Bora: Une aventurière au milieu des célébrités

Dernier jour à Bora déjà… snif, ça passe trop vite au paradis ! Dernier petit-déj avec Gloria, puis je file avec tout mon attirail sur le ponton. C’est le ponton de la station essence, donc comme chez nous sauf qu’à la place d’avoir des camions qui défilent, ce sont des bateaux…

Un bateau vide arrive : « C’est toi Julie ? Moi c’est Manu allez on y va ! » Manu, c’est un polynésien de vrai de vrai. Il a une couronne de fleurs dans les cheveux, torse nu avec des tatouages polynésiens partout et… un paréo. Eh oui, le paréo c’est l’habit traditionnel local, pour les hommes comme pour les femmes… Lui le porte… à la locale. Donc ça fait une sorte de string avec un pan de paréo devant et derrière, c’est rigolo !

Bref, nous voilà parti. Je suis la première, on va donc chercher les autres. Les 2 suivantes sont une mère et sa fille espagnoles que nous récupérons sur un motu tenu par un mec que je suis quasi-sûre d’avoir vu dans un film, mais pas moyen de remettre la main dessus. Bref, la cinquantaine, cheveux longs, torse nu juste avec un paréo blanc, pieds nus. J’avoue que je me fais bien aux habits locaux, ça fait une semaine que je porte mon paréo et pas de chaussure. Comme en Australie et comme avant dans toutes les îles ou tous les bords de mer… autant dire que ça va être compliqué de reporter des chaussures tous les jours à un moment donné !

En face de ce motu, un autre motu (oui c’est comme ça partout ici…). Sur ce motu il n’y a qu’une énorme villa entourée de palmiers. Auparavant ce motu appartenait à une marque de cosmétiques qui le vaut bien qui l’a ensuite vendu à un richissime français. Ce français le prête de temps en temps. La semaine dernière, c’était Léonardo Di Caprio qui y séjournait… mince, j’aurais dû venir une semaine plus tôt ! Le petit-fils de Gloria m’a d’ailleurs raconté sa venue… Comme le petit Léo est pour l’environnement, il ne vient pas comme tous ses copains en jet privé. Il prend les navettes comme le commun des mortels. Sauf que pour « ne pas attirer l’attention », il porte une casquette, des lunettes,… OK. Comme tout le monde ici. Sauf que.. ben dans l’avion aussi. Rien de tel pour attirer l’attention. Le cousin du petit-fils de Gloria (vous suivez toujours ?) était derrière lui dans l’avion, donc il a bien compris que c’était une célébrité, du coup il l’a regardé pendant tout le trajet pour trouver qui c’était. Alors que s’il avait enlevé sa casquette et ses lunettes comme tout le monde en montant dans l’avion, personne ne l’aurait remarqué…

Bref, nous partons maintenant au Four Seasons, un hôtel de luxe avec toutes les petites maisons sur pilotis. Nous récupérons un couple d’anglais en voyage de noce. Ici, c’est Jennifer Aniston qui y est actuellement en vacances. D’ailleurs Manu lui a fait faire le tour que nous faisons aujourd’hui la veille en tour privé. Elle a débarqué avec un chapeau tellement grand qu’on ne voyait plus du tout son visage. Donc si ça vous intéresse elle passe des vacances avec son fiancé et un couple d’amis et au Four Seasons, il n’y a pas que des maisons sur pilotis, il y a aussi quelques énormes villas que louent les célébrités, entourées de grillage où tous les jardiniers, femmes de ménage,… s’activent pendant plusieurs heures avant l’arrivée de la célébrité pour s’assurer que tout soit parfait et surtout qu’ils n’aient pas besoin de rentrer dans le périmètre de la villa pour ramasser des feuilles mortes pendant que les gens connus sont là… Ben moi je préfèrerai la maison sur pilotis que la maison grillagée mais bon… chacun ses goûts. Donc Jennifer Aniston, elle, vient en jet privé et quand elle a traversé l’aéroport, elle avait son chapeau beaucoup trop grand, ses lunettes et l’a traversé en tenant un livre devant les yeux… ben moi je trouve qu’un chapeau trop grand et un livre devant les yeux ça attire le regard également… Je dis à Manu qu’en atterrissant j’ai vu un jet doré. Apparemment, ce sont les princes des émirats qui ont ce genre de jets… Je me sens d’un coup bien trop banale pour séjourner ici ! Cet été Manu a aussi eu Pierce Brosnan, Kim Kardashian,… C’est marrant, je ne me rappelle pas avoir eu autant de célébrités au Cambodge ^^.

Bon on file au dernier hôtel, l’Intercontinental, un hôtel              que j’aurais aimé visité mais il faut y séjourner (et ça ça ne va pas être possible…) car il a un centre de recherches sur les tortues qui est apparemment hyper intéressant. On y récupère un couple américain en lune de miel également un peu bling bling. L’énorme caillou qu’elle a au doigt pourrait faire chavirer le bateau. Heureusement, elle ne risquerait pas de couler grâce aux énormes bouées qu’elle a au niveau de la poitrine… Les talons, je ne pense pas non plus que c’était nécessaire pour venir sur un bateau…. Mais bon.

Nous sommes donc au complet. C’est cool, rien qu’en allant récupérer tout le monde j’ai déjà fait presque le tour de l’île principale. Allez, c’est parti. Je découvre le programme (j’ai réservé ça comme c’était le conseil de Gérard rappelez-vous) : Nous commençons par aller nager avec les raies et les requins. Chouette ^^. Je ne risque pas d’être desséchée aujourd’hui hihi. Le bateau arrive à peine que toutes les raies et les requins pointes noires tournent autour du bateau. Les 2 espagnoles sont terrorisées. Les 2 filles aussi. Les 2 mecs sont en train de prendre leur masque sans grande conviction et moi je suis un peu en mode « Manu, ça y est je peux y aller ? et là maintenant, c’est bon, je peux sauter ? et là ? » Bref, je serai donc la première dans l’eau ! Je mets à peine un peton que je sens sur ma cheville la peau d’une des raies ! Ce sont des stingrays. Celles qui ont tuées Steve Irwin… Leur dard est mortel, mais à priori si on ne leur donne pas de raison de piquer, il n’y a aucun risque. Sauf que suite à la tragédie de Steve Irwin, les gens ne voulaient plus rentrer dans l’eau… Donc ils ont retiré tous les dards des raies du lagon. Ah ben super. Bravo. C’est cool, comme ça maintenant elles ne peuvent plus se défendre parce que certains ont eu la trouille. Pfu. Bref. Passons. Ça me rend dingue moi ce genre de truc. Les humains se permettent de faire de ces choses parfois. Enfin bref…

Une part de mon pied et me grimpe carrément sur la jambe. Le contact avec sa peau est très froid et … un peu gluant ^^. La première fois ça surprend ! Les requins tournent aussi autour. Y’a pas besoin d’être plongeur pour se rendre compte que tout ce petit monde a dû être nourri à un moment… Pas super naturel, mais bon maintenant, ces raies sont comme des chats. Tout ce qu’elles veulent ce sont des câlins. Ben du coup, maintenant qu’elles demandent des câlins, je ne vais pas me plaindre… Elles viennent à la surface, je les caresse, on peut même leur faire des bisous. Les gens hurlent autour de moi, ils donnent des coups de pied dans tous les sens… et donc dans les raies qui viennent pour des câlins et se font ruer de coups de pieds. Génial. Y’a un moment où je m’énerve, c’est plus fort que moi, je leur dis de faire plus attention ou de remonter dans le bateau… Certaines ont des traces de coups. J’ai envie de leur dire de fuir pour sauver leur peau mais bon elles veulent des câlins. Les pauvres…

Manu vient dans l’eau, elles se ruent sur lui, rapidement je comprends : Il a du poisson dans les poches…Mmm. Je ne suis pas fan de ça non plus. Mais bon… Comme il voit que je suis à l’aise, il me donne un bout de poisson et me dit de le mettre au-dessus de son nez. A partir de là, l’une d’entre elles ne va plus me lâcher… Elle va me faire des câlins pendant 10 minutes, elle me grimpe dans le dos, dans le cou, je sens sa bouche dans mon dos (l’une d’elle a fait un suçon à Manu sur le torse !), les bras, les jambes, le visage, c’est trop drôle, elle grimpe partout où elle peut. Je la caresse, elle en redemande. Quand elle me grimpe dans le cou, je lui fais des bisous. Je ne vous cache pas que c’est un peu surréaliste pour moi ce qui est en train de se passer ! Quand je lui donne le bout de poisson, elle reste encore un peu avec moi pour des câlins (ça fait plaisir de voir qu’elle n’était pas intéressée que par la bouffe…).

Les 2 espagnoles n’ont pas mis un orteil dans l’eau. Elles ont trop peur et la mère refuse que sa fille y aille à cause des requins. Ben ça valait bien la peine de payer un tour pour aller se baigner avec les requins… Bon vous me direz, la journée n’est pas finie…

Un autre bateau de la même compagnie nous a rejoint avec aussi 6 personnes à bord. Et leur Manu est aussi en paréo et en plus… il sort le ukulélé, il se met à jouer et les 2 se mettent à chanter en Rapa Nui… J’adore ^^.

Après une heure de bisous intensifs, nous voilà reparti. Nous passons entre des motus, les dégradés de bleus sont vraiment incroyables, on dirait des peintures. Au détour d’un motu, on arrive sur des patates de corail. Comme d’hab je suis la première dans l’eau. Manu et les autres encadrants des autres compagnies ont beau insisté sur le fait qu’il ne faut pas toucher les coraux ou se mettre debout dessus, il y en a toujours pour donner des coups de palmes ou se mettre debout sur les patates. Grrr…. Moi je ne mets pas de palmes aujourd’hui, avec toutes mes brûlures, ce n’est juste plus possible… C’est très joli. Mais bon faire du snorkelling après 60 plongées, c’est un peu comme lire une interview de Ribéry après avoir lu du Balzac… Bon, ça ne pique pas les yeux, mais ce n’est clairement pas le même niveau. Je trouve quand même une murène et quelques poissons sympas.

En retournant vers le bateau, je vois les 2 espagnoles qui n’ont toujours pas mis un orteil dans l’eau, penchées en avant par au-dessus du bateau, le visage penché vers le soleil, les yeux fermés… Si c’était pour bronzer, je pense que le motu était suffisant… Pendant ce temps-là, le couple d’américain se descend des bières (depuis leur arrivée sur le bateau. Il est 9h)

Je remonte à bord au son des ukulélés et des chants polynésiens !

Nous partons maintenant à Tapu, là où j’ai plongé les 2 derniers jours, pour se baigner avec…. Les requins. Je ne pense pas que les espagnoles vont se mouiller sur ce coup-là non plus !

Nous sommes à peine arrivés que c’est comme pour le premier stop : nous sommes encerclés par les requins ! Des pointes noires, donc ça va. Je vois l’air paniqué des 2 espagnoles… Devinez qui est la première à sauter à l’eau ^^. Toujours la même barge. Moi.

Manu et l’autre de la même compagnie mais de l’autre bateau qui fait du ukulélé saute à l’eau aussi et me propose de me prendre mon appareil pour me prendre en photo avec les requins. Cool.

Ah et là les requins citrons arrivent. C’est très bizarre comme autant je peux me sentir entièrement en sécurité entourée de requins en plongeant alors que je ne suis pas complètement rassurée en snorkelling. Je ne suis pas en panique, loin de là, mais j’ai plus conscience de la situation je pense. Bref, me voilà encerclée de dizaines de requins. Pointes noire et citrons.

Et là…. Sous mes yeux ébahis. Qu-est-ce que je vois ?? Manu qui descend… chope l’aileron du requin citron pour se faire tracter… Puis tire sur l’aileron pour encercler le requin avec ses bras… Euh. Il remonte et me propose de faire pareil. Ben désolée, mais moi je plonge. On m’a appris à ne rien toucher. Alors je veux bien que les raies soient devenues de vrais petits toutous, mais là, on est dans le grand bleu, ça reste des requins sauvages de 4 mètres… Il redescend et cette fois se tracte sous le requin. Je vois le requin citron qui ne dit rien et se balade avec un Manu accroché sous son ventre. Hallucinant. On passe encore une bonne heure dans l’eau. Puis on part, direction un Motu désert pour aller manger. C’est clairement paradisiaque. Depuis la plage, on a la vue sur l’île principale. Les pieds dans le sable blanc. Peu importe où on se met, c’est photo carte postale… Beaucoup trop beau pour exister.

Le repas nous attend : Tout est servi dans des plats faits avec des feuilles de cocotiers… Les assiettes dans lesquelles nous nous servons également ! Ce ne sont que des plats locaux : Poisson cru au lait de coco, pain à la coco, banane frite,… Un vrai délice.

Pendant qu’on déguste tout ça, Manu et le second conducteur ressortent ukulélé et guitare. Celui qui a préparé le repas chope la glacière et s’en sert pour les percus ! Entre la vue, la musique et le repas, je suis un peu dans un autre monde !

Après ça, on peut aller se baigner, se reposer sur le sable blanc… Bref, prendre un peu de temps pour essayer de réaliser que tout ça est bien réel !

Puis Manu nous fait un cours d’assiettes (apprendre à faire les assiettes avec les feuilles de cocotier). Alors je peux vous dire qu’entre ça et les gobelets et théière en bambou en Thaïlande, je peux vous faire un service complet en rentrant ! Après ça, nous avons un cours de Paréo ! Et alors, c’est quelque chose ! Grâce à toutes les tenues que j’ai apprises à faire aujourd’hui juste avec un paréo, j’ai désormais une bonne dizaine de robes différentes à mon actif, juste avec mon bout de tissu qui me sert également d’écharpe, cache-nez, robe, jupe, foulard,…

Ce qui fût assez rigolo, c’est le cours paréo… pour hommes… Ahah. Un grand moment. Messieurs, si vous voulez quelques tenues super sexy, je vous fais un cours en rentrant ! Je pense que c’est le genre de tenues qui ne vont bien qu’aux polynésiens. Sur Manu ça va super, mais alors sur l’anglais et l’américain… ça pique un peu les yeux !

Après tout ça, Manu va redéposer tout le monde les uns après les autres. Il sait qu’il doit me déposer à l’aéroport, il me demande à quelle heure est mon avion. « 19h ? ouhla mais on a le temps, t’es pressée d’aller à l’aéroport ou pas ? » Pas franchement non…

  1. Du coup, ils redéposent tout le monde, puis on va mettre l’ancre entre des motus complètement déserts et on saute du bateau ! On se boit un verre dans l’eau en papotant. L’heure passe très vite. Puis on refait le tour de l’île pour aller jusqu’à l’aéroport. Une demi-heure plus tard, je descends du bateau… Snif… Je vais vite embarquer mon sac et je retourne sur le bord du motu admirer la vue… Je ne pense pas qu’il soit possible de se lasser de cette montagne verdoyante qui tombe dans ces eaux bleues improbables…

Je retrouve le petit-fils de Gloria qui va pour le week-end rejoindre sa copine chinoise à Tahiti. Il a l’avion juste avant le mien. 20 minutes donc…

En montant dans l’avion, je prends soin de m’asseoir du bon côté pour avoir la vue sur Bora en décollant… Vue d’en bas, vue d’en haut, vue de sous l’eau. C’est toujours aussi beau.

Snif, je vois tous ces motus disparaître…

50 minutes plus tard, me revoilà à Tahiti. 20 minutes de voiture plus tard, me revoilà chez Ralf.

Chris est toujours là. On voulait aller demain à Teahupoo, mais il n’y a pas de vague. Le début de la compétition est reporté de 2 jours. Je décide donc de partir à Moorea demain matin !

Il y a aussi 4 anglaises qui sont là. Les 4 bossent sur des bateaux différents. Elles ont 2 jours de congé, donc elles sont venues sur Tahiti. A entendre leurs histoires de navigation et tout ce qu’elles ont vu, ça fait clairement rêver… Et en plus être payées pour ça (Et pas trop mal payé parce qu’au final, t’es quand même logé, nourri, blanchi)…

Après une soirée à entendre toutes ces histoires sous les étoiles, je rejoins le dortoir que je connais bien maintenant ! Ralph a mis mes affaires à côté de mon lit. J’installe la moustiquaire et hop, une bonne nuit de soleil avant ma prochaine île !

Nana !

Ju

 

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