Remake de Titanic à la Baie d’Halong

Bonjour à tous !

Alors, voici le récit de nos péripéties à Halong !

Tout a commencé au réveil à 4h du matin. J’avais réservé un taxi pour 4h30. Jusque-là rien d’anormal. Lucille me prévient : A cette heure-là, ils sont généralement en avance. A 4h20, je vais donc au point de rendez-vous avec tous mes kilos. Personne. Une grosse voiture s’arrête. Ce n’est pas marqué Taxi Hanoï dessus. Le conducteur descend. Il me regarde. Je le regarde. Il me sourit. Je me retourne et continue d’observer les voitures qui arrivent.

4h30 : Toujours rien. Mince. Tant pis, je rappelle la centrale. Une première dame : « Do you speak english ? », “one moment”. Ca veut dire non… Elle me passe une autre dame: “Do you speak english?” « Yes ». C’est un bon début. J’explique mon cas, j’ai réservé un taxi pour 4h30, je redonne l’adresse. « One moment ». Ah. En fait, elle ne devait pas parler suffisamment anglais pour m’aider… Un monsieur me répond, cette fois, il comprend. « Yes, yes taxi coming, five minutes ». OK.

4h40 : Toujours rien. Là, ça commence à m’agacer… Je rappelle. Je retombe sur la première, qui me refile à la deuxième, qui me refile au troisième. Je lui explique que je dois être à 5h à la gare et que c’est dans un quart d’heure. « Taxi coming, 2 minutes ». Elles sont longues tes minutes !! 5 minutes plus tard, il arrive. Il me regarde, je le regarde:  « Train station ! », il me regarde toujours… Pas de réaction. « Train station ». Il me regarde, il sourit. C’est pas gagné. Je charge mon sac, je monte dans le taxi. Je répète « Train station ». Toujours pas de réaction. OK. Je rappelle la centrale. Ca va me coûter cher cette histoire ! Première dame, deuxième dame, troisième monsieur : « Vous pouvez expliquer à  votre chauffeur que je veux aller à la gare ? ». Je lui passe le chauffeur, le chauffeur fait « yes yes » et me repasse le téléphone en souriant. Je raccroche. Le chauffeur panique. Ah. Je comprends qu’il y a encore une question pour laquelle nous avons besoin d’un traducteur… J’ai compris je rappelle la centrale. Première dame : Je lui explique que je veux parler directement au monsieur. Deuxième dame. Dommage, j’aurais essayé. Enfin le monsieur : « C’est quelle gare ? » ah. Je regarde le chauffeur « Lao Cai ». Il a compris, il est content, moi je croise les doigts pour qu’il ait vraiment compris. Martin m’appelle pour me dire qu’ils sont arrivés. OK, si tout se passe bien je suis là dans 5 minutes et je les rejoins au café en face de la gare.

Le compteur du taxi défile. Trop vite. Je sais  que c’est 30’000 dong pour aller à la gare depuis chez Lucille. Le compteur indique 30 et nous ne sommes toujours pas arrivés. Je lui explique « 30 only for the station ! I know it ! » il fait oui oui comme d’hab. Sauf qu’en arrivant on en est à 40 et qu’il est hors de question que je paie 40. Je lui donne mon billet de 50 en me préparant à riposter. Spontanément, il me sort un billet de 20. Chouette, 5 minutes de gagnées !

Je sors du taxi, je remets mes kilos sur le dos, je vais au café. Personne. Evidemment, rien ne se passe jamais comme prévu avec moi, je ne sais pas comment ça se fait… Je rappelle Martin qui me confirme qu’ils sont au café en face de la gare. Je refais un tour. Toujours personne. Je le rappelle. Nous ne sommes pas dans la même rue. Pourtant la gare est minuscule et je ne vois pas d’autre entrée. Je vois le coup que nous ne sommes pas  la même gare. Mais je ne vois pas comment ce serait possible, je suis moi-même arrivée de Lao Cai la veille par cette même gare… Je lui envoie l’endroit où je me trouve par SMS et il me répond de ne surtout pas bouger.

Je finis par le voir et par les rejoindre dans la voiture. Il y a apparemment 2 entrées pour cette gare microscopique qui ne ressemble même pas à une gare.

Nous partons prendre le petit-déjeuner après être passés à l’agence récupérer les papiers pour monter à bord et l’emploi du temps. Ensuite, nous allons acheter quelques trucs à boire pour sur le bateau. Et c’est parti pour 4h de route.
Inutile de préciser que nous avons tous dormi pendant le trajet. Tous, mais à tour de rôle… Le chauffeur n’avait pas l’air en forme et comme nous craignions qu’il ne s’endorme, on le surveillait. On a d’ailleurs failli rentrer dans un camion… et dans une moto. Mais non maman ne panique pas, j’aurais aussi pu prendre un taxi à Sauverny et tomber sur un chauffeur qui travaillait 23 h sur 24h, doublait les véhicules par la droite, frôlait les motos, téléphonait… et tout ça entre 2 bâillements.

Les villages traversés sont très jolis, l’architecture est différente par rapport à Hanoï. Mais les maisons sont toujours aussi étroites : Si les façades font plus de 3 mètres de large, les propriétaires doivent payer un impôt. Elles ne peuvent pas non plus dépasser une certaine hauteur (Je crois que j’avais lu qu’à l’époque c’était pour ne pas voir plus haut que le roi ou quelque chose de ce genre). Du coup, elles sont extrêmement longues pour compenser. Les façades sont très colorées et nous croisons de multiples rizières et champs avec des travailleurs vietnamiens portant leur chapeau pointu.

Nous arrivons vers 11h au port. Il nous reste une heure avant que la jonque n’arrive à quai, nous partons faire un tour au marché d’Halong. Très mignon ce marché ! Nous croisons des concombres de la taille d’une buche, des beignets au poisson excellents, des pharmacies locales (des bouts de porcs macérés dans une bouteille, des étoiles de mer séchées,…), des stands entiers de poissons séchés. Encore différent des marchés de Bac Ha et Cam Cau.

A midi, nous repartons vers le quai et nous prenons quelques photos des premières formations karstiques en attendant que la jonque ne se mette à quai. Une jolie jonque traditionnelle tout en bois. Nous montons à bord et nous échangeons rapidement nos pantalons, pulls contre des shorts et débardeurs. Et les tongs héhé. Pour moi, c’est tenue été numéro 1 (je n’en ai que 2… ça ne va pas être très varié sur les photos !). J’ai encore l’impression qu’une nouvelle partie de mon voyage commence. Vous allez me lyncher, mais pour la première fois après un mois d’aventure, j’ai vraiment la sensation d’être en vacances !!!! Il fait beau, il fait chaud, je suis sur un bateau sur la mer dans un cadre enchanteur avec des gens super sympas. Je ne saurais quoi demander de plus…

C’est parti, nous quittons le quai. Nous montons en terrasse nous installer sur les transats et nous commençons à photographier tout ce qui passe en bons touristes qui viennent de monter sur un bateau au plein coeur d’un site classé au patrimoine de l’UNESCO… Monique redescend près de la proue. Après quelques minutes on l’entend hurler : « il fonce dessus ! stop stop STOPPPPPPPPPPPPPPP ! » On se retourne tous. La jonque fonce droit sur une énorme bouée. Mais pas une bouée en plastique, un gros truc en métal…. Nous ne sommes qu’à quelques mètres. Nous nous mettons tous les 4, tous en chœur à hurler « STOP STOOOOOOOOP STOOOOOOOOOOOOP ». Sauf que le capitaine est en train d’envoyer des textos. Il n’a rien vu…. Et là, c’est le drame… BAM ! Nous passons droit sur la bouée qui heureusement à la bonne idée de se coucher… Inutile de dire que nous sommes furax tous les quatre…. Il n’y a rien à des mètres à la ronde, la bouée était juste énorme, comment il a pu ne pas la voir ??? Ça laisse une idée depuis combien de temps il n’avait pas levé les yeux de son téléphone. Ca laisse aussi une idée de ce que les gens ont pu ressentir sur le Titanic en voyant l’iceberg droit devant!

Bernard appelle l’organisateur de leur séjour pour lui dire que nous avons eu un gros problème de sécurité 5 minutes après le départ (En plus que le ménage n’ait pas été fait entre les derniers occupants et notre arrivée).

Quelques minutes plus tard, nous reprenons le capitaine en train de textoter. On lui fait comprendre que quand même, de temps en temps, ce serait cool s’il pouvait regarder un peu devant lui…. Surtout qu’ils n’ont même pas vérifié l’état du bateau, ils continuent comme si de rien n’était…

On arrive près d’un village flottant. Enfin un village flottant abandonné plutôt. On s’en approche. On se dit qu’ils vont ENFIN vérifier l’état du bateau. Mais non. Nous nous arrêtons faire le plein d’eau avant de partir au fin fond de la baie.

L’agence de voyage nous rappelle peu de temps après et nous propose d’aller sur une jonque plus grosse. 4 cabines. Bon, on hésite, mais on se dit que si on doit refaire nos valises, rechanger de bateau et repartir, on va perdre un temps considérable.

On s’enfonce dans la baie. Le paysage est magnifique. Il y a des formations karstiques tout autour de nous, nous nous éloignons de plus en plus des autres bateaux. Nous attaquons le repas dans ce cadre enchanteur. Plusieurs coquillages bien frais et bien sûr du riz bien collant. Nous nous régalons. Nous finissons avec la mangue du marché et des oranges. Nous allons prendre le thé sur la terrasse. Avec le vent, il fait un petit peu frais. Ils ressortent pantalon et petite laine. Moi je vais lutter jusqu’au dernier moment. L’hiver est terminé pour moi et pour un bon  moment, pourtant je veux en profiter. Après la neige, le froid, les -37°C de Sibérie, -10°C de Pékin, Saint-Pétersbourg, Moscou et les nuits glaciales sans chauffage que j’ai passées à Sapa, Bac Ha et Shanghai, je crois que je savoure d’autant plus ces quelques degrés !!!

Bon OK, je finis par craquer et remettre mes jambes… Oui, c’est un pantalon qui se convertit en short. S’il y a un terme pour nommer les parties qui sont retirées pour passer de short à pantalon, je ne les connais pas. Alors pour moi, je remets mes jambes. Vous aurez compris l’idée.

Martin me passe de la lecture (oui je balance gnark gnark gnark) : Le Closer qui annonce les infidélités de notre président. Yeah, Closer, un peu de littérature francophone ^^. Ca fait du bien de se culturer de temps en temps!! Je vous fais gagner 5 minutes de votre vie: Il l’a trompée et c’est le garde du corps qui amenait les croissants. Il s’est fait pincer, il n’a pas l’air malin. Voilà, vous avez gagné 5 minutes et un euro.

J’amène des Raffaelo pour accompagner le thé. Oui, j’ai craqué hier à Hanoi en voyant cette petite boîte de Raffaelo. Sandro m’avait prévenu en m’offrant la première boîte : « Tu ne connais pas les Raffaelo ???? Je t’en ramène une boîte mais tu vas devenir accro ! ». Je confirme. En voyant la boîte, je n’ai pu me retenir. Et je ne regrette pas. Pour accompagner ce cadre parfait, il ne manquait qu’un chocolat. C’est chose faite. Je pense à mes amis les suisses. Y’a quand même du très très bon en Suisse !!

Après quelques temps de navigations, nous arrivons près d’une jonque beaucoup plus grande et amarrons. Il se passe quoi là ?? On nous fait signe de changer de bateau. Ah ok, nous avons quand même eu la jonque de luxe ! On remballe rapidement nos affaires du coup et nous sommes accueillis par notre nouvel équipage que nous espérons plus consciencieux…

C’est l’heure de partir faire un tour de kayak. Les jeunes contre les moins jeunes, mais je pars avec un handicap, Martin a le dos bien bloqué suite à sa nuit dans le train. Nous montons chacun notre tour dans le kayak. Pfu, même pas un pour faire la blague du « je tombe à l’eau en montant dans le kayak ». Je suis la dernière à monter mais je n’ai pas envie de me dévouer.

C’est parti, nous suivons un monsieur de notre équipage. Nous passons entre plusieurs montagnes dont les bases sont rongées petit à petit par l’eau. Nous passons sous un arche. Je passe l’appareil photo à Martin pour qu’il puisse se reposer et se sentir utile ^^ (je plaisante, je suis méchante, il a ramé les trois quarts du temps malgré son mal de dos ;)). Nous nous faisons la réflexion que nous nous croirions au beau milieu du film « La plage ». Certes, ce n’est pas une référence cinématographique de taille et il vaut mieux lire le livre plutôt que regarder le film, mais dans l’idée… voilà quoi !

Le guide nous fait accoster à un endroit pour aller observer une grotte. Normalement, cette grotte est accessible en kayak. C’est une des premières fois qu’il ne peut y accéder car le niveau de l’eau est anormalement bas. Nous pourrions descendre et y aller à pied mais nous avons laissé les tongs sur le bateau. Sauf Bernard. Il décide donc de descendre du kayak. Sauf que debout dans un kayak, ce n’est pas l’endroit le plus stable du monde. Nous avons donc un bon fou rire avec Martin. ^^ J’avoue, on n’a pas été super sympa, on s’est beaucoup moqué : « les Bidochon font du kayak,.. ».

Moi ça me rappelle une certaine scène quand j’étais à Montpellier avec Maman et Dany, nous avions descendu des gorges en kayak. Je pense être objective en disant qu’elles n’ont ébloui personne ce jour-là avec leurs capacités à pagayer… A un moment, il fallait prendre de la vitesse avec le kayak pour monter sur un barrage en béton et ensuite descendre la rampe de l’autre côté comme un toboggan. Elles se sont retrouvées bloquées en équilibre sur le barrage… A devoir faire le balancier avec leur corps pour réussir à faire basculer le kayak une bonne dizaine de minutes plus tard. Rien que de revisualiser la scène, je suis explosée de rire devant mon écran ^^.

Bref… retour à Haling. Nous trouvons des oursins. Martin me dit « Ceux-là ne piquent pas ». OK, mais je n’ai pas envie d’essayer. Il en sort un avec sa pagaie et le prend dans sa main. OK, il avait raison, il ne pique pas. Je le prends dans la main, je ne suis pas super à l’aise, ça gesticule ce truc en fait ! Il en sort 2 autres, je me retrouve avec 3 oursins dans les mains. Certains se diraient « Chic ça va nous faire un super repas pour ce soir », moi de les sentir bouger d’un coup tous les 3, je les lui refile vite fait… Après une ou deux fois, je suis un peu plus téméraire et je les emmène même faire un tour de bateau. 2 d’entre eux sont devenus copains, je les ai quand même remis à l’eau une fois retournés au bateau.

Leçon N°8: Une baroudeuse ne renonce JAMAIS. ^^

Une fois les kayaks abandonnés, il est possible d’aller se baigner. Je ne voulais pas me baigner dans la baie d’Halong : D’une part, ça caille encore pas mal à cette époque de l’année. D’autre part, c’est extrêmement pollué, il y a des tas de détritus qui flottent à la surface… Et le pompon sur le clafouti : Morgane m’a raconté la veille qu’elle connaissait un mec qui s’était baigné à la baie d’Halong et avait dû être rapatrié en France car une méchante bêbête était rentré sous sa peau….

Mais une fois sur place c’est autre chose… C’est comme la neige en Sibérie, mes jambes me disent « Allez vas y soit sympa, ça fait 6 mois qu’on ne s’est pas baignées ». Et je ne retournerai peut être jamais à la baie d’Halong. Et l’eau a l’air bonne. Et le cadre est juste magnifique. Et Bernard me dit que le mec n’avait pas pu attraper cette bête dans l’eau. Et il est chirurgien, si un truc rentre sous ma peau, pas besoin de me rapatrier, il pourra m’opérer sur place, j’ai un couteau suisse, du désinfectant et des compresses. Aucun risque donc. Bon OK, je file mettre mon maillot… (Non mais t’inquiète pas Maman hein, je plaisantais pour l’opération avec le couteau suisse!! Je pense au moins qu’il prendrait un couteau aiguisé dans la cuisine!)

2 minutes plus tard, je nage dans le bonheur^^. L’eau est trop bonne et je suis entourée de petites montagnes qui tombent à pic dans l’eau. C’est superbe, j’ai connu pire comme séance de natation. J’ai nagé un bon moment, Martin immortalise. J’en profite pour prendre des photos depuis  l’eau également grâce à mon super appareil photo qui aime également patauger.

Pas la moindre idée de combien de temps je suis restée à l’eau, mais j’en ai bien profité et je me suis bien dégourdie les jambes. A défaut de pistes de skis, j’ai eu quelques longueurs dans la baie d’Halong. Elles sont contentes.

J’ai bien galéré à remonter sur le bateau. En fait, si Bernard m’avait pas aidée je crois que je serai encore en train de nager à l’heure qu’il est. Sérieusement : Quel est l’intérêt de faire des échelles pour remonter dans le bateau qui ne touchent même pas l’eau ??? Pfu… Je crois que la logique n’est jamais arrivée jusqu’ici…

Bref, je finis par remonter à bord, une bonne douche et c’est bon, je ne sens aucune bêbête jusqu’à présent. Je vous tiendrai au courant si je finis par développer un élevage…

On passe au repas. Et là, les vietnamiens ils assurent quand il s’agit de nourriture ! Des tomates en forme de fleur, de cygnes. La serviette en forme de jonque. Un ananas creusé avec quelques trous avec des bougies à l’intérieur et des pics plantés avec des nems au bout. Du porc cuisiné dans l’ananas. Du poisson pané à la coco. Une jonque faite de concombre, mât avec des voiles en tranche de carottes (ouais dit comme ça ça ne doit pas vous faire rêver, mais nous on était épatés). Du riz gluant, du vin blanc local, de l’alcool de riz pour faire passer tout ça. Il y en avait pour 10, nous étions 4. Je crois pouvoir dire au nom de tous que nous avons très bien mangé.

Après le film, nous entamons un film avec Martin. Une histoire de pirates qui me fait penser à Corwin^^.

Avant d’aller me coucher, je monte quelques minutes sur la terrasse observer les étoiles. Nous sommes loin du continent et loin de tout autre bateau ou source lumineuse. Le ciel est magnifique et je devine les contours des rochers dans la nuit…

Deuxième jour :

J’ouvre les yeux à 5h30, je soulève le rideau : Ahouh ! Il ne fait pas encore jour. Je suis crevée mais tant pis, je saute dans mon pantalon (OK aussi un débardeur, une doudoune et des chaussures, mais c’est une expression, j’ai pas juste mis un pantalon. Je précise parce que bon), j’attrape mon appareil photo et mon lapinou en sortant et je file sur la terrasse du haut. Je pense avoir trouvé l’endroit le plus paisible au monde…. Juste le clapotis des vagues, quelques oiseaux, pas de brume (pfu quel bol après le soleil à Sapa !) et un autre bateau. Sinon, des gros cailloux tout autour de moi. Magique.

Après la séance photo, je file récupérer mon sac de couchage et je m’installe sur la terrasse pour finir ma nuit au son des clapotis et autres gazouillis.

Vers 7h30, le générateur se met en marche. C’est signe d’activité imminente. Je redescends, je m’habille pour de vrai cette fois et fais ma valise pour être tranquille plus tard. Je prépare les affaires à renvoyer en France, car Bernard a gentiment proposé de ramener en France avec lui ce que je comptais envoyer par la poste ! Et hop 2 ou 3 kilos en moins, ça ne fait pas de mal, je ne garde que le sous-pantalon et un des sous-pull techniques. Chaussures, souvenirs, tickets, vêtements chauds : Zou ! Embrassez la France pour moi.

C’est l’heure du petit-déjeuner : Crêpes avec leur excellent miel, mini-bananes, thé au gingembre. Hum. Quel délice au milieu de ce paysage !!

Puis nous mettons les voiles. Nous naviguons et rencontrons un rocher qui ressemble au buddha. Après quelque temps, nous arrivons à une ferme flottante d’élevage de poisson où nous allons vadrouiller de planche en planche qui sont ficelées à des bidons. Il vaudrait mieux éviter de trébucher…. Les poissons défilent sous nos pieds. De toutes les tailles et toutes les sortes. Les chiens font régner l’ordre mais sont tout contents d’accueillir les touristes du jour (il n’y a que nous 4 !). Un pêcheur est en train de pêcher avec des bouts de crevettes. Ou plutôt d’essayer de pêcher… Je suis restée près de 10 minutes à l’observer, à regarder sa technique et à filmer en me disant que j’allais le voir pêcher un poisson. Mais non. Les poissons choppent le bout de crevette et se font la malle à chaque fois. C’est à se demander s’il veut les pêcher ou les nourrir. Il a une patience incroyable. Les poissons doivent bien se marrer en-dessous.

Note pour plus tard : En rentrant, je ne pourrais pas être pêcheuse. Pas assez patiente.

Avant de retourner sur la jonque, nos cuisiniers s’activent pour nous récupérer un bon gros poisson. Je me dis que s’ils ne sont pas meilleurs que le précédent, nous ne sommes pas prêts de manger et nous risquons de passer la journée à les observer. Mais ils s’y mettent à plusieurs. Un à la ligne, l’autre l’éprouvette. Un vrai travail d’équipe. Ils commencent par un bel échec : Un poisson vient de se faire un bon repas avec la belle crevette. C’est reparti : Cette fois, la ligne se tend. Ca s’annonce un peu mieux. L’autre se jette dessus avec l’éprouvette. Il multiplie les échecs : Un coup à côté, un coup avec un temps de retard, un coup le poisson est plus fort que lui,… Un vrai suspens. Nous sommes tous alignés à observer et prêts à compter les points. Il finit par réussir à le mettre dans l’éprouvette, mais dès qu’il le sort de l’eau, le bougre se défend bien !!! Je suis complètement aspergée ^^. Pour être une aventurière, il ne faut pas hésiter à se mouiller (et se faire mouiller).

Ca y est, le futur repas est sur les planches. Un troisième homme arrive avec un ONI (Outil Non Identifié). Il a le super rôle. Il assomme le poisson. Moi je détourne les yeux, parce que Tuong a raison : Je suis occidentale et donc trop sensible. Une fois HS, il pend fièrement le poisson pour faire la pesée et fixer le prix. C’est parti, nous avons un bon repas pour ce midi. Nous remontons dans la jonque. Le poisson aussi. Il se retrouve jeté comme une vieille chaussette sur le sol de la cuisine. Là, il se réveille et se remet à gesticuler dans tous les sens dans la cuisine. Le cuisinier arrive avec une machette… Je sors.

J’y retourne un peu après. Il est en train de l’écailler. Je le regarde faire. Au bout d’une minute, je vois que le poisson essaie toujours de remuer et continuer des respirer. Non mais c’est une blague là ??? Je fais signe au mec qui regarde de l’achever. Mais même réaction qu’à chaque fois que tu parles à un Vietnamien qui ne comprend pas l’anglais : Il rigole. Je pense que c’est pour être sympa, il veut faire genre il te comprend et apprécie ton humour. Sauf que ça ne marche pas à chaque fois…

Je file. Je repasse devant la cuisine un quart d’heure plus tard. Il est bien tranché. Ils ont laissé la tête d’un côté. Je m’aperçois avec horreur que la tête bouge toujours (vous savez comme le coup du canard où on lui coupe la tête et il continue de courir…). Bernard me rassure : Il est bien mort et ne sent plus rien. Bon ça va alors. Mais quand même, c’est moche. Moi, pauvre petite âme sensible, je préfère quand mon poulet arrive plumé, coupé et mon poisson écaillé, vidé et tranché… Je vais finir végétalienne en Asie moi !!!

Retour à l’avant du bateau. Même après 24h, je suis toujours autant émerveillée à chaque fois que je lève les yeux. Nous arrivons dans un village flottant. 430 maisons flottantes. Une vraie petite ville. Il y a des petites rues et le boulevard principal. Des maisons, des planches, des bidons et des bateaux. Des pêcheurs, des femmes en train de nourrir les poissons, des hommes en train de ramer avec leurs pieds, des enfants qui nous font coucou en hurlant « Hello ! Hello ! », des chiens qui se font dorer le pelage au soleil, des coqs qui tournent en rond. C’est surprenant, c’est beau, c’est magique. Les couleurs sautent également aux yeux : Les bidons sont bleus, les bateaux verts, les maisons jaunes,… Le plus drôle, c’est que j’ai vu un reportage sur un village similaire dans la baie d’Halong quelques semaines avant mon départ. Un reportage où on voyait les enfants qui doivent prendre la barque et ramer pendant de longues minutes pour aller à l’école. Une école flottante bien sûr. Sans cour de récré pour se dégourdir les jambes. Je ne sais pas si les plongeons sont autorisés à la pause.

Nous naviguons une bonne demi-heure au milieu de cet incroyable village. En en ressortant, c’est l’heure du déjeuner. Une fois de plus, un vrai festin pour 10 personnes alors que nous ne sommes toujours que 4 : Poulet rôti (Un délice !!!!! tellement tendre ! Miam ! En revanche, j’ai envie de leur apprendre à couper le poulet ici, parce que leurs 3 coups de hache et débrouille toi avec les os, c’est franchement galère. Alors je vous laisse imaginer quand en plus vous avez des baguettes…), calamars (tellement plus tendres que tous ceux que j’ai pu manger en France ! Pas du tout un goût caoutchouteux !), des légumes verts inconnus, du riz collant, des crevettes et surtout notre poisson bien frais, sacrifié pour nos estomacs. Il est bon le poisson, mais c’est plus dur à savourer pour moi. Pastèque et ananas en dessert. Je ne sais plus si je vous l’ai déjà dit, alors si oui, désolée de commencer à radoter : Ici, l’ananas se trempe dans un mélange de sel et d’épices. Ca fait ressortir le goût sucré, c’est très bon.

Un thé au gingembre pour faire passer tout ça et nous arrivons déjà à l’île de Cat Ba. Nous disons au revoir à l’équipage, quelques photos souvenirs au passage et nous chargeons nos maisons à bretelles dans le minibus. C’est parti pour quelques kilomètres dans cette île magnifique. Malheureusement il faut bien 48h pour profiter du parc national et des grottes, je ne peux pas être partout. Si je fais un second tour, promis, vous aurez des photos des grottes. Notamment la grotte transformée en hôpital pendant la guerre…

Nous arrivons au port. Nous avons 40 minutes avant l’arrivée du bateau. Nous longeons le port et allons voir quelques échoppes. Nous tombons notamment sur la pharmacie du village. Ici, le Voltaren et le Fenistil ont laissé place à un autre style d’auto-médication : Vous pouvez acheter votre bouteille  incluant différents types de macération : étoiles de mer, scorpions, lézards, serpents,… Le plus impressionnant est le temps consacré aux détails : Dans une bouteille, le serpent tient la queue du scorpion dans la bouche… Dans une autre, les lézards se tiennent la main (enfin, la patte). Mais comment ils ont fait rentrer ça dans des bouteilles ??? C’est comme le coup du Buddha au summer palace. Ca me laisse perplexe.

Il est l’heure, zou on file prendre le bateau. Nous avons la bonne idée de nous installer à côté d’une vitre opaque. Nous ne verrons rien du voyage. Désolée, je ne peux pas être au maximum de mes capacités en permanence ^^.

A l’arrivée, on se jette sur nous pour nous offrir des cartes postales. Non seulement, c’est pénible, vu l’insistance des vendeuses, mais en plus les cartes postales n’ont absolument aucun intérêt. Si quelqu’un veut faire fortune, il peut venir ici ouvrir une usine de cartes postales. Il n’y a pas de concurrence…

Nous retrouvons notre chauffeur qui a l’air plus reposé que la dernière fois. En route, nous observons les Vietnamiens sur les 2 roues. Comme d’habitude, le spectacle est dans la rue. Un mec se balade avec les pattes de son poulet dans la main. Je vous laisse imaginer la scène : Le poulet est tête en bas, ailes déployées, la tête à 5 cm de la route et à quelques millimètres des autres véhicules, à 50km/h, ça doit secouer les plumes. Brigitte Bardot aurait fait un scandale. Ou un arrêt cardiaque.

Nous croisons une famille : 2 parents, 2 enfants sur le scooter. La première fille de 6 ou 7 ans dort sur le guidon, le papa conduit et la maman porte la petite de 2 ou 3 ans sur les genoux. Quand il voit que nous le photographions, il est tout content, nous fait signe de la main. Du coup, sa femme met la petite debout sur ses genoux, la petite nous fait coucou. Ils sont tout heureux de se faire prendre en photo. Nous, nous sommes morts de rire… Nous croisons un homme avec son fils à l’avant du scooter… installé sur un tabouret qui lui est posé sur un repose-pied. A plusieurs reprises, nous voyons les casques en forme de casquette qui couvre au moins un dixième de la boîte crânienne. Un peu moins pour les filles comme il y a un trou pour pouvoir laisser passer la queue de cheval. Tout est dans le style et dans les détails. En revanche, pour la sécurité, il faudra repasser, je ne pense pas que ce soit à l’ordre du jour.

D’ailleurs, point sécurité du jour: Escalader un échafaudage avec des tongs, c’est mal.

Le chauffeur me dépose chez Lucille. Même si elle est en vacances, je suis accueillie par Anne. Je dis au-revoir à Monique, Bernard et Martin. J’espère les recroiser à Hanoi demain ou après-demain. Sinon peut être sur Hue ou Saïgon. Ou au Pérou où leur fille fait une année. Ou en France à mon retour^^. Mais bon, je vais quand même les laisser profiter un peu de leurs vacances en famille… Snif, c’était bien sympa!

En tout cas, quelle chance d’être tombée sur eux. J’ai rencontré des gens trop sympas et passé un super moment avec eux.

J’avais lu un conseil très important sur un blog avant mon départ : Toujours dire oui quand on voyage (dans la mesure du raisonnable bien sûr). C’était marqué « Vous ne le regretterez jamais ». C’est bien vrai, je suis super ravie d’avoir dit oui à leur proposition de venir avec eux ^^. Et une fois de plus, triste d’abandonner des personnes que j’ai appris à connaître et apprécier.

C’est le jeu ma pauvre Lucette, plus que 11 mois pour m’y habituer… Eh oui le temps passe vite, à Halong j’ai déjà entamé mon deuxième mois de périple !!! Merci à vous d’être toujours plus nombreux à me suivre !!!

Ju

18 réflexions au sujet de « Remake de Titanic à la Baie d’Halong »

  1. Ah,voilà,on te retrouve avec des aventures palpitantes. J’ai bien aimé le remix du Titanic mais ça n’avait pas l’air bien grave,on dirait.En tout cas,ça a l’air sympa. Nous,on skie et toi,tu te baignes. On échange quand tu veux les rôles!

    • tu dis ça parce que t’as pas vu la taille du truc!! Ca a enfoncé des planches à l’avant du bateau et si ça avait été fixe, nous aurions sûrement coulé ^^. Donc on a eu bien peur quand même…
      J’avoue j’irai bien skier quand même… mais ca fait un peu loin pour échanger 😉

  2. Olalalala mais j’étais pas venue depuis quelques jours alors j’avais des articles à rattraper… de plus en plus de gens autour de moi et maman suivent ton parcours… comme si on y était, comme si on était dans le sac à dos… tes articles sont super détaillés et si précis on s’y croirait… Ça me rappelle phang nga bay en thailande en kayak au milieu de montagnes gigantesques sortant à pic de l’eau… merveilleux… je t’embrasse ju… et tant que j’y pense leçon de nem obligatoire en rentrant 😉

    • ouhla la pression^^ je vais devenir une star locale grâce à toi 😉
      je pourrais faire pleins de leçons d’ici mon retour: nem, traverser la route au Vietnam, survivre sur le Titanic, comment ne pas se perdre dans une ligne droite,… 😀 et ca ne fait que commencer hihi!!
      Gros bisous!!!

  3. Aujourd’hui 30 janvier à 12h45 sur ARTE, documentaire sur le village flottant de la baie d’Along. Apparemment c’était avant ton passage car tu ne fais pas partie des figurants… C’est comme t’as dit !

  4. houa ! Génial tes news ! moi qui suis une fan de voyages, tu me fais voyager depuis Albi ! suis hyper contente pour vous et souhaite que ce voyage continue tel quel ! J’ai hâte de te lire… bises. lydie

  5. Tu voulais dire « épuisette » pour récupérer le poisson, n’est-ce pas ? parce que le mettre dans une éprouvette, même dans la baie d’Halong … 😉

    Quelle chance de regarder les étoiles dans ces conditions ❤

  6. J’espérais un topo sur la douceur du paysage, sur l’élan spirituel qu’il communiquait etc etc… mais je n’ai pas arrêté de me marrer! C’est bon pour le moral. Voilà déjà un bon bouquin que tu nous écris. Dors-tu de temps à autre?

    • oui j’ai dormi dans le bateau :):) Mais j’avoue que j’ai du mal à dormir, je pense toujours à tout ce que je vais faire le lendemain et ce que j’ai vu dans la journée :):)
      Contente de t’avoir fait rire 😉

  7. Mais, chère Julie, c’est un vrai plaisir pour Nous de te lire . . . . .
    Merci de passer du temps à faire ton blog souvenir, et surtout de le partager avec Nous.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s