Recueil de nouvelles du paradis: Deuxième partie

Droguée au shake

Lors du deuxième jour sur l’île, Elena nous dit avoir goûté un shake : Excellentissime. Au début, nous hésitons : Y’a de la glace, du lait,… pas terrible tout ça dans un pays comme le Cambodge. Mais bon, nous finissons par craquer : Ici, c’est l’eau de la source de l’île qui est même bue par les habitants, c’est que ça doit être meilleur que sur le continent non ?

Nous nous dirigeons vers le stand indiqué par Elena : Nous commandons un banana shake à la cambodgienne. Rien que de la regarder faire le shake, nous sommes impressionnées ! Elle arrive à ne jamais toucher les fruits autrement qu’avec le couteau. Plus tard, nous serons même en admiration lorsqu’elle enlève en quelques secondes avec la pointe du couteau tous les pépins dans la pastèque…

Elle coupe plusieurs bananes qu’elle met dans le mixer. Elle ajoute un peu de coco en poudre, du lait, du lait concentré, de la glace pilée et c’est parti… Elle dose parfaitement. Elle remplit à ras bord tous nos verres et le shaker est vide… C’est un métier ça ! Pas de gaspillage !

Une paille, nous lui tendons un dollar et c’est parti… Première gorgée… Pfoua ! C’est frais, c’est fruité, c’est sucré. Je ne saurais vérifier mais je pense qu’on devient plus vite accro à ces shakes qu’à n’importe quelle drogue ! La première gorgée est un vrai shoot à chaque fois !

Le mieux ? Ça marche avec n’importe quel fruit !! Banana shake, mango shake, mélange de fruits (mon préféré : Ananas, mangue, fruit du dragon, banane…. MIAMMMMMMMMMMMMM en plus avec le fruit du dragon, celui là est rose pétant!)

Vous l’aurez compris, une bonne partie de notre budget sur l’île sera parti en shake. Impossible de se retenir, impossible de lutter… et entre nous… pourquoi se retenir ??

Ses salades de fruits étaient aussi un délices. Les pastèques, l’ananas,… une explosion de saveur à chaque fois. De vrais moments de bonheur intense pour nos papilles. Il n’y a pas de raison pour qu’il n’y ait que nos yeux qui soient au paradis !!

 

Retour à l’état animal au paradis

Cette île a quelque chose d’incroyable… très rapidement, on se rend compte qu’on a besoin de rien pour être bien. Rien.

J’ai envie de dire heureusement…

Vous voulez de l’électricité ??

Pas de bol, il y a de nombreuses coupures à répétition (et pas des micro-coupures…) et l’électricité est coupée la nuit.

Vous voulez le wifi ?

Quand il n’y a pas d’électricité, il n’y a pas de wifi. Et quand il y a de l’électricité ?? Essayez si vous voulez, mais vous allez vite vous lasser ^^.

On oublie bien sûr tout ce qui est téléphone, télévision,… Pas non plus de machine à laver, mais on n’est pas bien là avec une bassine sous un palmier ? (et en même temps, vous n’aurez pas souvent de linge à laver… éventuellement les restes de votre vie d’avant dans le monde réel)

Vous voulez une voiture ? une moto ? un vélo ?

Bon courage… Ça ne vous mènera nulle part. Vous n’aurez que vos pieds pour vous porter. Le béton n’est jamais arrivé jusqu’à l’île, les routes, chemins, pistes cyclables non plus. Donc les moteurs peuvent rester sur les bateaux.

Vous voulez des chaussures ?

Ne vous inquiétez pas, vous allez vite changer d’avis. L’île est recouverte de sable, vous vous lasserez vite de les enlever pour vider tout le sable…

Bon du coup, vous pensez à des tongs ?

Mouais. Je vais vous faire gagner du temps (et sûrement une paire de tongs) : Le sable est mou sur les trois quarts de l’île. Avec des tongs, pas très pratique…

Vous voulez investir dans de l’immobilier ? Construire une maison ?

OK. Si ça vous amuse. Mais à quoi bon ?? Si vraiment vous voulez vous cacher, aller prendre 3 branches dans la forêt pour vous faire une cahute. Mais sinon, un hamac, une tente ou un bungalow sur pilotis feront bien l’affaire non ? Comme rien n’est fermé sur cette île, il est aussi possible de dormir sur les transats, sur les poufs, sur les canapés dans les bars et restos,… Non vraiment, ça ne sert à rien de s’embêter…

Oui mais si je n’ai pas de chez moi, je fais comment pour les sanitaires ??

Rien de plus simple. Allez à n’importe quel bar/resto/hôtel (C’est un combiné à chaque fois sur cette île…). « Bonjour je voudrais prendre une douche » « Oui c’est par là »…

Et ma garde-robe je la range où alors ??

La garde quoi ??? Ne venez pas avec une valise, vous n’allez même pas l’ouvrir… Un maillot de bain, ça ira très bien. 2 si vous voulez faire les fashion victimes.

Une serviette ?

Ça ne sert à rien.. vous serez sec en 2 secondes en sortant de la douche ou de la mer. Et c’est quand même plus agréable de sécher au soleil dans un hamac qu’avec une serviette râpeuse non ?

 

Vous l’aurez compris. Sur l’île, il n’y a rien mais en même temps, vous n’aurez besoin de rien…

Un coup de barre ? Choisissez votre hamac. Ou votre transat. Ou sinon y’a juste un lit géant qui s’appelle la plage sur des kilomètres. Vous trouverez bien un endroit.

Une fringale ? Les plus téméraires vont pêcher leur poisson (oui oui !). Sinon, riz, nouilles sautées,… des plats excellents et si on sait où aller pour un dollar, on a trop à manger (heureusement, il est possible d’emporter les restes… donc avec un dollar on peut faire 2 repas)

Une petite soif ? Levez les yeux et choisissez votre coco…

 

Voilà. Au final, on se retrouve en maillot à savourer…

Si vous pensez avoir besoin d’autre chose, prévenez-moi, je vous dirai comment vous en passer…

 

La ronde infernale des bungalows

En sortant du bateau, nous trouvons tout de suite le lieu parfait pour dormir : des bungalows à partir de 15$ la nuit (nous dormons à 4 dedans, je vous laisse faire le calcul…on va pouvoir faire des économies au paradis !).

Sauf que… nous sommes en haute saison et que bien sûr nous n’avons rien réservé (sinon on ne serait pas de vraies aventurières^^) et que nous ne savons pas combien de temps nous restons… Bon à priori, ce sera minimum 4 nuits.

Pour le premier soir, il n’y a qu’un bungalow à 20$. Le bungalow 15. Le lendemain, nous pouvons changer pour un à 15$. Nous partons là-dessus.

Nous nous apercevons après que le check-out est à 9h… Grr !

Bon. Nous nous installons dans ce bungalow 15 sans trop nous éparpiller : Demain matin, il faut déguerpir au réveil. Ce que nous croyions. En fait le réveil est bien avant 9h : Ils construisent un dortoir à Coco et à 7h tout le monde est déjà au travail donc dur de dormir en étant en face du chantier…

Le lendemain, on remballe. On pose les affaires à la réception et on file déjeuner en attendant que notre nouveau bungalow, le 2 cette fois, soit nettoyé et disponible. L’allemande avec laquelle nous petit-déjeunons nous dit d’essayer de changer, que les bungalows 1 et 2 sentent la nourriture nuit et jour comme ils sont à côté de la cuisine (enfin l’endroit où y’a un toit en paille et où ils font cuire des trucs en dessous. Appelez ça comme vous voulez…)

Nous posons la question. Evidemment, c’est complet. Tant pis, nous nous installons dans le bungalow 2. Verdict ? nous n’aurons jamais senti les odeurs de cuisine…

C’est dans celui-ci que nous allons passer la moitié de notre séjour. Mais lorsque nous allons vouloir prolonger à nouveau nos vacances sur l’île, le bungalow 2 est déjà booké. Mais… le 5 est disponible…

C’est parti, nous continuons notre tournée des bungalows à Coco !

Bien évidemment, nous voulons à nouveau prolonger… mais le 5 est déjà booké et le 2 aussi. On nous propose le 8. Ahah, je peux vous faire un comparatif des bungalows à Coco ! Sauf que nous n’irons jamais au 8… Vous comprendrez lors du récit de la journée infernale…

Si vous vous rendez à Koh Rong, préférez Monkey Islands pour l’hébergement et pour la nourriture… Et allez camper une nuit à la plage de 4 km ^^. Mémorable pour les planctons !!!

 

A quoi ressemble une soirée au paradis ?

Une soirée au paradis, c’est quoi ? Chaque soir, c’est same same but different !

On commence souvent par un barbecue et un happy hour les pieds dans le sable, la tête sous les étoiles et bercé par le bruit des vagues… Oui ça commence mal !

Une fois lassé, il suffit de faire quelques mètres pour aller faire un tour au seahouse, un bar sur pilotis avec des hamacs, de la musique,… En général, la soirée continue ensuite au bar Bunna (Jacky : mon barman a quitté l’île en même temps que moi !). Une partie de beer pong. Un peu de musique. De belles rencontres. De beaux fous rires. Souvent on file faire un tour de nuit sur la plage, on va profiter de la musique dans les vagues (Oui tout est au bord de l’eau… ça change de danser dans les vagues !)

Puis, il est 2 heures, le bar ferme. Mais ce n’est pas terminé. La meilleure partie arrive. Quand je dis qu’il faut juste être en maillot sur cette île..

Donc le bar ferme… « Bon on va voir les planctons ?? »

Pour ceux qui ne connaissent pas, en temps normal on connaît le plancton en tant que gueuleton des baleines. OK super, ça vous fait une belle jambe. Pourquoi aller voir les sandwichs des baleines au milieu de la nuit ? ..Car le plancton est fluorescent…

Alors c’est parti… vous prenez les lampes torches, vous faites le trek de 20 minutes dans la jungle au milieu de la nuit pour rejoindre la plage de 4 km (là où c’est le plus impressionnant pour les planctons). Vous éteignez les lampes torches, appareils photos,… vous entrez dans l’eau et vous agitez l’eau… Et là, ça devient magique ! Vous vous retrouvez entouré de centaines… de milliers de lucioles ! En marchant dans l’eau vos jambes s’éclairent… Vous arrosez votre voisin ? Le ciel se met à scintiller ^^. Plus vous faites de remous, plus ça s’éclaire autour de vous…

Bien sûr on est loin des côtes et il n’y a pas de lampadaires sur l’île. Donc en levant juste les yeux au ciel c’est pas mal non plus…

Pour ceux que ça intéresse, il s’agit là d’un phénomène de défense de la part des planctons : Avec les remous, ils pensent se faire attaquer et se mettent à scintiller pour perturber leur prédateur…

Vu que je me retrouve comme une gamine de 4 ans à barboter de plus en plus fort dans l’eau, je me dis qu’ils ont dû avoir la trouille de leur vie les pauvres…

Voilà… c’est une soirée normale au paradis…

 

Qui veut des lunettes ??

Bon vous vous rappelez quand j’ai dit qu’il n’y avait besoin de rien sur cette île à part de votre maillot ? Je me suis peut-être un peu emballée… Oui en fait il y a un gros problème : Le sable est beaucoup trop blanc, ça fait mal aux yeux (Dur je sais, on n’est vraiment tranquille nulle part…) : Il faut aussi des lunettes. Sauf que moi les miennes se sont cassées dans mon sac. Justine pareil. Mymy pareil.

Bon, ça ne doit pas être dur de trouver des lunettes sur une île non ?

On va au shop… Chapeaux. Crème solaire. Anti-moustiques. Gâteaux en tout genre. Pas de lunettes. Aïe. Et c’est pas comme s’il y avait 50 shops sur l’île ou un supermarché à proximité ou un vendeur sur la plage pour venir vous casser les pieds. Non… rien de tout ça.

On en parle à Andrew (L’australien de la sunshine coast !). « Vous voulez des lunettes ? Mais pas de problème ! Tu vas à un bar, tu dis j’ai cassé mes lunettes, est ce que vous en auriez trouvé que vous pourriez me donner ? Moi ça fait 3 paires que je récupère comme ça, tout le monde oublie ses lunettes à la plage, au bar, au resto,… ».

OK. Certes. Ça paraît cohérent. Avec Mymy, on tente. On va au Monkey Island :

« Bonjour, nous avons cassé nos lunettes, nous voulions savoir si peut être vous en auriez trouvé que vous pourriez nous donner ».

Un moment de silence… il n’est pas sûr de comprendre…

« Mais si quelqu’un a perdu ses lunettes, ce ne sont pas les vôtres, je ne vais pas vous les donner, s’il revient les chercher ?? » Certes… Ça paraît cohérent aussi…

Mais bon, on va devenir aveugle avec ce sable blanc comme neige ! Mymy essaie une autre méthode : La tournée des bars/restos en disant avoir perdu une paire de ray ban (des fausses bien sûr, il n’y a que ça sur l’île) et demandant si elles ont été trouvées…

Ça ne marche pas, mais un bar finit par lui donner une vieille paire de lunettes qui a été retrouvée il y a tellement longtemps que le propriétaire est déjà très loin. Et de une.

Puis, lorsque nous allons voir Harti, dans tout son bric-à-brac en vente, il y a des paires de lunettes qu’il a retrouvées sur la plage qu’il vend pour 2$. Les filles trouvent une paire potable. Et de 2.

Puis, comme Andrew a eu droit à plusieurs paires avec sa technique qui ne marche que pour lui, il m’offre une des paires : De fausses ray ban léopard trop grandes pour moi. J’ai la méga classe. Afflelou peut aller se rhabiller avec sa paire à 1 euro ! Et de 3.

Nous n’avons pas de style mais au moins nous garderons nos pupilles intactes ^^.

 

 

En mode SDF au paradis

Nous avons remarqué que chaque semaine, nous avons droit à une journée infernale. C’est comme ça. Nous ne pouvons rien y faire. La semaine dernière, c’était lorsque nous avons voulu à phu quoc et que nous nous sommes retrouvées coincées à Rach Gia vous vous rappelez ?

Nous passons 7 jours sur l’île. Nous aurons donc droit à notre journée. Mais au paradis… ??? Qu’est ce qui peut bien aller de travers ??

Mais tout ma pauvre Lucette ! Quand tout fout le camp, tout fout le camp !!

Alors que s’est-il passé ce jour-là ?

 

C’était un matin comme les autres. Moi je file retrouver Andrew et Kaisa qui repartent aujourd’hui (Normalement parce que depuis que je les connais ils doivent partir…). Jusque-là rien d’anormal.

Sauf que… Quand je reviens quelques heures plus tard, je vais demander la clé à l’accueil et le type me répond « Mais vous n’avez plus le bungalow, vous avez fait le check-out ce matin »… pardon ?? Nous sommes censées rester ce soir dans ce même bungalow puis rechanger pour 2 nuits pour un bungalow à 15$… Mais il me montre les sacs, dont le mien… Je n’y comprends rien. Est-ce que les filles ont décidé de partir aujourd’hui ? Je suis perdue… Bon, je ne les trouve pas. Je vais rejoindre Isaac (un anglais, le barman du Bunna) et nous filons à la plage. A 16h, je guette l’embarquement : Les filles n’y sont pas. Bon. Je ne comprends pas… On dort où ce soir ?

Vers 17h, je retourne à l’accueil. Les filles sont là. Mymy est furax. Elle me regarde « Mais il s’est passé quoi là ? Pourquoi on n’a plus de bungalow ? Pourquoi nos affaires elles sont dehors ?? ». Euh. Je suis perdue… « C’est pas vous qui avez fait le check-out ?? » « Non on devait rester cette nuit encore dans ce bungalow ».

Nous filons à l’accueil demander des explications…. Quand nous avons demandé à prolonger pour la n-ième fois, le type de la réception nous a dit que c’était bon. Il a juste oublié de le noter… Du coup, notre réservation n’a pas été prise en compte. Tout est complet pour ce soir, nous n’avons plus de bungalow.

Le pire dans tout ça ? Ce sont eux qui ont sorti nos affaires comme nous n’étions pas là pour faire le check-out (en même temps nous n’étions pas au courant…)… J’enlève la housse de protection de mon sac… et découvre que toutes mes affaires ont été mises en boule à l’intérieur et que le sac est grand ouvert… Nous sommes furax. S’il manque quoique ce soit… qui est responsable ??? Et d’où ils prennent le droit de ranger nos affaires et sortir nos sacs ?

Nous sommes hors de nous, mais le type de la réception n’a pas l’air de plus s’affoler que ça. Pour lui la question est réglée, tout est complet, rien n’a été noté pour notre réservation. L’enquête est bouclée. Super. Il est 17h et nous n’avons nulle part où dormir. Bon je rassure vite les filles : SDF au paradis, il y a pire.

Un soir, je suis rentrée, Elena avait accidentellement fermé le verrou du bungalow en rentrant avant moi, je m’étais retrouvée enfermée dehors, les canapés hyper confortables du Coco avaient largement fait l’affaire. On va trouver des endroits où dormir, c’est sûr. Harti, l’australien de la plage 4 km, loue des tentes. Il m’en a même passé une gratuitement il y a quelques jours pour pouvoir aller nager avec les planctons à la plage de 4 km et dormir sur place ensuite. On se dit que si notre tente est toujours là, c’est gagné. Sinon on trouvera Harti et on lui demandera une nouvelle tente. Sauf qu’il fait nuit. J’ai déjà fait plusieurs fois le trajet dans la jungle de nuit, les filles aussi. Pas de problèmes. Pour Elena c’est une autre histoire… Elle n’avance pas, elle hurle au moindre bruit, elle est vraiment terrorisée la pauvre. A un moment, ça va être la grosse crise de panique lorsqu’un crapaud va se retrouver au milieu de notre chemin… Nous mettons plus de 40 minutes à faire les 20 minutes de trajet… En arrivant, notre tente est toujours là… Je l’ouvre… Il y a des affaires dedans. Mince. Quelqu’un est arrivé avant nous.

Bon, tant pis, nous filons voir Harti… Sauf que la cabane est fermée à clé, il a dû repartir sur Sihanoukville. Bon. Pour la plage de 4km, c’est foutu. Pour nous, pas de problème, on se dit qu’on va aller louer une tente ou autre chose. Pour Elena, c’est la cata. Ça veut dire qu’il faut refaire le trajet dans l’autre sens… Aïe. Je demande à Ju de nous trouver une chanson qu’elle utilise avec les enfants au centre aéré, un air que nous pouvons reprendre toutes ensemble à tue-tête. C’est parti. « ukulélé… avec son panier… ». Ju entonne et nous reprenons avec Mymy. Nous mettons Elena entre nous et entreprenons le chemin du retour à un bon rythme pour qu’elle n’ait pas le temps de trop écouter, réfléchir ou scruter la forêt avec sa lampe… Le trajet du retour se fait en 20 minutes, sans grosse frayeur. Elena nous remercie une fois arrivée ^^.

Elena trouve finalement une place dans un dortoir avec des allemands qu’elle a rencontrés sur l’île (gratuit, c’est juste qu’ils vont se serrer un peu), Isaac me trouve une place dans son dortoir (Comme il bosse ici, ce sont les dortoirs mis gratuitement à disposition pour les gens qui travaillent là). Ju et Mymy vont pour louer une tente sur la plage… Le cambodgien nous fait comprendre qu’il lui en reste une mais que normalement, il ne la loue pas… Ah. Etrange. Nous allons la voir. Effectivement : Les fermetures ne ferment plus… C’est plein de sable à l’intérieur. Normalement, c’est 10$ la nuit, mais il veut bien faire la tente à 5$. Les filles la négocient à 2$. A chaque dollar que nous essayons de négocier, il fait « Oh my buddha ». Nous n’avions jamais entendu cette expression. On se demande s’il n’a pas entendu les anglophones dire « oh my God « et il l’a transformé en « Oh my Buddha » pour lui ^^.

Une fois le marché conclu, il amène un balai à Mymy pour qu’elle puisse virer tout le sable. Il est toujours mort de rire… nous ne comprenons toujours pas pourquoi… Il leur amène un drap, toujours en se bidonnant…

Ensuite, une fois les filles installées, nous nous posons devant la tente et discutons de cette journée de fou. Quand soudain… Nous voyons un couple de cambodgien se diriger droit vers la tente d’un pas bien assuré… Ils rentrent, voient les affaires et ressortent. Nous leur faisons signe que la tente est prise… ils repartent morts de rire. Les filles, décontenancées, viennent de comprendre à quoi servait cette tente… Pourquoi il était embêté de la louer… Pourquoi il était mort de rire tout du long… Tout a du sens…

Du coup, les filles décident de remballer et de dormir ailleurs… En remballant, nous commençons à entendre des cris… Ça vient de l’étage de l’hôtel. Une fille arrive en hurlant, s’effondre à genoux en haut de l’escalier, crie à l’aide, tremble. On essaie de la calmer pour comprendre… Elle nous supplie de monter l’aider, elle et son copain sont très malades… surtout son copain apparemment. Ca a vraiment l’air grave. On monte en courant et on se précipite dans la chambre. Il est allongé sur le lit… ça a l’air d’aller. Elle tremble de haut en bas et n’arrive pas à se calmer ni à s’exprimer…

On leur demande leurs symptômes, ce qui ne va pas… Ils se sentent bizarres. Bon. On leur demande ce qu’ils ont mangé… Un happy cookie chacun (Pour ceux qui ne connaissent pas, un happy cookie, c’est un gâteau avec des trucs dedans pour rendre happy ^^). On leur demande s’ils en avaient déjà mangé auparavant : Jamais. Donc en fait, ils sont en train de nous dire qu’ils ont mangé un happy cookie chacun et ils trouvent ça bizarre de se sentir bizarre… Bon. Nous, on est rassurée, elle était tellement paniquée qu’on s’apprêtait à devoir faire un massage cardiaque. On essaie de leur dire de se détendre et que c’est à priori normal de se sentir bizarre quand on mange ce genre de truc… Bref, on ne peut rien pour eux !

Les filles finissent de remballer et trouveront un bungalow… quelle drôle de journée… heureusement que ce n’est qu’une fois par semaine !!!

 

Les phrases improbables du paradis

Quand on est au paradis, on prononce parfois des phrases… puis on réalise que nulle part ailleurs, nous aurions pu dire ce genre de choses…

« Viens on retourne voir papa. Eddy nous rejoindra là-bas, là il est parti pêcher le poisson pour ce soir » (Mymy à Oscar, un petit cambodgien dont le père est français, il habite l’île et a passé une après-midi avec nous à la plage).

« Quand tes seuls problèmes de la journée sont « quelle plage ? quel hamac ? où acheter ma coco ? » c’est que t’es pas trop mal là où tu es… » (Julie)

« Quelle heure il est les filles ?? 19h ? Ah ça fait 3 heures que je suis assise là sans bouger ? J’étais juste bien, je ne m’en suis pas rendue compte…. Oh non on ne bouge pas, on est bien là » (Justine dans un fauteuil à Coco)

« Pourquoi le soleil se couche ? ah mais c’est pas le matin ? Mince, j’ai oublié de manger » (Julie)

« Quelle heure vous croyez qu’il est ? » « On s’est levée tôt, ça ne fait pas si longtemps il doit être 11h. » « Ah non, il est 17h, il va bientôt faire nuit » (Ju, Ju et Mymy)

« Si j’étais plus fainéante, je crois que je serai morte » (Kaisa)

« Ce soir, c’est mon dernier soir sur l’île je pars demain. Ça fait 5 jours que je dis ça, mais demain c’est la bonne »…le lendemain… » Pfu je n’arriverai jamais à quitter cette satanée île » (Kaisa)

« Euh quel jour on est ?? NOOOOOOOOOON mon visa expirait il y a 2 jours ! » (Isaac…qui a complètement perdu la notion du temps^^)

Quand tu rencontres quelqu’un, tu poses des questions que tu ne poses nulle part ailleurs : « Tu devais rester jusque quand au départ ? »… » et finalement tu penses rester jusque quand ? »

 

J’ai aussi eu une conversation assez drôle avec un français qui venait d’arriver. On se parlait en anglais, je lui demande :
« Tu viens d’où ? » « De France. Et toi ? » « De France »

« Ah tu viens d’où en France ? » « Je suis français mais près de Genève. Et toi ? » « Je suis française mais près de Genève »

« Ah ! Et tu fais quoi là ? » « Un tour du monde, et toi ? » « Un tour du monde »

Bon on va arrêter de se poser des questions, ça ne sert à rien, nous avons toujours les mêmes réponses…

“Nothing can go wrong in Koh Rong” Andrew. (A chaque fois qu’on devait prendre une decision, faire un choix, Andrew nous disait: Rien ne peut mal se passer à Koh Rong…)

« The island penetrates your brain and your heart and consumes you. It consumes you! It consumes your brain, it consumes your heart, it consumes your soul. There is nothing you can do about it. » Isaac. (Quelques heures avant de quitter l’île: L’île pénètre ton cerveau et ton coeur et te consume. Elle te consume ! Elle consume ton cerveau, elle consume ton cœur, elle consume âme. Il n’y a rien que tu puisses faire… Depuis il a réussi à quitter l’île, est de retour à Londres et s’est juré de tout faire pour être de retour pour une durée indéterminée cette fois sur l’île avant la fin de cette année…)

 

La maladie qui nous contamine tous sur l’île

Après 2 jours sur l’île, nous nous rendons compte que quelque chose est en train de changer… Nous perdons la notion du temps. Il est 11h ? Non 17h. Mince, la journée est presque finie… Ou alors, la nuit tombe : « Euh… on a fait quoi aujourd’hui les filles ? ».. Ou alors, le jour se lève, nous sommes pleines de bonnes intentions « On file déjeuner, ensuite on va là, ensuite on fait ça »… Nous allons déjeuner, puis… « Ou sinon, on peut faire tout ça demain »… Finalement, la journée passe et nous n’aurons rien fait…

Jusqu’au jour où nous rencontrons Eddy, un français arrivé sur l’île il y a plusieurs mois et qui n’a plus bougé depuis. D’ailleurs, il n’est pas près de rebouger car il travaille ici maintenant… Nous lui faisons remarquer que c’est quand même compliqué de se motiver ici. Et c’est là qu’il nous fait une incroyable révélation : « Mais vous n’êtes pas au courant de la maladie qui frappe l’île ? Elle contamine tout le monde !!! La flegme !!!!!!!!!!!!! »

Quel fléau ^^.

 

Ju

 

 

 

8 réflexions au sujet de « Recueil de nouvelles du paradis: Deuxième partie »

  1. Que du bonheur!
    Tes récits sont un véritable remède contre la morosité. Ici c’est pas la flemme qui nous attaque.
    C’est chaque fois un bon moment de plaisir quand je te lis. Continue comme ça même si tu a quitté le paradis.

  2. J’adore. J’ai l’impression d’y être. En tout cas,ça a l’air zen comme endroit mais il se passe quand même des petites choses croustillantes. Je sens que ça va être dur de partir de là-bas,je me trompe?…Pourtant,il va bien falloir le faire.LOL.

  3. Oh, ben je dois avoir des ancêtres iliens . . . . .
    J’ai depuis un certain nombre d’années, une flemmingite aiguë dont je n’arrive (ne veux) pas à me débarrasser . . . . 😉 😉

  4. Tu es sûre de vouloir continuer ton tour du monde, Julie ? tu sembles manquer de courage et de motivation … Attention, la flemme est contagieuse même par écrit, pas besoin d’aller aussi loin que dans ton Paradis pour ce faire avoir ! Pourvu que je sois immunisée ! 😉

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