Comment je me suis retrouvée à prendre un bain avec un éléphant…

La journée commence tôt (OK pas pour vous, mais pour nous 7h30, c’est plus tôt que d’habitude). Mais en même temps on n’a pas super bien dormi et on a aucun mal à se réveiller :

« On va passer 2 jours avec des éléphants, j’arrive pas à réaliser », « eh notre prochaine baignade c’est avec des éléphants », « je vais manger des bananes avec un éléphant ». Enfin ce genre de phrases complètement improbables dans la vie de tous les jours…

8h : On attend notre pick-up sagement à l’entrée de l’hôtel. Dès qu’on voit un thaï arriver : « C’est lui ?? tu crois que c’est lui ? » Bon nus avons 2 déceptions, la troisième est la bonne. Notre guide arrive, tout souriant. Il nous dit qu’il vient chercher d’autres personnes à notre hôtel. Visiblement, ces personnes sont en retard… elles se pointent 20 minutes plus tard, sans s’excuser bien sûr… On monte dans le van et on va chercher les autres.

Nous on est toutes souriantes, à chaque fois que quelqu’un monte dans le bus on fait « hellooooooooooooo » avec notre plus beau sourire. Personne ne nous répond. Ils font tous la tronche. Genre nourrir un éléphant c’est vraiment la corvée du siècle… Ils sont bizarres les gens !

Une fois que le mini-bus est plein, le guide nous fait un petit speech. Il s’appelle Puza (Moyen mnémotechnique pour nous : ça ressemble à Poussin. Oui on rencontre beaucoup de gens, ça finit par être dur de retenir les noms, surtout quand ce sont des noms que nous entendons pour la première fois, alors on fait comme on peut !) A chaque fois qu’il dit un truc on fait des Ahhhhhh et des Ohhhhhhhhhh et on sourit. Mais nous sommes les seules…

Il nous explique qu’il va falloir garder un esprit ouvert par rapport à ce que nous allons voir aujourd’hui. Ah ? Ok. On ne comprend pas trop de quoi il parle, mais nous verrons bien. De toute façon, on va donner la béquée à des éléphants et leur gratter le dos dans leur bain. Rien ne devrait pouvoir nous contrarier !

Il y a une heure de route depuis Chiang Mai : « Comment on va l’appeler notre éléphant ? » « Babar, c’est bien non ? » « Ah ouais ». « Tu crois qu’il va nous aimer notre éléphant ? » « Mais oui ! En plus, comme les éléphants ont une mémoire… d’éléphant, il se rappellera de nous toute sa vie » « Mais nous aussi on se rappellera de lui toute notre vie ! ». Donc nous ne voyons pas le temps passer…

En arrivant, on nous confie la clé d’un casier et on nous donne nos uniformes. On va se changer et on rejoint le guide… Il y a des retardataires, une fois de plus…. Comment les gens peuvent être aussi lents ??? Tu sais qu’une fois que t’as enfilé l’uniforme, tu vas nourrir des éléphants, mais non…

Bref… Puza commence par nous présenter le centre. Ce centre a été créé afin de recueillir les éléphants maltraités (dans des cirques, par des locaux,…). Les éléphants servaient à la base à aider les locaux pour les constructions, porter de lourdes charges,… Mais avec toutes les belles machines qu’on a maintenant qu’il suffit de ranger au garage et qui consomment moins de bananes, les éléphants ne sont plus utilisés… Les locaux ne savaient plus quoi faire de leurs éléphants.

Ces éléphants étant nés en captivité, ils sont incapables de se débrouiller seuls… On peut les « libérer » : Ils vont partir 2 heures dans la jungle. Puis ils vont finir par avoir faim et revenir au centre car ils ne sauront pas trouver seuls de la nourriture…

Les éléphants passent en moyenne 18 heures par jour à se nourrir. 1h à marcher. 3h à dormir. Les 2 dernières heures, ils aiment jouer, faut s’occuper d’eux, prendre le bain,… il faut les occuper !

La personne qui s’occupe des éléphants s’appelle un Mahout. Pour être un bon mahout, pas la peine d’aller à la fac ou de passer des exams, ça ne sert à rien. Etre mahout, ça ne s’apprend pas. Un bon mahout est né avec les éléphants et a grandi avec eux… Le gros problème actuellement, c’est qu’il n’y a quasiment plus de villages avec des éléphants, donc de moins en moins de bons mahouts. Sur ce centre, la plupart des mahouts viennent de Birmanie. Mais avec l’explosion touristique actuelle de la Birmanie, le centre est inquiet pour son avenir… Quand des centres similaires vont ouvrir leurs portes dans leur pays d’origine, les mahouts risquent de partir pour rejoindre leurs familles…

Un mahout n’a pas d’horaires, n’a pas de nombres d’heures, d’heures sup, de week-end ou de jours de congés… La vie d’un mahout c’est son éléphant… Au réveil de l’éléphant, le mahout est là. Il passe toute sa journée avec lui. Si l’éléphant veut jouer, il joue avec lui. Si l’éléphant veut manger, il le nourrit,… Avant d’aller se coucher, le mahout retourne voir une dernière fois son éléphant, vérifier qu’il n’a besoin de rien…

Si un orage se prépare (ou de fortes pluies), le mahout dort à côté de son éléphant pour le rassurer… Eh oui, les éléphants sont des poules mouillées ! Ils sont effrayés par à peu près tout. Hélicoptère. Orage. Feu. Et tout ce qui peut courir plus vite que lui, donc 30 km/h. Et ce n’est pas un mythe, les éléphants ont vraiment la trouille des souris… Allez expliquer à un éléphant que les petites bêtes ne mangent pas les grosses…

En gros, le mahout est le meilleur ami de l’éléphant : Ils se connaissent par cœur et se comprennent d’un simple coup d’œil. C’est extraordinaire à observer. Le mahout n’a rien à dire, il regarde l’éléphant : Il baisse un peu la tête pour que le mahout puisse lui monter dessus…

Un mahout ne peut pas être le mahout de n’importe quel éléphant. C’est un peu comme Harry Potter qui choisit sa baguette magique. Un éléphant à fort caractère ne pourra pas avoir un mahout « faible ». Il aura besoin de sentir que son mahout a lui aussi un fort caractère, sinon il ne saura pas s’il peut lui faire confiance ou pas. Certains éléphants sont joueurs : Si c’est un mahout à fort caractère qui essaie de s’imposer, ça ne passera pas non plus. Et ça, ça rend les choses très compliquées pour le centre également ! Certains éléphants ne veulent que leur mahout. Pas un autre. Donc pas de vacances pour le mahout. Ça OK (oui on n’est pas en France ici ^^). Mais le problème, c’est qui s’occupe de l’éléphant si le mahout tombe malade ? Donc ils essaient que chaque éléphant ait au moins 2 mahouts avec lesquels ils s’entendent bien et ils essaient de faire tourner les mahouts, mais pour certains éléphants c’est mission impossible. Il y a un fort lien de confiance qui se crée entre les 2 et certains éléphants, notamment ceux qui ont été maltraités par des hommes dans le passé, ne font pas confiance à d’autres que leur mahout… Si un jour les mahouts demandent à bosser 8h par jour, à avoir leurs week-end et 6 semaines de vacances par an, le directeur va s’arracher les cheveux…

Première activité de la journée : Il faut nourrir les éléphants. Y’a du boulot. Ces petites bêbêtes mangent 300 kg par jour. Dont 80 kg de snack. Nous, comme on est super cool et qu’on veut partir sur de bonnes bases avec eux, on va leur amener les snacks. Nous un snack, c’est une bonne crêpe nutella banane. Un éléphant, c’est same same but different : La banane et la canne à sucre.

Il nous montre : Tu t’approches de l’éléphant, tu tends une banane ou un bout de canne à sucre. Il tend la trompe et s’occupe de tout. Quand t’as confiance, tu peux aussi te mettre à côté de l’éléphant et lui mettre directement la nourriture dans la bouche. Bon on va déjà commencer par la première leçon. Pour ce qui est de mettre la main dans la bouche de la bête on verra plus tard ! Mais avant de commencer, il faut nous expliquer les différents caractères des éléphants… Certains éléphants sont joueurs. D’autres peuvent être taquins. D’autres sont grognons. D’autres sont traumatisés par les humains donc il ne faut pas les approcher de trop près,… Alors celui-là, il est joueur. Celui-là, il va vouloir prendre toute la nourriture que vous avez dans les mains le plus vite possible sans la manger, pour tout mettre de côté pour plus tard…. Celui-là, un humain lui a crevé un œil là où il se trouvait avant et en plus il a une cataracte à l’autre œil, donc il ne voit presque plus rien et peut donc vite avoir peur, il ne faut pas trop l’approcher ni essayer de le toucher. Celui-là est arrivé il y a 2 semaines sur le centre, il se faisait battre tous les jours, on voit encore les marques sur son crâne et la marque violette du médicament appliqué tous les jours dessus. Donc il n’est pas encore en confiance quand il voit des humains, il faut se méfier.

Il nous explique que dans le bus, il nous a demandé de garder un esprit ouvert… Donc même les éléphants qui sont méchants, ceux qui ont peur de nous, ceux qui sont bougons, ceux dont il ne faut pas trop s’approcher, il va falloir les nourrir quand même… car eux aussi ont besoin de manger. Et ça il faut l’accepter et accepter de ne pas se contenter de nourrir ceux qui vont jouer avec nous… Il faut aussi toujours demander au mahout avant d’aller toucher l’éléphant, car certains, on ne peut pas les toucher, c’est trop dangereux,…

On a chacun notre petit panier : On prend pleins de bananes et de cannes à sucre et on se dit qu’on va les nourrir un par un. Raté ^^. Une fois que tu as les bras blindés de bonbons à éléphants, l’éléphant mange le plus vite possible pour vite retendre la trompe vers toi jusqu’à ce que tu n’ais plus rien. Une fois que tu as les bras vides, tu as tout de suite beaucoup moins d’intérêt pour lui (monde cruel !) Ou alors tu te dis « tiens je vais nourrir celui-là » mais celui d’à côté tends la trompe pour te chiper tes bananes !

On va nourrir les bébés éléphants. Ils sont choupinous, ils ne font que danser, se dandiner, un se gratte même la tête avec la canne à sucre que je lui file (dans la vidéo ^^),… On va nourrir celui qui est arrivé il y a 2 semaines. C’est vraiment horrible. Il a le crâne pleins de trous, la tête couverte de croûtes. On lui tend les fruits de loin et on ne pourra pas le caresser bien sûr, mais ça brise le cœur de voir un animal dans un état pareil. On se demande bien ce qui peut passer par la tête de quelqu’un pour se dire « Tiens, allez un peu de folie, à partir de demain, tous les jours, je vais aller battre mon éléphant, c’est trop cool »…

On va ensuite nourrir le vieil éléphant. On ne peut pas le toucher non plus mais tout se passe bien.

Un des éléphants passe sa trompe autour de chacun de nous pour nous faire des bisous suçons dans le cou. Bon en fait, ce ne sont pas tout à fait des bisous d’éléphants : Les éléphants ont besoin de sel… Notre cou est bien salé donc il vient nous goûter. Heureusement qu’ils sont végétariens. On se dit ça aussi à chaque fois qu’ils brisent un bout de canne à sucre. Ca fait un bruit pas possible, on est bien contentes de ne pas être en sucre !

Ensuite, Poussin nous fait notre second cours. Le métier du mahout est dangereux (on s’en doutait). Il doit toujours être vigilent. Si l’éléphant veut le tuer, il n’a qu’à le soulever avec sa trompe et le balancer un peu plus loin… Un éléphant peut porter jusqu’à 10% de son poids avec sa trompe. Soit 350 kilos ^^. Donc le lancer d’humain pour lui, c’est comme jouer aux billes. Il nous explique aussi comment caresser l’éléphant : Sa peau est extrêmement dure, si on le caresse comme un chaton, il ne sent même pas qu’on est là. C’est comme les chevaux : Des petites tapes et ils sont contents.

Quand les éléphants ont les yeux qui coulent, ce n’est pas qu’ils sont en train de pleurer… c’est de la sueur ! C’est qu’ils ont trop chaud, donc il est temps de les emmener au bain se rafraîchir !

Les éléphants ont une chaîne à un pied. Au départ, les éléphants étaient tout le temps libre. Mais il y a des champs de banane et de canne à sucre à côté et les agriculteurs appelaient sans arrêt le centre pour qu’ils viennent récupérer leurs éléphants et qu’ils paient pour les dégâts… C’est aussi une question de sécurité lorsque nous les nourrissons. Après, comme nous le fait remarquer le guide, la chaîne est toute petite. Quand on voit l’éléphant à côté, s’il veut se carapater il a à peine à donner un coup de pied…

Il nous parle aussi du crochet qu’a le mahout. C’est aussi une question de sécurité. Pour les ¾, il est rangé à la ceinture, ils ne le tiennent même pas. Mais les éléphants cherchent en permanence à tester leurs limites, comme des enfants : « est ce que je peux manger ça, est ce que je peux faire ça,,…. ? » et c’est au mahout de lui dire « non là si tu manges ça tu vas mourir,…Après en 2 jours j’en ai vu aucun l’utiliser. Mais au final, c’est comme un chien qui fait pipi sur la moquette, tu le tapes derrière l’oreille. Un enfant qui fait une bêtise, une fessée. Un cheval qui refuse un obstacle, un coup de cravache. C’est là au cas où. Encore une fois ça fait partie des raisons pour lesquelles il nous a demandé d’avoir un esprit ouvert.

On va s’asseoir et ça va être l’heure d’apprendre à gérer un éléphant ^^. 2 éléphants et leurs mahouts viennent avec nous. Pendant que Poussin nous explique comment ça va fonctionner, un des éléphants se gratte tranquillement contre un arbre. L’autre joue avec son mahout. Un mahout a 16 ans, l’autre 17 ans… Ils ne voient presque plus leur famille, ils sont 100% du temps sur le centre avec leurs éléphants…

On a des éléphants joueurs, ils n’arrêtent pas ! Les mahouts sont sans cesse en train de les occuper.

Première étape : Monter dessus. En soi rien de plus simple, il suffit de dire à un éléphant de 2 mètres 50 de se coucher pour ensuite lui tirer l’oreille pour lui grimper dessus. Trop facile. Bon alors d’abord faut qu’il se couche. Un éléphant, c’est pas un toutou. Tu lui dis Couché, il ne va pas se coucher. Déjà faut lui demander en Thaï. C’est déjà beaucoup plus fun. « Non lung ! » Tu répètes plusieurs fois… Non Lung Non Lung Non Lung ! Et pas avec une voix de chaton apeuré, il faut montrer que tu sais ce que tu veux… Une fois qu’il a compris il faut lui laisser un peu de temps : il va trouver une place où il sera bien installé, où il n’y a pas un objet pointu qui risquerait de lui entailler la peau. Au passage, on apprend qu’un éléphant peut mourir s’il marche sur un objet pointu : Il a une sorte de nerf qui va du pied au cerveau, donc s’il marche sur un truc qui lui coupe cet autre truc, ça peut le tuer. Fragile ces ptites bêtes !

Bon, il finit par trouver un coin où il est bien. Il s’installe. C’est massif un éléphant. Quand il s’assoit à un mètre de soi, ça fait bizarre ! Après, c’est comme un éléphant, tu montes par le côté gauche. Sauf qu’à la place de tenir les renes, tu lui tiens l’oreille et que t’as pas d’étrier alors qu’il est encore plus haut. Et il n’y a pas de selle non plus. Bon vous l’avez compris, c’est un peu la galère, chacun fait comme il peut ^^.

Ensuite, il faut vite choper l’autre oreille, parce qu’il n’y a pas besoin de lui demander de se relever. Une fois que le paquet est monté, il se remet debout de suite. Donc vaut mieux rapidement trouver l’autre oreille pour s’agripper.

Il nous laisse quelques minutes à 2,5 mètres de haut avant de nous laisser redemander à l’éléphant de bien vouloir se rasseoir pour qu’on puisse retrouver la terre ferme.

 

Etape suivante : Le diriger. Y’a pas de rênes, pas de volant et il ne comprend pas le français. Ça s’annonce rigolo aussi. Alors pour le faire avancer : Il démarre quand on lui dit Paï et qu’on lui titille les 2 oreilles en même temps avec les pieds. Pour tourner, il faut dire Kwaï. Si on veut aller à gauche, on serre la jambe gauche autour de son cou (je vous rassure on ne l’étrangle pas, son cou est un tout petit peu plus gros que nos jambes…) et avec la jambe droite, on lui titille l’oreille droite. On a un peu l’impression de fonctionner en sens inverse quand même… Mais en fait, en avançant son oreille droite, ça lui fait tourner la tête à gauche et il va là où il regarde…

Enfin, pour l’arrêter (oui c’est bien de savoir démarrer, mais c’est comme une voiture, vaut mieux apprendre à freiner avant d’accélérer), il faut dire « how ». Hop, on emmène notre petit éléphant faire un tour d’arbre, s’arrêter et repartir dans l’autre sens. C’est bon. On est paré.

C’est l’heure de manger, on file à table. Le centre est vraiment super : Même la nourriture est délicieuse ! On aura même de l’ananas bien frais en dessert. Miam.

Après, on a le droit à une pause dans les hamacs, mais il faut mettre la tête dans un sens (il y a un temple à un endroit, il ne faut pas lui montrer nos pieds). Maintenant, je peux dire que j’ai fait une sieste dans un hamac à côté d’un troupeau d’éléphants. Ce n’est pas le genre de phrases que l’on peut dire souvent !

Puis, c’est le moment d’emmener les éléphants faire un tour. S’il n’y a pas de touriste, c’est le mahout qui emmène l’éléphant en balade. Dans tous les cas, c’est comme un toutou, il aime bien aller faire un tour. On va donc nous attribuer des éléphants pour notre balade. Le guide nous aime bien, il aime bien nous taquiner, on est les 2 seules à se marrer tout le temps et il va bien nous récompenser…

Un éléphant monstrueux arrive. Je n’ai jamais vu un truc pareil !! Il est énorme ! A côté, les autres ont tous l’air d’éléphanteaux. « Toi tu vas là, vous 2 vous prenez celui-clà.. «  Il ne reste plus que Léa et moi sur le banc et il nous fait « Bon ben salut, bonne aprem » et fait l’air de s’en aller… ahah. Qui aime bien châtie bien. Le gros monstre, c’est le seul qui reste. Evidemment, il est mort de rire en nous le montrant… Ah oui, c’est impressionnant quand même. Léa monte à l’arrière, je prends le volant. Je ne vous raconte pas la galère pour monter sur un truc pareil, ils ont dû venir nous aider… Quand il se lève, on voit bien le sol s’éloigner. Pendant longtemps. Il est loin le sol… On n’arrive pas à retenir son prénom (c’est du thaï), mais en anglais, son prénom veut dire « big mama »… inutile de demander pourquoi, elle porte très bien son nom…. C’est parti ! Globalement ça se passe bien. Sauf que c’est l’après-midi. Il fait chaud. Pour se rafraîchir, un éléphant commence par battre des oreilles. On se prend des coups toutes les 10 secondes. Quand il fait encore trop chaud, ils prennent leur trompe, ils ouvrent la bouche et dans la gorge, c’est comme les chameaux, ils ont une réserve de 5 litres d’eau. Il vient chercher un peau d’eau. Et un éléphant c’est comme inspecteur gadget : Gadget au brumisateur : Paf tu te prends de l’eau dans la figure. OK, c’est cool ça rafraîchit, il fait plus de 40°C. Par contre, ce n’est pas que de l’eau. Ca a quand même traîné un moment dans la gorge d’un éléphant…

L’éléphant, pour se rafraîchir, il trouve ça aussi super drôle de se recouvrir de terre. Donc nous sommes également recouvertes de terre et avec l’eau qu’elle nous balance, on a les jambes pleines de boue. Donc ce ne serait pas possible d’aller bosser à dos d’éléphants, je ne pourrais pas rentrer en production après. Bon, même si je reconnais que ce n’est pas que la crasse qui m’empêchera d’aller bosser à dos d’éléphants…

A la moitié du trajet, on échange. Je deviens passagère. Je préfère être conductrice. Il a trop de poils cet éléphant. Ils ont des poils bien drus qui piquent le derrière et les mollets… Ces poils leurs servent à sentir s’il y a des bêtes qui se baladent sur eux… Nous on sent bien qu’on est sur un éléphant… Après 10 minutes, je ne sais plus comment mettre mes jambes !

Bon après la rando, tout le monde est bien crado. C’est l’heure du bain. Les mahouts mettent les éléphants à l’eau pendant que poussin nous donne les instructions. Une brosse par personne et un seau par éléphant. Ne pas perdre de brosses, ils en ont à plus de 35 perdues ce mois-ci. Faire attention à ses pieds si l’éléphant se relève. En profiter et s’amuser : Les éléphants adorent le bain. On écoute les consignes mais que d’une oreille, car on regarde les éléphants rentrer dans l’eau. C’est impressionnant ! De vrais gamins !!! Ils balancent de l’eau partout, ils se roulent, ils mettent la tête sous l’eau, ils font des roulades…

On va vers big mama (elle a dû faire déborder l’eau du bain plusieurs fois en y rentrant je pense !), elle s’allonge sur le côté et elle attend qu’on vienne la gratouiller. Une fois de plus, s’il n’y a pas de touristes, le mahout va baigner l’éléphant 2 fois par jour dans tous les cas.

On commence par lui balancer de l’eau pour enlever le plus de terre possible. Après on gratouille, on gratouille. Soudain, on se prend plein d’eau dans la figure… on croit d’abord que c’est un mahout qui nous a balancé un seau d’eau. Non, non, c’est l’éléphant d’à côté. Il nous regarde, met la trompe dans l’eau et nous vise ^^. Il fait ça 2 ou 3 fois et va arroser les suivants ^^. On est allongée sur l’éléphant en train de le gratter… Aujourd’hui, je me suis baignée avec un éléphant !!!!!!!!!!!!!!! Ca dure bien 20 minutes, tout le monde s’éclate !

Les éléphants, ça les nettoie mais ca permet aussi de les refroidir après quelques heures passées au soleil !

Quand ils en ont eu assez, ils ressortent. Nous on file sous la douche. Poussin va nous montrer notre chambre. On s’installe on se douche et on redescend.

Nous ne sommes que 2 d’aujourd’hui à rester 2 jour. Mais 5 autres personnes vont se joindre à nous. Ils ont fait une première journée rafting et feront le lendemain une journée éléphant comme nous avons fait aujourd’hui. Il y a 3 canadiens et un couple suisse allemand. Nous passons la soirée avec eux, notre guide et quelques mahouts qui font les allers retours avec les éléphants.

Nous demandons si nous pouvons revoir les éléphants avant de manger. On nous répond « Oui mais pas trop près, c’est sexy time »…. ?? Sexy time ???

On va voir… un mâle, une femelle… Ah ils font des bébés ^^ c’est ça le sexy time !

Le guide nous apprend qu’il y a très peu de bébés éléphants. Le problème c’est que dès que la femelle a peur elle perd le bébé. Un hélicoptère ou un orage et bim plus d’éléphanteau. Ou alors, si le bébé lui fait mal en sortant, elle se venge en le tuant… Bref, pas simple donc !

Ensuite on mange tous ensemble et on a l’impression de faire une grosse et longue soirée alors qu’à 23h nous sommes tous couchés.

C’est fatiguant ces ptites bêbêtes, ça demande beaucoup d’attention, nous sommes épuisées !

Vivement demain !!!!!!!!!!!

Ju

8 réflexions au sujet de « Comment je me suis retrouvée à prendre un bain avec un éléphant… »

  1. I M P O R T A N T !!!!! Les 607 oui je dis bien les SIX CENT SEPT FOLLOWERS SONT AVEC MOI POUR TE CHANTER DE TOUT LEUR COEUR ET LE PLUS FORT QU’ILS PEUVENT : «  » » » » » » Bon anniversaire Julie » » » » » » »

  2. ….bon, je ne lache pas le fil…D après les reportages que j ai vus, notamment en Afrique, les éléphants vivent en groupe tout le temps avec des regles de vie en communaute. Alors si les humains les separent, n ont ils plus de repères « dits de groupe » d ou l angoisse d être seul ???? pourquoi les asiatiques s en servent comme « bête de somme » et que les africains, eux, les laissent « à l état sauvage…donc en communauté » ? Qui pourrait me répondre à ce sujet ? Ça m aiderait…

    • je ne saurai pas exactement mais sûrement pour les mêmes raisons que nous faisons des chiens nos animaux de compagnie alors qu’ici ils en font des brochettes…. ou pour les mêmes raisons que nous transformons nos vaches en steak alors qu’elles sont sacrées en inde! Le choc des cultures ma pauvre Lucette 🙂
      Bisous

  3. Quelle histoire ! J’en ai appris des choses grâce à toi. C’est vraiment dur physiquement ce travail,et nous,on ose se plaindre. En tout cas,merci pour la leçon et passe le bonjour aux éléphants. Sacrés bêtes.
    Biz
    Nico

  4. L’éléphant mode d’emploi, c’est ce qu’on pourrait dire après avoir lu tous tes commentaires.
    Décidément je suis de plus en plus accro à tes récits!
    Bonne route!

  5. Quelle équipée ! c’est super de pouvoir communiquer de cette façon avec les éléphants ! je ne savais pas que c’était des animaux aussi peureux … ton récit correspond bien à ce que j’ai vu sur les vidéo ! Merci ! ❤

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