OT Jour 5 ou le jour où on se dit que Koh Lanta c’est pour les mauviettes

On est crevé et on a mal partout, mais la petite journée de la veille nous a fait du bien et en plus, on sent que les sacs commencent à s’alléger à force de manger (oui il n’y a quasiment que de la nourriture et de quoi dormir, cuisiner dans les sacs). Les souris ont été cools, elles ne nous ont pas rendu visite !!

Vers 9h, on lève le camp tous les 3. Comme on n’a « que » 10 kilomètres à faire aujourd’hui, on va faire tous les side tracks, des cascades ! Les 5 premiers kilomètres sont relativement plats, quelques montées descentes mais rien de très méchant comparé aux autres jours. On saute nonchalamment de caillou en caillou, c’est devenu une seconde nature de planifier au moins 4 ou 5 cailloux en avance… Après 5 kilomètres, on arrive à la hutte la plus ancienne qui n’est plus utilisée aujourd’hui. Elle est trop belle, du vieux bois, une « cheminée ». Quand on voit la tête des planches pour le lit toutes déformées avec des trous, on se dit que finalement nos huttes c’est le grand luxe ! Il y a un logbook aussi, on découvre un mot de frères néo-zélandais toujours un jour en avance sur nous, ils réclament des bières… Vicky est passée par là également. Par contre, ça fait plusieurs jours qu’on n’a plus aucune trace de Félix, on commence à s’inquiéter pour lui…

On fait quelques photos devant la hutte qui se trouve au milieu d’une petite clairière recouverte de mousse et entourée de forêt tropicale aux alentours.

Une barre de céréale plus tard, on reprend la route. On arrive rapidement aux 2 premières cascades : 1h30 pour faire les 2 cascades. On pose nos sacs et on part juste avec un petit sac à dos avec le pique-nique. L’aller, ce n’est que de la descente. On arrive à un premier point de vue sur des cascades en série, c’est magnifique. Puis on arrive aux D’Alton Falls. Extrêmement impressionnantes et un sacré débit. Par contre, il y a nulle part où se poser donc on décide d’aller voir les cascades suivantes… Les Ferguson Falls. Un peu moins impressionnantes mais le point de vue est sympa. Sauf qu’au moment de sortir le pique-nique, on se rend compte qu’on n’a pas appris de nos erreurs… on a à nouveau oublié les couverts. On ne trouve rien par terre qui puisse faire office de couverts. Et finalement on n’a pas très faim pour l’instant donc on décide de reprendre la route, on mangera plus tard.

On remonte la pente, on récupère nos gros sacs… Grrr. C’est fou ce qu’on se déplace plus vite avec 20 kilos de moins !!! Et comme on se sent plus léger aussi !!! 20 minutes plus tard, on arrive à l’embranchement d’un autre side tracks : Hartnett Falls, une bonne heure. On pose les gros sacs, on récupère les couverts et on file. Et là… Ben c’est à nouveau la rivière. Au début on trouve toujours des moyens de contourner. Parfois ce sont de sacrés contournements ! Mais à un moment aucun contournement possible. Alors on frôle la végétation autour du sentier. Comprenez on se vautre comme on peut contre les arbustes pour ne pas glisser dans la boue… Sur plus de 20 mètres, c’est un peu la grosse cata ! Pas de cailloux qui ressortent de la boue/rivière, tous les alentours sont détrempés également. Donc on s’accroche comme on peut aux branches, on s’affale sur un arbuste, on s’agrippe à une touffe d’herbe… Je vois une planche qui dépasse, je la montre à Andrew qui se jette dessus…. Et s’enfonce dans la boue jusqu’à la cheville… Oups… désolée ^^.

On marche « normalement » (Comprenez sur la pointe des pieds en sautant de pierre en pierre… à un rythme d’un mètre par minute maximum) pendant quelques minutes et on se retrouve à nouveau dans une zone complètement détrempée. Complètement. A plusieurs mètres à la ronde. On a beau chercher on ne trouve pas. Une seule solution…. Escalader les arbustes et sauter ensuite d’arbuste en arbuste. Ce sont des espèces de grosses touffes d’herbes géantes. On monte sur la première. On saute sur la deuxième. Puis la troisième. On finit par redescendre. On est mort de rire. Ce n’est plus un trek !!!! A Koh Lanta ils peuvent aller se rhabiller, ça c’est de la survie hihi !!

On arrive enfin aux chutes et il faut avouer que ça valait le coup. On se trouve un arbre et un caillou. On s’installe et on met le riz à chauffer. De mon arbre, je surplombe les chutes, y’a pire comme cadre pour un pique-nique !!! Ah on galère mais on en prend quand même pleins les mirettes tous les mètres !!

On est en train de manger le riz. Quand soudain on se regarde paniqué…euh mais quelle heure il est ???? je prends une photo (notre seul moyen de savoir l’heure ahah) : 15h20. Ouhla, mais dans une heure 20 il fait nuit !!!!!! Il est temps de s’affoler. On remballe tout en quatrième vitesse et on refait le parcours du combattant en sens inverse. Sauf que cette fois on ne met pas 10 secondes à savoir sur quel arbuste grimper ou à quelle branche s’agripper, on se rappelle par où passer. On enchaîne les arbustes, on trace. L’idée de finir de nuit dans la forêt tropicale ne nous emballe qu’à moitié.

On retrouve le sentier principal où on récupère nos sacs… snif ! et on trace !!! Racine-racine-caillou-branche-racine-… Inutile d’essayer de papoter ni quoique ce soit, on est trop concentré ! Sur la carte, ils avaient prévenu, on va rentendre des oiseaux sur cette partie et effectivement ! On entend gazouiller. Pas des gazouillements genre cuicui européens. Là on parle d’oiseaux australiens. Tu ne sais pas si c’est un oiseau, un bébé qui hurle ou un singe qui se marre…

On arrive pile au moment où on commence à ne plus rien voir à la hutte Bert Nichols ! Ouf ! Mais… elle est gigantesque cette hutte ! Et surtout ça ne ressemble pas à une hutte mais à un grand centre de colonie de vacances ! Ce n’est pas du bois mais de la taule, il y a une énorme salle à manger (Vous emballez pas trop, je n’ai pas d’autres termes pour un alignement de bancs et tables dans une pièce), de grands couloirs, pleins de chambres (Ne vous emballez pas non plus, c’est toujours 4 murs avec des alignements de planches sur 2 niveaux). Mais qu’un poêle dans le « grand salon ». Ce n’est pas un poêle au sol comme les autres. Il est accroché au plafond à plusieurs mètres du sol. La hauteur sous plafond doit être pas loin de 5 mètres… C’est cool, c’est chouette, c’est tout ce qu’on veut, mais celui qui a géré ce projet n’a pas fait le trek et s’est bien planté. Super, déjà que ça caille comme pas possible et qu’il est presque impossible de chauffer les huttes avec les poêles qui ne fonctionnent que 45 minutes et ne chauffent pas des masses. Alors une énorme pièce avec 5 m sous plafond et plein de pièces autour saus chauffage, franchement bravo, c’est une idée de génie. Celui qui a géré ce projet, jamais je l’embauche !

D’ailleurs en lisant les logbooks, tout le monde est d’accord « Oui elle est belle votre hutte mais franchement totalement inadaptée pour ce trek… »…

Bref, on tombe rapidement d’accord, on va aligner nos matelas sous le chauffage ^^.

Toujours la même routine : On défait nos « bagages » (Autrement dit on sort le sac de couchage et le réchaud ^^), on installe le lit 4 étoiles (autrement dit la tente, pour isoler un peu du froid, le matelas qui sert à rien et le sac de couchage inadapté) et comme d’hab je file faire mon petit tour de nuit pour essayer de trouver des animaux. Mais cette fois je rentre bredouille. Snif. J’aurais aimé voir un diable de tasmanie bien qu’ils aient presque tous disparus suite à une maladie il y a quelques années, et un platypus. Mais toujours rien. Tant pis. Je rentre cuisiner. Ce soir c’est couscous (enfin semoule avec une sauce à la tomate épicée). Hum ça fait tellement de bien après toutes ces nouilles et riz !!! En plus la sauce est bien relevée, ça nous rappelle l’Asie, ça fait du bien aussi !! On voudrait étendre nos affaires, mais avec un chauffage mural à 3 m de haut, c’est un peu compliqué. Heureusement, Lochlan a de la ficelle, on trouve un porte-manteau mural et…. Un balai. On accroche d’un côté au mur. On coince le balai comme on peut entre un banc et une table et on attache l’autre bout. On y met nos vêtements à sécher. Mais Andrew décide que ce serait plus rapide directement contre le chauffage. Il étend ses chaussettes tout contre… Chacun vaque à ses occupations, quand quelques minutes plus tard… « Pourquoi ça sent le brûlé ???? » On lève les yeux et on voit de la fumée sortir des chaussettes : Jusque là rien d’anormal, toutes nos affaires fument en séchant. Par contre, l’odeur ce n’est pas normal… effectivement, elles sont en train de partir en fumée… il a donc maintenant 2 énormes trous dans ses chaussettes ahah !!! On a de plus en plus la classe.

On se marre en lisant le logbook : On sent que la fin approche et chacun écrit ce qu’il souhaiterait manger au retour à la civilisation, au monde réel… Une fille craque et note tout ce qu’elle aimerait mqnger…. Ça lui prend quand même 1 page A4 recto-verso… Oui après une semaine de nouilles, on pourrait manger tout et n’importe quoi !!!!

Moi je note surtout que je considère sérieusement à me faire une omelette de champignons trouvés sur le sentier pour espérer voir enfin un diable de tasmanie et un platypus !!!

On papote au coin du chauffage mural et on finit par aller se coucher… Mais avec classe. On empile les couches comme d’hab. Sauf que pour ne pas être dérangé par la lumière du chauffage, je recouvre mes yeux de ma cagoule. Andrew… d’un caleçon ^^. Bien sûr Lochlan immortalise.

C’est parti pour une petite nuit. Je somnole bien mais pas trop quand même parce qu’il faut toujours se relayer pour remettre en route le chauffage toutes les 45 minutes…

Ju

8 réflexions au sujet de « OT Jour 5 ou le jour où on se dit que Koh Lanta c’est pour les mauviettes »

  1. Lundi 7 juillet (deja) Tu sais qu ici ce sont les grandes vacances pour des millions de petits et grands français. Ah il n y en a pas qui sont prêts à te rejoindre en Tasmanie, crois moi…. Moi euh euh « oh beaucoup trop vieille » alors fais moi rêver… et le prochain coucher de soleil dédie le à mon intention. Moi je t envoie toute l eau de la piscine qui est à 26 pour te réchauffer le cœur.

  2. Attention avec les champignons …… si tu es comme ta mère …… à Courcelles , j’en ai ramassé une poignée , Mamy les avait montrés à Anne, les 3/’4 étaient toxiques, tu prends une photo et tu envoies à Titite avant de faire ton omelette …. bon , le temps d’avoir la réponse …… ils seront bons à jeter …………..
    Cela devient de plus en plus stressant tes escapades ……

  3. c’est vraiment nul cette histoire de chauffage qui s’éteint après 45 minutes ! tu devrais lancer une pétition auprès d e l’Office du Tourisme ! à moins que ça fasse partie de l’entraînement de leurs aventuriers, je ne vois trop l’intérêt …

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