Battambang: Un cours de cuisine, visite de l’école de cirque et un quizz…dans les 3 cas on se sent nulles ^^

Hello,

Après notre grosse journée découverte de la veille, un challenge de taille nous attend : Faire 3 recettes typiquement cambodgiennes en seulement 3 heures. Lignac trépigne d’impatience. Nous aussi. On veut du moelleux, on veut du croquant, on veut du gourmand !

Après le réveil à 6h30 hier, réveil à 7h ce matin (ça veut dire quoi grasse mat déjà ????). Je retrouve Léa à la réception et nous filons à la recherche d’un tuk-tuk pour rejoindre les filles en ville. Elles ont rencontré pas mal de français expat, dont notamment un qui tient un bar/restaurant le Madison. Si c’est tenu par des français, tu sais que tu peux y aller, ce sera propre, pas de risque d’intoxication, de tomber malade,… Donc nous y allons.  On les retrouve en terrasse. Un peu ébahie… elle vienne de voir un cambodgien (un adulte) se promener tout nu dans la ville. Alors dans tous les guides, il y a des mises en garde : Ne portez pas des trucs trop courts, des trucs trop décolletés, respectez la culture locale blablabla. Tu fais attention et eux se baladent à poil… Bien bien bien…

Passons… Les crêpes ici sont des vraies crêpes, nous en profitons : Pour changer du riz, nouille, omelette des petit-déjs habituels, nous commandes crêpes bananes nutella. Et pour moi une bonne coco pour accompagner tout ça. Ma coco est choux. Ils ont fait une ouverture en forme de cœur et ont saupoudré le contour de chocolat. Ce sont des petits détails qui font plaisir. Moi j’aime bien qu’on me fasse des ouvertures en forme de cœur dans la coco au réveil ! La crêpe est délicieuse, extra, succulente… enfin, pour vous c’est juste une crêpe habituelle avec un peu de nutella et de la banane. Pour nous c’est LA crêpe. Elle a la forme d’une crêpe. Elle a la taille d’une crêpe. Elle est fine comme une crêpe. Et la pastèque sur le clafoutis : Elle a le goût d’une crêpe ! Incroyable !!!!!!! Le top.

L’heure approche. Ca va être l’heure de notre cours de cuisine. Ah. Un moment très attendu !! Dans 3 heures, nous serons de vraies cheffes. C’est certain.
Nous nous dirigeons vers le restaurant qui donne les cours, le Narry restaurant. Le chef nous accueille et nous donne tout de suite notre livre de cuisine avec lequel nous repartirons. Il nous l’ouvre et nous demande de lire les trois premières « leçons ». Ahah j’adore, j’ai l’impression de me retrouver à nouveau sur les bancs de l’école. Mais les bancs cool hein, pas genre les bancs d’amphi d’équa diff où tu avais peur de repartir borgne à cause des sautes d’humeur du prof… ou les bancs de TP transferts (les emaciens comprendront la douleur dont je parle…). Nous repérons pas mal d’ingrédients que nous ne connaissons pas. C’est pour ça que la leçon commence au marché de Battambang. Mais pas le marché central remplit de touristes. Non. Le vrai marché. Pour les restaurateurs. Le marché immense où nous serons les seules étrangères.

Le cours commence.

« Qu’est ce que c’est que ça ? »

« Facile. Des citrons verts ».

« Perdu, des petites pommes d’ici » Aïe, on commence mal…

« Et ça ? » « Euh… » « La fleur de banane »
Quand il ouvre, nous pouvons voir des bébés bananes qui deviendront de vraies bananes… dans 3-4 mois ! Je pensais que c’était plus rapide que ça… Même si, OK, je ne m’étais jamais posée la question jusque là.

« Et là c’est quoi ? » ah on va enfin avoir une bonne réponse : « Des haricots blancs ! » « Non, des raisins » Hein ??

Pfu, ohlala on est nulle. Mais qu’est ce qu’on se marre. Notre chef prend les choses très au sérieux, il essaie de nous parler le plus possible en français, nous fait sentir pleins de racines différentes.

Après soyons honnêtes, ce n’est pas tout rose non plus. Se retrouver à 9h du matin en train de regarder des poissons agonisés sur une planche, des bassines de tripes, des blocs de sang coagulé, une cambodgienne en train de découper un poulet (Pas découper comme chez nous, genre une cuisse, une aile,… non là elle est en train de vider les tripes pour aller récupérer les rognons, un régal) : Une bassine pour les têtes, une bassine pour les cœurs, une bassine pour les jaunes d’œufs qui étaient encore à l’intérieur, une bassine pour les pattes, une bassine pour les rognons. C’est fou tout ce qu’on peut sortir d’une seule bêbête. Mais après le petit-déjeuner, faut quand même avoir l’estomac bien accroché…

Il achète des piments doux et me tend le sachet. Puis nous devons acheter du lait de coco. Rien à voir avec nos petites briquettes de supermarché. Là, on va voir la cambodgienne : « Bonjour, 1 L de lait de coco s’il vous plaît ». C’est parti : Elle prend des cocos (les mêmes que chez nous), les ouvre, met en marche une première machine qui permet de récupérer toute la coco à l’intérieur sous forme de copeaux/poudre dans une bassine. Ensuite, elle prend la bassine, va vers une deuxième machine : Elle vide le contenu, met en marche la machine… et PAF ça fait du lait de coco. J’ai l’impression de me trouver devant une vache robot. Avec les filles nous sommes en extase devant ces 2 machines. Le chef doit se dire qu’il ne faut pas grand-chose pour nous impressionner !

La cambodgienne verse le contenu de la bassine dans un sac plastique, fait un nœud et hop nous avons notre litre de coco.

Nous repartons au restaurant, il est temps de passer aux choses sérieuses.

Première impression en voyant la cuisine : On peut venir manger des crudités et des salades de fruits ici, c’est tellement propre qu’on pourrait dormir par terre. Même Mymy, la reine de la propreté, est épatée ! C’est dire !

C’est trop drôle, nous avons chacune une table, un tabouret et notre nécessaire de cuisine. Nous prenons un joli tablier. Nous sommes une classe un peu dissipée, nous avons beaucoup de mal à nous retenir de rire. Faut dire aussi que ce n’est pas facile avec notre chef qui a mis un tablier rose Hello Kitty… Il nous parle en français mais ses expressions nous font beaucoup rire « Couper…. Petit-petit ! »

Il est très directif, on se croirait vraiment dans une cuisine de restaurant (bon c’est un peu le cas…), nous on s’exécute. Vous savez la folie dont parlait Gad Elmaleh quand t’es chez Ikéa ? Tu sais, une fois que tu prends le mètre, il te vient une maladie bizarre où tu veux tout mesurer… Il nous arrive un peu la même chose, on veut tout découper !! Mymy frôle l’hystérie « Quand est ce qu’on découpe encore ? », nous l’arrêtons plusieurs fois : « Mymy, c’est bon, il a dit de couper 4 fois, il n’a pas dit de faire des miettes… »

Nous commençons par la leçon numéro 1 (fou rire forcément, il se prend vraiment au jeu c’est trop drôle « Première leçon, ouvrez votre cahier ») : Amok fish, LA spécialité cambodgienne, du poisson au lait de coco cuit à la vapeur dans des feuilles de banane…un délice ! Nous coupons plusieurs racines. Des mini-bouts. Voire des micro-bouts. « C’est tout ?? »

Une fois que nous avons tout mis, nous versons le tout dans le mortier, et c’est parti, il nous demande d’écraser pendant 10 minutes. On s’exécute. Il revient 5 minutes plus tard et nous regarde un peu dépité « AH non mais là, va falloir écraser plus fort sinon ce n’est pas 10 minutes qu’il va vous falloir mais une heure ». Compris chef. Désolée d’être des brêles chef.

En plus, nous faisons des photos et des vidéos toutes les 5 minutes… des fous rires… des pauses parce que 10 minute à écraser par 35°C, c’est fatiguant…. Bref, top chef ce ne sera peut-être pas pour cette année…

Je finis la première. Ahah je suis donc la brêle la plus rapide. Eh oui, on se console avec ce qu’on peut !

Quand il sort le poisson, nous sommes soulagées de voir qu’il est déjà mort, vidé et coupé ! Ouf ! ça me rassure parce que la leçon suivante ce sont des nems au porc, je ne voudrais pas avoir à égorger et vider le cochon pour ma leçon… La troisième leçon c’est le bœuf lok-lak, encore pire, si je dois tuer un bœuf, nous ne sommes pas sorties de l’auberge ! Donc ouf, c’est tout bon, je me contente d’apprendre la cuisine aujourd’hui, la chasse ce sera pour un autre jour, y’a déjà assez de boulot comme ça !!

Ce qui est génial avec ses recettes, c’est que non seulement on apprend à les faire donc on voit les méthodes de cuisson,… mais il propose aussi d’autres ingrédients pour quand nous serons en France. Un exemple : pour faire cuire le poisson, nous devons faire des bols avec des feuilles de banane (C’est atelier poterie pendant atelier cuisine…). Bon… dans le pays de Gex vous imaginez bien que les feuilles de banane ça ne court pas les rues… ouf, sauvée on peut les remplacer par un bol en céramique. Pareil pour les nems, il met du taro, mais nous pourrons le remplacer par de la patate douce,…

L’atelier bol en feuilles de banane nous a beaucoup fait rire…et galérer. Il te file 2 feuilles de banane, il coupe quelques cure-dents en 2 et vas-y débrouille-toi, faut que ça fasse un bol. Il nous félicite (ou veut juste être sympa et nous encourager) : lui a mis plusieurs années à faire de beaux bols et nous du premier coup c’est pas si mal. Ou alors… on était tellement nulles en cuisine qu’on est finalement moins nulle en atelier sculpture et ça l’a soulagé de voir que nous n’étions pas bonnes à rien ^^.

La dernière étape c’est faire chauffer le lait de coco avec un peu de maizena pour l’épaissir. Je trempe mon doigt dans le lait de coco. Décidément rien à voir avec nos briques, c’est un vrai délice, c’est léger…hum. Je me demande quel goût pourra bien avoir mon amok fish une fois que j’aurais mis notre lait de coco bien lourd et mis le tout à cuire dans un bol…

Pour les nems, je suis une star comme j’ai déjà appris à les rouler à Sapa chez les Dzaos ! Les nems n’ont plus de secret pour moi et franchement, c’est super simple. La cuisson est assez drôle. On remplit une poêle d’huile (Oui ce n’est pas le plat le plus léger du monde, Dukan ferait une syncope en voyant ça). On met sur le feu. Pour vérifier si c’est assez chaud, on trempe un bout de nem. Si ça fait des bubulles, c’est bon. Et ensuite, on ne plonge pas les nems comme des sagouins dans l’huile. Non, c’est tout un art de faire frire des nems !!! Il faut délicatement le faire glisser sans le pousser depuis un bord de la poêle (j’allais dire un coin… mais c’est dure de trouver un coin dans un rond… bravo Julie). Puis les suivants, on les insère par le même endroit, donc ça pousse le nem précédent. On finit par avoir une ligne de nems. Ensuite, il faut les tourner quand ça devient brun. Il faut les tourner régulièrement jusqu’à ce qu’ils soient bien bruns des 2 côtés. Quand on les sort, il ne faut pas juste les poser en vrac sur un sopalin. Il faut d’abord les laisser se vider de leur huile au-dessus de la poêle, puis les poser verticalement sur le sopalin pour que l’huile continue de s’écouler le plus possible. Gras, mais pas fou quand même le nem !

Notre troisième leçon est donc le bœuf lok-lak, plat traditionnel où nous découvrons avec stupeur qu’un des ingrédients est… du ketchup !!!!

Nous finissons dans les temps (bon ok il nous a quand même un peu aidées et pressées à la fin…) et repartons avec une magnifique assiette ! La classe mondiale, nous sommes fières comme…. Comme…. Je ne sais pas comme quoi, mais nous sommes super fières !

Nous allons tranquillement déguster tout ça. A chaque bouchée, nous nous auto-félicitons. Heureusement que nous n’avons mis que des micro-bouts de racine dans le poisson car il est déjà très relevé !

Ensuite, il est temps de retourner au cirque ! Les enfants y sont les après-midis et nous aimerions voir comment ça se passe.

Je ne vous raconte pas la claque que je me suis prise… Il y a 3 petites filles qui prenaient un cours de trapèze. Peut-être avaient elles une dizaine d’année. Ce sont des élastiques. Et la prof montrait une figure, elles refaisaient la même juste derrière. Et pas forcément des figures faciles… A un moment, j’ai eu un espoir. La prof a montré le double tour (A part ma prof de trapèze, ma tourte bis et ma  blonde personne ne comprendra mais bon en gros c’est une figure très compliquée), figure que je n’ai jamais réussi à passer et ce n’est pas faute d’avoir persévéré. Elles n’y arrivent pas. Bon ça me rassure quand même. Mouais… en fait elles n’y arrivent pas les deux premiers essais. La troisième fois ça passe. Ne bougez pas, je reviens je vais chercher une poutre pour me pendre !!

Le jonglage n’en parlons même pas. Leur prof est un expat français… il est écœuré. Il y a 3 jongleurs d’une dizaine d’année qui ont un niveau incroyable. Il arrivent à faire des choses que le prof n’arrive pas à faire. Je pense honnêtement qu’ils ont le même niveau que mon prof à l’époque. Ils passaient des figures que je n’avais jamais vu. Pour rigoler, hop il monte sur les épaules du copain et entame un passing… Ecœurant je vous dis !

A la récré, je sors rejoindre les filles qui sont épatées par les infrastructures. C’est immense, tout est très bien équipé. Il y  a une salle informatique avec un prof. Une librairie avec des tonnes de livres en français et en anglais. Franchement, ça fait rêver de pouvoir grandir dans un environnement pareil !

Nous allons voir les petits au jardin d’enfants qui se prennent tout de suite d’affection pour nous et essaient de nous apprendre quelques mots en khmer. Ils veulent que nous les prenions en photos et demandent à voir les photos ensuite. Ils ont des sourires… inoubliables !

Après 2 heures à tourner, nous retournons voir notre tuk-tuk et nous rentrons à l’hôtel. Ce soir, c’est soirée quizz culture générale. Nous formons une équipe de choc avec 3 françaises (Ju, Mymy et moi), une suissesse (Léa) et 2 québécoises (Stéphanie et Camille). Nous sommes 4 bilingues et pourtant… impossible de comprendre les questions ! Il a un accent… nous ne comprenons rien. Heureusement, il y a un prix pour les premiers, les derniers et le meilleur nom d’équipe. Nous donnons tout sur le nom d’équipe, les French fries. Et nous donnons tout pour finir dernière. Ce n’est pas passé loin, mais je nous ai plombé quand j’ai trouvé la réponse d’une question… qui nous a valu un point bonus tellement c’était dur.

La question ? Qu’est ce qu’on jette du haut de toits en Inde durant une cérémonie… ???

J’attends vos commentaires^^ et je vous posterai le lien de la vidéo demain (Ne trichez pas^^). Oui j’ai honte de connaître la réponse. Les filles ne me croyaient pas. C’était bon, résultat : Un point, plus un point bonus et on se retrouve avant-dernière ! Et mince !

Heureusement, nous avons gagné le prix du meilleur nom de groupe ! Ouf, l’honneur est sauf !

Demain : départ seule en bateau pour Siem reap.

Les filles restent un jour de plus pour aller visiter une école reculée et me rejoindrons en bus le lendemain. Le bus met 3 heures et coûte 3,5$. Le bateau coûte 20$ et met 4 heures en période humide… et entre 6 à 12 heures en saison sèche. J’aime quand ça se complique et surtout j’ai l’habitude de ne pas savoir quand j’arrive. Il paraît que c’est la plus belle croisière à faire au Cambodge (quand je dis croisière j’envoie du rêve alors que ce n’est pas tout à fait ce genre de bateau…)

Avant d’aller me coucher, je réserve un hôtel pour le lendemain à Siem reap, ça permet d’avoir le pick-up gratuit à la station de bateau. Comme le bateau arrive assez loin de la ville, c’est une bonne économie ^^.

A demain !

Ju

6 réflexions au sujet de « Battambang: Un cours de cuisine, visite de l’école de cirque et un quizz…dans les 3 cas on se sent nulles ^^ »

  1. coucou ma tourte, ouhlala cela fait des année que je n’avait plus penser à ce fameux double tour, rien que d’y penser plusieurs sons me viennent a l’esprit : Aie , aie, aie, ouille ou même grrrrrrrrrrrr….Bon Faut dire que nous à l’époque après 2 essais de double tours il nous fallait bien 10 minutes de tannage sur le tapis en dessous avant de retenter autre chose !
    Sinon c’est toujours un plaisir de lire tes aventures (ou mésaventure), je vois qu’avec le temps tu es toujours aussi bonne conteuse de tes histoires vécues.Bonne route .bises

  2. Réponse à ta question piège : de l’urine de vache sacrée ? il me semble que j’avais vu ça quelque part 😀 mais je ne suis pas certaine

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