Sipadan, c’est plouf-pschitt- glurps-WAHOU!

Les jours suivants se ressemblent sans se ressembler. Il y a le métro boulot dodo, ici c’est plutôt diving eating sleeping… 2 plongées par jour pendant 5 jours à Mabul. La vidéo a dû vous donner une bonne idée de ce que j’ai pu voir…

Je rencontre Pamela, une suissesse (eh oui encore une ! Je n’ai jamais rencontré autant de suisses que depuis que je suis partie faire le tour du monde !) de Lausanne et Béné une bretonne parisienne (oui ça existe). Pamela plonge également. Béné était venue comme ça sur l’île, mais à force de nous voir revenir ravis et de parler de tout ce que nous avons pu voir sous l’eau, elle craque et décide de faire un baptême de plongée… Bien sûr elle en reviendra ravie ^^.

Les enfants des « bateaux maisons » prennent leur « bateau tronc » pour venir nager avec les touristes. Ils étaient 2, un d’environ 5 ans et son petit frère tout nu assis à l’arrière du bateau, pas plus de 2 ou 3 ans. Le bateau se remplit tout le temps d’eau, mais ils gèrent, ils ont une bouteille en plastique coupée en 2 avec laquelle ils peuvent vider l’eau au fur et à mesure. Il y avait des touristes asiatiques, ils ont voulu monter un par un dans le bateau tronc pour faire des photos (comme de vrais asiatiques ^^). Evidemment, il faut toujours un boulet, ça n’a pas raté, le boulet a fait couler le bateau tronc au fond de l’eau… Un boulet peut aussi être stupide, c’est parfaitement compatible. Là en l’occurrence c’était le cas. Le stupide boulet n’a rien trouvé de mieux à faire que de prendre la bouteille en plastique et a commencé à vider l’eau du bateau….qui se trouvait au fond de l’eau. Je vous laisse imaginer la scène d’un asiatique avec une bouteille d’eau qui entreprend donc de vider l’océan en remettant l’eau au fur et à mesure dans le même océan… sous le regard dépité des 2 enfants… Celui de 5 ans finit par avoir pitié de lui, lui demande de se pousser. Il met un pied sur chaque rebord du bateau et appuie un coup à gauche, un coup à droite pour faire tanguer le bateau. Petit à petit, le bateau remonte à la surface et en moins de 30 secondes, le bateau flotte à nouveau et est complètement vidé de son eau. Temps par le petit enfant philippin clandestin qui n’a peut être jamais mis les pieds à l’école : 30 secondes. Temps par l’asiatique d’une trentaine d’année qui a été à l’école la moitié de sa vie et a maintenant un travail qui paie suffisamment pour venir en vacances à Mabul Island : Probablement une éternité, parce que vider un océan à la bouteille dans un même océan, à part compter sur le réchauffement climatique, il y a quand même peu de chance d’y arriver. A l’unanimité, le jury attribue une note de 10/10 pour le ridicule.

 

Plus les plongées passent, plus je m’éclate sous l’eau.. Je trouve toujours qu’on remonte à la surface beaucoup trop vite et que 2 plongées par jour, ce n’est vraiment pas assez… Je crois que je peux officiellement annoncer que je suis devenue addicted à la plongée… Chacun son addiction. Je me dis que c’est mieux la plongée plutôt que la drogue ou la roulette ! Dommage que ce soit une addiction aussi chère, sinon il n’y aurait pas de problème à en être accro ! Là je commence à prendre soin de mes reins et de mes poumons au cas où je sois toujours accro d’ici la nouvelle-calédonie, que je puisse vendre un truc pour pouvoir continuer ma passion^^.

 

Bref, cette semaine passe beaucoup trop vite à mon goût. Le dernier jour arrive : Il faut se lever à 5h pour prendre un bateau à 5h45 qui va nous emmener à Semporna, pour prendre une voiture qui nous emmènera à un mini-bus qui lui nous emmènera à la jetée d’où part le bateau pour Sipadan. Sinon il y a aussi un bateau qui part de l’hôtel à côté de chez nous à 8h et qui mettra 30 minutes pour aller à Sipadan. Mais ça c’est pour ceux qui avaient réservé à l’avance et ont donc eu des places directement depuis l’île, pas depuis le continent. Je ne me plains pas, je vais à Sipadan…

On nous fait essayer combis, palmes, BCD,… on nous demande notre nombre de poids. Je réponds fièrement 2. Alors une petite explication peut être ^^. Quand on commence à plonger, on nous file une ceinture avec pas mal de poids pour nous aider à descendre et à rester au fond et pouvoir mieux se stabiliser. Ca évite de voir des débutants se balader sur plusieurs mètres de haut… Sauf qu’au fur et à mesure que tu plonges, tu apprends à gérer ta flottabilité, à ne pas te cracher comme un sac au fond de l’eau dans le sable, à ne pas faire l’ascenseur en permanence. Comme moi j’ai maintenant une bonne flottabilité (eh ouais je me la pète, je gère ma flottabilité ^^), j’ai pu passer de 4 poids à l’open water, à 3 en fin d’open water et désormais je suis à 2. Ce qui est très bien.

Vous en avez d’autres, comme Allan, un américain de L.A. comme il a pas arrêté de le dire à tout le monde (Los Angeles donc) qui se la jouent moi j’ai plein de plongées et qui demande 7 poids sur sa ceinture… ce qui fait que quand il saute à l’eau, il coule comme une pierre et va s’écraser au fond… ce qui est à peine dangereux, pour ce qui et d’égaliser les pressions tout ça, faudra repasser….

Mais bon, Allan la sécurité il s’en fout. Au moment de faire le buddy check (Oui j’ai eu l’honneur et le privilège d’être son buddy pour une plongée), il fait sa vidéo avec sa go pro pour dire qu’il va plonger. Donc je me retrouve à faire le buddy check avec le divemaster pendant qu’un autre divemaster tente désespérément de vérifier l’équipement sur Allan… Une fois dans l’eau, Allan est un calvaire également. En plongée, tout se fait gentiment et doucement… Lui tourne dans tous les sens, donne des coups de palmes super rapides,… tout l’inverse de ce qu’il faut. Ce qui fait qu’on se retrouve à faire des plongées de 45 minutes au lieu de 60 minutes parce qu’il faut remonter comme il n’a plus d’air… Eh oui quand on gesticule dans tous les sens on consomme plus d’air que quand on est zen !

 

Donc si je reviens à nos moutons, on nous fait tout essayer puis on file sur le bateau. A peine le bateau parti, je m’allonge et je m’endors… eh oui car sur l’île on ne peut pas vraiment dormir ! Le soir tout le monde papote sur le ponton, on regarde les eagle raies ou autres poissons passer sous nous,… on traîne. Après on va se coucher, il y a de l’orage. Ensuite les coqs. Ensuite l’appel pour la prière. Ensuite le staff qui se lève pour préparer le petit-dej. C’est tout en bois et en conception locale, donc quand quelqu’un passe dans le couloir, toutes les chambres tremblent. Les murs sont aussi utiles qu’une feuille de papier et comme j’ai de la chance il y a un ronfleur fou de l’autre côté du mur. Mais pas un ronfleur qui se contente de faire des ronflements, il fait plein de bruits bizarres… On dirait qu’il s’étouffe parfois, c’est un peu flippant. Bref, je m’endors sur le ponton.

Près d’une heure plus tard, il est temps de mettre la combi et le reste de l’équipement… et de sauter par-dessus bord. Non, pas de buddy check… ah. Du coup, je le fais vite fait de mon côté et plouf.

Premier regard sous l’eau : Déjà à Mabul la visibilité était incroyable, mais alors là c’est encore autre chose. Une bonne quarantaine de mètres de visibilité. Au moins. C’est impressionnant. C’est un aquarium géant. Un aquarium avec un mur de corail qui tombe à pic de 6m à 600m de la surface… je vous laisse imaginer comme on se sent petit. On descend. On descend. On descend encore. Euh… je me dis que ça fait un moment qu’on descend… ah oui on est à 30 mètres…

Hum… alors pour ceux qui ne connaissent pas le PADI, le premier niveau permet de descendre à 18 mètres… Il faut avoir l’advanced, que je n’ai pas encore passé, pour descendre à 30 mètres… bon… ça c’est fait.

J’en prends pleins les yeux pendant 50 minutes. Quand un nuage de milliers de barracudas passe sous mes yeux, j’ai manqué à la règle d’or de la plongée : Toujours respirer. Eh oui, mais quand t’as ça qui te passe sous le nez, tu en oublies de respirer… D’ailleurs, je ne savais probablement plus comment je m’appelais non plus, ni où j’étais et comment je m’étais retrouvée là. Toute mon attention était focalisée sur cet énorme nuage qui assombrit la surface, le bruit également que ça fait… Magique. Je vous passe les innombrables tortues, requins,… ça grouille. Pas autant que d’habitude à cause de l’orage de la veille. Mais quand même, il n’y a pas de quoi se plaindre !

50 minutes de bulles et de rêves plus tard, je retrouve la surface. Pfu, c’est vraiment nul la terre ferme.

On enlève l’équipement et le bateau nous emmène sur l’île de Sipadan. Inhabitée, elle sert uniquement de zone de repos pour les 120 plongeurs par jour. On nous sert un thé et une collation. J’en profite pour dire à l’instructeur que moi je n’ai que mon open-water… Il en a la mâchoire qui tombe « Mince je t’ai fait descendre à 30 mètres »… bon tout s’est bien passé, personnellement je n’ai vu aucune différence… A part la gauge qui tendait vers le rouge, pour le reste… rien de spécial. Pas de narcose à l’azote ou d’hallucinations comme une instructrice qui voit des chameaux se promener dans l’eau quand elle arrive près de 30 mètres. Ça dépend de chaque personne, tu ne peux pas savoir avant d’y être descendu si t’y es sujet ou pas. Donc moi c’est bon. Je le savais de toute façon que j’étais faite pour ça ^^.

Après une pause où je retrouve Pamela qui est dans un autre bateau (celui qui partait à 8h ! quelle chance !), on y retourne. Je suis complètement surexcitée. On fait 5 minutes de bateau, on s’équipe et vite : plouf – pschitt – glurps- wahou et on y est (plouf quand on se jette du bateau, pschitt quand on vide l’air de son gilet pour descendre sous l’eau et glurps quand je dégluti pour égaliser les pressions…wahou se passe de commentaires ^^). A nouveau 50 minutes de pure plaisir ! Je me roule dans tous les sens (de toute façon, je ne consomme rien comme air sous l’eau. On remonte toujours à 50 minutes ou 50 bars, moi je remonte toujours à 60 minutes avec plus de 100 bars. C’est frustrant je pourrais rester le double de temps sous la surface ! Mais du coup je peux tournoyer dans tous les sens sans risquer d’être le boulet du groupe qui fait qu’on doit remonter à la surface parce que bouh ta bouteille est vide). La deuxième est barracuda point, la plus célèbre de Sipadan. Donc je vous laisse imaginer comme je trépignais d’impatience sur le bateau.

C’est reparti ! Nuage de Jack Trevallys cette fois. Désolée, je connais tous les noms de poissons en anglais. Mais en gros, ils sont des milliers aussi alors à nouveau, on perd d’un coup en luminosité comme si un gros nuage venait d’arriver et qu’un orage allait éclater. Sauf que quand tu lèves les yeux… c’est wahou ^^. Toujours autant de requins, tortues, coraux, batfish, angelfish,… ça grouille de partout. Complètement différent de Mabul où ce sont des sites macros donc où t’essaies de te concentrer sur telle ou telle espèce que tu as envie de voir. Là tu ouvres juste grand les yeux. Et tu en prends plein les yeux. Je ne dirai pas que l’une ou l’autre est mieux, c’est juste une manière de plonger complètement différente. C’est rigolo aussi de partir à la recherche de poissons. Là, il y en a tellement partout que je ne sais même plus où regarder, j’ai la tête qui tourne non-stop dans tous les sens. On descend à nouveau entre 20 et 30 mètres et on remonte petit à petit.

Malheureusement, les 50 minutes passent beaucoup trop vite à nouveau…. J’enrage de voir que je remonte avec 110 bars. Mais là vraiment je suis à fond je ne peux pas consommer plus. Je n’y peux rien si je suis zen sous l’eau. Mais ça fait rager.

A nouveau : Pose sur la petite île de sable blanc. Repas. Thé. Puis on repart pour la dernière. Je n’arrive pas à croire que c’est ma dernière plongée de la semaine. La 13ème plongée. En 6 jours. Et j’ai le sentiment de ne pas en avoir assez. Je voudrais juste continuer ce rythme de eaing diving sleeping. J’adore !

Pour la troisième, on ne descend qu’à 20 mètres. Il y a un peu de courant, on se laisse porter. On va passer dans des creux dans le mur, j’adore (ouais ok je n’arrête pas de dire j’adore, mais je n’y peux rien !) 50 minutes au paradis. L’ecstase totale. J’ai l’impression de voler. Je tourne dans tous les sens : du bleu turquoise à perte de vue. Des poissons de tous les côtés. Hop une roulade avant. Hop je me mets sur le dos pour faire des bulles. Hop je me redresse et je me mets comme en lévitation au-dessus des coraux…. J’adoooooooooore. Au moment de remonter, je fais trainer un peu. C’est bon, je suis encore à 110 bars, faut pas abuser. Laissez-moi tranquille avec mes copains les poissons 5 minutes de plus. Je remonte la dernière à la surface.

Lorsque le bateau nous ramène à Semporna, je suis dans un état second tout le trajet. J’ai des bulles et des poissons plein les yeux… Quand je finis par retrouver la terre ferme, le béton et les pots d’échappement, je me rends compte que je viens de faire ma dernière plongée. Je suis tentée de reprendre le premier bateau pour Mabul et d’aller passer mon advanced sur l’île avec Scuba Jeff. Vraiment tentée. Je ne sais d’ailleurs pas pourquoi je ne l’ai pas fait. J’essayais de me dire que c’était mieux d’aller le passer ailleurs pour découvrir un autre endroit, un autre écosystème, … OK. Mais là tout de suite maintenant, le résultat c’est que je ne plonge pas demain… Et une question me taraude l’esprit… mais alors je vais faire quoi ???????????????????????

Ju

 

6 réflexions au sujet de « Sipadan, c’est plouf-pschitt- glurps-WAHOU! »

  1. Et bien,tu t’es vraiment trouvée une nouvelle passion,c’est sûr. En tout cas,ça a l’air fabuleux!Et je ne crois pas que ça soit ta dernière plongée de ton tour du monde…

  2. 🐠🐟🐳🐬Plouf-pschitt-glurps-Wahou … J imagine : Oui, julie c est trop bien decrit …mais tu aurais pu mettre une caméra sur la tête. Tu sais une mini mini caméra et nous le repasser bien sur avec la musique du « grand bleu » ! Allan qui se la pète a t- il filme ?🐠🐟🐟🐳😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s