoûtée de ne plus être avec les filles. Et en même temps, maintenant, je suis inarrêtable. Clairement, il ne tient plus qu’à moi d’arriver en haut. J’ai tellement eu peur de ne pas le faire que là j’ai l’impression de courir. On a perdu vachement de temps. Je veux arriver en haut… Allez… je suis sur les talons du guide, on a un très bon pas… Je suis le conseil de Luke. Je compte mes pas… 1,2,3….. une fois arrivée à 5000, je reprends à zéro… On double plusieurs groupes… A un moment, j’entends hurler « NOOOOOOOOOOOO ! Fuc* ! Fuc*, fuc* ! »… mal d’altitude, un qui est obligé de redescendre….

Après un bon moment, je lui demande à quelle altitude on est. Il me répond : « D’ici 10 minutes dans les 5700m ». Quoi ?? Déjà ?? Ouah. Purée je vais le faire facile alors !

Et là, il y a un virage à plus de 90°C… et le guide qui est à à peine quelques mètres de moi se retrouve très largement au-dessus de moi… Ouhla. Ah ouais, ça grimpe sévère là… Je commence à marcher sur le côté avec les crampons comme ils nous ont montré la veille… Mais il y a de la poudreuse, je m’enfonce, je retombe… ça avance vraiment centimètres par centimètres… Le manque d’oxygène se fait de plus en plus sentir. Je m’arrête tous les mètres de cette montée infernale. Le fait d’avoir le nez et la gorge pris, bien sûr ça n’aide pas trop… Je fais 3 pas et je dois m’arrêter : De l’air !! De l’air !!! Au bout d’un moment, je lui demande dans combien de temps on va atteindre le sommet. Il me répond qu’au rythme où je vais on n’atteindra jamais le sommet… Sa réponse me glace. Je me relève direct et c’est reparti…. Je monte quasiment à 4 pattes… IL me répète toutes les 2 minutes que si je suis trop fatiguée on peut faire demi-tour… Qu’il ne faut pas que je sois trop fatiguée, qu’il faut que je pense qu’après il y aura la descente… J’aurais besoin d’énergie pour descendre aussi… Au bout d’un moment, j’arrête d’écouter ce qu’il me dit…

Enfin, on voit la fin de cette montée horrible. Je lui demande à quelle altitude on est maintenant. « Peut-être 5700 mètres. » QUOI ???? ça fait une demi-heure que je grimpe une pente toute raide et je suis toujours à 5700m… Il me répond « Oui mais là t’avances plus ».

20 minutes plus tard, je lui demande combien de temps avant le sommet… et là il s’énerve… « Arrête de me demander toutes les 2 minutes j’en sais rien…. Mais quand je dirai on fait demi-tour parce qu’on ne va pas assez vite, ce sera ma décision et il faudra la respecter et faire demi-tour… » PFouah. Et là, j’ai compris… J’ai lu sur le net que certains guides ne veulent pas se fatiguer à arriver jusqu’en haut… ils doivent se farcir cette montée 2 fois par semaine, c’est crevant. Si les touristes décident de faire demi-tour, c’est plus reposant pour eux… donc ils essaient de démotiver…

A partir de là, je ne l’écoute plus. Je ne lui parle plus. Je ne demande plus rien… Luke m’a clairement dit avant de partir : « Plus de la moitié du boulot, ce sera ton mental »… Donc surtout ne pas écouter ce qu’il me dit… Je sais aussi que cette montée infernale était à plus de la moitié car Luke et Chris m’en avaient parlé que c’était le pire moment. Donc je me raccroche à ça. J’ai fait plus de la moitié… C’est la seule certitude que j’ai…

Ne pas savoir combien de temps il reste, ni même avoir une idée s’il reste 2 heures de montée ou une demi-heure, c’est super dur. Mais si je demande il va me dire n’importe quoi et ça va me décourager… Alors je ne dis plus rien. Quand je m’effondre dans la neige, il tire sur la corde sans se retourner pour ne pas que je puisse m’arrêter.. je n’ai pas le droit à des pauses… il se retourne régulièrement pour me dire « T’es fatiguée » mais je ne réponds rien et je continue… Je me concentre sur mes pas. Ca fait 2 fois que je compte jusqu’à 5000. Mais 5000, c’est trop, je suis trop fatiguée. Je compte jusqu’à 500 et je reprends… Mais 500 aussi c’est trop… Je compte jusqu’à 100 et je reprends… puis 50…. Je fais 3 pas, je suis à bout de souffle… J’avale des quantités d’air énormes, ça me brûle la gorge qui est déjà pas au top comme je suis malade, mais malgré tout l’air, j’ai la sensation de ne pas avoir d’air qui rentre… Au bout d’un moment, je compte…. « …1…..2….euh…. punaise qu’est-ce qui vient après 2 ????? J’en sais rien. Tant pis… 1…..2….1….2.. » Quand on ne sait plus compter jusqu’à 3, c’est qu’il faut sûrement être très fatiguée…Je m’en fous, je veux arriver en haut… Y’a mes jambes et mon corps qui hurlent « Purée tu commences à nous gonfler avec tes c**neries de tour du monde, jamais dormir et en plus se taper des trucs pareils, faut vraiment être débile » et ma tête qui répond « La ferme et avance… » C’est exactement ça… Au bout d’un moment, je commence à avoir mal au crâne… Oh non. Pas le mal d’altitude maintenant… J’essaie de penser à autre chose, mais j’ai bien mal au crâne… Soudain je comprends. Ce n’est pas le mal d’altitude… C’est de fixer cette corde qui balance sous mes yeux depuis des heures, ça m’abruti. J’essaie de regarder ailleurs mais bon quand il fait nuit noire…

Je n’en peux vraiment plus. Quand on double un autre groupe en train de faire une pause (je trouve que pour une nana qui ne va pas assez vite, je double quand même pas mal de groupes de mecs…), je demande discrètement à leur guide si le sommet est encore loin. Il me regarde avec un grand sourire : « Si senorita, tu vas y arriver, il doit rester une demi-heure ». Je fusille du regard mon guide qui est du coup tout gêné et je m’écroule à côté de ce groupe. J’envoie un autre regard à mon guide qui signifie « essaie un peu de tirer maintenant sur la corde et je te fais un scandale devant l’autre groupe ». Il ne dit rien, se retourne, reste debout et attends. Moi je sors le snickers…. L’idée du siècle… vous avez déjà mangé un snickers par -20°C ? Non. Personne. Parce que c’est tout simplement impossible, même en se pétant les dents. Heureusement, j’ai les cacahuètes grillées. J’en engouffre une ou 2 bouchées. Je veux boire… Vous avez déjà bu dans une bouteille en plastique de l’eau par -20°C ? Non… personne non plus… le goulot est recouvert d’une épaisse couche de glace et toute l’eau est gelée… Tant pis on fera sans. Je reprends des cacahuètes et je me relève avant d’avoir froid. Je ne dis rien au guide, il sent que la corde bouge, il se remet à avancer… et à partir de là, changement d’attitude… il se met à m’encourager. Non mais je rêve. Mais je suis trop à bout de force pour avoir une pensée négative. Je lui dis juste de continuer à m’encourager, que là j’en ai besoin…

On arrive face à un mur et il me dit : « Il te reste 15 minutes. En haut de ce mur, c’est le sommet. Il faut escalader comme on a fait hier ». Ouais, sauf qu’hier c’était de la glace. Vous avez déjà essayé de planter un piolet dans un mur de poudreuse ?? Je vous le donne en mille, tu te prends toute la poudreuse dans la figure et tu n’arrives pas à monter… voilà voilà… Je n’arrive pas à planter les crampons non plus, ça redescend à chaque fois. Punaise, je suis épuisée. Saleté de crampons, juste plante-toi ! Le sommet est juste là ! J’en peux plus… Quand je plante mon piolet, j’essaie de prendre tout l’élan que je peux et je le jette contre la paroi de toutes mes forces en hurlant « ouaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah » ^^. Je monte centimètre après centimètre, je bouffe de la neige toutes les 2 secondes… Soudain, je vois mon guide qui se retourne, il me tend la main… « T’y es ». Le sommet est minuscule, on ne doit pas tenir à plus de 3 ou 4 personnes. Je m’affale sur le sommet. Putain je l’ai fait. Je suis en haut… 6088 m… Mieux… vous me croyez ou vous me croyez pas… je suis partie la dernière du refuge… je suis la première arrivée en haut. J’ai doublé tout le monde !!!!!!!! Je ne sais pas si je dois rire, pleurer, j’en sais rien, de toute façon je ne peux rien faire, je suis bien trop fatiguée…

Sur toutes les photos que j’ai vu, il y a le lever du soleil ou il fait jour. Moi il fait nuit. On devine un petit peu de lueur rouge au loin mais pas de lever du soleil en vue, je suis arrivée trop tôt… trop vite… mais je n’ai pas le courage d’étriper le guide… on voit les lumières de La Paz tout en bas… La Paz qui est à 4000 mètres paraît être tout en bas au loin !!!

Il me demande mon appareil pour me prendre en photo au sommet… La Go Pro est morte, la batterie n’â pas tenu les températures. En revanche, l’appareil photo c’est bon… Mais dès que tu le sors, de la glace se forme sur l’objectif alors il faut faire vite… Je sais que j’ai dit aux filles que je ferai Bambi en train de se pendre au sommet, mais j’ai à peine la force de sourire alors Bambi…^^

5 minutes plus tard, il faut déjà entamer la descente… eh oui sinon je vais choper froid ! Euh… comment je vais redescendre le mur de poudreuse au fait ??? Il me dit de planter à fond les crampons et le piolet et que de toute façon il me tient… je passe devant lui… je plante un crampon… le deuxième… et ça ne rate pas évidemment… la neige lâche sous mes crampons et sous le piolet… je glisse… je descends d’un bon mètre je pense (ça m’a paru 10 mètres mais bon…), ne me demandez pas si j’ai crié j’en sais rien. La corde se tend, le guide me tient… Je me raccroche comme je peux à la paroi… mais sur ce dernier ptit bout de mur pour atteindre le sommet, je vais glisser 5 fois… à chaque fois je me retrouve suspendue dans le vide rattrapée par le guide… Youhou un peu plus d’adrénaline…

On atteint la base du mur, je fais une pause et on commence à descendre. 20 minutes plus tard on croise un groupe de guides qui fait l’ascension (je ne sais pas si c’est pour le fun…), mon guide qui me tombe dans les bras toutes les 5 minutes en me félicitant (hypocrite…) leur dit que j’ai atteint le sommet. Ils me félicitent et me proposent un thé ! Oh ouais !! En plus le soleil se lève. C’est de plus en plus magique… Vous savez quand vous prenez l’avion les vues que vous avez ? Ben la c’est pareil, sauf que je ne bouge pas et que j’ai les fesses dans la neige… C’est juste incroyable, splendide, magnifique, y’a juste pas de mot pour décrire cette vue et sincèrement les photos ne ressemblent à rien comparé à la réalité… A un moment, je commence à sentir les larmes qui commencent à couler… Ah ouais, c’est un peu trop beau, j’ai les nerfs qui lâchent, je suis à bout de force et j’ai le plus beau des spectacles sous les yeux. Je n’ai sincèrement jamais rien vu d’aussi beau. Bora Bora peut aller se rhabiller.

Allez on repart et c’est là que je prends conscience de ce que je viens de faire : Ca monte énormément, c’est plein de poudreuse… je vois les 2 crevasses que j’ai dû sauter (Bien plus impressionnant de jour !), je vois aussi la taille de la crevasse que j’ai franchie en marchant sur une échelle,… oahouh et surtout qu’est ce que c’est long !

Et ce qui est chouette c’est dans la grande descente à pic, je balance mes pieds et ça fait comme en raquette, tu peux glisser sur plusieurs mètres. Après 6 ans en Suisse, je maîtrise, le guide est à la traîne et ça, ça me fait tellement plaisir ! Quand je sens que la corde se tend, j’essaie d’aller encore plus vite… c’est ma petite vengeance personnelle du jour !

En arrivant au refuge, les derniers mètres sont les plus durs… mais je suis tellement contente de retrouver mon lit (même si à ce moment là, je regrette avoir le lit du haut !!). Je n’ai que quelques minutes avant le petit-déjeuner. Je m’affale et l’autre guide me regarde avec des yeux écarquillés : « T’es déjà de retour ? mais t’as pas allée jusqu’en haut ? Si ? Et t’es déjà de retour ???? » Il se retourne et fusille mon guide du regard et sort de la pièce s’expliquer avec lui… bref… passons…

On m’amène un bol de soupe, mais je suis incapable d’ingurgiter quoique ce soit. Et c’est déjà le moment de redescendre ! Le sac à dos en plus….aïe aïe aïe… je galère… Une belge galère aussi, le guide propose de lui porter son sac… et là c’est plus fort que moi, je fonds en larmes… Je n’en peux plus et pourquoi on ne me porte pas mon sac à moi… après quelques minutes, on arrive à la maison de pierres de la veille. On croise des français qui montent donc Elise leur raconte. Moi j’ai juste les larmes qui coulent, j’ai les nerfs qui lâchent… même si la vue est toujours aussi incroyable, je ne fais pas exprès… bref… après ça le guide porte mon sac… la descente me paraît interminable mais on finit par arriver à 4700… on attend le van, on charge les sacs, on file un pourboire au guide des belges mais pour le mien on s’abstiendra… Les 3 h de retour sont principalement de la sieste… Après il faut récupérer les sacs à Adventure Brew pour aller à Wild Rover notre nouvel hostel, mais on va juste prendre un taxi, plus le courage de marcher !

En arrivant je retrouve Luke. Chris est parti. Kurt de Sucre est de retour. Il s’est fait braquer avec un pistolet sur la tempe à Santa Cruz… Mais bon, rien de mal ils lui ont juste fait les poches… Quand je raconte ce qu’il s’est passé, Kurt se tourne vers Luke et lui dit « ça vous fait passer Chris et toi pour des chochottes maintenant !! »^^

Le soir, il y a la finale de footy à Loki Hostel… En gros, c’est le 2ème jour le plus important pour les australiens après la journée nationale… Ils me proposent de venir… C’est parti. Ce que je n’avais pas réalisé c’est que c’est en Australie donc le match commence à …4h du matin… Ce sera une super soirée, mais Luke a passé la soirée à me demander comment je tenais debout et sincèrement je ne sais pas… Je n’ai pas non plus d’explications sur comment je suis arrivée là-haut… Mais je m’en fous je l’ai fait ! Maintenant il y aura un avant et un après Huayna Potosi ! Quand on me dira que je ne peux pas faire un truc, je dirai « Eh j’ai fait Huayna Potosi, OK ? Je peux tout faire !!!!!!!!!!!! » ^^

Tout ceux qui l’ont fait disent la même chose: La chose la plus dure mais la plus belle jamais faite dans une vie… Et je confirme!!!

Ju

13 réflexions au sujet de « Huayna Potosi: 6088 mètres… I did it!!!!!!!!! »

  1. Bravo ma Ju j’ai lu une partie de ton recit a mon compagnon qui a ete un grand sportif et il a dit qu’il comprenait ce que tu as vecu et s’est senti tres vieux a cote de ce que tu as vecu ! Admiration on espere vraiment te voir dans les Pyerenees meme si il n’y a aucun sommet qui peut rivaliser ! Gros bisous

  2. Bravo! Julie!!!quel exploit on ne peut qu’aller au bout de ton aventure quand on commence à la lire, le suspense, ton courage et ta force mentale et physique, félicitations et des bisous pleins d’étoiles pour toi!!!

  3. Ouahouuuu j’ai l’impression de l’avoir faite aussi un peu grâce à toi! Je suis limite essouflée en finissant de lire! Moi je me suis toujours dit : je ferai le mont blanc un jour! je crois que je commencerai par là! mais la force qu’on doit aller puiser au fond de soi, malgré un guide pourri… tu l’as fait!! Cro forte la JU!!! Tu peux être fière de toi!!! Et puis c’est toujours bien à sortir au milieu d’un repas! 😉

  4. Très beau récit ; on souffre avec toi et l’émotion nous gagne à mesure que le sommet approche. Pas sûr que je sois arrivé à faire un tel truc à 30 ans ! Chapeau la môme (si tu permets l’expression) !!!

  5. Comme les autres articles nous avons lu celui ci avec la même curiosité et admiration….
    Ligneville sera bien fade comparée à toutes ces aventures!!!
    Bises et à bientot

  6. Complètement malade cette Ju…Je crois que c’est un de tes plus beaux articles. Avec du suspense, de l’aventure…Bref, en te lisant, on se croirait presque avec toi. On t’encourage. On espère tellement que tu vas arriver au bout. Je dois avouer que tu m’impressionnes. Je me sens tout faible à côté de toi. Le Torres del Paine avec un sac à dos de plus de 15kg avec un vent qui ferait décoller un chat, c’est de la « gnognote » à côté de tes treks plus hauts que le Mont-Blanc. Sacré Ju et encore bravo! En tout cas, aucun problème pour aller au bout de cette lecture, bien plus passionnante que tes poissons à Bora Bora…

    Ton fidèle lecteur.
    Nico

  7. Tu as réussi à me filer le mal d’altitude ! Bravo ! … j’en suis toute étourdie et je me régale ! ❤ ❤ ❤ A quand les Himalaya ? 😀

  8. Whoauuuuu ! Je pense pas pouvoir partager cette experience avec toi au niveau physique par contre mentalement j’ai tout ressenti en te lisant !!! Ton texte est hallucinant est long pourtant j’ai l’impression d’avoir visionné un film et de m’être pas rendu compte que je lisais !

    Félicitation à toi en tout cas ! Tu m’avais déjà impressionné par ton envie et tes performances sportives lors des divings sur Cairns mais la c’est autre chose ! Ça donne vraiment envie de voyager et d’essayer tout dans sa vie.
    J’espère un jour pouvoir tenter ce combat contre soit même !

    Repose toi maintenant tu as mérite une vie de fainéantise après ça ;).
    Peut être à un de c’est jour en France ou en Australie ! Enjoys !!!!

  9. Quel suspense! J’ai adoré. Tu dis que tu pleurais… j’étais au bord des larmes quand tu nous racontes ton arrivée au sommet. C ‘est vrai que tu es forte, mais essaye d’être un peu plus prudente! Et puis merci pour ce récit,

  10. ohhhhhhhhhhhhhhhhh cela nous a manqué tout ces récits ; mais celui là …… tout de même ……… tu y vas un peu fort ….. enfin , tu as bien retenu ta leçon, quand on veut , on peut ………………BISES ET à bientôt …………

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